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Que lire après « Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur » de Harper Lee ?

Que lire après « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee ?

Publié en 1960, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur compte parmi les piliers de la littérature américaine. À travers le regard de Scout, une fillette de l’Alabama, Harper Lee y dépeint une société gangrénée par le racisme et l’injustice, dans les années 1930. Le courage moral d’Atticus Finch, avocat chargé de défendre un homme noir accusé à tort, continue de résonner avec une acuité troublante.

Si vous avez été touché·e par ce roman d’apprentissage couronné du prix Pulitzer, voici quelques idées lecture du même acabit.


1. La haine qu’on donne (Angie Thomas, 2018)

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Starr Carter, seize ans, vit entre deux mondes : un quartier noir pauvre rythmé par les guerres de gangs et un lycée privé de la banlieue chic. Sa vie bascule lorsque son ami d’enfance Khalil est abattu sous ses yeux par un policier lors d’un contrôle routier. Seule témoin, elle doit choisir : se taire ou prendre la parole malgré les pressions.

Angie Thomas transpose dans l’Amérique contemporaine les questionnements soulevés par Harper Lee. Le titre, inspiré d’un acronyme du rappeur Tupac, signifie que la haine transmise aux enfants finit par détruire la société tout entière.

Comme Scout, Starr découvre brutalement les mécanismes d’un système judiciaire biaisé et doit apprendre à faire entendre sa voix. Ce roman percutant, adapté au cinéma en 2018, constitue une lecture indispensable pour comprendre le mouvement Black Lives Matter et l’héritage des luttes afro-américaines.


2. Nickel Boys (Colson Whitehead, 2020)

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Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, Elwood Curtis, adolescent noir bercé par les discours de Martin Luther King, rêve d’études universitaires. Une erreur judiciaire l’envoie à la Nickel Academy, maison de correction où règnent violences institutionnalisées et corruption.

Inspiré de la sinistre Dozier School for Boys, dont un cimetière clandestin fut découvert en 2012, ce roman doublement couronné du prix Pulitzer décortique les rouages d’un système conçu pour briser les plus vulnérables.

L’idéalisme d’Elwood rappelle celui d’Atticus Finch ; comme lui, il croit en la possibilité de faire triompher la justice par la dignité et la persévérance. Colson Whitehead écrit avec une sobriété qui amplifie la brutalité des faits, refusant tout pathos pour mieux nous faire ressentir l’humanité sacrifiée de ces garçons.


3. Underground Railroad (Colson Whitehead, 2017)

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Cora, esclave de seize ans dans une plantation de Géorgie, s’enfuit avec Caesar en empruntant un réseau clandestin d’aide aux fugitifs. Colson Whitehead matérialise cette métaphore historique en un véritable chemin de fer souterrain avec gares cachées et locomotives.

Chaque État traversé incarne une facette de l’oppression : stérilisation forcée, exhibitions humaines, lynchages organisés. Traquée par un implacable chasseur d’esclaves, Cora découvre qu’aucun refuge n’est définitif.

Ce roman, lauréat du National Book Award et du prix Pulitzer, rejoint Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur par sa capacité à révéler les fondements du racisme américain. Comme Harper Lee, Whitehead interroge la possibilité même de la justice dans une société bâtie sur la déshumanisation d’une partie de sa population.


4. Et la justice égale pour tous… (Bryan Stevenson, 2017)

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Diplômé de Harvard, Bryan Stevenson aurait pu embrasser une carrière lucrative. Il choisit de défendre les condamnés à mort en Alabama, État où il vaut mieux n’être ni pauvre, ni malade, ni noir.

Ce témoignage retrace notamment l’affaire Walter McMillian, homme innocent envoyé dans le couloir de la mort pour un meurtre qu’il n’avait pas commis. L’auteur y démontre que le contraire de la pauvreté n’est pas la richesse, mais la justice.

Son récit constitue un écho contemporain direct au roman de Harper Lee : les deux histoires se déroulent d’ailleurs à Monroeville, ville natale de l’écrivaine. Bryan Stevenson incarne un Atticus Finch moderne, moins romanesque mais tout aussi déterminé, confronté aux mêmes préjugés raciaux institutionnalisés. Adapté au cinéma sous le titre La Voie de la justice (2019), ce livre bouleverse autant qu’il éclaire.


5. La Couleur des sentiments (Kathryn Stockett, 2010)

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Jackson, Mississippi, 1962. Aibileen et Minny, domestiques noires, élèvent les enfants des familles blanches tout en subissant humiliations quotidiennes et lois ségrégationnistes. Skeeter, jeune femme blanche aspirant à devenir écrivaine, leur propose de témoigner dans un livre. Cette alliance improbable met en péril leurs vies respectives.

Kathryn Stockett construit un roman choral où trois voix s’entremêlent pour dresser le portrait d’une société fondée sur l’hypocrisie et la cruauté ordinaire. Comme dans Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, le Mississippi des années 1960 apparaît comme un microcosme où les préjugés raciaux contaminent chaque interaction humaine. L’amour qu’Aibileen porte à Mae Mobley, l’enfant blanche dont elle a la charge, rappelle la tendresse de Calpurnia pour Scout et Jem.


6. L’imposture (Zadie Smith, 2024)

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Dans l’Angleterre victorienne, Eliza Touchet, veuve au caractère bien trempé, corrige les manuscrits médiocres de son cousin William Ainsworth, pâle imitateur de Charles Dickens. Abolitionniste convaincue, elle s’intéresse au procès Tichborne, où un ancien esclave jamaïcain témoigne en faveur d’un prétendu héritier.

Zadie Smith entrelace satire sociale et réflexion sur l’esclavage colonial. Le roman interroge les multiples formes d’imposture : littéraire, identitaire, morale.

Eliza partage avec Atticus Finch cette capacité à observer les travers de son époque avec lucidité critique. Smith démontre que le racisme britannique, moins visible que son pendant américain, n’en demeure pas moins structurant. Sa prose ciselée allie érudition et ironie pour disséquer les contradictions d’une société qui s’enrichit grâce à l’esclavage tout en prônant des valeurs humanistes.


7. Les Douze Tribus d’Hattie (Ayana Mathis, 2014)

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Philadelphie, 1923. Hattie, seize ans, fuit la Géorgie ségrégationniste pour bâtir une vie meilleure. De son mariage avec August naîtront douze enfants dont les destins jalonnent l’histoire américaine du XXe siècle, de la Grande Migration à la guerre du Vietnam. Chaque chapitre se consacre à l’un d’eux, révélant par fragments le portrait d’une mère insaisissable, endurcie par les deuils et les sacrifices.

Ayana Mathis s’inscrit dans la tradition littéraire afro-américaine tout en forgeant un style personnel, dépouillé et intense. Comme Harper Lee, elle fait de l’enfance un prisme révélateur des injustices sociales. Cette fresque familiale montre comment le racisme se transmet de génération en génération, façonnant les aspirations et les échecs de chacun.


8. Americanah (Chimamanda Ngozi Adichie, 2015)

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Ifemelu quitte le Nigeria pour étudier à Philadelphie. Là-bas, elle découvre qu’elle est devenue « noire » — une catégorie qui n’existait pas dans son pays natal. Pendant quinze ans, elle tient un blog décapant sur les questions raciales en Amérique avant de rentrer au pays, où l’attend peut-être Obinze, son amour de jeunesse.

Chimamanda Ngozi Adichie signe un roman d’apprentissage transcontinental où l’identité se négocie sans cesse entre plusieurs cultures. Son regard d’immigrée africaine sur la société américaine permet de déconstruire les clichés avec une ironie mordante.

Comme Scout, Ifemelu observe un monde dont elle ne maîtrise pas tous les codes et apprend progressivement à y trouver sa place. Ce livre, classé parmi les meilleurs romans du XXIe siècle par Télérama, conjugue histoire d’amour et analyse politique avec une virtuosité rare.


9. L’inventaire des rêves (Chimamanda Ngozi Adichie, 2025)

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Dix ans après Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie revient avec un roman choral mettant en scène quatre femmes d’Afrique de l’Ouest. Chiamaka, écrivaine rebelle ; Zikora, son amie qui rêve de maternité ; Omelogor, femme d’affaires qui lutte contre les injustices ; et Kadiatou, employée de maison dont le rêve américain se brise contre la violence masculine.

Leurs trajectoires s’entrelacent entre le Nigeria, la Guinée et les États-Unis pendant la pandémie de Covid-19. L’autrice interroge pourquoi les rêves des femmes semblent plus difficiles à atteindre.

Le personnage de Kadiatou, inspiré de l’affaire Nafissatou Diallo, constitue le cœur battant du récit. Ce livre prolonge les thèmes chers à Adichie — féminisme, racisme, identité — en les incarnant dans des personnages inoubliables dont la sororité constitue une force de résistance face aux épreuves.