Le Moyen-Orient se trouve à la jonction de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique. Cette position en a fait un espace de transit, de conquête et d’affrontement entre puissances. La Première Guerre mondiale et la chute de l’Empire ottoman (1918) ouvrent une séquence dont les effets se font encore sentir. Deux décisions diplomatiques redessinent alors la carte de la région : les accords Sykes-Picot (1916), par lesquels la France et le Royaume-Uni se répartissent en zones d’influence les provinces arabes de l’Empire ottoman, sans consulter les populations concernées ; et la déclaration Balfour (1917), par laquelle le gouvernement britannique promet l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine, terre déjà habitée par une population arabe majoritaire. Les mandats de la Société des Nations entérinent ce partage : la France administre la Syrie et le Liban, le Royaume-Uni l’Irak, la Transjordanie et la Palestine. Des États naissent, mais leurs frontières, tracées depuis Londres et Paris, ne correspondent ni aux appartenances confessionnelles, ni aux solidarités tribales, ni aux aspirations nationales de leurs habitants.
La création de l’État d’Israël en 1948 provoque l’exode forcé de plusieurs centaines de milliers de Palestiniens — événement désigné en arabe sous le nom de Nakba (« catastrophe ») — et inaugure un cycle de guerres israélo-arabes (1956, 1967, 1973) qui restructure les rapports de force régionaux. La guerre froide superpose à ces tensions locales une rivalité entre grandes puissances : les États-Unis soutiennent Israël et les monarchies pétrolières, tandis que l’URSS appuie les régimes nationalistes arabes — l’Égypte de Nasser, qui prône le panarabisme (l’unification politique des pays arabes) et nationalise le canal de Suez en 1956, ou l’Irak et la Syrie baassistes, où le parti Baas impose un socialisme autoritaire à parti unique. L’année 1979 fait basculer la région en l’espace de quelques mois : en Iran, la révolution islamique de l’ayatollah Khomeini installe la première théocratie chiite moderne, ce qui radicalise la rivalité confessionnelle avec l’Arabie saoudite, gardienne autoproclamée de l’islam sunnite ; en Égypte, les accords de Camp David scellent une paix séparée avec Israël, ce qui isole Le Caire du reste du monde arabe ; en Afghanistan, l’intervention soviétique déclenche un jihad qui attire des combattants du monde entier et forge les réseaux dont naîtra Al-Qaïda ; à La Mecque, un commando d’islamistes radicaux s’empare de la Grande Mosquée pour dénoncer la corruption et l’impiété supposées de la famille royale — en réponse, la monarchie saoudienne, soucieuse de réaffirmer sa légitimité religieuse, intensifie le financement d’un islam ultraconservateur à l’échelle mondiale.
Depuis lors, les crises s’enchaînent : guerres du Golfe (1991, 2003), émergence de l’État islamique, soulèvements populaires de 2011 brutalement réprimés, guerre civile syrienne, conflit au Yémen, offensive israélienne sur Gaza à partir de 2023. Les lignes de fracture sont à la fois matérielles — le contrôle du pétrole, du gaz et de l’eau continue de structurer les rivalités — et idéologiques : nationalismes concurrents, rivalité sunnisme-chiisme, montée du jihadisme, impasses du droit international face aux politiques du fait accompli. La région n’est pas un cas à part : les contradictions qui s’y expriment — droit des peuples contre raison d’État, normes humanitaires contre intérêts stratégiques — traversent l’ensemble de l’ordre mondial, mais nulle part elles ne se concentrent sur un espace aussi restreint et aussi disputé.
Les huit ouvrages ci-dessous en éclairent les ressorts.
1. Histoire du Moyen-Orient : de 395 à nos jours (Jean-Pierre Filiu, 2021)

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Professeur d’histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris, conseiller diplomatique en Syrie, en Tunisie et en Jordanie avant de rejoindre l’université, Jean-Pierre Filiu a publié ce texte sous le titre Le milieu des mondes (Seuil, 2021), depuis réédité en poche sous son titre actuel : la première synthèse en langue française à embrasser un millénaire et demi d’histoire régionale. Le choix du point de départ — la fondation de l’Empire romain d’Orient en 395 — n’a rien d’arbitraire : parce qu’il fait débuter le récit dans l’Antiquité tardive plutôt qu’à l’avènement de l’islam (VIIe siècle), Filiu écarte d’emblée la religion comme prisme exclusif de l’histoire de la région. Son approche est résolument laïque : il retrace l’histoire des pouvoirs, des empires et des révoltes et place au premier plan les rapports de domination politique — et non les seuls antagonismes confessionnels. Il met ainsi en évidence le « cynisme avec lequel dictateurs et jihadistes défigurent le passé pour légitimer leur barbarie ».
Le récit s’organise autour d’un constat : le double échec des tentatives de réforme et de révolte qui auraient pu conduire à une émancipation des peuples de la région. La Nahda — ce vaste mouvement intellectuel et réformateur arabe du XIXe siècle, qui a porté la modernisation des institutions, de la presse et de l’éducation — est brisée par la colonisation et les mandats européens. Les indépendances du XXe siècle, elles, sont confisquées par des régimes militaires qui retournent l’appareil d’État contre leurs propres populations. Filiu qualifie cette dynamique récurrente d’« État de guerre contre les peuples », et la suit de chapitre en chapitre, des juntes nasséro-baassistes jusqu’aux soulèvements de 2011 et leur répression. Par son amplitude chronologique et la rigueur de son appareil scientifique — vingt cartes, dix chronologies, deux index —, ce bouquin pose les fondations indispensables à toute lecture ultérieure de la géopolitique régionale.
2. Atlas historique du Moyen-Orient (Christian Grataloup, Vincent Lemire, 2025)

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Près de 300 cartes pour couvrir plus de cent mille ans d’histoire : c’est l’ambition de cet atlas conçu par Christian Grataloup, géohistorien et professeur émérite à l’université Paris Diderot, et Vincent Lemire, historien spécialiste de Jérusalem et auteur notamment d’Au pied du Mur (Seuil, 2022) et d’Histoire de Jérusalem (Les Arènes, 2022). À partir du fonds cartographique de la revue L’Histoire, les deux auteurs retracent la succession des civilisations, des empires et des monothéismes qui ont façonné la région, de la Méditerranée à l’Asie centrale, des Balkans au Yémen. Le parti pris est celui de la très longue durée : les premières domestications de plantes et d’animaux au Néolithique, l’invention de l’écriture en Mésopotamie, la naissance de la monnaie métallique en Lydie voisinent avec les fractures géopolitiques du XXIe siècle — le conflit à Gaza, le barrage de la Renaissance en Éthiopie et ses tensions hydriques avec l’Égypte.
La cartographie permet de saisir d’un regard ce que le texte seul peine à restituer : l’extension de l’empire abbasside au VIIIe siècle, le morcellement du sultanat mamelouk, la rétraction de l’Empire ottoman face aux puissances européennes. Les cartes, aux couleurs franches et aux légendes digestes, sont aussi téléchargeables. Certaines planches ont été retravaillées par rapport aux volumes précédents de la collection pour intégrer des données récentes, et l’ensemble couvre la séquence qui va des migrations du Paléolithique aux recompositions territoriales de l’après-7 octobre 2023.
3. Histoire du Moyen-Orient : du XIXe siècle à nos jours (Anne-Laure Dupont, Catherine Mayeur-Jaouen, Chantal Verdeil, Jonathan Hassine, 2026)

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Ce manuel universitaire, publié dans la collection « U » d’Armand Colin, est régulièrement mis à jour : sa troisième édition, enrichie par la contribution de Jonathan Hassine, paraît en 2026. Il couvre un espace qui va de l’Égypte à l’Iran et de la mer Noire à l’océan Indien, et s’est imposé comme la somme académique francophone sur le Moyen-Orient contemporain. Anne-Laure Dupont enseigne à Sorbonne Université, Catherine Mayeur-Jaouen y est professeure d’histoire de l’islam, Chantal Verdeil est professeure d’histoire du monde arabe à l’INALCO : chacun·e apporte une expertise de terrain et d’archives sur un pan de la région. L’ambition est double : d’une part, dépasser les études cloisonnées par pays ou par aire linguistique pour traiter le Moyen-Orient comme un ensemble cohérent ; d’autre part, ne pas réduire l’histoire de la région à la diplomatie et aux guerres, mais faire vivre les réalités culturelles, religieuses, sociales et économiques des sociétés qui l’habitent.
Le point de départ — un tableau du Moyen-Orient vers 1800, à l’époque des Empires ottoman et qâjâr (la dynastie qui gouverne l’Iran de 1789 à 1925) — permet de comprendre les structures de pouvoir antérieures à l’irruption européenne. Les réformes du XIXe siècle, la montée des nationalismes, l’émergence du sionisme, la colonisation, les guerres d’indépendance et les recompositions les plus récentes sont abordées avec la même exigence de précision. L’unité de la région, fondée sur l’héritage impérial et l’ancienneté de l’islam comme cadre juridique et social, sert de fil conducteur. Les autrices ont par ailleurs publié Le Moyen-Orient par les textes (Armand Colin, 2011), qui donne directement la parole aux populations — témoignages, discours politiques, textes littéraires — et constitue un contrepoids à l’approche surplombante des manuels d’histoire classiques.
4. Atlas du Moyen-Orient : aux racines de la violence (Pierre Blanc, Jean-Paul Chagnollaud, 2026)

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Pierre Blanc, enseignant-chercheur en géopolitique à Sciences Po Bordeaux, et Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite et président d’honneur de l’iReMMO, signent ici un atlas géopolitique qui remonte aux origines multiples de la violence régionale. Plus de 80 cartes et documents couvrent l’espace qui s’étend de la Turquie au Yémen et de l’Égypte à l’Iran. La quatrième édition (2026) tient compte des derniers bouleversements. Quatre axes structurent l’ensemble : les racines historiques des conflits depuis l’effondrement de l’Empire ottoman ; les impasses politiques des régimes autoritaires ; les dérives nationalistes, islamistes et sionistes ; et enfin la compétition pour les ressources stratégiques — pétrole, gaz, eau, terres arables.
La cartographe Claire Levasseur, qui collabore avec les deux auteurs, produit des cartes d’une grande précision — dont certaines peu courantes, comme celle des échanges forcés de populations entre la Grèce, la Turquie et la Bulgarie après la convention de Lausanne (1923), première « épuration ethnique » légalisée par un traité international. Les rapports de force complexes deviennent lisibles une fois mis en carte : on voit, par exemple, comment la répartition inégale de l’eau entre Turquie, Syrie et Irak alimente des tensions diplomatiques aussi vives que celles liées au pétrole, ou comment les tracés frontaliers hérités des mandats ont créé des États où un groupe confessionnel ou ethnique domine les autres — un déséquilibre que ni les indépendances ni les révolutions n’ont corrigé.
5. Le Proche-Orient, miroir du monde : comprendre le basculement en cours (Ziad Majed, 2025)

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Politiste franco-libanais et professeur à l’Université américaine de Paris, Ziad Majed ne propose pas un récit linéaire, mais une analyse structurée autour de huit moments fondateurs entre 1915 et 2025. Le premier est la correspondance Hussein-McMahon (1915-1916), par laquelle le Royaume-Uni promet au chérif de La Mecque un grand État arabe indépendant en échange de la révolte contre les Ottomans — promesse trahie dès l’année suivante par les accords Sykes-Picot. Le dernier est l’offensive israélienne sur Gaza et la chute du régime Assad en Syrie. Entre les deux, six autres nœuds de crise — la création d’Israël, la guerre de 1967, les accords d’Oslo, l’invasion de l’Irak, les soulèvements de 2011, le 7 octobre 2023 — constituent chacun un moment où se croisent logiques impériales, héritages coloniaux, replis identitaires et fragilisation du droit international.
Pour Majed, ce qui se joue à Gaza, à Damas, à Beyrouth ou à Bagdad n’est pas une affaire périphérique — c’est un condensé des failles de l’ordre mondial. Il décrit un environnement international « traversé par de multiples lignes de fracture, une montée des extrêmes droites, un affaiblissement des normes humanitaires, de même qu’un recul des principes juridiques établis après la Seconde Guerre mondiale ». Il démonte les récits tronqués — la fable d’un conflit éternel entre civilisations, le mythe d’un Occident désengagé alors qu’il continue de peser sur les équilibres régionaux — et rétablit les continuités historiques comme les responsabilités internationales. Un bouquin qui donne à penser un siècle de reconfigurations.
6. Sortir du chaos : les crises en Méditerranée et au Moyen-Orient (Gilles Kepel, 2018)

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Professeur à Sciences Po Paris et l’un des principaux spécialistes de l’islam politique, Gilles Kepel dresse dans Sortir du chaos un tableau de la région depuis la guerre d’Octobre 1973 jusqu’à la chute du « califat » de Daech en 2017. La démarche est chronologique et s’appuie sur quatre décennies de recherche et de séjours sur le terrain. Kepel retrace les trois grandes phases du jihad : le jihad afghan des années 1980, d’où émerge Al-Qaïda ; le jihad mondialisé des années 2000, qui frappe New York, Madrid et Londres ; et le jihad territorial de l’État islamique, qui proclame un « califat » entre la Syrie et l’Irak en 2014. Il livre ensuite le premier récit rétrospectif des six principaux soulèvements arabes de 2011, de la Tunisie — seul cas de transition démocratique durable — à la Syrie, où la répression du régime Assad a dégénéré en guerre civile.
Le fil conducteur est le passage d’une islamisation de la politique à une jihadisation de la région, puis à la régression autoritaire. Kepel y analyse un enchaînement précis : l’explosion des prix du pétrole après 1973 a donné à l’Arabie saoudite les moyens de financer la diffusion mondiale du wahhabisme — la doctrine religieuse ultrarigoriste née au XVIIIe siècle dans la péninsule Arabique, qui prône un retour à un islam purifié de toute innovation ; cette idéologie a nourri les réseaux jihadistes ; l’intervention américaine en Irak (2003) a ensuite déstabilisé l’ensemble de la région et renforcé l’Iran chiite, devenu l’arbitre de la politique irakienne ; les soulèvements de 2011, faute de structures politiques alternatives, ont été récupérés ou écrasés.
Le propos est dense — les noms, les mouvements et les alliances se succèdent à un rythme soutenu, et la prise de notes n’est pas superflue — mais la démonstration tient sur plus de 500 pages, bibliographie et cartes incluses, nourrie par quatre décennies de terrain.
7. La décomposition du Moyen-Orient : trois ruptures qui ont fait basculer l’histoire (Adel Bakawan, 2025)

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Sociologue franco-irakien, directeur de l’Institut européen pour les études sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (EISMENA) et chercheur associé à l’Ifri, Adel Bakawan structure son analyse autour de trois événements-rupture : les attentats du 11 septembre 2001, qui déclenchent l’intervention américaine en Afghanistan puis en Irak (2003) et plongent la région dans un cycle de violences ; les soulèvements de 2011, qui renversent plusieurs dictatures mais débouchent sur des guerres civiles en Syrie, en Libye et au Yémen ; et les attaques du Hamas le 7 octobre 2023, qui ouvrent une nouvelle séquence de destruction massive à Gaza et redéfinissent les rapports de force régionaux. Chacune de ces ruptures a provoqué des effets en cascade : l’invasion de l’Irak, par exemple, a fait imploser l’État irakien, a permis à l’Iran d’étendre son influence via des milices chiites alliées, a modifié les calculs stratégiques de la Turquie et de l’Arabie saoudite, et a décrédibilisé durablement le projet américain de « démocratisation du Grand Moyen-Orient ».
L’originalité de Bakawan tient à son ancrage sociologique. Là où d’autres auteurs analysent avant tout des stratégies étatiques, il s’intéresse aux dynamiques sociales de fond : la montée des milices comme acteurs politiques à part entière (Hezbollah au Liban, milices pro-iraniennes en Irak, Houthis au Yémen), la question kurde — un peuple de 30 à 40 millions de personnes réparti entre quatre États (Turquie, Irak, Iran, Syrie) sans disposer d’un État propre —, et les transformations internes de sociétés soumises à des décennies de guerre et d’autoritarisme. Auteur de L’Irak, un siècle de faillite (Tallandier, 2021), Bakawan ajoute ici des scénarios prospectifs : il dessine les trajectoires possibles pour un Iran affaibli par les revers de ses alliés régionaux, une Turquie et une Arabie saoudite renforcées, et un Moyen-Orient où le retour de Donald Trump rebat les cartes diplomatiques.
8. Guerre et paix au Moyen-Orient (Philippe Pétriat, 2025)

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Maître de conférences en histoire contemporaine à Paris-I Panthéon-Sorbonne et coordinateur du centre Maghreb-Moyen-Orient, Philippe Pétriat aborde dans ce numéro de la Documentation photographique (CNRS Éditions) la guerre non pas seulement comme un affrontement entre armées et entre États, mais comme un phénomène social total qui transforme les sociétés en profondeur. Le format est ramassé — 64 pages, un dossier de synthèse suivi de fiches thématiques illustrées (cartes, infographies, photographies, extraits de séries télévisées) —, mais le contenu dépasse largement le cadre scolaire auquel la collection est initialement destinée.
Pétriat déconstruit trois grilles de lecture couramment plaquées sur la région : le confessionnalisme, souvent présenté comme une cause première des conflits alors qu’il est lui-même un produit de logiques politiques et coloniales — les puissances mandataires ont, par exemple, systématiquement distribué le pouvoir sur des bases communautaires au Liban et en Irak ; le mythe de frontières figées par Sykes-Picot, alors que les acteurs locaux n’ont cessé de les transformer ; et le raccourci de la « guerre de l’eau », qui masque des tensions hydriques plus nuancées que ne le suggère la formule.
Pétriat se démarque par l’attention qu’il porte à ce que la guerre fait aux populations. La conscription comme outil de contrôle social, les milices comme pouvoir parallèle à l’État, la destruction méthodique du tissu urbain — ce qu’il nomme l’urbicide, dont Mossoul offre un cas emblématique —, les conséquences environnementales des conflits, la transmission du trauma d’une génération à l’autre : autant de dimensions que les analyses classiques, focalisées sur les jeux d’État et la diplomatie, laissent habituellement de côté.