Love and Other Words est une romance contemporaine écrite par Christina Lauren — nom de plume du duo d’autrices américaines Christina Hobbs et Lauren Billings — et publiée en 2018 chez Gallery Books. On y suit Macy Sorensen, interne en pédiatrie sur le point de se marier, dont la vie soigneusement ordonnée vacille le jour où elle retrouve par hasard Elliot Petropoulos, son premier amour, après onze ans de silence.
À travers une narration qui alterne entre passé et présent, le roman retrace leur amitié née dans une maison de vacances près de San Francisco, leur passion commune pour les livres, et le mystère autour de la nuit qui a tout détruit entre eux. Love and Other Words est devenu un best-seller du New York Times et figure parmi les romans les plus recommandés de la romance dite « seconde chance ».
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici des romans qui partagent le même ADN : un amour de jeunesse qu’on croyait enterré, une structure en allers-retours temporels, et cette question qui revient comme un refrain — peut-on vraiment reprendre là où on s’est arrêté ?
1. Tous nos étés (Carley Fortune, 2022)

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Perséphone Fraser — Percy pour les intimes — n’a pas remis les pieds à Barry’s Bay depuis dix ans. Cette petite ville au bord d’un lac ontarien est l’endroit où elle a vécu son plus beau souvenir et commis sa plus grande erreur. Quand un appel téléphonique la force à y retourner, elle sait qu’elle devra affronter Sam Florek, le garçon d’à côté devenu l’homme qu’elle n’a jamais réussi à oublier. Le roman navigue entre six étés d’adolescence — ceux où Percy et Sam sont passés de voisins à meilleurs amis, puis à bien plus que ça — et un présent où les regrets ont pris toute la place.
Carley Fortune, journaliste canadienne qui a grandi elle-même au bord des lacs de l’Ontario, connaît ce décor sur le bout des doigts — et ça se sent. Le lac, le ponton, les soirées d’été qui n’en finissent pas : tout sonne juste. Mais le roman ne se réduit pas à son cadre idyllique. Une intrigue bien dosée maintient le suspense jusqu’aux dernières pages : quelle est cette fameuse « erreur » que Percy ne se pardonne pas ? La double temporalité et le poids des non-dits rappelleront Love and Other Words — avec un peu plus de soleil et beaucoup de moustiques.
2. L’infini entre nous (N. S. Perkins, 2024)

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Pendant dix-huit ans, Violet et Will ont partagé leurs étés dans une maison de bord de mer que leurs deux familles se partageaient en vacances. Amis d’enfance inséparables, ils étaient sur le point de se déclarer leur amour quand un drame a tout interrompu. Cinq ans plus tard, Violet revient à la maison avec une seule idée en tête : la vendre et tourner la page. Problème : Will est là, toujours aussi bronzé et sincèrement désolé. Et il refuse de signer la vente sans conditions. Son marché ? Huit semaines sous le même toit pour tenter de la faire changer d’avis.
Le roman fait la part belle au deuil, au pardon et à la reconstruction — N. S. Perkins, autrice montréalaise qui partage son temps entre la médecine et la fiction, ne recule pas devant les sujets douloureux. La romance n’est qu’une couche : en dessous, il y a deux personnes qui doivent d’abord régler leurs comptes avec le passé avant de pouvoir se regarder en face. Le va-et-vient entre les souvenirs lumineux d’avant et la tension du présent produit le même effet que dans Love and Other Words : on sait que ces deux-là devraient être ensemble, mais on ignore si le roman nous fera ce cadeau.
3. Falling Again (Morgane Moncomble, 2020)

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Aaron, surdoué et solitaire, a cinq ans quand il manque de se noyer. Celle qui le tire de l’eau, c’est Fleur, une petite fille solaire et bavarde qui a déjà plus d’amis qu’il n’en faut. Les deux enfants se lient d’une amitié féroce, scellée par des lettres et des promesses dignes des meilleurs dramas coréens — un univers que l’autrice connaît bien et auquel elle rend ici un hommage assumé. Puis la vie les sépare. Seize ans plus tard, Fleur est devenue une autrice de bande dessinée fauchée qui manque cruellement de confiance en elle. Aaron, lui, est un professionnel du jeu vidéo aussi brillant que glacial. Quand leurs chemins se croisent à nouveau dans la même entreprise, Fleur le reconnaît immédiatement. Lui, en revanche, semble avoir tout oublié.
C’est dans ce décalage — l’une se souvient de tout, l’autre ne se souvient de rien — que réside toute la tension du roman. Morgane Moncomble glisse sous la surface légère de la comédie romantique des thèmes plus sombres : la perte de mémoire, la culpabilité, le poids des secrets familiaux. Le twist final, inattendu, donne une tout autre dimension à l’ensemble et a de quoi serrer la gorge. Un one-shot qui plaira à celles et ceux qui aiment quand la romance a les pieds dans le drame sans jamais perdre sa tendresse.
4. À tous les cœurs que j’ai brisés (Laura S. Wild, 2021)

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Nollan et Juliette ont neuf ans quand ils se rencontrent sur une plage de la Côte d’Azur et se marient — avec toute la solennité que permet une cérémonie célébrée par un grand frère de onze ans. Année après année, leur lien grandit, passe de la promesse enfantine à l’amour adolescent. Puis Nollan trahit Juliette, et onze années de silence s’installent. On les retrouve adultes : elle est directrice marketing à Paris, déterminée et un peu blindée ; lui est designer freelance à Seattle, incapable de s’attacher à quiconque. Quand un drame familial ramène Nollan en France, il décide de dresser la liste de toutes les femmes dont il a brisé le cœur pour aller s’excuser. En tête de liste : Juliette.
Le roman joue sur les allers-retours temporels — de l’enfance à l’âge adulte — pour révéler par petites touches ce qui s’est réellement passé entre eux. Laura S. Wild ne se contente pas d’une simple reconquête amoureuse : elle aborde le harcèlement scolaire, le suicide, le deuil, et ces sujets ne sont pas là pour faire joli — ils pèsent sur l’intrigue et en modifient le cours. La quête de rédemption de Nollan, parfois maladroite mais jamais cynique, donne au roman une sincérité qui fait du bien dans un genre où les héros ont souvent la mémoire courte et le pardon facile.
5. Happy Place (Emily Henry, 2023)

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Harriet et Wyn formaient le couple parfait — du genre à donner envie aux célibataires de quitter la table. Problème : ils ont rompu il y a six mois et personne dans leur groupe d’amis n’est au courant. Quand arrive la semaine de vacances annuelle dans le cottage du Maine où la bande se retrouve depuis dix ans, les deux ex décident de jouer la comédie une dernière fois. Après tout, la maison va être vendue, c’est la fin d’une époque, et il serait dommage de tout gâcher. Un plan infaillible — à condition de ne jamais se retrouver seul·e dans la même pièce, de ne jamais se toucher et, surtout, de ne jamais repenser à ce qui a mal tourné.
Sur le papier, le fake dating inversé (faire semblant d’être encore ensemble) est un trope sans grande surprise. Sauf qu’Emily Henry y injecte des enjeux qui dépassent largement la comédie romantique. Le roman interroge ce qu’on est prêt·e à sacrifier pour le bonheur de l’autre, le poids des attentes familiales, et la difficulté de changer de cap quand tout le monde vous croit sur la bonne voie. L’alternance passé/présent — décidément un fil rouge de cette sélection — permet de voir Harriet et Wyn tomber amoureux autant que de comprendre pourquoi ils se sont perdus. La bande d’amis qui les entoure n’est pas qu’un décor : chaque personnage secondaire a sa propre fêlure, et le roman finit par raconter autant une histoire de groupe qu’une histoire de couple.
6. People We Meet on Vacation (Emily Henry, 2021)

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Poppy et Alex n’ont rien en commun. Elle adore les couleurs vives et les destinations improbables ; lui préfère un bon livre et un pantalon en coton beige. Et pourtant, depuis un covoiturage à la sortie de la fac, ils sont les meilleurs amis du monde. Chaque été, pendant dix ans, ils se sont retrouvés pour une semaine de vacances. Jusqu’au fameux voyage en Croatie, deux ans plus tôt, qui a tout fait imploser. Depuis, plus un mot. Quand Poppy réalise qu’elle n’a jamais été aussi heureuse qu’avec Alex, elle lui propose un dernier voyage — une ultime tentative pour recoller les morceaux.
Le roman fonctionne comme un album photo qu’on feuillette dans le désordre : chaque chapitre alterne entre le road trip du présent et un été passé, et dévoile peu à peu l’évolution de leur relation et les raisons de la rupture. Emily Henry excelle dans les dialogues vifs et les répliques qui font mouche, et le contraste entre l’exubérance de Poppy et la retenue d’Alex offre un ressort comique redoutable. Mais sous l’humour, le roman pose une question sérieuse : quand vos rêves de vie pointent dans des directions opposées, l’amour suffit-il à tout réconcilier ? Comme Love and Other Words, c’est un roman bâti sur la certitude qu’une amitié aussi fusionnelle n’a probablement jamais été « juste » une amitié.
7. Sept jours de juin (Tia Williams, 2021)

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Eva Mercy est mère célibataire, autrice à succès de romans érotiques, et habituée à garder le contrôle sur à peu près tout — sauf ses migraines chroniques. Shane Hall est un romancier primé, aussi insaisissable que talentueux, qui évite les apparitions publiques comme d’autres évitent les spoilers. Quand ils se croisent lors d’un panel littéraire à Brooklyn, l’étincelle est immédiate — et pour cause : quinze ans plus tôt, les adolescents qu’ils étaient ont vécu ensemble une semaine incandescente. Ce que personne ne sait, c’est qu’ils n’ont jamais cessé de s’écrire à travers leurs livres — des messages codés dans leurs romans respectifs, que seul l’autre pouvait décoder.
Le récit prend appui sur le milieu littéraire afro-américain de Brooklyn, peuplé de seconds rôles qui ont du répondant — mention spéciale à Audre, la fille d’Eva, douze ans et déjà redoutable. Le roman aborde avec franchise la dépendance, les traumatismes d’enfance, la maternité en solo et la santé mentale, sans jamais perdre son énergie romanesque ni sa sensualité. Là où Love and Other Words fait de l’amour des livres le ciment d’un couple, Sept jours de juin pousse le principe un cran plus loin : cette correspondance secrète, entretenue pendant quinze ans à l’insu de tous, donne aux retrouvailles d’Eva et Shane une charge difficile à ignorer. Un roman taillé pour celles et ceux qui veulent une seconde chance romance avec davantage d’aspérités et un ancrage social plus affirmé.
8. Slow Dance (Rainbow Rowell, 2024)

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Shiloh Butler a trente-trois ans, deux enfants, un divorce derrière elle, et une vie qui ne ressemble en rien à ce qu’elle avait prévu. Elle vit de nouveau dans la maison de son enfance à Omaha — la ville qu’elle rêvait de quitter. Son meilleur ami Cary, celui avec qui elle passait des heures sur le perron à planifier leur évasion, a disparu de sa vie depuis quatorze ans. Il devait s’engager dans la marine. Elle devait devenir actrice. Ils s’étaient promis que leur amitié ne changerait jamais. Quand Shiloh est invitée au mariage d’un vieil ami du lycée, une seule question l’obsède : est-ce que Cary sera là ?
Connue pour Eleanor & Park et Fangirl, Rainbow Rowell signe avec Slow Dance son retour à la fiction pour adultes après une décennie. Le roman a été comparé à Persuasion de Jane Austen — et la filiation n’est pas usurpée. Il y est question de vies qui n’ont pas tenu leurs promesses, de rendez-vous ratés avec le bonheur, de fierté et de silences qui durent trop longtemps. L’alternance entre les années de lycée et le présent donne à l’ensemble un rythme à la fois lent et irrésistible, comme un slow qu’on hésite à danser. Les personnages de Rowell sont imparfaits de la meilleure façon possible — fatigués, hésitants, un peu usés aux coutures — et c’est précisément ce qui les rend si crédibles. Si Love and Other Words vous a plu pour sa tendresse, Slow Dance vous plaira pour sa lucidité : même roman d’amour au fond, mais vu depuis l’autre côté de la trentaine.