Les 5 meilleurs livres sur le goulag

Les 5 meilleurs livres sur le goulag

Cet article vous présente une sélection de 5 des meilleurs livres sur le goulag.


1. L’archipel du goulag (Alexandre Soljenitsyne)

L’Archipel du Goulag Alexandre Soljenitsyne

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Immense fresque de l’univers concentrationnaire soviétique, L’Archipel du Goulag a été écrit dans la clandestinité.

Les milliers de lettres et témoignages reçus par Alexandre Soljenitsyne après la publication de son roman Une journée d’Ivan Denissovitch constituent la base de cette œuvre, qu’il qualifie d' » investigation littéraire  » ; ces documents font de lui le dépositaire du malheur de tout un peuple.

Secrètement sorti d’URSS, ce texte explosif suscite, lors de sa parution en Occident en 1974, une prise de conscience des réalités du régime soviétique. Alexandre Soljenitsyne, magistral chroniqueur, redonne une voix aux détenus du Goulag, cet  » archipel  » où des millions de zeks sont morts.

À propos de l’auteur

Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) est un écrivain et dissident russe. Incarcéré puis envoyé au Goulag en 1945, il y est détenu pendant huit ans.

Déchu de la nationalité russe, ce n’est qu’en 1994, après vingt ans d’exil, qu’il peut enfin réintégrer son pays. Lauréat du prix Nobel de littérature en 1970, il est l’auteur d’une œuvre considérable.


2. Goulag – Une histoire (Anne Applebaum)

Goulag – Une histoire Anne Applebaum

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Contrairement aux camps nazis, le gigantesque univers concentrationnaire propre au régime soviétique demeure largement méconnu.

Les Kontslaguer apparurent en Russie dès 1918, comme instrument de répression politique et bientôt comme réservoir de main-d’œuvre forcée pour l’industrialisation soviétique. De la Révolution à la Glasnost, 18 millions d’individus en furent les victimes ; 4,5 millions n’en revinrent jamais.

Si Soljenitsyne, avec son Archipel du Goulag, en a donné un inoubliable témoignage littéraire, aucun historien n’en avait encore entrepris la relation globale.

Anne Applebaum, puisant dans une masse encore à peine explorée d’archives, de témoignages et interviews de survivants, nous propose ici une étude sociologique minutieuse de la vie quotidienne des millions de zeks : l’absurdité des arrestations, la cadence infernale des travaux, la terreur, les violences inouïes et la mort omniprésente, les effroyables conditions d’hygiène mais aussi les stratégies de survie, les tentatives d’évasion, l’espoir et la solidarité qui, en dépit de tout, subsistent.

Les camps devinrent rapidement une nation à l’intérieur de la nation, presque une civilisation à part entière, avec ses propres lois, sa diversité sociologique, sa littérature, son folklore, son argot, ses coutumes : c’est au cœur ténébreux de ce monde clos que nous convie l’auteur.

À propos de l’auteur

Anne Applebaum est née en 1964 à Washington. Après des études à Yale, à la London School of Economics et à Oxford, elle a longtemps été correspondante de The Economist à Varsovie.

Ses travaux lui ont valu de nombreux prix dont le prix Pulitzer de l’essai 2004 pour Goulag. Aujourd’hui éditorialiste au Washington Post, cette historienne confirmée s’est imposée comme une spécialiste incontournable de l’ex-URSS.


3. Au goulag ! La police politique et les camps sous Lénine et Staline (Gaston Erlom)

Au goulag La police politique et les camps sous Lénine et Staline Gaston Erlom

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S’inscrivant dans une perspective jusqu’ici inédite, Au Goulag ! La police politique et les camps sous Lénine et Staline propose une vision renouvelée de l’appareil répressif mis en place par Lénine et consorts, dont les camps de travaux forcés constituèrent un rouage essentiel.

S’appuyant sur les nombreux témoignages de passagers pour l’enfer et sur les recherches récentes de spécialistes reconnus du Goulag, cette synthèse originale passe en revue trente-cinq années de déportations individuelles et collectives dans l’Union soviétique du communisme triomphant.

Au-delà des souffrances et du désespoir de plusieurs générations d’hommes et de femmes asservis aux desseins d’une utopie criminelle, l’auteur nous fait pénétrer, au cœur du système qui sacrifia des millions d’individus, dans l’univers matériel et mental des architectes de la terreur, des concepteurs, des pourvoyeurs et des artisans du Goulag dont il retrace la carrière et dresse des portraits saisissants.

Il nous rend compréhensibles l’évolution et le fonctionnement des organes sécuritaires, un univers fait de peurs et d’intrigues, mais aussi d’honneurs, de médailles, de primes et de récompenses.

Il défait par ailleurs le mythe de la rentabilité économique du Goulag et le prétexte de déportations massives menées, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, comme une opération préventive contre une hypothétique  » cinquième colonne « .

À propos de l’auteur

Universitaire à Genève dans les années 1980 et attaché de presse à Moscou après l’éclatement de l’URSS, Gaston Erlom a commencé en 1972 à rassembler les récits sur les camps soviétiques parvenus à l’Ouest dès le milieu des années 1920.

Son dernier ouvrage livre le fruit d’une passionnante immersion dans une époque aujourd’hui précisément documentée.


4. Le goulag – Témoignages et archives (Luba Jurgenson, Nicolas Werth)

Le goulag Luba Jurgenson Nicolas Werth

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Le Goulag n’est pas seulement le système concentrationnaire le plus long et le plus vaste du XXe siècle. Acteur essentiel de la vie économique soviétique des années 1930-1950 qui encadre la mise en valeur des territoires  » inhospitaliers  » et, en même temps, puissance administrative qui supplante dans certains cas les organes locaux du Parti et les soviets, il représente un univers en soi avec ses propres logiques et sa  » culture  » souterraine.

Un univers à la fois caché et omniprésent, dont les prémices sont posées dès les années 1920 et dont la postérité s’étend jusqu’à nos jours. Connexe mais différent, le monde des déportés spéciaux constitue, lui aussi, une réalité spécifique – et encore peu connue – des violences staliniennes.

Ces deux modes de répression fondés sur le déplacement et le travail forcés, frappant des individus ou des populations entières, sont ici révélés dans toute leur ampleur grâce à des documents d’archives inédits en français et à des témoignages littéraires d’une force exceptionnelle.

À propos de l’auteur

Luba Jurgenson est professeur de littérature russe à Paris-Sorbonne. Elle est l’auteur notamment de L’expérience concentrationnaire est-elle indicible ? (Le Rocher, 2003), Le Goulag en héritage avec Élisabeth Anstett (Petra, 2009), elle est maître d’œuvre de l’édition française des Récits de la Kolyma de Varlam Chalamov (Verdier, 2003), et a dirigé le dossier  » Chalamov et Soljenitsyne  » du numéro 1 de Mémoires en jeu (septembre 2016).

Elle publie en 2017 Le Goulag, aux Éditions Robert Laffont, dans la collection  » Bouquins « . Avec Nicolas Werth, elle est à l’origine de cette anthologie, à partir de témoignages et d’archives, et conçue par les deux meilleurs spécialistes de la littérature concentrationnaire et de l’histoire du stalinisme.


5. Prisonnière de l’île glacée de Trofimovsk – Mémoires d’une déportée dans les camps sibériens (Dalia Grinkeviciute, Gintautas Martynaitis)

Prisonnière de l’île glacée de Trofimovsk – Mémoires d’une déportée dans les camps sibériens Dalia Grinkeviciute Gintautas Martynaitis

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Enfouie sous la terre pendant quarante ans, la vérité sur les structures de répression de l’URSS vient frapper la conscience du monde contemporain dans les années 90. Cette vérité, c’est le récit authentique de la déportée Dalia Grinkeviciute (1927-1987), arrêtée la nuit du 14 juin 1941, à l’âge de 14 ans, avec son frère et sa mère.

Dalia fera partie des 14 600 Lituaniens qui, sur ordre de Staline, furent brutalement arrachés à leur foyer par les agents de la Tchéka. Emmenés de force dans des wagons à bestiaux, puis par bateau sur l’île gelée de Trofimovsk, au-delà du cercle polaire, ils durent y accomplir des travaux titanesques. Sans vêtements adaptés, sans nourriture ni abris chauffés, ces malheureux étaient voués à une mort certaine.

Les mémoires de Dalia, d’une grande qualité littéraire et rédigés après son évasion avec sa mère en 1949, nous exhortent au souvenir des déportés de toutes nations que le régime stalinien a condamnés sans pitié à une fin solitaire, déshumanisée, tous ces morts dont les traces des tombes ont été effacées par les glaces et les vents de l’ex-Union soviétique.

Traduit en plusieurs langues, ce texte fait désormais partie des œuvres classiques de la littérature des camps. Les dessins de Gintautas Martynaitis, rescapé qui s’était lui-même retrouvé dans l’enfer de Trofimovsk à l’âge de 6 ans, illustrent admirablement ce récit.

À propos de l’auteur

Née le 28 mai 1927 et décédée le 25 décembre 1987, à Kaunas, en Lituanie, Dalia Grinkeviciute était un médecin et un écrivain, dont les souvenirs du goulag sont maintenant considérés comme faisant partie de la littérature nationale lituanienne.

Prisonnière de l’île glacée de Trofimovsk, le récit authentique de la déportation de sa famille, a paru aux Éditions du Rocher en 2017.

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