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Que lire sur Stephen Hawking ?

Que lire sur Stephen Hawking ?

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Stephen Hawking naît le 8 janvier 1942 à Oxford, le jour du tricentenaire de la mort de Galilée — coïncidence qu’il ne manquait jamais de rappeler. Physicien théoricien et cosmologiste, il occupe pendant trente ans la chaire lucasienne de mathématiques à l’Université de Cambridge, poste jadis tenu par Isaac Newton. Ses travaux portent en particulier sur les trous noirs — ces régions de l’espace où la matière s’est effondrée sous l’effet de sa propre gravité au point que rien, pas même la lumière, ne peut s’en échapper.

En 1974, il démontre, contre toute attente, que les trous noirs ne sont pas totalement « noirs » : ils émettent un faible rayonnement thermique, aujourd’hui appelé rayonnement de Hawking, et finissent par s’évaporer au fil du temps. Cette découverte, qui relie pour la première fois la gravitation, la mécanique quantique et la thermodynamique, fait de lui l’un des physiciens les plus influents de sa génération.

Diagnostiqué à vingt et un ans d’une sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot) qui devait l’emporter en quelques années, il défie les pronostics médicaux pendant plus d’un demi-siècle. La maladie lui retire progressivement l’usage de ses membres puis de la parole ; il communique d’abord par un synthétiseur vocal, puis, dans ses dernières années, par le seul mouvement d’un muscle de la joue.

Devenu mondialement connu, il est aussi un vulgarisateur dont le premier essai grand public, paru en 1988, s’est vendu à plus de dix millions d’exemplaires. Il meurt le 14 mars 2018 à Cambridge et repose à l’abbaye de Westminster, entre les tombes d’Isaac Newton et de Charles Darwin.

Voici les principaux livres disponibles en français pour découvrir son génie : essais de vulgarisation, autobiographie, biographies et roman graphique.


1. Une brève histoire du temps : du Big Bang aux trous noirs (Stephen Hawking, 1988)

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C’est le livre qui a fait connaître Hawking au grand public — et, pour des millions de lecteur·ice·s à travers le monde, un premier contact avec la cosmologie moderne. Hawking y retrace l’évolution de notre compréhension de l’univers, depuis les modèles géocentriques d’Aristote et de Ptolémée (qui plaçaient la Terre au centre de tout) jusqu’à la relativité générale d’Einstein et à la mécanique quantique. Il y aborde ses propres travaux sur les trous noirs, la notion de Big Bang (l’idée que l’univers entier est issu d’un état initial infiniment dense et chaud, il y a environ 13,8 milliards d’années) et son hypothèse d’un univers « sans bord », formulée avec le physicien américain Jim Hartle : un univers qui n’a pas de point de départ singulier dans le temps, un peu comme la surface d’une sphère n’a ni bord ni extrémité — on peut la parcourir indéfiniment sans jamais tomber sur un début ou une fin.

Hawking tente de rendre accessible au grand public des concepts d’une redoutable abstraction, sans recourir à une seule équation (hormis la célèbre E = mc², que son éditeur l’avait convaincu de conserver). Le livre reste 237 semaines consécutives dans la liste des best-sellers du Sunday Times, il est traduit en plus de quarante langues, et s’installe durablement dans la culture populaire — on retrouve d’ailleurs un exemplaire entre les mains d’un sorcier dans Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban.

La force du bouquin tient à la capacité de Hawking à poser des questions fondamentales — l’univers a-t-il eu un commencement ? le temps peut-il avoir une fin ? — dans un langage direct, souvent ponctué d’humour. Sa célèbre conclusion — « Si nous découvrons une théorie complète, ce sera le triomphe ultime de la raison humaine — car alors, nous connaîtrons la pensée de Dieu » — a suscité d’innombrables débats. Hawking lui-même reviendra sur cette formule en 2010 dans Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers ?, où il soutient que la création de l’univers ne nécessite aucune intervention divine — la « pensée de Dieu » n’était, selon lui, qu’une image et non une profession de foi.

Certain·e·s lecteur·ice·s trouveront que quelques passages techniques résistent à une première lecture ; d’autres jugeront les schémas trop sommaires. Mais c’est la rançon d’un livre qui tient un pari presque impossible : condenser l’état de la cosmologie contemporaine en un seul essai sans formule mathématique.


2. Brèves réponses aux grandes questions (Stephen Hawking, 2018)

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Publié à titre posthume quelques mois après la disparition de Hawking, cet essai rassemble ses réflexions ultimes sur dix questions fondamentales : Dieu existe-t-il ? Comment l’Univers a-t-il commencé ? Le voyage dans le temps est-il possible ? Serons-nous dépassés par l’intelligence artificielle ? La Terre est-elle condamnée ? Préfacé par l’acteur Eddie Redmayne — qui l’avait incarné dans le biopic Une merveilleuse histoire du temps (2014) —, ce dernier essai ne s’en tient plus à la physique. Hawking y prend position sur l’inexistence de Dieu, sur la nécessité de coloniser d’autres planètes pour assurer la survie de l’espèce humaine, et sur les dangers que représente une intelligence artificielle non maîtrisée — y compris le risque qu’elle finisse par surpasser l’humanité dans tous les domaines.

D’emblée, le ton est libre. Hawking s’appuie aussi bien sur 2001, l’Odyssée de l’espace que sur Star Trek ou Retour vers le futur pour illustrer ses raisonnements, non sans autodérision — lui qui avait participé, dans son fauteuil roulant, à des épisodes de Star Trek et de The Big Bang Theory. Le texte se lit rapidement ; certain·e·s regretteront d’ailleurs la brièveté des réponses, qui ne permet pas d’approfondir chaque sujet autant qu’on le souhaiterait. Mais tel est le parti pris : dix synthèses accessibles à tous·tes, sur les questions qui ont nourri une vie entière de recherche. Les dernières pages, dans lesquelles Hawking exprime ses craintes pour l’avenir de l’humanité — réchauffement climatique, risque nucléaire, dépassement technologique — mais affirme aussi que « la curiosité et le courage sont les meilleurs guides de l’espèce humaine », confèrent une tonalité de testament intellectuel.


3. L’Univers dans une coquille de noix (Stephen Hawking, 2001)

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Le titre reprend une réplique d’Hamlet de Shakespeare — « Je pourrais être enfermé dans une coquille de noix et me sentir comme le roi d’un espace infini ». Hawking y fait le point sur les avancées théoriques survenues depuis Une brève histoire du temps, dans un ouvrage plus ambitieux, plus technique et plus soigné visuellement que son prédécesseur, avec des illustrations en couleurs et des schémas en trois dimensions.

Il aborde notamment la théorie des cordes — l’idée, née dans les années 1970, que les constituants ultimes de la matière ne sont pas des points sans dimension, mais de minuscules filaments d’énergie ; selon cette théorie, c’est le mode de vibration de chaque filament qui détermine le type de particule produit, un peu comme la note émise par une corde de guitare dépend de la façon dont elle vibre. Il existe en réalité cinq versions distinctes de cette théorie, que le physicien Edward Witten a proposé d’unifier au sein d’un cadre plus vaste appelé théorie M. Hawking aborde également les possibilités théoriques du voyage dans le temps, l’existence potentielle de dimensions spatiales supplémentaires (par-delà les trois que nous percevons) et les conséquences du principe d’incertitude d’Heisenberg — selon lequel il est impossible de connaître simultanément la position et la vitesse exactes d’une particule, ce qui, appliqué à l’échelle de l’univers, introduit un flou fondamental dans toute tentative de reconstituer son histoire.

Autant le dire : ce bouquin est sensiblement plus exigeant que Une brève histoire du temps. Certaines notions requièrent un effort de concentration soutenu, et les lecteur·ice·s néophytes pourront décrocher face à l’abstraction de certains développements. Hawking prend néanmoins soin de situer chaque concept dans son contexte historique et de mentionner les chercheur·se·s qui y ont contribué, de Richard Feynman à Roger Penrose. Pour qui a déjà lu et assimilé le premier essai, L’Univers dans une coquille de noix en constitue le prolongement naturel.


4. Dernières nouvelles des trous noirs (Stephen Hawking, 2016)

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Ce petit livre a une origine particulière : il s’agit de la transcription de deux conférences de quinze minutes chacune, prononcées par Hawking dans le cadre des prestigieuses Reith Lectures de la BBC — une série de conférences annuelles inaugurée en 1948, qui a accueilli entre autres Bertrand Russell et Robert Oppenheimer. Le texte est annoté et complété par David Shukman, alors rédacteur en chef de la section scientifique de BBC News, et accompagné d’illustrations qui schématisent les concepts abordés.

En à peine plus d’une centaine de pages, Hawking récapitule le travail de toute une vie sur les trous noirs. Il explique comment une étoile massive, lorsqu’elle a épuisé son combustible nucléaire, peut s’effondrer sous l’effet de sa propre gravité jusqu’à former un trou noir, délimité par un horizon des événements — une frontière invisible passé laquelle rien, ni matière ni lumière, ne peut faire demi-tour. Il rappelle sa découverte de 1974 : contrairement à ce que l’on croyait, les trous noirs émettent des particules et finissent, très lentement, par s’évaporer. Et il avance l’hypothèse que les trous noirs pourraient constituer un passage vers d’autres univers.

Ce format ultra-condensé a ses avantages et ses limites. Celles et ceux qui possèdent déjà quelques bases en astrophysique y trouveront une synthèse d’une rare efficacité, portée par l’humour caractéristique de Hawking. En revanche, les lecteur·ice·s qui découvrent le sujet risquent de rester sur leur faim : certaines notions fondamentales sont à peine introduites avant d’être laissées de côté. Moins une introduction, donc, qu’un concentré des idées de Hawking sur les trous noirs — le fruit de décennies de recherche ramené à deux demi-heures de conférence.


5. La brève histoire de ma vie (Stephen Hawking, 2013)

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Pour la première fois, Hawking met la physique au second plan et se raconte. Cette autobiographie retrace son itinéraire de façon chronologique, de son enfance — son père est biologiste spécialiste de médecine tropicale, sa mère a étudié la philosophie — jusqu’à sa consécration mondiale. On y découvre l’écolier qui n’apprend à lire qu’à huit ans (en raison des méthodes pédagogiques « non intrusives » de son établissement), l’étudiant brillant mais nonchalant d’Oxford, le jeune chercheur de Cambridge foudroyé par le diagnostic de la maladie de Charcot à vingt et un ans, les deux mariages, la naissance de ses trois enfants, et la genèse inattendue d’Une brève histoire du temps — un projet conçu au départ pour financer les études de sa fille et dont il voulait faire un best-seller vendu dans les aéroports. Un éditeur spécialisé dans le marché grand public lui fera entièrement réécrire le manuscrit pour le rendre accessible aux non-spécialistes.

Le ton est pudique, laconique, traversé d’un humour pince-sans-rire qui tranche avec le pathos que l’on pourrait attendre d’un tel récit. Certain·e·s lecteur·ice·s regretteront cette retenue : les émotions ne sont jamais nommées, les épreuves sont racontées avec détachement, et les passages consacrés aux travaux scientifiques occupent une place conséquente. On aurait tort d’y chercher un récit introspectif au sens classique du terme. Mais c’est là tout l’intérêt de ce texte court — à peine 176 pages. Ce que Hawking révèle de lui-même passe moins par ce qu’il dit que par ce qu’il omet : la maladie n’est jamais le sujet principal, elle est un fait parmi d’autres, traité avec la même sobriété que le reste. « Souvenez-vous de garder les yeux rivés sur les étoiles, pas sur vos pieds », résumait-il dans une conférence souvent citée — et c’est exactement le principe qui gouverne cette autobiographie.


6. L’origine du temps : la dernière théorie de Stephen Hawking (Thomas Hertog, 2023)

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Cosmologiste belge formé à la KU Leuven puis à Cambridge, Thomas Hertog a été pendant plus de vingt ans le collaborateur le plus proche de Stephen Hawking. Ce n’est donc pas un commentateur extérieur qui parle ici, mais un témoin et un coauteur. L’enjeu central du livre est la présentation d’une théorie quantique du cosmos élaborée par le duo Hawking-Hertog : une théorie qu’ils qualifient de « darwinienne » parce qu’elle applique à la physique une logique analogue à celle de la sélection naturelle en biologie. L’idée, résumée à grands traits, est la suivante : les lois de la physique ne sont pas des vérités éternelles, fixées une fois pour toutes avant le Big Bang ; elles ont au contraire émergé et évolué avec l’univers lui-même, de la même façon que les espèces vivantes se transforment au gré de la sélection naturelle. Ce renversement de perspective conduit Hawking et Hertog à proposer une cosmologie « descendante » : au lieu de partir du Big Bang pour reconstituer l’histoire de l’univers jusqu’à nous, ils partent de l’univers tel que nous l’observons aujourd’hui et « redescendent » vers l’origine pour comprendre quelles conditions initiales ont pu produire un cosmos favorable à l’apparition de la vie.

L’ambition est considérable. Hertog retrace les grandes avancées cosmologiques depuis Einstein et Georges Lemaître — le physicien belge qui, dès 1931, formula l’hypothèse d’un « atome primitif » à l’origine de l’univers — hypothèse qui préfigure la théorie du Big Bang. Il aborde la théorie des cordes, la théorie M (toutes deux présentées dans L’Univers dans une coquille de noix), et le principe holographique — l’idée, issue de travaux sur les trous noirs, que toute l’information contenue dans un volume tridimensionnel pourrait être entièrement encodée sur sa surface bidimensionnelle, à la manière d’un hologramme. Les souvenirs personnels qui ponctuent le récit — les séances de travail avec un Hawking de plus en plus diminué physiquement mais dont la pensée restait intacte — ancrent le propos scientifique dans une relation humaine, celle d’un doctorant devenu ami et collaborateur de longue date. Ce n’est pas un bouquin pour débutant·e·s : il exige de solides notions préalables en physique. Mais Hertog offre un accès unique à la dernière pensée de Hawking, celle qu’il n’a pas eu le temps de publier lui-même.


7. Stephen Hawking : par-delà la légende (Charles Seife, 2021)

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Diplômé en physique (Princeton), en mathématiques (Yale) et en journalisme (Columbia), le journaliste scientifique Charles Seife entreprend ici de séparer l’homme du mythe. Sa biographie, structurée de façon délibérément non chronologique — elle commence par la mort du physicien et remonte vers l’enfance —, ne cherche pas à ternir l’apport scientifique de Hawking, mais à le replacer dans un portrait complet, nuances et contradictions comprises.

Seife s’intéresse autant aux travaux fondateurs sur les trous noirs qu’aux aspects plus troubles du personnage : l’arrogance que lui reprochaient certain·e·s collègues, les paris scientifiques perdus (Hawking avait l’habitude de parier avec d’autres physiciens sur des questions non résolues — il avait par exemple parié en 1975 avec Kip Thorne que l’objet céleste Cygnus X-1 n’était pas un trou noir, une sorte de « police d’assurance » intellectuelle, avant de concéder sa défaite en 1990 face aux preuves accumulées), les déclarations publiques parfois excessives, la construction délibérée d’une image médiatique et les relations difficiles avec ses proches. Comme l’a résumé la revue Nature, il s’agit d’une « dissection sans fard de la célébrité du physicien ».

Cette biographie replace Hawking dans sa communauté scientifique, avec ses rivalités, ses retournements et ses controverses — loin de la figure simplifiée du génie solitaire dans son fauteuil roulant. Seife vulgarise les aspects scientifiques avec une pédagogie solide et croise de nombreux témoignages de proches, d’étudiant·e·s et de pairs. Le résultat peut déstabiliser les lecteur·ice·s qui s’attendent à un portrait élogieux, mais c’est précisément sa force : Seife dépeint l’homme dans toute sa complexité — brillant et vaniteux, courageux et autoritaire, vulgarisateur de génie et stratège médiatique — et rend ainsi à Hawking une humanité que la célébrité avait fini par recouvrir.


8. Hawking (Jim Ottaviani et Leland Myrick, 2019)

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Ingénieur nucléaire devenu auteur de bandes dessinées scientifiques, Jim Ottaviani signe avec le dessinateur Leland Myrick une biographie en bande dessinée de Stephen Hawking, après le succès de leur roman graphique consacré à Richard Feynman (Feynman, 2012). Le récit couvre la totalité de son parcours : l’enfance, les années d’études à Oxford et Cambridge, le diagnostic de la maladie de Charcot, la rencontre avec sa première épouse Jane Wilde, les découvertes sur les trous noirs, le succès planétaire d’Une brève histoire du temps et la transformation progressive en icône de la culture populaire, jusqu’à ses apparitions dans Les Simpson et Star Trek. Souvent à la première personne, le texte est entrecoupé de pages monochromes consacrées aux théories scientifiques, dans lesquelles la relativité, les trous noirs et le rayonnement de Hawking sont présentés de manière schématique.

Le format impose ses propres contraintes : les explications scientifiques, nécessairement condensées, ne remplacent pas la lecture des essais de Hawking. Et le dessin, classique dans son trait, ne rivalise pas avec l’inventivité graphique d’un Logicomix — le roman graphique d’Apostolos Doxiadis et Christos Papadimitriou sur Bertrand Russell et les fondements des mathématiques, souvent considéré comme une référence du genre. Mais Ottaviani et Myrick parviennent à montrer le quotidien d’un homme immobilisé par la maladie — les interactions avec ses étudiant·e·s, les séances de travail laborieuses, les moments de complicité, tout ce dont les essais scientifiques ne parlent jamais.