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Quels mangas pour un·e enfant de 9 ou 10 ans ?

Quels mangas pour un·e enfant de 9 ou 10 ans ?

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Votre enfant s’intéresse aux mangas et vous ne savez pas par où commencer ? Le rayon manga d’une librairie peut donner le vertige, entre les séries à trois tomes et celles qui en comptent plus de cent, les couvertures aux couleurs vives et les résumés parfois cryptiques. La bonne nouvelle, c’est que le manga propose une diversité de genres et de tons qui permet de trouver chaussure à son pied quel que soit le tempérament de votre enfant. Qu’il ou elle soit attiré·e par l’aventure, le sport, la magie ou les chats (surtout les chats), voici huit titres adaptés à des lecteur·ices de 9 ou 10 ans — et quelques pistes pour bien choisir.

Voir aussi : mangas pour les 5-6 ans / mangas pour les 7-8 ansmangas pour les 11-12 ans / mangas pour les 13-14 ans.


1. Sailor Moon (Naoko Takeuchi, 1992)

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Usagi Tsukino a 14 ans, adore dormir, se passionne pour les jeux vidéo et pleure pour un oui ou pour un non. En somme, une collégienne tout ce qu’il y a de plus ordinaire — jusqu’au jour où elle croise la route de Luna, une chatte dotée de parole et d’un croissant de lune sur le front. Luna lui confie un pendentif magique et une mission autrement plus exigeante que ses devoirs de maths : devenir Sailor Moon, guerrière de l’amour et de la justice, retrouver le légendaire Cristal d’Argent et protéger une mystérieuse princesse. Fort heureusement, Usagi n’est pas seule : elle sera rejointe par Sailor Mercure, Sailor Mars, Sailor Jupiter et Sailor Vénus, chacune placée sous la protection d’une planète du Système solaire.

Avant Sailor Moon, les héroïnes magiques du manga agissaient souvent en solo. Takeuchi a changé la donne : elle s’est inspirée des séries sentai (ces équipes de super-héros japonais en costume coloré) pour créer un groupe de cinq guerrières aux caractères bien distincts. Ici, la solidarité n’est pas un simple ressort de scénario — c’est le moteur de chaque victoire, et les Sailor ne triomphent jamais seules.

À noter : Naoko Takeuchi est diplômée en pharmacologie, et son université se situait dans le quartier d’Azabu Jūban, à Tokyo — exactement là où se déroule l’histoire de Sailor Moon. Elle est par ailleurs mariée à Yoshihiro Togashi, l’auteur de Hunter × Hunter. La série est publiée en France par Pika Édition dans une Eternal Edition en 10 tomes, avec des pages en couleur et des couvertures rigides qui font leur petit effet sur une étagère.


2. Dragon Ball (Akira Toriyama, 1984)

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Son Goku est un petit garçon à la queue de singe qui vit seul dans la montagne après la mort de son grand-père adoptif. Il ne connaît rien du monde — il n’a d’ailleurs jamais vu de fille de sa vie — mais possède une force prodigieuse et une candeur à toute épreuve. Sa rencontre avec Bulma, jeune génie de la technologie partie à la recherche des Dragon Balls, sept boules de cristal qui, une fois réunies, permettent d’exaucer un vœu, va tout changer. Ils prendront ensemble la route et croiseront des maîtres d’arts martiaux, des bandits repentis, un cochon métamorphe et un vieil ermite passablement obsédé.

La première partie de Dragon Ball (environ les 16 premiers tomes) est celle qui conviendra le mieux à un·e enfant de 9 ou 10 ans. Humour, péripéties et combats d’arts martiaux spectaculaires s’y succèdent dans un univers où la science-fiction côtoie le conte — Toriyama s’est en effet inspiré de La Pérégrination vers l’Ouest, célèbre roman chinois du XVIe siècle où un moine voyageur est accompagné d’un roi des singes. Le ton se durcit à partir de l’arc Saïyen (la partie communément appelée « Dragon Ball Z »), avec des combats plus violents et des enjeux plus sombres. Pour les plus jeunes, mieux vaut donc commencer par le début et voir comment la lecture évolue. La série complète compte 42 tomes chez Glénat.

Petite note mélancolique : Akira Toriyama nous a quittés le 1er mars 2024, à l’âge de 68 ans. Dragon Ball s’est vendu à plus de 260 millions d’exemplaires dans le monde, et des mangakas aussi célèbres qu’Eiichirō Oda (One Piece) ou Masashi Kishimoto (Naruto) le citent comme leur principale source d’inspiration. En 2019, la France l’avait fait chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.


3. One Piece (Eiichirō Oda, 1997)

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Monkey D. Luffy a un rêve : devenir le Roi des Pirates. Pour cela, il devra trouver le One Piece, le trésor légendaire laissé par Gol D. Roger, l’ancien Roi des Pirates, quelque part sur la Route de tous les périls. Petit problème : Luffy a mangé un fruit du démon, le Gomu Gomu no Mi, qui a rendu son corps élastique comme du caoutchouc, mais qui l’a privé à jamais de la capacité de nager. Fâcheux pour un aspirant pirate. Qu’à cela ne tienne : il part recruter un équipage haut en couleur — le sabreur Roronoa Zoro, la navigatrice Nami, le tireur d’élite Usopp, le cuisinier Sanji, le médecin Tony-Tony Chopper (un renne qui parle, oui oui), l’archéologue Nico Robin, le charpentier Franky, le musicien Brook et le timonier Jinbe.

Avec plus de 520 millions d’exemplaires vendus dans le monde, One Piece est le manga le plus vendu de tous les temps, inscrit au Guinness des records depuis 2014. Ce succès tient à l’univers qu’Eiichirō Oda a bâti : un monde peuplé de créatures improbables, d’îles volantes, d’escargots-téléphones (les « escargotphones ») et de personnages qu’on n’oublie pas. Sous ses allures de grande aventure pirate, la série parle de liberté, de quête d’un idéal, du poids des injustices sociales et, par-dessus tout, de la fidélité entre compagnons.

Soyons honnêtes : avec ses 109 tomes parus en France (chez Glénat) et une série toujours en cours, One Piece est un engagement à long terme. C’est peut-être le manga que votre enfant lira pendant des années — et c’est précisément ce qui fait son charme. Chaque arc narratif est une aventure en soi, avec ses propres enjeux et des personnages secondaires auxquels on s’attache malgré soi. Si votre enfant accroche aux premiers volumes, préparez-vous : la suite est tout aussi addictive. Oda lui-même rêvait de devenir mangaka dès l’âge de 4 ans pour, selon ses propres mots, « ne pas avoir à travailler comme les adultes ».


4. My Hero Academia (Kōhei Horikoshi, 2014)

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Dans un monde où 80 % de la population possède un super-pouvoir — appelé « Alter » —, Izuku Midoriya fait partie des malchanceux nés sans aucune capacité spéciale. Pourtant, il rêve de devenir un super-héros et d’intégrer le prestigieux lycée Yuei, qui forme l’élite héroïque de demain. Un jour, sa route croise celle d’All Might, le numéro un des héros, véritable Symbole de la Paix. Touché par le courage d’Izuku — qui s’est jeté au secours d’un camarade malgré son absence d’Alter —, All Might décide de lui transmettre son propre pouvoir, le One For All. Pour Izuku, c’est le début d’une vie nouvelle — entre épreuves, amitiés et confrontations avec l’Alliance des Super-Vilains menée par Tomura Shigaraki, un antagoniste aussi instable que dangereux.

My Hero Academia est un hommage assumé aux comics américains, transposé dans l’univers du shōnen japonais. Les Alters sont aussi variés qu’imprévisibles — du « Ruban adhésif » (plus utile qu’il n’y paraît) à la terrifiante « Désintégration » — et chaque personnage évolue réellement au fil des tomes, y compris les antagonistes. Entre deux affrontements musclés, le manga parle de harcèlement, de dépassement de soi et de transmission entre générations. Izuku, surnommé « Deku » (« bon à rien » en japonais, un surnom qu’il finit par retourner en étendard), est un héros imparfait, souvent en larmes, qui doit tout apprendre — et c’est justement ce qui le rend si facile à suivre pour un·e jeune lecteur·ice.

La série, publiée en France par Ki-oon, est terminée à 42 tomes — un nombre satisfaisant pour qui veut une histoire complète avec un vrai dénouement. Certaines scènes de combat sont intenses, mais l’ensemble reste adapté à partir de 9-10 ans. Et si votre enfant est fan de super-héros façon Marvel ou DC, c’est probablement le manga qui fera le pont entre ces deux univers.


5. L’Atelier des Sorciers (Kamome Shirahama, 2016)

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Coco est une fillette fascinée par la magie. Dans son monde, seuls les sorciers, choisis dès la naissance, peuvent la pratiquer — du moins, c’est ce que tout le monde croit. Jusqu’au jour où Kieffrey, un sorcier, arrive dans son village. Coco l’espionne en cachette et découvre la véritable nature de la magie : elle repose sur l’art de dessiner des glyphes à l’encre, et n’importe qui peut s’y essayer. Enthousiaste, elle tente de reproduire un sort à partir d’un vieux grimoire acheté enfant à un inconnu — et provoque une catastrophe. Kieffrey accepte alors de la prendre comme apprentie, et Coco rejoint son atelier aux côtés de trois autres élèves : la douce Tetia, la studieuse Trice et l’ombrageuse Agathe.

Impossible d’ouvrir L’Atelier des Sorciers sans remarquer le dessin de Kamome Shirahama. Les paysages, les architectures et les costumes atteignent un niveau de finesse rare dans le manga — on pense parfois à des gravures européennes. La mangaka a d’ailleurs travaillé comme illustratrice de comics (notamment pour DC et Marvel) avant de se lancer dans sa propre série. Mais le plaisir visuel ne suffit pas à expliquer le succès : c’est le fonctionnement de la magie qui rend cette série si particulière. Ici, la magie n’est pas un pouvoir inné : c’est un savoir qui s’apprend et se dessine à l’encre. Pour un·e enfant, l’idée que la pratique et la patience comptent davantage que le talent brut est un message qui fait mouche.

Publié en France par Pika Édition (14 tomes parus, série en cours), L’Atelier des Sorciers accumule les prix : Eisner, Harvey, Daruma d’or de la Japan Expo, sélection jeunesse au Festival d’Angoulême… Si votre enfant a aimé Harry Potter et que vous cherchez un manga qui ne le prend pas de haut, c’est celui-ci qu’il faut mettre entre ses mains. Malgré sa classification seinen (pour un lectorat adulte) au Japon, la série est tout à fait accessible à partir de 8-9 ans. Certains passages plus sombres — liés à la Confrérie du Capuchon, l’organisation antagoniste — apportent juste ce qu’il faut de tension.


6. Captain Tsubasa (Yōichi Takahashi, 1981)

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Tsubasa Ozora (alias Olivier Atton dans la version animée française Olive et Tom) a 11 ans et un seul objectif dans la vie : devenir le meilleur footballeur du monde et offrir la Coupe du Monde au Japon. Fraîchement arrivé dans la ville de Nankatsu avec sa mère, il fait la rencontre de Genzo Wakabayashi (Thomas Price en VF), un gardien de but surdoué qui se proclame le meilleur du Japon. Le duel entre ces deux prodiges va vite attirer l’attention de Roberto, un ancien international brésilien reconverti en entraîneur, qui prendra Tsubasa sous son aile.

Peu de mangas peuvent se vanter d’avoir eu un effet direct sur le monde réel. Captain Tsubasa, si. Publié à partir de 1981 dans le Weekly Shōnen Jump et vendu à plus de 90 millions d’exemplaires, il a poussé des générations d’enfants vers les terrains de football. Des joueurs comme Zinédine Zidane, Lionel Messi, Kylian Mbappé, Andrés Iniesta ou Fernando Torres ont tous déclaré avoir grandi avec Captain Tsubasa et s’en être inspirés pour embrasser une carrière professionnelle. Iniesta a même raconté qu’il regardait l’animé chaque matin avant de partir à l’école. On peut difficilement imaginer un meilleur argument de vente pour un manga jeunesse.

Côté disponibilité, l’édition manga est publiée par Glénat (37 tomes pour la série originale), et il existe également une version « anime comics » en couleurs chez nobi nobi!, plus accessible pour les jeunes lecteur·ices. Yōichi Takahashi a officiellement mis un terme à la série en avril 2024, après plus de 40 ans de publication. Mais l’homme ne s’est pas arrêté au papier : il a fondé et présidé un vrai club de football, le Nankatsu SC — du nom du club de Tsubasa dans le manga —, qu’il espère un jour voir accéder à la J-League professionnelle. Un mangaka devenu président de club : Captain Tsubasa continue de marquer des buts hors du terrain.


7. Fukuneko, les chats du bonheur (Mari Matsuzawa, 2016)

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Ako, son grand frère et sa petite sœur viennent d’emménager dans la petite ville rurale de Fukuneko après la disparition de leurs parents et le décès de leur arrière-grand-mère. Arrachée à ses amies de la capitale, Ako n’est pas franchement ravie de ce déracinement. Mais la ville de Fukuneko est loin d’être ordinaire : les chats, omniprésents, n’y sont pas des félins tout à fait comme les autres. Certains d’entre eux, appelés les « fukuneko » (littéralement « chats du bonheur »), sont des serviteurs du dieu des chats et possèdent le pouvoir de rendre heureux l’humain qu’ils choisissent. C’est ainsi que Fuku, la chatte de feu l’arrière-grand-mère d’Ako, s’attache à la jeune fille. Et aux yeux d’Ako — et d’Ako seule — Fuku prend l’apparence d’une fillette aux oreilles de félin.

Fukuneko est une série courte (4 tomes, publiés en France par nobi nobi!) et c’est l’un de ses grands atouts : elle offre une histoire complète et bien ficelée, sans la moindre longueur. Le récit aborde avec douceur des thèmes délicats — le deuil, l’absence parentale, le déracinement — mais il les enveloppe de tendresse et de merveilleux. Les fukuneko, avec leurs petits visages et leurs grands yeux expressifs, ont le don de faire fondre le lecteur, et la relation entre Ako et Fuku gagne en profondeur à chaque tome — jusqu’à un dernier volume riche en révélations.

C’est un manga idéal pour une première lecture, en particulier pour les enfants sensibles ou les amoureux·ses des chats (mais y a-t-il une différence ?). Le dessin, tout en rondeurs, va de pair avec le ton : jamais mièvre, toujours sincère. Et les adultes qui liront par-dessus l’épaule de leur enfant risquent fort de se laisser prendre au jeu. Une lecture doudou, parfaite pour les soirs où l’on a besoin de réconfort.


8. Les Aventures de Kirby dans les Étoiles (Hirokazu Hikawa, 1994)

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Vous connaissez peut-être Kirby grâce aux jeux vidéo Nintendo : cette petite boule rose, ronde, perpétuellement affamée, capable d’aspirer ses ennemis pour copier leurs pouvoirs. Dans ce manga, on retrouve le même Kirby, toujours aussi glouton et espiègle, dans le pays de Dream Land où les habitants vivent paisiblement grâce au Bâton Étoile, source de leurs rêves. Sauf que le roi Dadidou — monarque autoritaire et franchement ridicule, armé de son éternel maillet — a décidé de s’emparer du Bâton Étoile pour son usage personnel. Il revient donc à Kirby de sauver la mise, accompagné de son fidèle compagnon Chibby. En théorie. En pratique, Kirby passe une bonne partie de son temps à manger, à faire la sieste et à créer involontairement le chaos autour de lui.

L’humour est au cœur de cette série. Chaque chapitre propose une petite aventure indépendante, souvent construite autour d’un gag à chute : Kirby provoque une catastrophe, le roi Dadidou tente un plan machiavélique qui se retourne contre lui, et Chibby essaie désespérément de maintenir un semblant d’ordre dans tout cela. C’est drôle, c’est léger et ça se lit avec le sourire. Le format court des chapitres (quelques pages chacun) en fait un manga parfait pour les lecteur·ices débutant·es ou pour les enfants qui préfèrent les histoires à picorer plutôt que les longues intrigues feuilletonnantes.

Publiée en France par Soleil Manga (25 tomes au total), la série est prépubliée au Japon depuis 1994 dans le magazine CoroCoro Comic, une référence de la presse jeunesse nippone. Et si votre enfant est fan des jeux Nintendo, il ou elle retrouvera avec bonheur les personnages et les pouvoirs qu’il connaît par cœur.