Les 5 meilleurs mangas d'action

Les 5 meilleurs mangas d’action

 

Cet article vous présente une sélection de 5 des meilleurs mangas d’action.


1. One-Punch Man – Tome 1 (Yusuke Murata)

One-Punch Man - Tome 1 (Yusuke Murata)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Présentation du livre

Dans le paysage du shônen en 2016, les attentes étaient assez unanimes. Si on patiente encore pour le très attendu My Hero Academia qui montrera le bout de son nez chez Ki-oon, c’est d’abord One-Punch Man que les lecteurs français attendaient de pied ferme depuis bien des mois. La série a même tardé à sortir et les rumeurs à ce sujet sont allées de bons trains, par exemple l’hypothétique refus du scénariste One de voir son titre diffusé partout dans le monde.

Mais qu’importe que cela soit vrai ou non : Kurokawa nous propose enfin le manga que beaucoup ont qualifié de vent de fraîcheur dans le paysage shônen. Certains ont eu un bon aperçu du titre par l’adaptation animée qui s’est achevée après douze épisodes tandis que d’autres se sont montrés plus patients, préférant découvrir l’œuvre par sa version d’origine. Et qu’à cela nous tienne, ce premier volet est plus qu’efficace, il nous met même une jolie claque sur différents aspects.

Autrefois salaryman, Saitama a tout plaqué pour devenir un super héros. Oui, il a réussi, mais est devenu beaucoup trop puissant, si bien qu’il est désormais capable d’exploser au sens littéral du terme le plus gros des monstres qui se présenterait à lui. Chômeur, Saitama ressent alors un vide dans sa vie, ce qui ne l’empêche pas de lutter contre l’injustice grâce à son poing surpuissant !

Le pitch de la série a pour mérite d’être extrêmement clair d’entrée de jeu : Saitama est surpuissant, et ses ennemis éclatent au moindre de ses coups. Ce premier tome se veut alors un divertissement ultra efficace où le lecteur n’a pas à réfléchir. Ce n’est d’ailleurs clairement pas le but recherché par les auteurs qui ne cherchent qu’à créer une œuvre entièrement décomplexée, jouant parfois la carte du sérieux sur le ton de l’autodérision, se moquant même presque des nekketsu classiques et des récits de super-héros trop sobres.

A travers les premières mésaventures de Saitama, la série joue à fond la carte du cliché dans le fond : des monstres super méchants qui menacent l’humanité, et un super-héros aux pouvoirs incroyables pour les détrôner. Sauf que dans la forme, tout est rendu volontairement grotesque de telle sorte à ce qu’un décalage soit crée et évident, ne manquant jamais de faire rire. D’abord, Saitama est un anti-héros de shônen comme on en voit assez peu. Homme surpuissant, il est pourtant dénué de tout charisme de par son crâne chauve, son air stoïque et sa combinaison ridicule.

Et pourtant on s’attache à lui grâce à son caractère d’éternel blasé, c’est même ce conflit du personnage face aux grands dangers classiques des séries d’actions qui nous fait rire aux éclats. Ce n’est d’ailleurs pas par les adversaires que ce premier tome cherche à se rendre sérieux puisque tous agissent comme des caricatures de vilains de comics entre l’homme-crabe devenu ainsi parce qu’il a… mangé trop de crabes, ou d’autres adversaires soit ridicule, soit oscillant entre le sérieux et le débile complet.

Le tome aurait pu tourner en rond et ne proposer que quelques mésaventures de Saitama, mais il se dote d’un schéma narratif à la fois convenu et très original. Le personnage de Genos, traditionnel second personnage clef très charismatique et puissant, fait son entrée, mais contrairement à ce qu’on pouvait penser de prime abord, il n’est pas là pour jouer au rival du héros, bien au contraire.

En prenant à contre-pied quelques ficelles classiques du nekketsu, One sait se montrer original sans en faire trop et surtout, il a trouvé la combinaison idéale pour nous faire rire. D’un côté, Genos est un épris de justice aux grandes tirades dignes des héros tragiques tandis que de l’autre, Saitama n’en a juste rien à foutre. Le duo part d’une idée simple, mais brillante et surtout désopilante, capable d’apporter une bonne dose d’humour pendant encore un long moment.

Toutefois, il serait faux d’affirmer que One-Punch Man ne cherche qu’à faire rire la galerie en se moquant des clichés. Oui, ce premier tome est une réussite humoristique, mais il ne s’arrête pas là, c’est même pour ça que la claque est si forte. Les auteurs, en parallèles aux sketchs, plantent un univers et des personnages, un décor qui pourra évoluer par la suite comme il pourrait rester statique.

L’univers mis en avant, présentant une planète similaire à la nôtre, mais soudainement envahie par des créatures hybrides et où la géographie se construit uniquement autour de ville qui ont pour nom des lettres de l’alphabet, pourra être développé dans les prochains volets, ou alors ne rester qu’un immense prétexte pour rendre la série barrée.

On ne sait pas comment la suite va se goupiller sachant que le cadre de la série est très dense entre ses premiers mystères autour du contexte ou encore le personnage de Saitama qui, derrière ses allures de gros rigolo de service, bénéficie déjà d’une introspection qui nous questionne sur la nature même du super-héros et des éléments qui le caractérisent. One-Punch Man pourrait être bien plus complexe qu’il en a l’air de prime abord, et les éléments pour sont clairement plantés sur ces premiers chapitres.

Cette mise en bouche ne serait pas non plus ce qu’elle est sans l’un des deux noms présents sur la couverture : Yûsuke Murata. On connaît le talent de l’auteur grâce à Eyeshield 21 et force est de constater qu’il a rapidement pris ses aises sur l’histoire originale de One. Le travail graphique est de haute tenue pour ne pas dire magistrale, ce qui s’oppose d’ailleurs au design très simpliste de Saitama. Le dessinateur maîtrise l’univers d’un bout à bout et navigue entre des ennemis d’apparence très grossière et d’autres qui ont plus d’allure.

D’une manière générale, c’est son sens du détail qui impressionnent et les séquences d’action constituent de grands moments tant les pages sont riches et constituent un spectacle visuel dément tout en sachant que son sens de la mise en scène et son découpage permettent de ne pas perdre une seule miette des batailles. Entre les personnages bien grattés sur le papier et les arrière-plans toujours détaillés, demandant un travail monstre à l’auteur lorsqu’il présente des moments de destruction massifs, difficiles de ne pas apprécier une telle esthétique.

Il ne serait pas exagéré de dire que One-Punch Man était attendu comme le messie par les amateurs de manga, voire de bande dessinée tant la série est présentée et vendue depuis des mois comme une valeur sûre, un œuvre graphique hallucinante et une dose de rire bien garnie. Pour toutes ces raisons, l’attente était forte et Kurokawa se devait de répondre aux exigences des futurs lecteurs. A ce titre, la maison d’édition a fait un travail excellent.

L’ouvrage est bien conçu, proposant un papier de qualité et une impression exemplaire, rien pour nous permettre de reprocher quoi que ce soit au livre. Aussi, la traduction de Frédéric Malet est aux petits oignons puisque ce dernier parvient avec aisance et brio à adapter et retranscrire tout l’humour de l’œuvre. Cela passer par le franc-parler désopilant de Saitama, le ton global de la série ou encore les noms divers d’ennemis ou de personnages qui sont pour la plupart sujets à des jeux de mots.

Plutôt que de copier-coller les termes japonais incompréhensibles, sauf par des notes de bas de page qui gâcherait l’impact vif de l’humour sur le lecteur, les termes sont traduits, adaptés et les idées du traducteur très bien trouvées. Il fallait un tel travail pour que ce premier tome soit idéal dans sa version française, et Kurokawa a largement honoré son contrat.

Il y aurait encore énormément à dire pour parler en long, en large et en travers de ce premier tome de One-Punch Man tant il propose d’éléments divers, soulève des ambiances, s’avère aussi imprévisible que cliché, riche graphiquement et toujours hilarant. Cette première approche de la série est donc excellente et séduira sans mal aucun les amateurs de divertissement bourrin et efficace, ceux qui recherchent un travail de construction graphique, les lecteurs désireux de lire un shônen différent ou bien tout simplement le féru d’une bonne tranche de rigolade.

Derrière ses airs décomplexés, One-Punch Man se présente déjà comme une œuvre aux multiples facettes des plus efficaces, difficile alors de ne pas succomber au poing de Saitama !

À propos de l’auteur

Yusuke Murata, né le 4 juillet 1978 dans la préfecture de Miyagi au Japon, est un mangaka japonais.


2. Red Eyes Sword – Akame ga Kill ! – Tome 1 (Tetsuya Tashiro)

Red Eyes Sword - Akame ga Kill ! - Tome 1 (Tetsuya Tashiro)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Présentation du livre

Dans un monde fictif où la Capitale Impériale est le cœur d’un pays où sévissent monstres et créatures hostiles, Tatsumi est un voyageur maniant l’épée à la perfection, au moins de pouvoir tuer un monstre en quelques secondes. Son objectif est d’intégrer l’armée de la Capitale et ainsi faire fortune, fortune qui lui permettrait de sauver son village, victime de la pauvreté grandissante.

Seulement, il va rapidement découvrir l’autre facette de la Capitale, celle d’une ville corrompue où les riches dévorent les pauvres et projetant la misère sur les contrées avoisinantes. Paré à éradiquer le mal à sa source, Tatsumi intègre le groupe des assassins du Night Raid dont les missions consistent à éliminer ceux qui contribuent au bien-être de ce pouvoir perverti.

En cette rentrée 2014, les différents éditeurs dévoilent leurs cartes maîtresses afin de frapper un grand coup. Pour Kurokawa, le nouveau bijou s’appelle Red Eyes Sword, un titre réalisé en binôme par Takahiro et Tetsuya Tashiro qui a récemment dépassé la dizaine de tomes au Japon. Le titre gagnait en notoriété au fil des mois et nombre de lecteurs ont dû en entendre parler sous son nom « Akame ga Kill », titre original du récit. De plus, une adaptation animée a démarré il y a peu et est même proposée chez nous, en V.O.D, par AnimeDigitalNetwork.

Red Eyes Sword nous propose un univers teinté de fantaisie comme il est courant d’en trouver : Contrées peuplées de monstres, univers né de l’alchimie entre un style féodal et davantage de modernité… Mais le point d’orgue de la série est bien un récit politique s’appuyant sur les inégalités au sein d’un empire dirigé par des tyrans propageant leurs idéaux corrompus.

Les plus faibles et les pauvres se plient à la suprématie des riches et puissants, mais une escouade d’assassins d’élite fait justice elle-même en éliminant les ennemis de la paix. C’est sur ce contexte intéressant que se forge la série qui propose une amorce très intéressante, mais qui est pour l’instant surtout un prétexte pour nous proposer différentes histoires d’action et d’assassinat mettant en scène le Night Raid.

Le récit se construit alors sur le schéma un chapitre = une histoire, une recette très classique, mais au véritable intérêt scénaristique. Pour le moment, chaque aventure est l’occasion pour Tatsumi de faire équipe avec un membre du Night Raid, et permet alors de présenter et creuser les différents personnages de la série pour leur donner des objectifs et de la consistance. Les personnages sont ainsi l’une des forces de ce premier tome puisque plus que des assassins, c’est une vraie bande de compagnons que nous découvrons au fil des chapitres.

Mais ce premier opus de Red Eyes Sword, c’est aussi un shônen décomplexé. Entendez par là que le titre n’hésite jamais à présenter des scènes sanguinolentes à souhait et à partir dans la surenchère de gore. A ce titre, le premier chapitre du tome est celui qui met le plus mal à l’aise, et c’est pourquoi le manga, bien que shônen d’action, n’est pas à mettre entre toutes les mains.

Mais plus que de proposer de la violence à outrance, la recette du titre lui permet d’éviter nombre de clichés. Ainsi, nous n’avons pas à subir un héros indécis prônant la paix tant il n’hésite pas à tuer, voir même ce héros parfait pouvant empêcher la mort de ses compagnons. Red Eyes Sword est cru, parfois dur, tel est son atout.

Du côté du style graphique, c’est assez irrégulier. Tetsuya Tashiro oscille entre un trait plutôt simple puis propose parfois un travail plus fouillé, de même que les scènes d’action qu’il dépeint sont extrêmement dynamiques et réussies. On sent que le mangaka a une marge d’amélioration conséquente, aussi c’est avec intérêt que nous suivrons sa progression.

Pour son nouveau shônen, Kurokawa propose un livre assez épais, mais de qualité, incluant deux pages couleur sur papier glacé. La traduction de l’éditeur est aussi de qualité tant le tome est dénué d’erreurs et de coquille. On ressent alors l’implication du groupe sur son shônen phare de la rentrée.

Au final, ce premier tome de Red Eyes Sword est une très bonne série. Le titre prouve qu’il possède un scénario intéressant, desservi par des personnages attachants et des séquences d’action assez crues qui permettent d’éviter les clichés en plus de servir le style graphique de l’auteur. Nous voici donc avec une bonne surprise shônen, une de plus pour cette rentrée, et on ne manquera pas de suivre les prochains volets avec intérêt.

À propos de l’auteur

Tetsuya Tashiro est un mangaka japonais. Il reçoit le prix jeune espoir en 1990. Il intervient aujourd’hui à l’école Tôhô Gakuele spécialisée dans les études artistiques.


3. My Hero Academia – Tome 1 (Kōhei Horikoshi)

My Hero Academia - Tome 1 (Kōhei Horikoshi)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Présentation du livre

Dans un monde où 80 % de la population possède un super‑pouvoir appelé alter, les héros font partie de la vie quotidienne. Et les super‑vilains aussi ! Face à eux se dresse l’invincible All Might, le plus puissant des héros ! Le jeune Izuku Midoriya en est un fan absolu. Il n’a qu’un rêve : entrer à la Hero Academia pour suivre les traces de son idole.

Le problème, c’est qu’il fait partie des 20 % qui n’ont aucun pouvoir… Son destin est bouleversé le jour où sa route croise celle d’All Might en personne ! Ce dernier lui offre une chance inespérée de voir son rêve se réaliser. Pour Izuku, le parcours du combattant ne fait que commencer !

À propos de l’auteur

Kōhei Horikoshi est un mangaka japonais, né le 20 novembre 1986 dans la préfecture d’Aichi. Il est diplômé de l’Université d’art de Nagoya. À 20 ans, il remporte le prestigieux Prix Tezuka dans la catégorie nouvel espoir.


4. Sun-Ken Rock – Tome 1 (Boichi)

Sun-Ken Rock - Tome 1 (Boichi)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Présentation du livre

Il manquait dans le catalogue de Doki Doki un manga de baston. Même si Ping Pong Dash s’en rapproche, c’est avec Sun-Ken Rock que l’éditeur franchit véritablement le cap, et avec brio !

Le scénario de Sun-Ken Rock est on ne peut plus simple : Ken, un jeune paumé amoureux d’une femme flic, va être propulsé au rang de boss d’un petit gang de mafieux.

Dès lors, on est en droit de se poser des questions sur l’intérêt de ce titre à l’intrigue peu originale, d’autant que l’ensemble est très rapidement présenté et peut paraître déroutant. Mais c’est sans compter sur le talent de Boichi qui, petit à petit, arrive à nous plonger totalement dans son manga, grâce à deux éléments parfaitement combinés : action et humour.

En effet, on ne peut que reconnaître la grande qualité visuelle de l’œuvre. Les scènes d’action très dynamiques, servies par un coup de crayon précis et détaillé, contrastent parfaitement avec un humour omniprésent, à base de situations farfelues et de personnages subitement dessinés de manière plus légère, voire déformée.

Et sur ce dernier point, Boichi réalise également un excellent travail, les mimiques des personnages étant souvent hilarantes. On appréciera aussi beaucoup le travail fourni sur les décors, Boichi n’ayant pas hésité à aller prendre des photos sur place pour rendre son manga meilleur.

A noter que la violence de certains passages, ainsi que la présence par moments de touches un peu plus érotiques, valent à ce manga d’être déconseillé aux moins de 15 ans. Un premier volume qui se révèle donc prometteur, si on lui pardonne ses faiblesses scénaristiques.

À propos de l’auteur

Boichi est le nom d’artiste de Mujik Park, un mangaka sud-coréen né le 29 janvier 1973 à Séoul vivant au Japon. Il est principalement connu pour être l’auteur et dessinateur du manga Sun-Ken Rock.


5. Beelzebub – Tome 1 (Ryuhei Tamura)

Beelzebub - Tome 1 (Ryuhei Tamura)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Présentation du livre

Lui, c’est Tatsumi Oga, surnommé “le Fou Furieux” car il fait régner sa loi avec terreur au sein d’un des lycées les plus craignos du Japon, où les loubards et caïds affluent dans tous les sens. Ayant tendance à faire parler ses poings avant son cerveau, dont on se demande d’ailleurs s’il en a un, il va pourtant voir sa vie basculer lorsqu’il va repêcher dans une rivière un étrange géant moustachu nommé Alindolon (il vous en prie), qui ne va pas tarder à se fendre en deux (?!) pour laisser apparaître un bébé à la mine renfrognée (?!?). Puis c’est au tour d’une étrange jeune fille de débarquer, une jolie blondinette gothloli ne se séparant jamais de son parapluie volant (?!?!).

Qui sont donc ces hurluberlus ? Oga ne tarde pas à le savoir: le bébé en question n’est autre que Beelzebub IV, le fils du diable, et notre voyou débile a été choisi pour l’éduquer et en faire le futur destructeur de l’humanité, son démoniaque de père étant trop occupé à jouer à la console ou à aller chasser le chupacabra pour élever lui-même sa progéniture. Quant à Hildegarde, la blondinette, elle n’est rien d’autre que la servante fidèle et un brin trop protectrice du bébé. Commence alors pour Oga une collocation pour le moins bizarre avec le fils du diable et sa servante, qui passent très vite pour son enfant et sa femme (!!!)…

Ainsi se présente Beelzebub, titre-phare de Shônen Jump, fortement attendu dans nos contrées et d’ores et déjà présenté comme une nouvelle perle du manga comique. Est-ce tout à fait le cas ? On est tenté de dire oui après une introduction astucieuse, pendant laquelle l’auteur, Ryuhei Tamura, réussit à présenter de manière originale le concept de son manga et les personnalités décalées de ses principaux protagonistes.

Ainsi, le récit s’ouvre sur un Oga en train de raconter de manière taciturne ce qui vient de lui arriver à Furuichi, son meilleur ami un peu crétin et loser qui n’en croit pas ses oreilles. Arrive ensuite la taciturne Hildegarde, qui, suite à un superbe quiproquo, est présentée comme la petite amie de Oga auprès de ses parents, qui, curieusement acceptent sans sourciller le fait qu’il a une “femme” et un “enfant”.

Le ton est donné: Beelzebub sera un manga décalé qui se reposera beaucoup sur ses personnages. Et cela, ce premier volume le fait plutôt bien. Sans cesse, on se prend à sourire devant la profonde idiotie d’Oga, qui, par exemple, n’hésite pas à plonger dans une eau où il va manquer de se noyer juste pour fuir ses adversaires loubards, devant les incompréhensions de la trop sérieuse Hildegarde qui s’emporte régulièrement un peu pour rien, ou encore face à la tonne de loubards souvent ridicules qui constituent de véritables caricatures du genre. En somme, pour le moment, Beelzebub doit beaucoup à son cadre fait de personnages résolument décalés et crétins et de caïds en tous genres.

En ce qui concerne le fond de l’histoire, on reste pour le moment un peu plus mitigé, car ce premier tome se contente en grande partie, après nous avoir présenté les personnages et la base de l’histoire, d’enchaîner les frasques d’Oga face aux loubards qui viennent le provoquer, ce qui a tendance à vite être redondant. De plus, on regrette, pour le moment, la passivité de Beelzebub, qui n’est le moteur que de quelques gags parfois pas très aboutis, parfois bien trouvés (l’explication sur le taux d’urine du bébé est plutôt bonne).

Néanmoins, quelques éléments venant enrichir le fond sont d’ores et déjà distillés, comme le fait que notre héros serve de catalyseur pour les pouvoirs du “bout de chou”, ou que le bambin voue une admiration sans bornes aux gens foncièrement méchants, ce qui explique que Oga soit l’éducateur parfait pour lui.

Visuellement, le coup de crayon de Tamura est plutôt agréable mais reste encore assez classique, voire parfois trop léger et inégal. Quoi qu’il en soit, on constate déjà chez l’auteur un certain talent pour dépeindre des bouilles bien marquées et expressives, ce qui rend les divers protagonistes impossibles à confondre. Il y a clairement, ici, une marge de progression.

Personnages idiots et décalés, situations cocasses, quiproquos, jeux de mots pourris (on retiendra les superbes “Alindolon” et “Oga & Cub”, référence à Ogami Itto du manga Lone Wolf & cub)… Beelzebub a tout pour devenir un manga humoristique très sympathique, mais doit encore faire totalement ses preuves, notamment en ce qui concerne les différents éléments de l’histoire de fond.

À propos de l’auteur

Ryūhei Tamura est un mangaka japonais né le 19 avril 1980. Après le lycée, il commence d’abord des études d’animation, qu’il arrêtera pour se lancer dans le manga. Il est principalement connu pour être l’auteur de Beelzebub publié entre février 2009 et février 2014 dans le magazine Weekly Shonen Jump.

 
error: Contenu protégé