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Que lire après « Nos étoiles contraires » de John Green ?

Que lire après « Nos étoiles contraires » de John Green ?

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Publié en janvier 2012 aux États-Unis sous le titre The Fault in Our Stars, Nos étoiles contraires est un roman pour jeunes adultes de l’écrivain américain John Green, traduit en français par Catherine Gibert et paru chez Nathan Jeunesse en 2013. On y suit Hazel Grace Lancaster, une adolescente de seize ans atteinte d’un cancer de la thyroïde avec métastases pulmonaires, et Augustus Waters, un garçon en rémission d’un ostéosarcome (un cancer des os), qui se rencontrent lors d’un groupe de soutien à Indianapolis.

Leur histoire d’amour, nourrie d’humour et de références littéraires — les deux adolescents partagent une obsession commune pour Une impériale affliction, un roman fictif dont la fin ouverte les hante au point de les entraîner jusqu’à Amsterdam pour en obtenir la suite —, a touché des millions de lecteur·ices. Le roman a figuré sept semaines consécutives en tête de la New York Times Best Seller list et a été adapté au cinéma en 2014 avec Shailene Woodley et Ansel Elgort dans les rôles principaux.

Si vous venez de refermer ce livre le cœur en miettes et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici des suggestions dans la même veine — des romans où l’on est jeune, amoureux et confronté à la possibilité très concrète de tout perdre. Il est fortement recommandé d’avoir des mouchoirs à portée de main.


1. Qui es-tu Alaska ? (John Green, 2005)

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Miles Halter a seize ans, collectionne les dernières paroles de personnalités célèbres comme d’autres collectionnent les cartes Pokémon, et a le sentiment tenace de n’avoir encore rien vécu. Sa boussole : une phrase attribuée à Rabelais sur son lit de mort — « Je pars en quête d’un Grand Peut-Être » —, qu’il prend au pied de la lettre : il quitte la Floride pour intégrer le pensionnat de Culver Creek, en Alabama. Là-bas, il se lie d’amitié avec son camarade de chambre Chip — dit « le Colonel » —, le discret Takumi et surtout Alaska Young, jeune femme brillante et imprévisible, drôle et tourmentée à parts égales. Ensemble, ils enchaînent les farces, les soirées clandestines et les premières transgressions, avec cette conviction propre à l’adolescence que rien de grave ne peut leur arriver.

Le roman est structuré autour d’un événement central — une nuit qui fait tout basculer — et scindé en deux parties : « Avant » et « Après ». Un décompte de jours, en guise de chapitres (« 136 jours avant », « 58 jours avant »…), installe une tension sourde que l’on ne comprend pleinement qu’au moment de la bascule. C’est un livre sur l’amitié fusionnelle, sur le deuil à un âge où l’on se croit invincible, et sur une question qu’Alaska pose elle-même : comment sortir du « labyrinthe de souffrance » qu’est la vie humaine ? Premier roman de John Green, récompensé par le Michael L. Printz Award (un prix américain majeur en littérature pour adolescents), Qui es-tu Alaska ? contient déjà tout ce qui fera la force de Nos étoiles contraires : des dialogues vifs, un humour au bord du gouffre et des personnages qui s’installent dans votre tête pour ne plus en sortir.


2. Five Feet Apart (Rachael Lippincott, Mikki Daughtry & Tobias Iaconis, 2018)

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Stella Grant a dix-sept ans et connaît les couloirs de l’hôpital mieux que ceux de son lycée. Atteinte de mucoviscidose — une maladie génétique qui détruit progressivement les poumons et le système digestif —, elle suit ses traitements avec une rigueur quasi militaire, remplit des to-do lists pour chaque journée et tient une chaîne YouTube où elle parle de sa maladie. Son quotidien ultra-contrôlé est bouleversé quand elle croise Will Newman, un patient atteint de la même maladie, mais porteur en plus d’une bactérie (la Burkholderia cepacia) qui lui interdit tout espoir de greffe pulmonaire. Problème : les patients atteints de mucoviscidose risquent de se transmettre des infections potentiellement mortelles, et le protocole leur impose de rester à six pieds de distance (environ 1,80 m) les uns des autres. Dans un geste de défi à la fois romantique et imprudent, Stella décide de leur voler un pied. Cinq pieds au lieu de six. C’est peu, mais c’est tout un monde.

Issu du scénario du film À deux mètres de toi (2019), le roman repose sur un paradoxe cruel : Stella et Will tombent amoureux, mais un simple contact physique entre eux pourrait les tuer. Stella veut contrôler chaque détail de sa vie pour survivre ; Will a cessé d’y croire et ne rêve que de liberté — et c’est précisément cette friction qui rend leur relation si difficile à lâcher. Meilleur ami de Stella et lui aussi malade, Poe ajoute au duo une présence chaleureuse et pleine d’ironie. C’est un roman où chaque geste — tendre la main, s’approcher d’un pas — a un prix, et où le simple fait de respirer côte à côte devient un acte de courage.


3. Everything, Everything (Nicola Yoon, 2015)

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Madeline Whittier — Maddy pour les intimes — fête ses dix-huit ans et n’a jamais mis un pied dehors. Atteinte d’un déficit immunitaire combiné sévère (plus connu sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle »), elle ne possède pour ainsi dire aucune défense immunitaire : le moindre germe, la moindre bactérie pourrait la tuer. Elle vit dans une maison à air filtré, sous la surveillance constante de sa mère médecin et de Carla, son infirmière. Ses journées se résument à des cours en ligne, des lectures et des parties de jeux de société. Jusqu’à ce qu’un camion de déménagement s’arrête devant la maison voisine et qu’elle aperçoive Olly — grand, mince, vêtu de noir de la tête aux pieds.

Ce qui commence par des regards à travers une fenêtre se transforme en échanges de messages, puis en rencontres clandestines organisées avec la complicité de Carla, et enfin en une fugue à Hawaï — une décision qui, pour une fille que n’importe quel virus peut tuer, équivaut à jouer sa vie à pile ou face. Mais Everything, Everything n’est pas qu’une romance en vase clos : le roman réserve un retournement dans son dernier tiers qui met en doute la nature même de la maladie de Maddy et révèle que la personne en qui elle avait le plus confiance lui a peut-être menti depuis toujours. Nicola Yoon parsème le récit d’illustrations, de schémas et de listes qui donnent à voir le monde tel que Maddy le perçoit depuis sa chambre — foisonnant, inventif, plein de questions. Le roman a été adapté au cinéma en 2017.


4. Tous nos jours parfaits (Jennifer Niven, 2015)

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Un matin, sur le toit du lycée, deux adolescents se retrouvent au bord du vide. Theodore Finch, que ses camarades qualifient volontiers de « taré » ou de « bête curieuse », oscille entre des phases d’énergie débordante et des épisodes d’abattement profond — des fluctuations qui, on le comprendra au fil du récit, relèvent de troubles bipolaires non diagnostiqués. Ancienne cheerleader, ancienne blogueuse, ancienne tout-ce-qu’elle-était-avant, Violet Markey n’a plus goût à rien depuis la mort de sa sœur dans un accident de voiture neuf mois plus tôt. Lequel des deux a sauvé l’autre ce jour-là ? Personne ne le sait vraiment — et c’est peut-être ça, le plus juste.

Associés pour un projet scolaire, Finch et Violet sillonnent l’Indiana à la recherche de ses curiosités méconnues : une colline de terre de 387 mètres qui se trouve être le point culminant de l’État, un cabinet de curiosités improbable, des lieux oubliés que Finch veut absolument documenter. C’est au fil de ces escapades qu’ils tombent amoureux — et que le contraste entre eux devient alarmant : le monde de Violet s’ouvre à nouveau tandis que celui de Finch se referme dangereusement, car sa maladie, elle, ne prend pas de pause. Jennifer Niven aborde la question du suicide adolescent avec une franchise rare, sans jamais verser dans le didactisme. Inspiré en partie par l’expérience personnelle de l’autrice, le roman a été adapté par Netflix en 2020.


5. Je veux vivre (Jenny Downham, 2007)

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Tessa Scott a seize ans, une leucémie en phase terminale, et une liste. Pas une liste de courses ni de bonnes résolutions : une liste de tout ce qu’elle veut faire avant de mourir. Devenir célèbre. Conduire une voiture. Voler dans un magasin. Tomber amoureuse. Avec l’aide de Zoey, sa meilleure amie — qui compense par l’exubérance ce que Tessa compense par la rage —, elle se lance dans une course effrénée contre le temps et contre la bienséance.

Car Tessa n’est pas une malade douce et résignée. Elle est féroce, ingrate, parfois cruelle avec son père qui la soutient pourtant sans relâche, avec son petit frère Cal qui ne saisit pas toujours la gravité de la situation. Sa colère ne connaît pas de cible précise : elle frappe partout, tout le monde, y compris ceux qui l’aiment le plus. Et c’est cette rage qui la rend profondément humaine plutôt que simplement pathétique. La force du premier roman de Jenny Downham tient à ce refus du pathos facile : montrer ce que la maladie fait réellement à une adolescente, sans filtre ni édulcorant. L’arrivée d’Adam, son voisin, apporte de la douceur au récit, mais le roman ne fait jamais l’erreur de croire que l’amour suffit à tout réparer. Le titre original, Before I Die, dit l’essentiel.


6. Si je reste (Gayle Forman, 2009)

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Un matin d’hiver dans l’Oregon, la famille de Mia Hall prend la route pour une journée ordinaire. Quelques minutes plus tard, un accident de voiture fauche tout. Ses parents meurent sur le coup. Son petit frère décède peu après à l’hôpital. Mia, elle, sombre dans le coma — et se retrouve spectatrice de sa propre vie. Détaché de son corps brisé, son esprit erre dans les couloirs de l’hôpital, observe les visites de ses proches, écoute les diagnostics des médecins. Elle est tiraillée entre l’envie de rejoindre les siens dans la mort et celle de se réveiller pour retrouver ceux qui l’attendent encore.

Le roman se déploie sur une seule journée, découpée heure par heure, et alterne entre le présent — cette attente insoutenable — et les souvenirs d’avant : l’amour de Mia pour le violoncelle, sa candidature à la Juilliard School (le conservatoire le plus prestigieux de New York), sa relation avec Adam, guitariste du groupe Shooting Star, ses parents anciens punks reconvertis en adultes responsables (mais qui n’ont jamais vraiment raccroché leur veste en cuir). Gayle Forman pose une question vertigineuse : quand on a tout perdu, qu’est-ce qui peut encore nous donner envie de rester ? La musique est partout dans ce roman, de Beethoven aux Smiths, et il y a une scène — le grand-père de Mia, à son chevet, qui lui murmure qu’elle a sa permission de partir si la douleur est trop forte — dont on ne se remet pas facilement. Adapté au cinéma en 2014 avec Chloë Grace Moretz, Si je reste a une suite, Là où j’irai, pour celles et ceux qui voudraient savoir ce qu’il advient de Mia après son choix.


7. À tout jamais (Nicholas Sparks, 1999)

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Chaque mois d’avril, Landon Carter est rattrapé par les souvenirs de sa dernière année de lycée. En 1958, dans la petite ville de Beaufort, en Caroline du Nord, il était un fils de bonne famille comme les autres : des amis, des fêtes, une bonne opinion de lui-même et un mépris affiché pour Jamie Sullivan, la fille du pasteur, avec sa bible sous le bras et son éternel chignon. Quand il se retrouve sans cavalière pour le bal et se voit contraint de l’inviter, Jamie lui glisse une condition qui a tout de l’avertissement : « Promets-moi de ne pas tomber amoureux de moi. »

Vous devinez la suite — et pourtant, Nicholas Sparks parvient à la rendre déchirante. Landon tombe amoureux. Jamie lui révèle qu’elle est atteinte d’une leucémie et qu’il ne lui reste que quelques mois. Le cœur du roman tient moins à cette révélation qu’à la transformation de Landon : un garçon superficiel, moqueur et imbu de lui-même qui, au contact de Jamie, apprend à s’intéresser à quelqu’un d’autre que lui — non pas par magie, mais parce que la bonté désarmante de cette fille qu’il méprisait finit par fissurer tout ce qu’il croyait être. L’histoire est inspirée par la mort de la propre sœur de l’auteur, elle aussi emportée par une leucémie. L’adaptation cinématographique Le Temps d’un automne (2002), avec Mandy Moore et Shane West, a fait pleurer une génération entière dans les salles obscures.


8. Le Ciel est partout (Jandy Nelson, 2010)

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Lennie Walker a dix-sept ans, joue de la clarinette et a toujours vécu dans l’ombre heureuse de sa sœur aînée, Bailey — plus extravertie, plus radieuse, plus tout. Quand Bailey meurt subitement, Lennie perd ses repères. Dévastée, elle se retrouve prise entre deux garçons : Toby, le petit ami de Bailey, vers qui elle est attirée non par amour mais par une sorte de réflexe de survie — il est le seul à connaître exactement la même douleur qu’elle, et leur chagrin commun se traduit par une proximité physique aussi compulsive que culpabilisante ; et Joe Fontaine, le nouveau du lycée, musicien plein de lumière, qui lui redonne le goût de jouer et, peu à peu, de vivre.

Le roman est ponctué de poèmes que Lennie griffonne sur des bouts de papier, des gobelets, des emballages de chewing-gum, qu’elle abandonne ensuite un peu partout — dans les arbres, sur les trottoirs, dans les buissons — comme autant de messages qu’elle ne sait pas adresser. Ces fragments, intercalés dans le récit, rythment la lecture et laissent entrevoir ce que Lennie n’arrive pas à dire à voix haute. Autour d’elle, une famille hors norme : Manou, sa grand-mère jardinière qui a élevé seule les deux sœurs ; Big, son oncle excentrique ; et le souvenir omniprésent de Bailey, qui hante chaque pièce de la maison. Jandy Nelson signe un premier roman qui aborde le deuil sans complaisance et l’éveil amoureux sans pruderie, le tout dans un décor californien baigné de lumière — car oui, comme le dit Big à Lennie : le ciel est partout, il commence à vos pieds.


9. Eleanor & Park (Rainbow Rowell, 2013)

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Nous sommes en 1986, à Omaha, Nebraska. Quand Eleanor — trop rousse, trop ronde, habillée comme si elle avait pioché au hasard dans une friperie (ce qui est à peu près le cas) — monte dans le bus scolaire le jour de la rentrée, personne ne lui fait de place. Personne sauf Park, garçon discret et solitaire, à moitié coréen par sa mère, fan de comics et des Smiths, qui la laisse s’asseoir à côté de lui par pur réflexe de politesse. Ils ne se parlent pas. Pas un mot. Mais Eleanor commence à lire les X-Men par-dessus son épaule, et Park commence à tourner les pages un peu plus lentement.

De cette banquette de bus naît l’une des plus belles histoires de premier amour de la littérature young adult. Tout passe d’abord par les comics prêtés, puis par les cassettes mixtapes échangées — bienvenue dans les années 80 —, puis par un premier effleurement de mains dont ni l’un ni l’autre ne se remet. Mais Eleanor & Park n’est pas seulement un roman sur les émois adolescents : derrière l’histoire d’amour, il y a la vie d’Eleanor chez elle, un enfer quotidien fait de précarité, de promiscuité (elle partage une chambre avec quatre frères et sœurs) et d’un beau-père violent dont la menace plane sur chaque page. Rainbow Rowell refuse les raccourcis : Eleanor n’est pas une héroïne glamour, Park n’est pas un prince charmant, et leur histoire ne suit aucune trajectoire convenue. La fin — trois mots sur une carte postale, que le lecteur ne découvrira jamais — est l’une des plus commentées de la littérature pour adolescents. Vous êtes prévenu·e.