Les 5 meilleurs livres sur l'histoire de l'Albanie

Les 5 meilleurs livres sur l’histoire de l’Albanie

Cet article vous présente une sélection de 5 des meilleurs livres sur l’histoire de l’Albanie.


1. Histoire de l’Albanie (Jean-Claude Faveyrial, Robert Elsie)

Histoire de l’Albanie Jean Claude Faveyrial Robert Elsie

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Jean-Claude Faveyrial (1817-1893), né à Usson en Forez, village des montagnes de l’Auvergne, fut envoyé par la Congrégation de la Mission Lazariste à Monastir (Bitola) en Macédoine.

De 1859 à 1861, il était, dit-on, l’âme du mouvement bulgare. Il devint aussi un grand ami des Valaques et, vers la fin de sa vie, des Albanais. De 1867 jusqu’à sa mort, il servait à Monastir comme professeur du lycée valaque où il donnait des cours de français et de philosophie.

‘Les Albanais,’ écrivait-il, ‘forment une nation, une race forte et vaillante, qui demande son indépendance. Les Mirdites sont pour la France comme les Maronites du Liban. Bib-Doda, leur prince, m’a souvent répété cette parole. Je désire que la Congrégation s’intéresse aux Albanais comme aux Valaques, et ne les sépare pas’.

L’Histoire de l’Albanie de Jean-Claude Faveyrial fut écrite entre les années 1884 et 1889. Elle est la première œuvre à tracer l’histoire entière de l’Albanie, de l’antiquité jusqu’à la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

À propos de l’auteur

Jean-Claude Faveyrial était un prêtre catholique romain lazarite et auteur de la première Histoire écrite de l’Albanie. Le livre est publié en Albanie et constitue un sérieux effort pour documenter l’histoire des Albanais et de leur pays depuis l’Antiquité.


2. Histoire des Albanais – Des Illyriens à l’indépendance du Kosovo (Serge Métais)

Histoire des Albanais – Des Illyriens à l’indépendance du Kosovo Serge Métais

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Les Illyriens, peuple indo-européen très ancien dans les Balkans, furent christianisés très tôt, comme les Grecs, dès les premiers siècles. Soit bien avant les Slaves, arrivés tardivement dans la région et évangélisés seulement autour du Xe siècle.

Sous la domination turque, leurs descendants, les Albanais, s’avérèrent pourtant les moins réfractaires à l’islamisation (deux sur trois environ se firent musulmans). L’éveil tardif de la conscience nationale chez les Albanais est la conséquence de leur division religieuse.

Cela leur fut fatal lors du démembrement de l’Empire ottoman en 1913. Le Kosovo, haut lieu de la lutte pour l’indépendance de l’Albanie, fut alors attribué à la Serbie.

Les Albanais musulmans étaient souvent considérés comme des  » Turcs  » ; les chrétiens de rite orthodoxe grec, comme des  » Grecs  » ; quant aux catholiques, dans la région de Shkodër, il était tentant de voir en eux des  » Latins « , voire des  » Serbes albanisés « .

L’histoire des Albanais au XXe siècle fut particulièrement douloureuse : négation de leurs droits nationaux sur la moitié des territoires albanophones avant la Seconde Guerre mondiale, installation de régimes de terreur dans l’Albanie d’Enver Hoxha, comme dans la Yougoslavie de Tito, dès la fin de la guerre. Ils furent victimes d’un nouveau malheur après l’effondrement du communisme : les exactions du régime  » rouge-brun  » de Milosevic qui ne furent arrêtées que par l’intervention militaire de l’OTAN en 1999.

Les Albanais ont aujourd’hui l’espoir d’être réunis, comme les autres peuples balkaniques, au sein de l’Union européenne. Cela passe par l’indépendance du Kosovo qui devrait être reconnue dans le courant de l’année 2006.

À propos de l’auteur

Serge Métais a été maître de conférences de sciences économiques à l’Université du Maine jusqu’au début des années quatre-vingt-dix. Entrepreneur en Europe centrale et orientale depuis l’effondrement des régimes communistes, il s’est consacré en parallèle, ces dernières années, à une activité d’historien des Balkans.


3. L’Albanie d’Enver Hoxha (1944-1985) (Gabriel Jandot)

L’Albanie d’Enver Hoxha 1944 1985 Gabriel Jandot

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L’édification du national-marxisme albanais, en plein cœur de ces turbulents Balkans, est le fruit d’un long processus soigneusement pensé et élaboré par un homme, Enver Hoxha, et son équipe très au fait des coutumes locales.

De 1944 à 1985, ils ont su dompter le passé, le comprendre, et l’utiliser si finement que toute conception temporelle s’estompa, passé et présent mêlés pour ne plus regarder que vers un avenir dont chacun devait être intimement persuadé qu’il serait radieux. Cependant, dès la disparition du Guide, l’utopie se dissipa.

Dans un texte où se mêlent la froide analyse du scientifique et l’émotion vraie de l’homme de terrain, cette utopie, celle d’une idéologie et de sa praxis, est analysée en deux moments : réécriture du passé pour une mise en conformité avec le présent ; préparation de l’avenir par les choix politiques de ce présent.

Cette édification, dans les deux sens du terme, se dota de moyens totalitaires afin de joindre la manipulation des esprits à celle de la mémoire. La Voix du Guide montra la Voie, où l’Idée s’inscrivit dans l’espace réorganisé, dans la société épurée et canalisée, dans l’enfance conditionnée : une Logarchie, où la Parole domina l’action, enveloppa cette citadelle assiégée en lutte contre tout ce qui était différent.

A l’exaltation du patriotisme et de l’albanité s’ajoute ainsi la mise en œuvre du communisme le plus strict vers la praxis nationale d’un concept internationaliste. C’est l’édification du national-marxisme, une tentative d’analyse à la confluence de l’histoire – le temps -, de la géographie – l’espace – et de la science politique – l’idéologie et les institutions -, dans le pays le plus fermé de l’Europe.

À propos de l’auteur

Docteur ès Lettres et sciences humaines, Gabriel Jandot est maître de conférences HDR à l’université de Nîmes (France).


4. La discorde – L’Albanie face à elle-même (Ismail Kadaré)

La discorde – L’Albanie face à elle même Ismail Kadaré

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« Si l’on se mettait à rechercher une ressemblance entre les peuples, on la trouverait avant tout dans leurs erreurs. »

Ismail Kadaré, en évoquant entre autres les erreurs de son propre pays, passe en revue la symbolique de l’Albanie qui, soumise au joug ottoman pendant un demi-millénaire, a connu au XXe siècle successivement la république, la monarchie, l’invasion hitléro-mussolinienne, le communisme stalinien puis maoïste, enfin un retour à une démocratie brouillonne, tout en battant la semelle aux portes d’une Europe qui la fait lanterner.

Ces symboles sont l’hymne et le drapeau, le premier non exempt d’arrogance vis-à-vis du reste du monde, le second ambigu avec son aigle à deux têtes figurant une nation divisée et un peuple en douloureuse discorde. S’y ajoute le père fondateur, Georges Kastriote Skanderbeg, lequel, trente ans durant, se battit pour contenir le déferlement ottoman qui atteignit jusqu’aux portes de Vienne, et prôna jusqu’au bout – comme le fait avec ardeur Kadaré aujourd’hui – le retour de la petite Albanie dans le giron du continent-souche, l’Europe.

Fidèle à l’idée altière qu’il se fait du rôle de l’écrivain, Kadaré livre là une réflexion majeure, de portée universelle, à partir du cas d’un pays, le sien, dont il se montre le magister érudit et sans complaisance.

À propos de l’auteur

Ismaïl Kadaré est un écrivain albanais, né le 28 janvier 1936 à Gjirokastër, dans le Sud de l’Albanie. Kadaré étudie les lettres à l’université de Tirana et à l’Institut de littérature Maxime-Gorki de Moscou.


5. Géraldine – Reine des Albanais (Joséphine Dedet)

Géraldine reine des Albanais Joséphine Dedet

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Le 27 avril 1938, Géraldine Apponyi, issue de la noblesse hongroise, surnommée  » la rose blanche de Budapest  » en hommage à sa beauté, épouse Zog Ier, roi des Albanais. De la gloire à l’exil, le destin hors normes d’une reine d’un an, dont la trajectoire lumineuse traverse près d’un siècle d’histoire européenne, du démantèlement des Balkans à la montée des fascismes, de la guerre froide à l’ère postcommuniste.

Avec l’arrivée de Géraldine Apponyi à la cour de Tirana en 1938, le glamour et la modernité entrent en Albanie. De mère américaine et de père hongrois, de confession catholique et apparentée à toutes les familles royales de la vieille Europe, la  » Rose blanche de Hongrie  » tombe sous le charme du petit État des Balkans et de Zog Ier, son souverain musulman. Si la rencontre a été arrangée, le coup de foudre surprend la jeune comtesse et le roi dès le premier regard, dès le premier bal.

Mais, un an plus tard, c’est le drame : l’Italie fasciste envahit l’Albanie et, tandis qu’elle vient de mettre au monde le prince héritier Leka, la reine doit fuir. Commence alors pour elle une vie d’errance, plus de soixante années d’exil qui ne prendront fin qu’en 2002, lorsque Géraldine rentrera triomphalement dans une Albanie délivrée du communisme.

De l’Empire austro-hongrois à la montée du nazisme, de la guerre froide à la chute du mur de Berlin, Géraldine, reine des Albanais est une superbe fresque historique où l’épopée lumineuse et tragique de l’héroïne se confond avec celle d’une Europe à jamais disparue.

À propos de l’auteur

Responsable des pages  » actualités  » du magazine Jeune Afrique et membre du comité éditorial de La Revue, bimestriel géopolitique international, Joséphine Dedet est l’auteur de Géraldine, reine des AlbanaisCriterion (1997), une biographie de référence de la comtesse hongroise Géraldine Apponyi, l’épouse du roi Zog d’Albanie.

Elle a également publié Roxane l’Éblouissante, Nil éditions (2001) ; J’ai Lu (2003), l’épopée d’Alexandre le Grand retracée par son épouse perse Roxane. Un roman remarqué lors de sa sortie et traduit en plusieurs langues dont l’espagnol, le grec et le turc.

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