Les 5 meilleurs livres de Georges Bataille

Les 5 meilleurs livres de Georges Bataille

Georges Bataille, né le 10 septembre 1897 à Billom, mort le 9 juillet 1962 à Paris, est un bibliothécaire et écrivain français. Son œuvre se compose d’ouvrages de littérature, mais aussi d’anthropologie, de philosophie, d’économie, de sociologie et d’histoire de l’art.


1. Le bleu du ciel

Le bleu du ciel Georges Bataille

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Le verbe vivre n’est pas tellement bien vu puisque les mots viveur et faire la vie sont péjoratifs. Si l’on veut être moral, il vaut mieux éviter tout ce qui est vif, car choisir la vie au lieu de se contenter de rester en vie n’est que débauche et gaspillage.

A son niveau le plus simple, le Bleu du ciel inverse cette morale prudente en décrivant un personnage qui se dépense jusqu’à toucher la mort à force de beuveries, de nuits blanches et de coucheries. Cette dépense, volontaire et systématique, est une méthode qui transforme la perdition en connaissance et découvre le ciel dans le bas.

Face à la mort, et sachant que rien ne lui échappe, il ne saurait être sérieusement question de  » salut « , aussi la volonté de se perdre est-elle la seule éclairante _ la seule d’où puisse surgir une nouvelle souveraineté. Le Bleu du ciel en décrit l’apprentissage en dénudant au fond de chacun de nous cette fente, qui est la présence toujours latente de notre propre mort.

Et ce qui apparaît à travers la fente, c’est le bleu d’un ciel dont la profondeur  » impossible  » nous appelle et nous refuse aussi vertigineusement que notre vie appelle et refuse sa mort.


2. Histoire de l’œil

Histoire de l’œil Georges Bataille

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« A d’autres l’univers paraît honnête. Il semble honnête aux honnêtes gens parce qu’ils ont des yeux châtrés. C’est pourquoi ils craignent l’obscénité. Ils n’éprouvent aucune angoisse s’ils entendent le cri du coq ou s’ils découvrent le ciel étoilé. En général, on goûte les « plaisirs de la chair » à la condition qu’ils soient fades.

Mais, dès lors, il n’était plus de doute : je n’aimais pas ce qu’on nomme « les plaisirs de la chair », en effet parce qu’ils sont fades. J’aimais ce que l’on tient pour « sale ». Je n’étais nullement satisfait, au contraire, par la débauche habituelle, parce qu’elle salit seulement la débauche et, de toute façon, laisse intacte une essence élevée et parfaitement pure.

La débauche que je connais souille non seulement mon corps et mes pensées mais tout ce que j’imagine devant elle et surtout l’univers étoilé…».


3. Ma mère

Ma mère Georges Bataille

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Pierre raconte comment, après une enfance religieuse, il fut, à l’âge de dix-sept ans, initié à la perversion par sa mère. Plongeant grâce à elle dans l’orgie et la débauche, il découvre l’extase de la perdition où se mêlent l’angoisse, la honte, la jouissance, le dégoût et le respect. Respect pour cette femme, la mère, qui a su brûler ses vaisseaux jusqu’au dernier et qui, ayant touché le fond de l’abîme, entraîne son fils dans la mort qu’elle se donne.

Ma mère est l’un des textes les plus violents, les plus scandaleusement beaux de Georges Bataille, qui disait de lui-même :  » Je ne suis pas un philosophe, mais peut-être un saint, peut-être un fou « , sachant que c’est dans cette ambiguïté même que réside la seule philosophie.


4. L’expérience intérieure

L’expérience intérieure Georges Bataille

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« Expérience intérieure », paradoxalement nommée, puisqu’elle culmine dans une fusion de l’intérieur et de l’extérieur, du sujet et de l’objet, l’inconnu comme « objet » communiquant en elle avec un « sujet » abandonné au non-savoir, Bataille en décrit ainsi le mouvement : « c’est jouer l’homme ivre, titubant, qui, de fil en aiguille, prend sa bougie pour lui-même, la souffle, et criant de peur, à la fin, se prend pour la nuit ».

L’itinéraire profondément désordonné de Georges Bataille (1897-1962), qu’il soit spirituel, politique ou littéraire, répond, par-delà les limites du convenu, à la volonté de révéler une vue souveraine, dégagée des servitudes qu’impose la vie.


5. Les larmes d’Eros

Les larmes d’Eros Georges Bataille

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Georges Bataille écrit Les Larmes d’Éros en 1959. L’ouvrage paraît en 1961. Bataille a plus de soixante ans, il vieillit, il est malade. Il se lance pourtant dans une œuvre pleine de santé jubilatoire, ces Larmes d’Éros, une histoire de la peinture sous le patronage d’Éros et de Thanatos, l’amour et la mort, liés depuis les temps originels, depuis les peintures rupestres jusqu’aux introspections surréalistes. Bataille dévoile une autre histoire de la peinture.

Chaque civilisation, chaque courant artistique essaie de surmonter la contradiction du jouir et du mourir, l’idée que la décharge amoureuse est cousine de la mort. Chez les primitifs, les Grecs, dans le maniérisme renaissant, le classicisme, le romantisme, et encore chez les modernes – Picasso, Masson, Delvaux, Balthus – l’obsession de l’amour et de la mort est là, présente au cœur même de l’homme.

Bataille invite à regarder ces tableaux pour ce qu’ils sont : des réflexions abruptes et nettes sur l’essence de l’homme qui, mieux que les mots, dévoilent notre grandeur et notre tragique. Avec Les Larmes d’Éros, Bataille professe, au seuil de sa mort, un magistral cours d’histoire de l’art, animé d’un souffle poétique et d’une densité philosophique incomparables.

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