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Que lire après « Ils étaient dix » d’Agatha Christie ?

Que lire après « Ils étaient dix » d’Agatha Christie ?

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Ils étaient dix (initialement paru sous le titre Ten Little Niggers, puis And Then There Were None) est un roman policier d’Agatha Christie publié en 1939 au Royaume-Uni. Dix personnes sont invitées sur une île au large du Devon par un hôte mystérieux. Coupées du monde, elles sont assassinées l’une après l’autre selon la logique d’une comptine macabre. Vendu à plus de cent millions d’exemplaires, c’est le roman policier le plus diffusé de tous les temps et l’un des livres les plus vendus au monde, toutes catégories confondues.

Si vous vous demandez quoi lire après ce monument du huis clos criminel, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Le Crime de l’Orient-Express (Agatha Christie, 1934)

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Hercule Poirot voyage à bord de l’Orient-Express lorsqu’un passager américain, Mr. Ratchett, est retrouvé mort dans sa couchette, le corps percé de douze coups de couteau. Le train, immobilisé par la neige dans les Balkans, devient un huis clos sur rails : personne n’a pu entrer ni sortir, et les douze passagers du wagon sont tous suspects. Christie s’est inspirée de deux faits réels pour concevoir cette intrigue : l’affaire du kidnapping du bébé Lindbergh en 1932 et un incident survenu en 1929, lorsque le Simplon-Orient-Express resta bloqué par un blizzard pendant six jours près de Çerkezköy, en Turquie.

Avec Ils étaient dix, c’est le roman d’Agatha Christie qui a connu le plus grand succès international — traduit en plus de trente langues. Son dénouement, l’un des plus célèbres de l’histoire du genre policier, a fait l’objet de nombreuses adaptations, dont le film de Sidney Lumet en 1974 et celui de Kenneth Branagh en 2017. L’intrigue repose sur un principe d’une simplicité trompeuse : chaque passager a un lien secret avec la victime, et Poirot doit dénouer un réseau de mensonges imbriqués dans un espace confiné où chacun joue un rôle.


2. La Maison biscornue (Agatha Christie, 1949)

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Dans une vaste demeure aux pignons irréguliers, située dans la banlieue de Londres, trois générations de la famille Leonides cohabitent sous l’autorité d’Aristide, un patriarche d’origine grecque devenu millionnaire en Angleterre. Quand le vieil homme meurt — empoisonné à l’ésérine, le collyre qu’il utilisait pour traiter son glaucome —, les soupçons se portent sur chaque membre du clan : sa jeune seconde épouse, ses deux fils, leurs conjoints, une vieille tante, un précepteur, et même ses petits-enfants. Particularité de taille : ni Hercule Poirot ni Miss Marple n’interviennent. Le narrateur est Charles Hayward, fiancé de la petite-fille Sophia, qui mène sa propre enquête pour obtenir le droit de l’épouser.

Christie elle-même considérait La Maison biscornue comme l’un de ses deux romans préférés, avec Témoin indésirable. Le titre fait référence à la comptine anglaise There Was a Crooked Man — un procédé que l’on retrouve aussi dans Ils étaient dix, où c’est une comptine enfantine qui rythme les meurtres. C’est surtout le dénouement qui a marqué les esprits : il a choqué les lecteur·ices de l’époque et reste, encore aujourd’hui, l’un des plus audacieux qu’elle ait jamais conçus. Le personnage de Joséphine, douze ans, petite fille un peu monstrueuse qui prétend tout savoir sur le crime, est au cœur du dispositif — ne la perdez pas de vue.


3. Les Sept Morts d’Evelyn Hardcastle (Stuart Turton, 2018)

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Aiden Bishop se réveille dans le corps d’un inconnu, au milieu d’une forêt, avec un seul nom en tête : « Anna ». Il se trouve dans le domaine de Blackheath, une vaste propriété anglaise où une fête réunit des invité·es de la bonne société. Ce soir-là, Evelyn Hardcastle sera assassinée à 23 heures. Bishop dispose de huit jours pour résoudre ce meurtre — mais à chaque nouvelle journée, il se réveille dans le corps d’un hôte différent, avec ses facultés, ses limites physiques et sa personnalité. S’il échoue, la boucle recommence.

Premier roman de Stuart Turton, journaliste britannique, Les Sept Morts d’Evelyn Hardcastle a remporté le prix Costa du meilleur premier roman en 2019 — la première fois qu’un roman policier recevait cette distinction. Le principe de la boucle temporelle, emprunté au cinéma (Un jour sans fin), est ici radicalisé : Bishop n’est jamais tout à fait lui-même, et son libre arbitre se heurte sans cesse aux limites de ses hôtes successifs. Le whodunit se double ainsi d’un puzzle logique où chaque nouvelle journée éclaire ce que la précédente laissait dans l’ombre.


4. L’Invité(e) de trop (Lucy Foley, 2020)

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Julia et Will, couple glamour et ambitieux — elle dirige un magazine, il est une étoile de la télé-réalité —, ont choisi une île au large de l’Irlande pour célébrer leur mariage. Décor somptueux, invité·es trié·es sur le volet, tenues de créateur. Mais le réseau mobile est inexistant, la mer est agitée, et une tempête effroyable va bientôt couper l’île du continent. Lorsqu’un cadavre est découvert, les treize convives se retrouvent piégé·es, sans moyen de joindre le monde extérieur.

Le titre anglais, The Guest List, le dit bien : chaque invité·e a été choisi·e pour une raison précise. Lucy Foley construit son récit en alternance de points de vue : le garçon d’honneur, l’organisatrice, la demoiselle d’honneur, l’épouse, l’ami de longue date. Chaque voix révèle un fragment du passé, un secret, une rancune. Le roman joue sur les apparences sociales, les rivalités enfouies et les non-dits entre proches — le tout sur une île battue par le vent, dont personne ne peut partir.


5. Daisy Darker (Alice Feeney, 2022)

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Verdemer, la demeure ancestrale de la famille Darker, est perchée sur une île des Cornouailles et se retrouve coupée du monde à chaque marée haute. Le soir d’Halloween, les Darker s’y réunissent pour la première fois depuis des années afin de fêter les quatre-vingts ans de leur grand-mère Beatrice, autrice d’un célèbre livre pour enfants intitulé Daisy Darker’s Little Secret. Sont présent·es : un père distant, une mère glaciale, deux sœurs, une nièce et un ami de la famille. À minuit, on découvre le corps de Beatrice. Une heure plus tard, un deuxième membre de la famille suit.

Les meurtres se succèdent au rythme d’une comptine sinistre, inscrite à la craie sur le tableau noir de la cuisine — un dispositif qui renvoie directement à la comptine des Dix Petits Nègres. Alice Feeney, ancienne journaliste et productrice à la BBC, revendique ouvertement l’hommage à Christie. La narratrice, Daisy, souffre d’une maladie cardiaque rare qui l’a déjà tuée huit fois depuis sa naissance. Ce détail, anodin en apparence, s’avère décisif dans le retournement final — un twist qui force à reconsidérer chaque page du roman.


6. Le Chalet des disparus (Ruth Ware, 2023)

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Dix associé·es d’une start-up technologique — l’application musicale « Pister » — se rendent dans un chalet isolé des Alpes françaises, accessible uniquement par funiculaire, pour un séminaire sur l’avenir de leur entreprise. Les désaccords ne tardent pas : certain·es souhaitent poursuivre l’aventure, d’autres veulent vendre et repartir avec leur part — dont la plus modeste représente plusieurs millions. Puis une avalanche coupe le chalet du monde. L’électricité tombe, le froid s’infiltre, et un premier membre du groupe disparaît.

Le récit est porté par deux voix : celle d’Erin, employée du chalet, et celle de Liz, ancienne associée de la société. Ruth Ware reprend le schéma classique du huis clos enneigé — un lieu coupé de tout, des suspects contraints de cohabiter, une menace qui se rapproche — et le transpose dans le monde contemporain de la tech, avec ses jeux de pouvoir, ses valorisations astronomiques et ses inimitiés professionnelles. La parenté avec Ils étaient dix saute aux yeux : dix associé·es, un lieu verrouillé par les éléments, et des disparitions en série.


7. Un assassin parmi nous (Shari Lapena, 2020)

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Le Mitchell’s Inn est un hôtel de charme niché dans les Catskills, au nord de l’État de New York : pas de téléphone, pas d’internet, rien que la forêt, la neige et le silence. Les client·es — un avocat, deux amies dont l’une souffre de stress post-traumatique, un couple au bord du divorce, entre autres — y sont venu·es pour se couper du monde. Quand une tempête de neige les isole pour de bon, un premier cadavre est retrouvé au pied de l’escalier. Puis un deuxième.

Shari Lapena, romancière canadienne connue pour ses « domestic thrillers » (Le Couple d’à côté), change ici de registre et revient au roman à énigme classique. Les chapitres sont courts, les fausses pistes nombreuses, et chaque personnage cache un mobile plausible. Le roman fonctionne comme un Cluedo grandeur nature : un lieu fermé, un cercle de suspects, et la question de savoir qui, parmi ces inconnu·es réuni·es par hasard, a une raison suffisante pour tuer.


8. Le Sanatorium (Sarah Pearse, 2021)

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Un ancien sanatorium pour tuberculeux, reconverti en hôtel cinq étoiles, se dresse dans les Alpes suisses, à Crans-Montana. L’inspectrice Elin Warner, en arrêt après une affaire traumatisante, s’y rend pour les fiançailles de son frère Isaac. Peu après son arrivée, Laure, la fiancée d’Isaac, disparaît. Puis une tempête de neige coupe l’établissement du reste du monde. Un corps mutilé est retrouvé ; la panique gagne les pensionnaires. Elin n’a d’autre choix que de reprendre du service pour identifier le tueur avant qu’il ne frappe de nouveau.

Sarah Pearse tire parti du passé sinistre du bâtiment — ses couloirs étroits, ses archives oubliées — pour créer un climat de suspicion permanent. Le huis clos en altitude, prisonnier des avalanches, rappelle la claustrophobie de l’Île du Nègre chez Christie, transposée dans un cadre glacial aux accents de Shining.


9. L’Étrange Traversée du Saardam (Stuart Turton, 2021)

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En 1634, le Saardam, navire de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, quitte l’île de Batavia pour Amsterdam avec à son bord un gouverneur général déchu, sa famille, un groupe de passagers hétéroclite et une cargaison de marchandises précieuses. Dès les premières heures de la traversée, des événements inexplicables se produisent : un marin dessine un symbole mystérieux sur la voile avant de se jeter dans le vide, une voix murmure un même mot à plusieurs passagers, des flammes apparaissent sans source visible. Puis les morts commencent.

Deuxième roman de Stuart Turton, élu meilleur roman de l’année 2021 par The Guardian, le Financial Times et le Sunday Times, L’Étrange Traversée du Saardam transpose le huis clos dans un cadre maritime du XVIIe siècle. Le navire est une prison flottante où cohabitent aristocrates, soldats, marins et un mystérieux détective, le « noble Samuel Pipps ». Turton introduit des éléments surnaturels — une présence maléfique semble hanter le navire — qui brouillent la frontière entre le roman d’énigme classique et le récit fantastique. La question n’est plus seulement « qui tue ? » mais « qu’est-ce qui habite ce navire ? ».


10. Snjór (Ragnar Jónasson, 2016)

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Ari Thór Arason, vingt-trois ans, tout juste sorti de l’école de police de Reykjavik, accepte un poste dans le village le plus septentrional d’Islande : Siglufjörður, une petite localité isolée au fond d’un fjord, cernée par les montagnes et la neige. L’hiver y est interminable, la nuit quasi permanente, et les routes régulièrement coupées par les intempéries. Quand un vieil homme meurt dans des circonstances suspectes et qu’une femme est victime d’une agression violente, Ari Thór doit mener l’enquête dans un environnement où le huis clos n’est pas un artifice narratif, mais une réalité géographique et climatique.

Premier volet de la série Dark Iceland, Snjór (qui signifie « neige » en islandais) a été publié en Islande en 2010 et traduit en français en 2016. Ragnar Jónasson, né en 1976 à Reykjavik, est avocat et enseignant en droit à l’université. Fait notable : il est aussi le traducteur en islandais de quatorze romans d’Agatha Christie — ce qui n’a rien d’anecdotique quand on lit son propre travail. Le village de Siglufjörður, avec ses secrets enfouis et ses habitant·es sur la défensive, fonctionne comme une île au milieu des glaces : tout le monde s’y connaît, tout le monde s’y surveille, et la neige efface les traces aussi vite qu’elles apparaissent.


11. Le Mystère de la chambre jaune (Gaston Leroux, 1907)

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Mademoiselle Stangerson, fille d’un scientifique de renom, est retrouvée grièvement blessée dans sa chambre — la « chambre jaune » du titre — dont la porte et la fenêtre étaient verrouillées de l’intérieur. L’agresseur a disparu sans laisser de trace ni d’issue possible. C’est le jeune reporter Joseph Rouletabille, dix-huit ans à peine, qui va prendre en charge l’enquête et la résoudre grâce à ce qu’il appelle « le bon bout de la raison » : une méthode de déduction pure, fondée sur la logique et l’élimination de l’impossible.

Publié en feuilleton dans L’Illustration en 1907, Le Mystère de la chambre jaune est considéré comme l’un des tout premiers classiques du roman en « chambre close » (locked-room mystery), un sous-genre où le crime a lieu dans un espace apparemment hermétique. Gaston Leroux, alors journaliste au Matin, y inaugure une mécanique narrative — le crime impossible dans un lieu scellé — qui sera reprise par des générations de romancier·es, Agatha Christie comprise. Si l’intrigue précède Ils étaient dix de plus de trente ans, elle partage avec lui un même ressort : un crime qui défie la raison dans un espace d’où nul ne peut s’échapper.


12. Meurtres dans le décagone (Yukito Ayatsuji et Hiro Kiyohara, 2022)

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Un groupe d’étudiant·es, membres d’un club de passionné·es de romans policiers, se rend en vacances sur l’île de Tsunojima, au Japon, et s’installe dans le Décagone — un bâtiment à l’architecture singulière conçu par un certain Seiji Nakamura, mort six mois plus tôt dans un incendie sur cette même île. Très vite, les membres du club découvrent que quelqu’un les élimine un par un, dans un scénario qui rappelle volontairement Ils étaient dix. Cette adaptation en manga (cinq tomes chez Pika, dessins de Hiro Kiyohara) est tirée du roman Jukkakukan no Satsujin publié par Yukito Ayatsuji en 1987.

Ce roman fondateur a lancé au Japon le mouvement dit shinhonkaku (« nouveau roman d’énigme orthodoxe »), courant littéraire qui revendique un retour aux règles classiques du whodunit, en réaction au polar social qui dominait alors. Ayatsuji y applique les codes de l’Âge d’or du roman policier britannique — île isolée, cercle fermé de suspects, indices disséminés avec rigueur — et y greffe une dimension architecturale propre à son univers. Pour les lecteur·ices francophones, le manga constitue l’entrée la plus accessible vers cette tradition japonaise encore peu traduite en français.