Kagurabachi est un shōnen manga écrit et dessiné par Takeru Hokazono, publié dans le Weekly Shōnen Jump depuis septembre 2023. On y suit Chihiro Rokuhira, fils d’un forgeron légendaire assassiné par une organisation de sorciers. Armé de la septième épée enchantée forgée par son père, le jeune homme se lance dans une quête de vengeance pour récupérer les six lames volées.
Le manga s’est imposé en quelques mois comme l’un des shōnen les plus populaires de sa génération, porté par ses affrontements au sabre nerveux et une intrigue sans temps mort. Il a remporté le prix Next Manga Awards 2024 dans la catégorie manga papier.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.
1. Demon Slayer (Koyoharu Gotouge, 2016)

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Dans un Japon de l’ère Taishō, le jeune Tanjirō Kamado voit sa famille massacrée par un démon. Sa sœur Nezuko, seule survivante, est transformée en créature démoniaque. Tanjirō s’engage alors dans le corps des pourfendeurs de démons pour trouver un remède et venger les siens. Le récit repose sur un système de combat fondé sur des techniques de souffle, chacune associée à un élément naturel et à une chorégraphie de lame spécifique.
Achevé en 23 tomes, Demon Slayer ne s’étire jamais : chaque arc relance l’intrigue et hausse les enjeux jusqu’à un final sans compromis. Le manga a dépassé les 150 millions d’exemplaires écoulés, et son adaptation animée par le studio Ufotable — dont le travail sur les scènes de combat a redéfini les standards de l’animation télévisée — a amplifié cette réussite. Comme Kagurabachi, la série fait du sabre un vecteur émotionnel autant qu’un outil de destruction.
2. Jujutsu Kaisen (Gege Akutami, 2018)

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Yūji Itadori, lycéen doté d’une force physique hors norme, avale un doigt maudit de Ryōmen Sukuna, le roi des fléaux. Devenu le réceptacle de cette entité, il intègre l’école d’exorcisme de Tōkyō pour collecter les fragments restants et maîtriser la menace. Le manga déploie un univers d’exorcisme structuré autour de l’énergie occulte, avec des affrontements d’une brutalité frontale dont chacun peut coûter un membre, un allié ou une vie.
Gege Akutami n’hésite pas à éliminer des personnages centraux de façon définitive, parfois au milieu d’un arc — une cruauté narrative qui interdit au lecteur·ice de se sentir en terrain sûr. La série, terminée en 2024 après 271 chapitres, a dépassé les 100 millions de copies en circulation. On retrouve ici la même noirceur que dans Kagurabachi, mais poussée plus loin : dans Jujutsu Kaisen, la violence laisse des traces durables, sur les corps comme sur le récit lui-même.
3. Bleach (Tite Kubo, 2001)

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Ichigo Kurosaki, adolescent capable de voir les esprits, obtient par accident les pouvoirs d’une Shinigami nommée Rukia Kuchiki. Il bascule alors dans les affaires de la Soul Society, un monde parallèle peuplé de guerriers spectraux et de hiérarchies militaires complexes. Le manga se déploie sur 74 tomes et plusieurs arcs, dont l’arc de la Soul Society — un huis clos politico-militaire qui reste, pour beaucoup de lecteur·ices, le mètre-étalon du shōnen de combat.
La force de Bleach réside dans le design de ses personnages et de ses lames — chaque Zanpakutō possède un nom, une forme libérée et une personnalité propre. Ce lien organique entre le combattant et son arme rappelle la relation entre Chihiro et son sabre enchanté dans Kagurabachi, à ceci près que Tite Kubo en décline le principe sur des dizaines de personnages. Le retour de l’adaptation animée en 2022, avec l’arc Thousand-Year Blood War, a d’ailleurs rappelé à toute une génération pourquoi Bleach comptait parmi les « Big 3 » du Weekly Shōnen Jump.
4. Hell’s Paradise (Yūji Kaku, 2018)

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Gabimaru, assassin ninja surnommé « le Vide », est condamné à mort mais survit à toutes les exécutions grâce à son entraînement surhumain. On lui offre un sursis : se rendre sur l’île surnaturelle de Shinsenkyo pour rapporter l’élixir d’immortalité au shōgun. Il part en compagnie de Sagiri, une exécutrice des Yamada Asaemon, dans une expédition où condamnés et bourreaux doivent coopérer pour survivre.
L’île recèle des créatures issues de la mythologie taoïste, et le manga n’accorde aucune immunité à ses personnages : la mort peut frapper n’importe qui, à n’importe quel chapitre. Achevé en 13 tomes seulement, Hell’s Paradise va droit au but sans sacrifier la complexité de son univers. Yūji Kaku cite L’Île du docteur Moreau comme ossature de son histoire. Cette filiation se sent dans le regard quasi scientifique que le manga porte sur les mutations et la nature des créatures de Shinsenkyo.
5. Chainsaw Man (Tatsuki Fujimoto, 2018)

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Denji, gamin misérable écrasé par les dettes de son père défunt, fusionne avec son démon-tronçonneuse Pochita et devient Chainsaw Man, un hybride capable de faire jaillir des lames de son corps. Recruté par une division gouvernementale de chasseurs de démons, il est jeté dans des conflits où personne ne bénéficie de la moindre protection narrative. Tatsuki Fujimoto renverse systématiquement les conventions du genre : les objectifs du héros sont triviaux, les alliés tombent sans cérémonie, et la narration opère des virages abrupts.
Fujimoto revendique l’influence du cinéma de Quentin Tarantino et du thriller coréen. Takeru Hokazono partage d’ailleurs ces références, et cite aussi John Wick parmi ses inspirations. La première partie, en 97 chapitres, tient en un seul mouvement dont la fin remet en cause tout ce qui précède. La seconde, en cours de publication sur le Shōnen Jump+, refuse tout autant de se plier aux attentes.
6. Sakamoto Days (Yūto Suzuki, 2020)

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Tarō Sakamoto était le tueur à gages le plus redouté du Japon. Puis il est tombé amoureux, s’est marié, a eu une fille — et a pris beaucoup de poids. Désormais gérant d’une supérette de quartier, il mène une vie paisible jusqu’à ce que son passé le rattrape. Sa seule règle, imposée par sa femme : ne tuer personne, même en cas de légitime défense.
Cette contrainte narrative est le moteur comique et chorégraphique de la série : Sakamoto neutralise ses adversaires à l’aide d’objets du quotidien — boîtes de conserve, balais, caddies de supermarché — et chaque combat devient un exercice de mise en scène ludique. Yūto Suzuki, diplômé de l’Université des arts de Tōkyō, livre des séquences d’action parmi les plus fluides et les plus lisibles du manga contemporain : chaque double page a quelque chose de cinétique, comme si les personnages allaient sortir du cadre. L’adaptation animée par Netflix, diffusée depuis janvier 2025, a fait découvrir la série à un public international que le manga seul n’aurait pas atteint aussi vite.
7. Gachiakuta (Kei Urana, 2022)

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Dans une cité flottante divisée entre riches et miséreux, Rudo, un jeune orphelin du bidonville, survit en récupérant les objets jetés par les habitants des beaux quartiers. Accusé à tort d’un meurtre, il est condamné à l’exil et précipité dans la décharge située sous la ville, un territoire infesté de monstres nés des déchets humains. Il y découvre les « Nettoyeurs », un groupe de combattants capables de transformer des objets chéris en armes.
Ancienne assistante d’Atsushi Ōkubo (Soul Eater, Fire Force), Kei Urana a forgé un style graphique imprégné d’esthétique graffiti, en collaboration avec le street-artiste Andō Hideyoshi. Ce parti pris visuel, unique dans le shōnen d’action, donne à chaque planche une texture brute et urbaine. Derrière les combats, le manga interroge sans détour la surconsommation et les inégalités de classe : les monstres eux-mêmes sont le produit littéral de ce que la société jette. L’adaptation en anime par le studio Bones, diffusée en 2025, a élargi l’audience d’un titre qui, ne serait-ce que par sa direction artistique, ne ressemble à rien d’autre dans le shōnen actuel.
8. Gokurakugai (Yūto Sano, 2022)

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Tao et Alma gèrent une agence de « résolution de problèmes » dans le quartier ouvrier de Gokurakugai, un lieu sans loi où cohabitent humains et hommes-bêtes. Leur activité va des enquêtes sur des disparitions à l’élimination de magas — des monstres autrefois humains qui rôdent dans l’ombre du quartier. Le duo tient par son déséquilibre assumé : Alma, garçon vorace et impulsif, face à Tao, adulte taciturne et prompte à dégainer.
Publié dans le Jump Square depuis juillet 2022, le manga de Yūto Sano juxtapose action surnaturelle, humour noir et atmosphère de polar urbain. Le dessin frappe par son élégance (peu courante pour un titre d’action) et a valu à la série une 9ᵉ place au Next Manga Awards 2023. Pour les lecteur·ices de Kagurabachi qui cherchent un ton plus intimiste mais un tranchant tout aussi net, Gokurakugai est un choix solide.
9. Fire Punch (Tatsuki Fujimoto, 2016)

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Dans un monde recouvert de glace par une sorcière aux pouvoirs dévastateurs, l’humanité en est réduite au cannibalisme pour tenir un jour de plus. Agni, un jeune homme doté d’un pouvoir de régénération, est embrasé par un feu surnaturel inextinguible après la destruction de son village. Il brûle sans jamais mourir et se lance dans une quête de vengeance qui déraille progressivement vers des territoires narratifs inattendus.
Première série de Tatsuki Fujimoto avant Chainsaw Man, Fire Punch en huit tomes est une œuvre radicale. Fujimoto y sabote les attentes du lecteur·ice à intervalles réguliers : le récit de vengeance vire au drame existentiel, puis à la métafiction, sans prévenir. Classé 3ᵉ au palmarès « Kono Manga ga Sugoi! » 2017 dans la catégorie seinen, ce manga défie toute catégorisation — et c’est précisément ce qui en fait la valeur.
10. Berserk (Kentarō Miura, 1989)

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Dans un monde de dark fantasy, un mercenaire solitaire surnommé « l’Épéiste noir » traque les forces démoniaques. Guts porte le Sacrifice, un stigmate qui attire les créatures des ténèbres, et poursuit Griffith, son ancien compagnon d’armes devenu l’architecte de sa damnation. L’arc de l’Âge d’or — qui retrace l’amitié, l’admiration mutuelle, puis la trahison irréparable entre ces deux figures — constitue l’un des sommets narratifs de l’histoire du manga.
Kentarō Miura a travaillé sur Berserk de 1989 jusqu’à son décès en mai 2021. Depuis juin 2022, la série se poursuit sous la supervision de son ami Kōji Mori et du Studio Gaga, à partir des notes laissées par l’auteur. Mori s’est engagé à ne raconter que les épisodes dont Miura lui avait parlé. Avec plus de 60 millions d’exemplaires vendus, Berserk reste la matrice de la dark fantasy en manga. De Kagurabachi à L’Attaque des Titans, du jeu vidéo Dark Souls aux shōnen de nouvelle génération, son empreinte se retrouve partout où un personnage solitaire lève une arme trop lourde contre un monde hostile.
11. L’Habitant de l’infini (Hiroaki Samura, 1993)

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Un ver mystérieux loge dans le corps de Manji, samouraï errant et hors-la-loi : il régénère toutes ses blessures et le rend immortel. Pour expier ses crimes passés et retrouver sa mortalité, Manji s’est juré de tuer mille scélérats. Sa route croise celle de Rin, une jeune femme déterminée à venger le meurtre de ses parents par l’Ittō-ryū, une école de sabre renégate dirigée par le redoutable Anotsu Kagehisa.
Hiroaki Samura livre, sur 30 tomes publiés entre 1993 et 2012, une fresque du Japon de la fin de l’ère Edo où la reconstitution historique se frotte à un style graphique délibérément hétérodoxe — des designs punk côtoient des décors d’époque d’une précision méticuleuse, et Samura mélange dans les dialogues une dizaine de registres linguistiques, de l’ancien japonais à l’argot contemporain. Masashi Kishimoto, l’auteur de Naruto, a déclaré que Samura était son modèle. Pour les amateur·ices de duels au sabre et de récits de rédemption à la violence sèche, L’Habitant de l’infini est le manga de référence du genre — celui à l’aune duquel tous les autres se mesurent.