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Quels mangas de samouraïs faut-il lire une fois dans sa vie ?

Quels mangas de samouraïs faut-il lire une fois dans sa vie ?

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Samouraï et manga forment un couple de longue date. Dès les années 1960, le mouvement gekiga — ces « images dramatiques » forgées par Yoshihiro Tatsumi en réaction au manga enfantin — ouvre la voie à des récits adultes où la violence et le réalisme historique ne sont plus des tabous. Sanpei Shirato, avec Kamui-den, pose les fondations d’un manga politique et féodal ; Hiroshi Hirata, gekigaka obsédé par le bushido, consacre sa carrière aux guerriers de la province de Satsuma.

Le genre puise aussi dans le jidaimono, tradition théâtrale issue du kabuki et du bunraku qui met en scène batailles et destins héroïques de l’époque Edo. Quand Kazuo Koike et Goseki Kojima lancent Lone Wolf & Cub en 1970, ils ne font pas que raconter l’histoire d’un père et de son fils : ils inventent un langage esthétique — lavis, découpage cinématographique, temps morts — qui influencera aussi bien Frank Miller que Quentin Tarantino.

Depuis, le manga de samouraïs a pris des formes très différentes. Shōnen flamboyants, seinen introspectifs, récits historiques scrupuleux, dark fantasy peuplée de yōkai : chaque génération de mangakas a réinterprété la figure du guerrier à sa façon. Rônins en quête de rédemption, bretteurs ivres de perfection, femmes vengeresses armées d’une ombrelle, orphelins à qui la guerre ne laisse d’autre choix que le sabre : voici dix titres — pas forcément les seuls possibles, mais assurément parmi les plus importants — qui ont marqué l’histoire du genre.


1. Vagabond (Takehiko Inoue, 1998)

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Adapté du roman La Pierre et le Sabre d’Eiji Yoshikawa, Vagabond retrace la vie romancée de Miyamoto Musashi, le plus célèbre bretteur de l’histoire du Japon. Le récit s’ouvre sur le champ de bataille de Sekigahara en 1600, là où le jeune Shinmen Takezo — futur Musashi — survit à la boucherie qui assoit le pouvoir du shōgun Tokugawa. Pas par bravoure : par réflexe, par rage de vivre. Rejeté par son propre village, pourchassé comme déserteur, il entame une longue errance avec un seul objectif : devenir le plus grand samouraï du pays. Autour de lui gravitent Matahachi, son ancien ami devenu usurpateur pathétique, et Kojirō Sasaki, bretteur sourd et génial dont le destin finira par croiser le sien dans un duel resté légendaire.

Mais Vagabond n’est pas un simple récit de duels. Inoue, déjà auteur de Slam Dunk, interroge constamment ce que signifie, concrètement, la « voie du sabre ». La quête de Musashi est d’abord intérieure : il passe autant de temps à cultiver la terre et à contempler la nature qu’à affronter des adversaires. Les planches, réalisées au pinceau avec une précision qui confine à l’obsession, basculent par moments dans l’abstraction — le trait se libère du récit et existe pour lui-même. Le manga, vendu à plus de 82 millions d’exemplaires au Japon, est en pause depuis 2015. Inoue a confié vouloir revenir à Vagabond le jour où il retrouverait le plaisir de le dessiner, sans pression extérieure. On attend. Patiemment.


2. Lone Wolf & Cub (Kazuo Koike et Goseki Kojima, 1970)

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Ogami Ittō était kogi kaishakunin du shōgun — autrement dit, son bourreau officiel, l’homme qui décapitait les condamnés sans faire trembler la lame. Victime d’un complot orchestré par le clan Yagyū, il perd sa femme, son honneur et sa fonction. Il ne lui reste que Daigoro, son fils de trois ans, et un choix : la mort ou la voie de l’assassin. Ittō choisit la seconde. Dès lors, le père et l’enfant sillonnent le Japon féodal dans un landau truffé d’armes ; ils vendent leurs services de tueurs à gages pour accumuler assez de sang et d’argent afin de se venger.

La série, prépubliée dans le magazine Manga Action entre 1970 et 1976, compte 28 tomes et plus de 8 000 pages. Koike, scénariste méticuleux, connaît la société de l’ère Edo sur le bout des doigts : chaque chapitre est prétexte à décrire un pan de la vie quotidienne — les métiers, les rites, les hiérarchies sociales, les pratiques martiales. Kojima, de son côté, alterne entre un trait nerveux pour les scènes d’action et de grands lavis pour les paysages et les interludes contemplatifs. Le lien entre le père et le fils, presque toujours silencieux, porte le récit autant que les combats. L’influence de Lone Wolf & Cub dépasse le monde du manga : Frank Miller a dessiné les couvertures de l’édition américaine, Max Allan Collins a reconnu que Road to Perdition en était un hommage direct, et Tarantino n’a jamais caché sa dette envers les films Baby Cart tirés de la série.


3. L’Habitant de l’infini (Hiroaki Samura, 1993)

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Manji est un samouraï frappé d’immortalité. Des vers sacrés, implantés dans son corps par une nonne mystérieuse, referment toutes ses blessures. Pour se libérer de cette malédiction — et expier le meurtre de cent innocents —, il doit tuer mille scélérats. Sa route croise celle de Rin, une jeune femme dont les parents ont été assassinés par Anotsu Kagehisa, chef de l’école Ittō-ryū, un groupe de sabreurs qui veut abolir les frontières entre les styles de combat. Manji accepte de l’accompagner dans sa quête de vengeance, et leur périple à travers le Japon de l’ère Edo va s’étendre sur 30 tomes et 19 années de publication.

Hiroaki Samura n’avait que 23 ans quand il a soumis les premières pages aux éditions Kōdansha. Son graphisme, qu’on ne peut confondre avec aucun autre — crayonné nerveux à l’encre de Chine, refus du trait propret —, tranche avec les conventions du manga de son époque. Les scènes de combat sont d’une brutalité sèche, avec des chorégraphies où chaque coup de lame a un poids réel. Mais la vraie force de la série tient à l’écriture des antagonistes : Anotsu et ses lieutenants ne sont jamais réduits à de simples méchants. Chacun porte une philosophie, un idéal martial, parfois une noblesse qui interdit de les détester sans arrière-pensée. Samura s’amuse aussi à mélanger les registres linguistiques — du japonais archaïque à l’argot contemporain —, et à affubler certains personnages de looks anachroniques proches du punk. Adapté au cinéma par Takashi Miike en 2017 sous le titre Blade of the Immortal, le manga reste l’un des piliers du genre, réédité par Casterman dans sa collection Sakka.


4. Kenshin le Vagabond (Nobuhiro Watsuki, 1994)

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Tokyo, 1878. Un vagabond roux au sourire candide erre dans les rues avec, à la ceinture, un sabre à lame inversée — le tranchant tourné vers l’intérieur. Derrière cette allure inoffensive se cache Kenshin Himura, alias « Battōsai l’assassin », l’un des tueurs les plus redoutables de la guerre du Bakumatsu qui a mis fin à l’ère Edo. Après la restauration de Meiji, il a juré de ne plus jamais ôter la vie et parcourt le Japon pour protéger les faibles. Son sabre ne peut plus tuer, mais son passé, lui, peut encore le rattraper. Lorsqu’il s’installe au dojo Kamiya tenu par la jeune Kaoru, il s’entoure peu à peu de compagnons — le bagarreur Sanosuke Sagara, le jeune Yahiko — et affronte des ennemis qui, invariablement, lui rappellent l’homme qu’il a été.

Prépublié dans le Weekly Shōnen Jump, Kenshin le Vagabond est un shōnen, certes, mais un shōnen atypique. Watsuki y injecte une vraie épaisseur historique : le Shinsengumi, la guerre de Boshin, les tensions entre tradition et modernisation du Japon… tout cela fait bien plus que planter un décor : c’est le moteur du récit. L’arc de Kyōto, qui oppose Kenshin au terrifiant Makoto Shishio — brûlé vif et laissé pour mort par le gouvernement Meiji —, reste l’un des sommets du manga d’action des années 1990. La question centrale n’est jamais « qui est le plus fort ? » mais « comment vivre avec le poids de ses crimes ? », ce qui donne à l’ensemble une gravité que la comédie de surface (parfois un peu envahissante, il faut l’admettre) ne parvient pas à étouffer. La série a laissé une empreinte durable sur des mangakas comme Eiichirō Oda (One Piece) et Hiroyuki Takei (Shaman King), tous deux anciens assistants de Watsuki.


5. Shigurui (Takayuki Yamaguchi et Norio Nanjō, 2003)

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An 6 de l’ère Kan’ei, 1629. Le prince Tadanaga Tokugawa, troisième frère du shōgun Iemitsu, organise dans la province de Suruga un tournoi interdit : les combattants s’y affrontent au sabre réel, pas au bokken. Parmi les 22 guerriers convoqués, deux hommes semblent se connaître. L’un, Gennosuke Fujiki, n’a plus qu’un bras. L’autre, Seigen Irako, est aveugle et boiteux. Le manga s’ouvre sur leur duel, puis remonte le fil du temps pour raconter ce qui les a conduits à cette haine mutuelle — et à ces corps ravagés.

Adapté du roman Le Tournoi du château Suruga de Norio Nanjō, écrivain à l’origine du « boom de la cruauté » dans la littérature japonaise, Shigurui ne cherche pas à plaire. Le récit dépeint la folie du maître Kogan Iwamoto — sabreur dément et tyrannique —, les rivalités au sein de son dojo, les trahisons, les mutilations. Chaque scène de violence a une fonction : elle montre ce que le code du bushido, poussé à ses extrémités, peut produire de plus monstrueux. Le dessin de Yamaguchi, d’une précision anatomique presque clinique, donne aux scènes de combat une tension insoutenable. Les corps y sont magnifiés et martyrisés avec la même application. Les silences, les regards, les postures comptent autant que les coups portés. En 15 tomes, Shigurui propose l’une des visions les plus radicales et les plus dérangeantes du monde des samouraïs — le genre de lecture après laquelle on repose le bouquin et on fixe le plafond un bon moment.


6. Le Samouraï Bambou (Taiyō Matsumoto et Issei Eifuku, 2006)

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Soîchirô Senô est un rônin. Il s’installe dans les bas quartiers d’Edo, passe ses journées à flâner, à discuter avec les enfants du voisinage, à se gaver de sucreries et à contempler les papillons. Les habitants le trouvent bizarre. Le jeune Kankichi, lui, est fasciné. Et quand des hommes viennent chercher querelle à Soîchirô, tout le monde comprend : derrière cet hurluberlu se cache un sabreur d’une puissance terrifiante. Pour s’empêcher de céder à ses pulsions destructrices, il confie son katana à un prêteur sur gage et ne porte plus qu’un sabre en bambou. Commence alors une vie de résistance silencieuse, entre tentation de la violence et aspiration à la paix.

Le trait de Taiyō Matsumoto, auteur d’Amer Béton et de Ping Pong, est immédiatement reconnaissable : corps disproportionnés, perspectives bancales, encrage qui évoque davantage les estampes japonaises que le manga contemporain. Son dessin doit beaucoup à la bande dessinée franco-belge et à Mœbius, ce qui donne à la série une esthétique sans équivalent dans le manga de samouraïs. Les animaux parlent (un chat philosophe, notamment), les décors penchent sans s’écrouler, et Soîchirô est parfois dessiné avec une tête de renard — comme si le sabreur qu’il refuse d’être n’avait pas totalement disparu. La violence reste contenue, le lien entre un homme brisé et un enfant qui l’observe compte davantage que les combats, et la vraie question n’est pas de savoir qui est le plus fort mais combien il en coûte de refuser de se battre quand on est né pour ça. Publié en 8 tomes chez Kana, Le Samouraï Bambou est l’une des rares séries de samouraïs à privilégier la douceur au fracas des lames — ce qui ne la rend que plus percutante quand le fracas survient.


7. Sidooh (Tsutomu Takahashi, 2005)

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1858. Le Japon vacille. L’arrivée forcée des Occidentaux ébranle le shogunat, une épidémie de choléra fauche des milliers de vies, et le pays sombre dans l’instabilité politique. Shōtarō et Gentarō Yukimura, deux frères de 14 et 13 ans, fils de samouraï, perdent leur mère emportée par la maladie. Son dernier ordre : survivre, coûte que coûte, car ce sont toujours les plus forts qui s’en sortent. Livrés à eux-mêmes dans un Japon qui ne pardonne rien, les deux garçons basculent dans la brutalité : recrutés par une organisation aux contours troubles, les « Cœurs purs » (Byakurentaï), ils apprennent le maniement du sabre et se retrouvent entraînés dans les remous de la fin du shogunat.

Sidooh est un manga noir — vraiment noir. Takahashi ne ménage pas ses personnages : dès le premier tome, la mort et la trahison frappent sans prévenir, et l’innocence des deux frères ne survit pas au premier volume. Mais la série ne se réduit pas à un catalogue d’horreurs : l’auteur ancre son récit dans la grande Histoire — la chute du régime Tokugawa, les luttes de pouvoir entre clans, l’émergence de l’ère Meiji. Les frères Yukimura ne se battent pas seulement pour survivre : ils se battent dans un Japon qui bascule d’une époque à l’autre, et cette dimension politique donne à chaque duel une portée qui dépasse le simple affrontement. Le dessin de Takahashi, sombre et granuleux, avec ses ciels chargés et ses visages taillés à la serpe, fait le reste. Prépublié dans le Young Jump de Shūeisha entre 2005 et 2010, le manga s’étend sur 25 tomes et constitue, pour beaucoup, le meilleur titre de son auteur.


8. Keiji (Tetsuo Hara et Keiichirō Ryū, 1990)

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Japon, fin du XVIe siècle. L’unificateur Oda Nobunaga est mort, le pays est encore secoué par les guerres de clans, et la plupart des samouraïs rasent les murs. Pas Keiji Maeda. Kabuki-mono — ces guerriers excentriques adeptes des tenues voyantes et des plaisirs de la vie —, il est immense (1,97 m), monte un cheval colossal, boit du saké comme d’autres respirent, adore les femmes, et se bat avec une désinvolture qui frise l’insolence. Sous ses airs de fêtard invétéré, c’est pourtant un stratège redoutable et un homme d’honneur, fidèle à son propre code moral plutôt qu’à l’autorité d’un seigneur.

Le personnage a réellement existé. Le manga est une adaptation du roman Ichi-Mu-An Fūryūki de Keiichirō Ryū, spécialiste de cette figure historique devenue presque mythologique au Japon (Keiji Maeda apparaît dans les séries de jeux vidéo Samurai Warriors et Sengoku Basara). Tetsuo Hara, surtout connu pour Ken le Survivant, apporte son style — qui ne ressemble à rien d’autre qu’à du Tetsuo Hara : des personnages aux muscles hypertrophiés, des combats d’une violence spectaculaire, et des pages qui semblent hurler. La comparaison avec Ken est inévitable — on retrouve les mêmes corps surdimensionnés, les mêmes têtes qui explosent —, mais le cadre historique et l’humour très présent de Keiji donnent au récit une tonalité bien différente. Publié dans le Weekly Shōnen Jump entre 1990 et 1993, le manga a été réédité en France par Mangetsu et reste une lecture réjouissante pour quiconque cherche un récit de samouraïs plus solaire que la moyenne du genre — même si les décapitations, elles, ne sont pas en reste.


9. Lady Snowblood (Kazuo Koike et Kazuo Kamimura, 1972)

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Au début de l’ère Meiji, vers 1870, quatre bandits assassinent l’époux et le fils de Sayo, puis la violent. Elle parvient à tuer l’un de ses agresseurs, mais finit en prison à perpétuité. Là, elle conçoit un enfant dans le seul but d’en faire l’instrument de sa vengeance. Sayo meurt en couches, par une nuit de neige, à la naissance d’une fille : Yuki. Le titre original, Shurayuki-hime, est d’ailleurs un jeu de mots avec le nom japonais de Blanche-Neige (Shirayuki-hime), le caractère shura — « carnage » — remplaçant celui qui signifie « blanc ». Élevée par un maître d’armes impitoyable, Yuki grandit pour devenir Lady Snowblood, tueuse professionnelle armée d’une lame dissimulée dans le manche de son ombrelle.

Prépubliée dans le Weekly Playboy de Shūeisha entre 1972 et 1973, la série est courte — trois tomes dans l’édition française chez Kana — mais son influence est disproportionnée. Le dessin de Kazuo Kamimura, avec sa grâce érotique et sa maîtrise du noir et blanc typique des années 1970, donne à Yuki une élégance glaciale que le cinéma a su capter : Meiko Kaji incarne le personnage dans deux films de Toshiya Fujita (1973 et 1974), et Tarantino s’en inspirera abondamment pour Kill Bill. Le manga raconte autant une vendetta qu’une époque : celle d’un Japon en pleine mutation, tiraillé entre les traditions féodales et l’occidentalisation forcée de Meiji. Koike, qui avait déjà lancé Lone Wolf & Cub deux ans plus tôt, démontre ici qu’un récit de vengeance au féminin peut être tout aussi féroce — et tout aussi politique — que ses épopées de rônins.


10. Dororo (Osamu Tezuka, 1967)

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Le seigneur Daigo veut le pouvoir. Pour l’obtenir, il conclut un pacte avec 48 démons et leur offre en sacrifice… les 48 parties du corps de son fils à naître. L’enfant vient au monde sans bras, sans jambes, sans yeux, sans oreilles, sans nez — un tronc qui hurle, jeté à la rivière. Recueilli par un médecin qui lui fabrique des prothèses, le garçon — Hyakkimaru — grandit et part traquer les démons pour récupérer, morceau par morceau, le corps qui lui a été volé. Sur sa route, il croise Dororo, un gamin chapardeur et effronté qui s’accroche à lui et refuse de le lâcher.

Publié entre 1967 et 1969, Dororo est l’un des mangas les plus sombres d’Osamu Tezuka, le « dieu du manga » habituellement associé à Astro Boy ou au Roi Léo. L’époque Sengoku y est un cloaque de famine et de superstition, loin de toute idéalisation guerrière. Les samouraïs ne sont pas des héros ici : le père de Hyakkimaru est un seigneur de guerre prêt à sacrifier sa propre chair pour asseoir sa domination. Tezuka, qui avait initialement prévu une série beaucoup plus longue, a dû abréger le récit — la fin est d’ailleurs un peu brusque —, mais les thèmes qu’il aborde (identité, humanité, corruption du pouvoir) tiennent toujours. Le mélange de fantastique et de réalisme historique, les yōkai effrayants, la complicité entre Hyakkimaru et Dororo : tout cela a trouvé un second souffle grâce à l’adaptation en anime réalisée par le studio MAPPA en 2019, qui a fait découvrir le manga à une nouvelle génération. Preuve que les bonnes histoires de samouraïs ne rouillent jamais.