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Que lire sur la géopolitique internationale ?

Que lire sur la géopolitique internationale ?

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Le monde entre dans une phase d’instabilité structurelle. La guerre de haute intensité revient en Europe : depuis février 2022, la Russie mène contre l’Ukraine la plus grande offensive militaire sur le continent depuis 1945. Des centaines de milliers de soldats sont engagés des deux côtés, les frappes de missiles et de drones atteignent des villes situées loin du front, et le conflit a déjà fait plusieurs centaines de milliers de morts et de blessés. Au Proche-Orient, l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 — plus de 1 200 morts et 250 otages — a déclenché une riposte militaire d’une ampleur sans précédent dans la bande de Gaza, puis un embrasement régional : frappes du Hezbollah depuis le Liban, échanges de tirs entre Israël et l’Iran, intervention des Houthis yéménites contre le trafic maritime en mer Rouge. En Asie, la rivalité sino-américaine structure les rapports de force : les États-Unis imposent des restrictions sur l’exportation de semi-conducteurs avancés vers la Chine, Pékin riposte par des restrictions sur les terres rares indispensables à l’industrie occidentale, tandis que les deux marines multiplient les manœuvres autour de Taïwan et en mer de Chine méridionale.

Les promesses de l’après-guerre froide — primauté du droit international, convergence des régimes vers la démocratie libérale, prospérité partagée grâce au libre-échange — s’effondrent les unes après les autres. La Russie, la Chine, l’Iran et la Turquie, insatisfaites de l’ordre établi après 1991 (chute de l’Union soviétique et domination américaine sur le système international), réaffirment des ambitions territoriales et impériales que les Occidentaux pensaient définitivement enterrées : Moscou annexe la Crimée dès 2014 puis envahit l’Ukraine huit ans plus tard, Pékin revendique Taïwan et construit des îles artificielles militarisées en mer de Chine méridionale, Ankara intervient en Syrie et en Libye pour sécuriser ses intérêts et sa zone d’influence, Téhéran étend son emprise de l’Irak au Yémen via un réseau de milices alliées (Hezbollah, Houthis, milices chiites irakiennes). La scène internationale n’est plus bipolaire comme pendant la guerre froide, ni unipolaire comme dans les années 1990 : elle devient multipolaire et chaotique.

Les BRICS — à l’origine le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, rejoints depuis 2024 par l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, les Émirats arabes unis et l’Indonésie — représentent désormais environ 40 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat, contre 29 % pour le G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada). Leur part ne cesse de croître, tirée principalement par la Chine et l’Inde. Neuf nouveaux pays « partenaires » (dont la Malaisie, la Thaïlande et le Kazakhstan) ont rejoint le groupe en 2025, si bien que les BRICS élargis rassemblent plus de la moitié de la population mondiale. Un ensemble hétérogène de pays — souvent regroupé sous l’étiquette de « Sud global » — refuse de s’aligner sur l’un ou l’autre camp. L’Inde, par exemple, achète du pétrole russe à prix réduit mais renforce en parallèle son partenariat de défense avec Washington. Le Brésil et l’Afrique du Sud s’abstiennent de condamner l’invasion de l’Ukraine à l’ONU mais conservent des liens commerciaux étroits avec l’Europe.

Parallèlement, la planète se réarme à un rythme inédit. Selon le SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025 — onzième année consécutive de hausse. Les États-Unis, la Chine et la Russie concentrent à eux seuls 51 % de ce total. L’Europe connaît l’augmentation la plus spectaculaire : +14 % en un an. L’Allemagne, qui consacrait à peine 1,5 % de son PIB à la défense en 2022, dépasse désormais les 2,3 % et se hisse au quatrième rang mondial. La Pologne consacre près de 4,7 % de son PIB à ses forces armées — un record en Europe. Israël a vu ses dépenses militaires bondir de 65 % en 2024 après le 7 octobre, la plus forte hausse depuis la guerre des Six Jours en 1967.

L’Union européenne, qui avait longtemps fondé son influence sur le droit et le commerce plutôt que sur la force, redécouvre l’urgence militaire : réarmement, autonomie stratégique, défense de ses frontières orientales et méridionales. Le multilatéralisme — c’est-à-dire la coopération entre États au sein d’institutions communes comme l’ONU — est paralysé par les vétos croisés au Conseil de sécurité et par le retour d’un unilatéralisme américain sous la seconde présidence Trump. Le 2 avril 2025, jour que le président américain qualifie de « Jour de la Libération », il impose des droits de douane de 10 % minimum sur l’ensemble des importations américaines — jusqu’à 50 % pour certains pays. Les droits de douane moyens pondérés des États-Unis passent de 2 % à environ 24 % — un niveau sans précédent depuis plus d’un siècle. La Chine se voit infliger des tarifs de base de 54 %. L’Inde, accusée de soutenir indirectement l’effort de guerre russe par ses achats massifs de pétrole, voit ses exportations frappées à hauteur de 50 %. L’Union européenne riposte par des contre-mesures sur l’acier, l’aluminium et les produits dérivés. Le krach boursier d’avril 2025 sanctionne immédiatement cette escalade. Le commerce international, longtemps considéré comme un facteur de paix, redevient un terrain d’affrontement.

Guerres hybrides (mélange d’opérations militaires classiques, de cyberattaques et de désinformation), course aux ressources critiques (lithium, cobalt, terres rares, semi-conducteurs), militarisation de l’intelligence artificielle, conflits oubliés en Afrique (Soudan, Sahel, est du Congo) : les fronts se multiplient et se superposent. Pour qui souhaite saisir ces recompositions, voici huit ouvrages récents qui offrent autant de grilles de lecture complémentaires.


1. RAMSES 2026 : Un nouvel échiquier (Thierry de Montbrial et Dominique David, 2025)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Publié chaque année par l’Institut français des relations internationales (Ifri) et coédité avec Dunod, le RAMSES constitue depuis plus de quatre décennies la publication de référence en matière de prospective géopolitique francophone. Cette 44e édition s’ouvre sur les « Perspectives » de Thierry de Montbrial, qui articule l’analyse autour d’un constat central : la fragmentation du monde. Après des décennies de promesses d’intégration portées par le libre-échange et le progrès technique, l’espace international se retrouve morcelé par les égoïsmes nationaux et la course à la puissance. Montbrial écarte ici le piège de Thucydide — l’idée, formulée par le politiste américain Graham Allison, selon laquelle une puissance montante (la Chine) et une puissance établie (les États-Unis) finissent inévitablement par entrer en guerre — pour lui préférer le piège de Kindleberger : d’après l’économiste Charles Kindleberger, qui a étudié les causes de la Grande Dépression, le véritable danger survient lorsque la puissance dominante n’est plus capable ou plus disposée à assumer le rôle de garant de l’ordre international, sans qu’aucune autre ne prenne le relais. Ce vide de leadership, selon Montbrial, est précisément ce qui caractérise la période actuelle.

Trois axes structurent le volume. Le premier interroge la gouvernabilité d’un monde fragmenté : l’ONU, conçue en 1945 pour un monde de cinquante et un États, peine à fonctionner avec cent quatre-vingt-treize membres aux intérêts divergents ; les organisations régionales (Union européenne, Union africaine) ne parviennent pas à combler les vides laissés par l’effritement de la domination occidentale ; le droit international, privé de mécanismes d’exécution contraignants, est de plus en plus instrumentalisé par les plus forts. Le deuxième axe se concentre sur l’Europe et ses marges stratégiques — à l’Est face à la Russie, au Nord avec l’Arctique devenu enjeu de souveraineté, au Sud avec une Méditerranée traversée par les flux migratoires et les tensions énergétiques, à l’Ouest avec une solidarité américaine remise en cause jour après jour — Washington traite désormais ses alliances comme des contrats commerciaux, conditionnés à un retour sur investissement immédiat. Le troisième porte sur l’Afrique, continent aux dynamiques démographiques, économiques et conflictuelles éclatées, où de nouvelles générations forgent des identités neuves — parfois en rupture avec les mouvements panafricains traditionnels, parfois décidées à les réinventer. S’y ajoutent un panorama des crises en cours — de Taïwan au Venezuela, de la compétition technologique sino-américaine au système monétaire international — et un appareil documentaire solide (chronologie, cartographie, vidéos de chercheurs de l’Ifri).


2. La Guerre des mondes : le retour de la géopolitique et le choc des empires (Bruno Tertrais, 2023)

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Directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique et expert associé à l’Institut Montaigne, Bruno Tertrais reprend le titre du célèbre roman de H.G. Wells pour poser un diagnostic franc : nous entrons dans une ère nouvelle. Sa formule résume la thèse du livre : « La tectonique des plaques géopolitiques s’est remise en mouvement. » Les « néo-empires » que sont la Russie, la Chine, la Turquie et l’Iran — qu’il qualifie de « revanchards, conquérants et prédateurs » — contestent l’ordre international bâti après 1945 et entendent le remodeler à leur image. Ce qui rend la situation inédite, c’est l’ampleur des terrains d’affrontement : le conflit ne se limite pas à un front unique, il se déploie simultanément de l’Ukraine à Taïwan, des fonds marins à l’espace extra-atmosphérique, des mines de lithium au cyberespace.

L’un des apports les plus éclairants de Tertrais réside dans son refus de plaquer le schéma bipolaire de la guerre froide (deux blocs étanches, idéologiquement opposés) sur la situation contemporaine. Il préfère parler de « familles » — une famille occidentale, plutôt libérale, face à une famille eurasiatique autoritaire — dont les contours sont bien plus flous que ceux des anciens blocs : un pays peut avoir des intérêts économiques liés à l’Occident et adopter en même temps des pratiques autoritaires (la Hongrie, par exemple), ou commercer massivement avec Pékin sans renoncer à un partenariat de défense avec Washington (l’Inde, entre autres). Les pays du Sud global naviguent entre ces pôles sans s’aligner durablement.

Tertrais pose trois parallèles historiques : sommes-nous en 1910, à la veille du choc des empires européens ? En 1930, face à la montée des totalitarismes ? Ou en 1950, au seuil d’une nouvelle guerre froide ? Sa réponse tient en une formule : une « guerre tiède » — un troisième choc en un siècle entre autocraties et démocraties, fait non pas de confrontation nucléaire directe mais de crises en série, de guerres par procuration et de compétition à l’échelle planétaire. Tertrais invite d’ailleurs à reconsidérer le supposé « déclin » de l’Occident : les faiblesses de ses adversaires — fragilité démographique de la Russie, ralentissement économique chinois, isolement diplomatique de l’Iran — sont peut-être plus profondes qu’il n’y paraît.


3. Atlas géopolitique (Yves Lacoste, 2026)

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Fondateur de la revue Hérodote, auteur du célèbre La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre (1976), Yves Lacoste est l’instigateur de la réflexion géopolitique moderne en France — celui qui, dès les années 1970, a replacé la géographie au cœur de l’analyse des rapports de force entre États. Son Atlas géopolitique, publié chez Larousse, repose sur un outil qui lui est propre : le diatope. Le principe consiste à superposer, sur une même page, des cartes à différentes échelles (locale, régionale, mondiale) pour rendre visibles les liens entre des phénomènes que l’on traite habituellement de façon cloisonnée.

Cela permet de saisir comment un conflit territorial en apparence limité — le conflit israélo-palestinien, par exemple — produit des répercussions à l’échelle de toute une région (déstabilisation du Liban, tensions avec l’Iran, flux de réfugiés en Jordanie) et, de proche en proche, à l’échelle mondiale (polarisation des opinions publiques, instrumentalisation diplomatique au Conseil de sécurité). L’ouvrage est structuré par grands pays et grands types de problèmes : hyperpuissance américaine, résurgence russe, islamisme, points chauds régionaux, enjeux énergétiques. Lacoste ne sépare jamais le présent de ses racines historiques : chaque situation est replacée dans la longue durée. Par-delà la description des événements, la méthode d’analyse par emboîtement d’échelles met au jour les logiques territoriales qui les sous-tendent.


4. Atlas de la mondialisation : tensions, crises et basculement du monde (Laurent Carroué, 2025)

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Géographe, agrégé, inspecteur général de l’Éducation nationale et directeur de recherche à l’Institut français de géopolitique (IFG) de l’université Paris-VIII, Laurent Carroué adopte un angle distinct des ouvrages précédents : celui de la mondialisation économique et de ses effets sur la recomposition des territoires. Sa thèse de fond est que la mondialisation contemporaine n’a rien de « mondial » au sens d’une intégration homogène. C’est au contraire un système profondément inégalitaire, qui accentue les écarts entre territoires : les entreprises s’installent là où les salaires sont bas, les protections sociales faibles et les ressources accessibles, ce qui enrichit certaines zones et en marginalise d’autres. Le résultat, c’est un monde structurellement fracturé, où les tensions sociales, migratoires et politiques ne sont pas des accidents mais des conséquences directes de cette logique.

Cette troisième édition, largement remaniée, s’organise autour de quatre axes : les origines historiques de la mondialisation (des grandes découvertes du XVe siècle à la financiarisation contemporaine), le fonctionnement du système productif mondial (chaînes de valeur, flux commerciaux, rôle des multinationales), le rôle des territoires (centres, interfaces, périphéries, marges) et les enjeux d’avenir (développement durable, gouvernance mondiale, importance croissante des océans — transport maritime, câbles sous-marins, exploitation des fonds marins). Quatre-vingt-dix cartes et infographies, construites à diverses échelles, éclairent des réalités souvent contre-intuitives : Carroué rappelle par exemple qu’environ 8 % de la population mondiale concentre 86 % de la richesse planétaire, tandis que 73 % de l’humanité se partage moins de 2,5 % du total.

Si le propos relève davantage de la géographie économique que de la géopolitique au sens strict, il éclaire une dimension que les essais centrés sur les rapports de force militaires et diplomatiques laissent souvent dans l’ombre : les rivalités de puissance entre États ne naissent pas dans le vide — elles s’enracinent dans des inégalités territoriales et économiques que cet atlas rend lisibles.


5. L’Ère des affrontements : les grands tournants géopolitiques (Thierry de Montbrial, 2025)

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Avec ce volume dense de plus de cinq cents pages, Thierry de Montbrial synthétise un demi-siècle d’observation des relations internationales. Fondateur de l’Ifri, directeur du Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, Montbrial est l’un des rares intellectuels français à avoir accompagné, année après année, chaque inflexion de la politique mondiale depuis la fin des années 1970. Le bilan qu’il en tire est sévère : au début du XXIe siècle, les Occidentaux ont voulu croire à la mondialisation heureuse ; un quart de siècle plus tard, la planète bascule dans une deuxième guerre froide, voire dans les prémices d’un conflit de grande ampleur. Le djihadisme s’est étendu du Sahel à l’Asie du Sud-Est, les « printemps arabes » ont déstabilisé plusieurs régimes sans parvenir à installer de démocraties durables, la guerre d’Ukraine a fracturé le continent européen — l’UE s’est réarmée en urgence, la Russie s’est rapprochée de la Chine —, et les États-Unis se mobilisent pour contenir la montée en puissance de Pékin.

Montbrial revisite les grands tournants — chute du mur de Berlin, 11-Septembre, expansion du djihadisme, guerre d’Ukraine — non pas comme des ruptures isolées, mais comme les maillons d’une chaîne dont la cohérence n’apparaît qu’avec le recul. Montbrial raisonne en réaliste : plutôt que de juger les États à l’aune de principes moraux abstraits, il les analyse en fonction de leurs intérêts, de leurs rapports de force et de leurs contraintes géographiques. De là, son refus de la lecture manichéenne — « bons démocrates » contre « méchants autocrates ». Il insiste en particulier sur la complexité — un concept qu’il emprunte aux sciences des systèmes — pour rappeler que dans un enchaînement de phénomènes internationaux, aucune cause n’est jamais unique et aucune prédiction n’est jamais certaine. Le Figaro a salué « une lecture qui s’impose à qui veut comprendre notre temps » ; Les Échos y ont vu « la toile de fond nécessaire pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui entre Donald Trump, Vladimir Poutine et les Européens ». On regrettera que certaines périodes (notamment les années 2017-2021) soient survolées et que le flanc sud de l’Europe reste peu abordé, mais rares sont les ouvrages qui réussissent à articuler autant de tournants historiques en un seul fil conducteur.


6. La Géopolitique en 100 questions : comprendre le monde de demain (Marc Semo, 2025)

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Journaliste de longue date à Libération puis au Monde, aujourd’hui éditorialiste à Challenges et collaborateur de France Culture, Marc Semo apporte ici un regard de terrain nourri par des décennies de couverture des conflits et des négociations diplomatiques. Le format — cent questions, cent réponses — permet d’entrer dans la matière par n’importe quelle porte : qu’est-ce qu’une guerre hybride ? La dissuasion nucléaire fonctionne-t-elle encore ? Quelles sont les forces et les faiblesses des BRICS ? Est-ce la fin de l’hégémonie américaine ? Comment réformer l’ONU ?

Mais Semo dépasse l’inventaire factuel. Il ancre chaque réponse dans les grandes théories des relations internationales, et prend le temps de les rendre accessibles. Il explique par exemple ce qu’est un « monde hobbesien » (une scène internationale où, en l’absence d’autorité supérieure aux États, règne la loi du plus fort — par référence au philosophe anglais Thomas Hobbes), ce que recouvre la « souveraineté westphalienne » (le principe, né des traités de Westphalie en 1648, selon lequel chaque État est maître chez lui et ne reconnaît aucune autorité extérieure), ou encore ce que signifie la « désoccidentalisation » (la remise en cause, par un nombre croissant de pays du Sud, de normes et d’institutions conçues par et pour l’Occident). Il fournit ainsi au lecteur·ice un cadre conceptuel solide pour décoder l’actualité de façon autonome.

Les thèmes couverts vont du retour de la guerre en Europe à l’embrasement du Proche-Orient, du grand jeu asiatique aux défis de l’intelligence artificielle et du réchauffement climatique. Chaque fiche est accompagnée de cartes, d’infographies et d’exemples. Certains sujets — la place de l’Afrique, les conflits liés aux ressources — sont traités avec une brièveté qui laisse sur sa faim.


7. La Géopolitique : 50 fiches pour comprendre l’actualité (Pascal Boniface, 2023)

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Fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), Pascal Boniface a vendu plus de cent mille exemplaires de ce guide régulièrement mis à jour depuis sa première édition. Pour chacun des cinquante thèmes retenus : une fiche, une carte, un résumé. De la prolifération nucléaire aux États dits « faillis » (ces pays dont l’appareil étatique ne parvient plus à exercer ses fonctions de base — sécurité, justice, services publics — comme la Somalie ou le Yémen), du duel Washington-Pékin au soft power (la capacité d’un État à influencer les autres par l’attractivité de sa culture, de ses valeurs ou de son modèle plutôt que par la contrainte militaire), Boniface couvre un large spectre sans jamais sacrifier la clarté.

Le texte est direct et dépouillé, presque schématique par endroits — ce qui en fait un outil adapté à un public non spécialiste. Boniface ne prend pas parti : il restitue les tensions dans toute leur complexité sans céder à la simplification idéologique. Cette édition intègre les derniers développements : le retour de Donald Trump et ses conséquences sur l’ordre transatlantique, l’affirmation des BRICS, la relation Russie-Europe, les enjeux de l’intelligence artificielle.


8. Grand Atlas 2026 (Frank Tétart, 2025)

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Docteur en géopolitique, diplômé en relations internationales et collaborateur de l’émission Le Dessous des cartes, Frank Tétart dirige depuis plusieurs années cette publication annuelle éditée chez Autrement, en partenariat avec FranceInfo et le magazine scientifique Epsiloon. Le Grand Atlas 2026 rassemble plus de cent cartes inédites ou mises à jour et une cinquantaine d’infographies, pour un panorama qui va des points chauds de la planète (Moyen-Orient, Ukraine, Taïwan) aux défis structurels (accès aux ressources, enjeux démographiques, transition énergétique).

Là où d’autres ouvrages privilégient le texte, Tétart fait de la carte le vecteur premier de l’analyse. Chaque double page articule un thème précis : on peut parcourir le bouquin de façon séquentielle ou y revenir au gré de l’actualité, selon les besoins. Un collectif de géographes, de cartographes et de spécialistes contribue à chaque édition. Les éditions précédentes ont été régulièrement saluées pour la qualité de leur cartographie, notamment grâce au travail d’adaptation de Cécile Marin. Ce n’est pas un essai de fond — on n’y trouvera pas de thèse argumentée sur l’état du monde —, mais un outil de repérage visuel et factuel, aussi utile pour préparer un cours que pour démêler le journal du soir.