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Que lire sur la guerre d'Indochine ?

Que lire sur la guerre d’Indochine ?

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Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la France conquiert par la force un vaste territoire en Asie du Sud-Est : le Viêt Nam, le Laos et le Cambodge. Cet ensemble, baptisé « Indochine française », devient l’une des colonies les plus rentables de l’Empire — on y produit du caoutchouc, du riz, de l’opium — et la vitrine de la « mission civilisatrice » que la République invoque pour justifier sa présence. Des routes, des ponts, des chemins de fer sortent de terre. Mais la colonisation a aussi son envers : travail forcé, impôts écrasants, répression des mouvements indépendantistes. Dès les années 1920-1930, des intellectuels et des militants vietnamiens — dont un certain Nguyên Ai Quôc, futur Hô Chi Minh — réclament l’indépendance.

La Seconde Guerre mondiale précipite la chute. En juin 1940, la France s’effondre en six semaines face à l’Allemagne ; le pays est occupé, le régime de Vichy s’installe. À l’autre bout du monde, l’Indochine se retrouve coupée d’une métropole vaincue. Le Japon en profite : il impose sa tutelle militaire, puis, en mars 1945, renverse l’administration coloniale française. Le 2 septembre 1945, Hô Chi Minh proclame l’indépendance du Viêt Nam depuis Hanoï. À peine libérée elle-même, la France refuse de lâcher sa colonie. Des négociations s’ouvrent, mais elles échouent. Le 19 décembre 1946, les hostilités commencent. La guerre d’Indochine va durer près de neuf ans.

D’un côté, le corps expéditionnaire français — quelques dizaines de milliers d’hommes, soldats de métier, légionnaires, tirailleurs nord-africains et vietnamiens. De l’autre, le Viêt-minh, mouvement indépendantiste d’obédience communiste dirigé par Hô Chi Minh, dont le général Võ Nguyên Giáp commande les forces armées. Pendant les premières années, le Viêt-minh mène une guérilla : embuscades, harcèlement, sabotage. Le corps expéditionnaire contrôle les villes et les axes routiers, mais peine à tenir les campagnes. En 1950, tout bascule : la Chine de Mao, devenue communiste l’année précédente, fournit au Viêt-minh une aide massive — armes lourdes, munitions, instructeurs. Les troupes de Giáp passent à la guerre conventionnelle et infligent aux Français des défaites sanglantes. Paris envoie ses meilleurs généraux, mais ne parvient ni à définir des objectifs de guerre clairs ni à y consacrer les moyens nécessaires.

Le 7 mai 1954, après cinquante-six jours de siège, le camp retranché de Diên Biên Phu tombe. C’est la défaite de trop. Les accords de Genève, signés en juillet, coupent le Viêt Nam en deux au 17e parallèle : le Nord passe sous le contrôle de Hô Chi Minh, le Sud devient un État séparé soutenu par les États-Unis. En avril 1956, les derniers soldats français quittent le sol vietnamien. Le bilan est lourd : plus de 75 000 morts côté français (dont une majorité de soldats vietnamiens, nord-africains et légionnaires), et plusieurs centaines de milliers côté Viêt-minh. Elle laisse dans l’armée une blessure profonde : les officiers qui en reviennent sont convaincus d’avoir été abandonnés par le pouvoir politique et ignorés par l’opinion.

Les huit livres qui suivent permettent de comprendre « la sale guerre » sous tous ses angles : la chronologie politique et militaire, le quotidien des soldats, les contradictions du système colonial, le sacrifice des légionnaires, l’enfer de Diên Biên Phu.


1. La guerre d’Indochine : De l’Indochine française aux adieux à Saigon, 1940-1956 (Ivan Cadeau, 2015)

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Officier et docteur en histoire, Ivan Cadeau s’est imposé comme l’un des meilleurs spécialistes français des guerres d’Extrême-Orient — il a aussi consacré un ouvrage remarqué à la guerre de Corée (1950-1953), conflit auquel la France a participé dans le cadre de l’ONU. Structurée en dix chapitres chronologiques, cette synthèse couvre l’intégralité de la période, depuis l’intrusion japonaise en 1940 jusqu’au départ du corps expéditionnaire en avril 1956. C’est l’ouvrage de référence pour qui souhaite disposer d’une vision d’ensemble, à la fois rigoureuse et accessible, du conflit.

La force du livre tient à son équilibre. Cadeau restitue avec clarté les enchaînements politiques, diplomatiques et militaires de la guerre. On suit la montée en puissance de la guérilla dans le delta tonkinois, les désastres de la RC 4, le sursaut de Lattre, puis l’engrenage fatal de Diên Biên Phu — et l’on comprend à chaque étape pourquoi la France a mené ce conflit avec des buts de guerre flous et des forces insuffisantes. L’appareil de notes, qui occupe à lui seul près de quatre-vingts pages, atteste d’un travail de sources considérable, même si celles-ci restent presque exclusivement occidentales. On regrettera que certains sujets — le scandale des piastres, le coût réel de la guerre pour une France encore affaiblie par l’Occupation — ne fassent l’objet que de quelques lignes. Le panorama d’ensemble n’en reste pas moins, à ce jour, l’un des plus complets et des plus solides sur le sujet.


2. Mémoires : Les champs de braises (Hélie de Saint Marc, avec Laurent Beccaria, 1995)

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De Buchenwald au putsch d’Alger, de la jungle indochinoise au djebel algérien, Hélie de Saint Marc (1922-2013) a traversé presque tous les séismes du XXe siècle français. À soixante-quatorze ans, cet ancien officier de la Légion étrangère — résistant à seize ans, déporté à dix-neuf, commandant putschiste à trente-neuf — a décidé de raconter ce qu’il a vu, subi et appris. Non pas de se justifier : de s’expliquer. Couronné par le prix Femina essai en 1996, le livre a largement débordé les cercles militaires : des intellectuels aussi différents que Jean Daniel, Jean d’Ormesson ou Gilles Perrault lui ont témoigné leur estime.

Les pages consacrées à l’Indochine comptent parmi les plus fortes. Saint Marc y décrit sa passion pour le Viêt Nam — ses paysages, ses habitants, la fraternité d’armes avec les soldats vietnamiens qui combattaient aux côtés des Français — et surtout la blessure de l’abandon. Car c’est le fil rouge de ces mémoires : la parole donnée puis trahie, les populations que la France avait promis de protéger et qu’elle a livrées à leur sort lors de chaque retrait. Cette blessure, Saint Marc la portera jusqu’en Algérie. En avril 1961, alors que de Gaulle s’apprête à accorder l’indépendance à l’Algérie, il fait basculer le 1er REP (régiment étranger de parachutistes) dans le putsch des généraux, convaincu qu’on s’apprête à reproduire la même trahison. Il sera condamné à dix ans de prison. Le récit de cette chute, puis de la lente reconstruction, dépasse le simple témoignage de soldat : c’est une réflexion sur le prix de la fidélité à ses engagements quand l’État, lui, n’honore pas les siens.


3. La guerre d’Indochine : L’enlisement, L’humiliation, L’aventure (Lucien Bodard, 1963-1967)

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Né à Tchongking (aujourd’hui Chongqing, en Chine) et mort à Paris, Lucien Bodard (1914-1998) n’était ni historien ni militaire, mais grand reporter — correspondant de guerre en Indochine de 1948 à 1955 pour France-Soir. Sa trilogie, publiée en trois volumes entre 1963 et 1967 puis réunie en un seul (près de 1 200 pages — on vous aura prévenu·e), constitue un monument singulier dans la littérature sur le conflit. Bodard a tout vu, tout entendu, tout consigné : le Saigon des trafiquants de piastres et des fumeries d’opium, les embuscades meurtrières sur la RC 4, l’arrivée du « Roi Jean » — le général de Lattre, ainsi surnommé pour son autorité impérieuse — et la reprise en main de 1951, les intrigues de l’empereur fantoche Bao Dai, l’agonie d’un corps expéditionnaire à bout de souffle.

Ce qui frappe ici, c’est l’ampleur du tableau. Bodard restitue tout un monde — militaire, colonial, vietnamien, chinois — avec une verve et un sens du portrait qui lui valurent le prix Aujourd’hui pour L’Humiliation et, plus tard, le Goncourt pour le roman Anne Marie. On croise Giáp, de Lattre, les petits fonctionnaires coloniaux, les officiers des postes isolés, les coolies, les congaïs (ces compagnes vietnamiennes des soldats français) — toute la faune humaine d’une Indochine qu’il qualifie lui-même de « Moyen Âge à mitraillettes et à piastres ». Le livre couvre principalement la période 1948-1951 et ne prétend pas à l’exhaustivité chronologique, mais personne n’a mieux restitué l’atmosphère du conflit — cruelle, sensuelle, absurde — ni mieux compris, aussi tôt, que cette guerre était déjà perdue.


4. Par le sang versé : La Légion étrangère en Indochine (Paul Bonnecarrère, 1968)

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Le titre reprend les derniers mots d’un poème célèbre dans la Légion, dédié au soldat inconnu : « Non par le sang reçu mais par le sang versé ». Ancien chasseur parachutiste devenu correspondant de guerre, Paul Bonnecarrère (1925-1977) a consacré ce livre aux légionnaires qui se sont battus — et sont tombés en nombre — en Indochine. Les chiffres donnent le vertige : 309 officiers, 1 082 sous-officiers et 9 092 légionnaires tués entre 1946 et 1954. La Légion y a perdu davantage d’hommes que durant les deux guerres mondiales réunies.

Le livre se présente comme une succession d’épisodes et d’anecdotes, tirés des journaux de marche des unités et de témoignages d’une centaine de survivants. On y croise des figures inoubliables, à commencer par le capitaine Mattei, grande gueule légendaire devenue l’âme de son bataillon. La composition de ces unités dit tout de l’après-guerre européen : anciens résistants français, soldats de la Wehrmacht reconvertis après la défaite allemande, réfugiés d’Europe de l’Est chassés par le communisme soviétique — le creuset de la Légion fond dans un même combat des hommes que tout aurait dû opposer.

De l’arrivée de Leclerc au désastre de Cao Bang, des escarmouches en Cochinchine aux parachutages sur Diên Biên Phu, Bonnecarrère restitue le quotidien d’une guerre de postes, de traques et d’embuscades — parfois sale, parfois glorieuse, toujours à recommencer. Le ton oscille entre l’épique et le cocasse (la Légion n’a jamais manqué d’humour, même dans les pires situations), avec une tendresse évidente pour ces hommes dont beaucoup, venus chercher une seconde vie, ont fini par tomber amoureux du pays où ils combattaient.


5. Rue sans joie. Indochine (1946-1962) (Bernard Fall, 1961)

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Bernard Fall (1926-1967) est un cas à part dans l’historiographie du conflit. Né à Vienne, élevé en France, résistant dès l’âge de seize ans, il perd son père, résistant déporté, et sa mère, raflée comme otage — tous deux meurent en camp de concentration. Après la Libération, il travaille comme traducteur au procès de Nuremberg, puis émigre aux États-Unis où il obtient une chaire de relations internationales à l’université Howard de Washington, sans cesser de retourner en Indochine — pour son premier séjour en 1953, puis pour des missions de terrain auprès des forces françaises et, plus tard, américaines. Il est le seul auteur à avoir eu accès aux archives officielles du corps expéditionnaire d’Indochine et à en tirer une analyse qui fait toujours autorité. Il sera tué le 21 février 1967 par une mine sur la route n° 1, la grande artère côtière nord-sud du Viêt Nam. Les soldats français avaient surnommé ce tronçon la « Rue sans joie » à cause des embuscades incessantes qui s’y produisaient — c’est ce nom qui donne son titre au livre.

Publié d’abord en anglais sous le titre Street Without Joy, l’ouvrage n’est pas un récit chronologique classique. Il alterne chapitres analytiques — les origines du conflit, le désastre de la RC 4, les victoires de Lattre, la destruction du groupement mobile 100 (une colonne de 3 500 hommes anéantie dans les hauts plateaux du centre Viêt Nam en 1954) — et pages de journal personnel : opérations de ratissage vécues au niveau de la section, portraits de femmes et de soldats, réflexions sur la Légion. Fall est à la fois chercheur, reporter et homme de terrain, capable de passer d’une analyse stratégique globale à la description d’une patrouille de nuit dans les rizières. Le Canard enchaîné a qualifié le livre de « plus brillante histoire de l’agonie du Vietnam français » — ce qui, sous la plume de cette rédaction, n’est pas un mince compliment.


6. Les hommes de Diên Biên Phu (Roger Bruge, 1999)

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Roger Bruge (1926-2009) connaissait l’Indochine pour y avoir servi à deux reprises, après un passé de maquisard et d’interné résistant. Devenu journaliste, il a attendu l’ouverture des archives de la commission d’enquête sur Diên Biên Phu — présidée par le général Catroux — pour écrire ce livre. On y découvre les auditions des grands témoins : de Castries, le commandant du camp retranché ; Langlais, qui a pris la direction effective des combats au sol ; Cogny, le commandant des forces au Tonkin ; et Navarre, le commandant en chef en Indochine. Tous s’affrontent à coups de désaccords, d’accusations croisées et de plaidoyers d’une franchise parfois brutale — la spontanéité obligatoire des réponses aux enquêteurs ne laissait aucune place aux formules préparées.

Mais ce qui fait le prix du livre, ce sont les voix des hommes eux-mêmes : simples soldats, sous-officiers, infirmiers, pilotes chargés des parachutages et des évacuations sanitaires. Bruge a recueilli correspondances, carnets de route et témoignages pour reconstituer le quotidien des cinquante-six jours de siège, point d’appui par point d’appui. Ces positions fortifiées portaient des prénoms féminins — Béatrice, Gabrielle, Dominique, Éliane, Huguette —, dont la douceur contraste avec l’enfer qu’elles ont connu. On y lit la confiance des premiers jours, l’inquiétude qui monte, puis l’usure et la résignation de soldats qui savent la partie perdue. Les pages les plus éprouvantes sont celles de l’après : le calvaire des 2 000 prisonniers blessés, dont les Viêt-minh ne remettront que 858 à la Croix-Rouge — les autres clopinent et meurent sur les pistes en direction de camps de « rééducation » situés à six cents kilomètres de là.


7. Diên Biên Phu. Un coin d’enfer (Bernard Fall, 1966)

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Bernard Fall encore. Publié d’abord en anglais sous le titre Hell in a Very Small Place, ce livre est devenu un classique mondial, texte d’étude à l’Académie navale américaine et à West Point. Fall a obtenu du ministère français des Armées l’autorisation de consulter des documents encore secrets, interrogé des milliers de survivants des deux camps — y compris Hô Chi Minh et Giáp à Hanoï — et reconstitué la bataille jour par jour, parfois heure par heure.

Le résultat est un précis stratégique, tactique et logistique d’une rigueur rare, doublé d’un récit de guerre qui n’épargne rien : l’assaut puis l’asphyxie progressive du camp retranché par une guerre de tranchées qui évoque Verdun, les boyaux où les blessés s’entassent avec la vermine, l’artillerie Viêt-minh qui pilonne méthodiquement les points d’appui, les parachutages de plus en plus aléatoires. Fall analyse sans polémique — mais sans complaisance — les erreurs des généraux français, le rôle ambigu des Américains (qui, après avoir envisagé des frappes aériennes pour sauver la garnison, refuseront finalement d’intervenir), et les raisons pour lesquelles 13 000 hommes — dont 70 % de légionnaires, de Nord-Africains et de Vietnamiens — n’ont pu résister à 50 000 combattants Viêt-minh appuyés par 55 000 porteurs. Ces porteurs — hommes, femmes et vieillards — ont acheminé à dos d’homme, à travers la jungle et les montagnes, les obus et le riz qui ont alimenté le siège : c’est l’une des prouesses logistiques les plus stupéfiantes du XXe siècle, et Fall est l’un des premiers à en mesurer l’ampleur. Publié un an avant sa mort au Viêt Nam en 1967, ce livre reste la somme de référence sur Diên Biên Phu.


8. Une femme à Diên Biên Phu (Geneviève de Galard, avec Béatrice Bazil, 2003)

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Geneviève de Galard (1925-2024) est convoyeuse de l’air — c’est-à-dire infirmière militaire chargée d’accompagner les blessés lors des évacuations par avion — lorsque son destin bascule le 28 mars 1954. Son appareil, venu évacuer des blessés de Diên Biên Phu, est endommagé par les tirs Viêt-minh à l’atterrissage : il ne repartira jamais. La piste est détruite par l’artillerie quelques heures plus tard. À vingt-huit ans, elle se retrouve la seule femme parmi 15 000 soldats pris au piège dans la cuvette. Pendant près de six semaines, jusqu’à la chute du camp le 7 mai, elle soigne, panse, réconforte, tient la main des mourants — sans repos, presque sans matériel, dans la boue et sous les obus.

Ce qui frappe dans ce récit, c’est la sobriété. Pas d’effets de manche, pas de pathos : Geneviève de Galard raconte avec une retenue presque déconcertante son quotidien dans l’antenne chirurgicale souterraine, les blessés graves à leur sortie de la salle de réanimation, ce légionnaire triple amputé qui trouve encore la force de plaisanter. Pour les soldats, elle incarne tour à tour l’infirmière, la confidente, la sœur. La citation de sa Légion d’honneur, remise par le général de Castries dans les tranchées, résume l’essentiel : « A suscité l’admiration de tous par son courage tranquille et son dévouement souriant. » Après la chute du camp, elle reste encore près de trois semaines auprès des blessés, démunie de tout, avant d’être évacuée — en partie contre sa volonté.

À son retour en France, l’ampleur de la célébrité la dépasse : le président Eisenhower la reçoit à Washington, New York lui offre une parade sur Broadway devant 250 000 personnes. Mais Geneviève de Galard reprend son service, puis épouse un officier rencontré en Indochine et poursuit son métier d’infirmière auprès des grands invalides de guerre. Ces mémoires, longtemps différées, rappellent avec force que la guerre n’est pas qu’une affaire d’hommes — et que l’héroïsme tient parfois moins à la nature des actes qu’à la manière de les accomplir.