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Que lire sur Sitting Bull ?

Que lire sur Sitting Bull ?

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Tatanka Iyotake — celui que les Américains connaissent sous le nom de Sitting Bull — naît vers 1831 au sein de la bande hunkpapa des Lakotas, le long du Missouri, dans l’actuel Dakota du Sud. Chef de guerre et homme-médecine (c’est-à-dire guérisseur et intercesseur auprès du monde des esprits, et à ce titre guide spirituel de sa communauté), il s’impose dès les années 1860 comme la figure centrale de la résistance des Indiens des Plaines face à l’expansion américaine. Le 25 juin 1876, la coalition de Sioux et de Cheyennes qu’il a fédérée inflige au 7e régiment de cavalerie du lieutenant-colonel Custer une défaite écrasante sur les rives de la Little Big Horn, dans le Montana — la plus grande victoire militaire jamais remportée par les Amérindiens.

Mais ce triomphe précipite la catastrophe. La nouvelle de la défaite de Custer parvient dans l’Est du pays au moment même où les États-Unis célèbrent le centenaire de leur indépendance, le 4 juillet 1876. L’humiliation est totale. Le gouvernement fédéral envoie des renforts massifs dans les Plaines avec ordre de soumettre les bandes rebelles une par une. Incapables de nourrir une coalition aussi large pendant l’hiver, les Lakotas se dispersent. Sitting Bull refuse de se rendre et franchit la frontière canadienne en 1877 avec plusieurs milliers des siens, dans l’espoir de trouver refuge sous la protection de la Couronne britannique. Mais le gibier se raréfie, la famine s’installe, et le Canada refuse de lui accorder une réserve.

Après quatre années d’exil, il se résout à regagner les États-Unis en 1881 et se soumet aux autorités. Il connaît alors la vie dans la réserve de Standing Rock — rations alimentaires contrôlées par l’armée, interdiction des cérémonies traditionnelles, pressions constantes pour que les Lakotas cèdent leurs terres. Il rejoint brièvement la troupe du Wild West Show de Buffalo Bill, avant d’être assassiné le 15 décembre 1890 à Standing Rock par des policiers indiens envoyés pour l’arrêter : le gouvernement le soupçonne d’encourager la Danse des Esprits, un mouvement religieux qui promet le retour du monde d’avant les Blancs et que Washington perçoit comme une menace insurrectionnelle. Quatorze jours plus tard, le 29 décembre 1890, l’armée massacre près de 300 Sioux — hommes, femmes et enfants — à Wounded Knee, dans le Dakota du Sud. C’est l’épilogue sanglant des guerres indiennes.

Voici les principaux ouvrages disponibles en français sur Sitting Bull.


1. L’Amérique des Sioux : Nouvelle histoire d’une puissance indigène (Pekka Hämäläinen, 2022)

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Historien finnois installé à Oxford, déjà auteur de L’Empire comanche, Pekka Hämäläinen prend le contre-pied du récit classique de la conquête de l’Ouest — celui dans lequel les peuples autochtones subissent passivement l’avancée inexorable des colons, des militaires et des chemins de fer. Pour lui, les Lakotas n’ont pas été de simples victimes de la colonisation, mais les artisans d’une véritable puissance indigène qui a dominé et façonné l’intérieur de l’Amérique du Nord pendant des générations. Red Cloud, Crazy Horse et Sitting Bull ne sont plus réduits à des figures de résistance désespérée ; ils apparaissent ici comme des dirigeants qui ont conduit la politique, la diplomatie et la guerre de leur nation sur plusieurs décennies, avec des objectifs clairs : contrôler les routes commerciales, sécuriser les territoires de chasse et maintenir l’autonomie des bandes lakotas face aux puissances coloniales.

Cinq siècles défilent, du XVIe au XXIe. Hämäläinen retrace la trajectoire complète des Lakotas : d’abord chasseurs-cueilleurs des forêts du Minnesota, puis peuple fluvial qui prend le contrôle de la vallée du Missouri — la principale artère commerciale du continent —, avant de se transformer, grâce à l’adoption du cheval (introduit par les Espagnols au sud du continent et remonté de tribu en tribu jusqu’aux Plaines), en une nation de cavaliers qui règne sur les immenses Hautes Plaines. Cette première expansion vers l’Ouest est, souligne l’auteur, une expansion indienne, bien antérieure à celle des colons américains.

Dense, nourrie d’une abondance de sources, la lecture est parfois exigeante. Mais elle offre le cadre historique sans lequel on ne peut pas comprendre la civilisation dans laquelle Sitting Bull a grandi, combattu et pensé. Si vous cherchez à saisir pourquoi les Lakotas ont pu résister aussi longtemps et avec une telle efficacité à la puissance américaine, c’est ici qu’il faut commencer.


2. Sitting Bull : Chef des Sioux hunkpapas (Stanley Vestal, 1932)

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C’est la biographie fondatrice. En 1926, Walter Campbell — qui publie sous le pseudonyme de Stanley Vestal — se rend dans les réserves du Dakota pour y rencontrer des Sioux qui ont personnellement connu Sitting Bull. Parmi eux, les deux neveux du chef, One Bull et White Bull, dont les témoignages constituent l’ossature du livre. Vestal a grandi en Oklahoma au milieu des Cheyennes et des Arapahos ; il n’arrive pas en terrain inconnu. Ce contact direct avec des témoins de première main — des hommes qui ont combattu aux côtés de Sitting Bull, partagé ses campements, assisté à ses cérémonies — donne au livre une valeur documentaire qu’aucun travail ultérieur, fondé sur les seules archives écrites, ne pourra égaler.

L’homme qui émerge de ces témoignages est tout à la fois guerrier redoutable, stratège, poète, peintre, diplomate et tribun. Vestal insiste sur le fait que la renommée de Sitting Bull ne repose pas sur la seule victoire de Little Big Horn. Quand bien même il n’aurait pas été présent ce jour-là, il demeurerait l’un des plus grands chefs de l’histoire amérindienne — parce qu’il a réussi ce qu’aucun autre dirigeant lakota n’avait accompli avant lui : fédérer des bandes autonomes et souvent rivales en une force politique et militaire unifiée.

Republié et augmenté à plusieurs reprises — notamment en 1957, avec des informations que les témoins n’avaient pas autorisé à divulguer de leur vivant —, le livre reste considéré comme le « livre-racine » sur Sitting Bull. Sa lecture demande une certaine patience : dans la culture lakota, un individu change de nom au fil de sa vie — selon ses exploits, son âge ou les circonstances —, ce qui peut dérouter au premier abord. Mais c’est aussi l’un des enseignements du livre : les catégories occidentales (identité fixe, chronologie linéaire, séparation entre vie privée et vie publique) ne suffisent pas à rendre compte d’une existence lakota.


3. Sitting Bull : Sa vie, son temps (Robert M. Utley, 1997)

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Historien en chef du National Park Service, Robert M. Utley est l’un des grands spécialistes de l’Ouest américain, auteur notamment de Guerres indiennes, du Mayflower à Wounded Knee. Avec cette biographie, il livre le travail le plus complet jamais consacré à Sitting Bull dans le champ universitaire anglo-saxon (traduit en français chez Albin Michel). Son ambition : replacer l’homme dans son époque, dans son contexte social, ethnologique et culturel, sans céder ni au mythe héroïque ni à la simplification.

De l’enfance dans les années 1830 à l’assassinat de 1890, aucun épisode n’est éludé. Utley accorde une attention particulière aux dimensions souvent négligées du personnage : sa réputation parmi les siens repose autant sur son courage au combat que sur son humilité, sa sagesse et sa générosité — générosité au sens lakota du terme, c’est-à-dire la redistribution systématique de ses biens aux plus démunis de la bande, vertu cardinale d’un chef. Utley met aussi en lumière la complexité de ses rapports avec le pouvoir américain : les traités signés puis violés, les promesses de rations jamais tenues, le système des réserves conçu pour briser l’organisation sociale traditionnelle, et la manière dont le mythe s’est construit après sa mort, souvent à coups de mensonges et de déformations.

Utley traque chaque légende, chaque falsification, avec une rigueur sans concession. Il en résulte un portrait nuancé, parfois sévère, d’un homme pris en étau entre la fidélité à son mode de vie ancestral et la pression écrasante d’une puissance industrielle qui dispose de ressources militaires, économiques et démographiques sans commune mesure avec celles des Lakotas. Si vous ne deviez lire qu’une seule biographie académique de Sitting Bull, ce serait celle-ci.


4. Sitting Bull : Héros de la résistance indienne (Farid Ameur, 2010)

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Docteur en histoire et spécialiste du XIXe siècle américain, Farid Ameur signe le récit le plus accessible en langue française sur Sitting Bull et les guerres indiennes. Le livre s’ouvre sur l’été 1874 et la découverte d’or dans les Black Hills — terre sacrée des Lakotas, dont le traité de Fort Laramie de 1868 leur garantissait la propriété « à perpétuité » — et se referme sur le massacre de Wounded Knee en décembre 1890. Entre les deux, le récit est d’abord consacré à la montée des tensions, puis, surtout, à la bataille de Little Big Horn, qui absorbe l’essentiel des pages.

La montée vers la guerre est restituée pas à pas : les rumeurs sur l’or, les expéditions militaires envoyées par le gouvernement pour évaluer les ressources du sous-sol, la ruée des prospecteurs au mépris du traité, et le rôle croissant de Sitting Bull comme figure de ralliement pour les bandes lakotas qui refusent la vie de réserve — celles que l’armée américaine qualifie d’« hostiles ». La reconstitution de la bataille elle-même est minutieuse, appuyée sur des cartes en début d’ouvrage qui permettent de suivre les positions des différentes forces en présence. Ameur ne ménage pas son lecteur·ice : la guerre y apparaît dans toute sa brutalité, côté américain comme côté indien.

Il faut toutefois savoir que le titre peut induire en erreur : il ne s’agit pas d’une biographie complète de Sitting Bull, mais plutôt d’une étude centrée sur le point culminant des guerres indiennes — cette série d’affrontements qui, de 1860 à 1890, oppose l’armée fédérale aux nations amérindiennes des Plaines. La vie du chef avant 1874 est survolée en quelques pages, et les années qui suivent Little Big Horn (exil au Canada, reddition, vie de réserve) sont traitées plus rapidement. Un bon bouquin à lire après Vestal ou Utley — ou avant, pour qui découvre le sujet.


5. Sitting Bull : Sa vie, son héritage (Ernie LaPointe, 2019)

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Ernie LaPointe est l’arrière-petit-fils de Sitting Bull, né dans la réserve de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud. Il vit selon les traditions lakotas et pratique la Danse du Soleil — un rituel sacré au cours duquel le participant jeûne pendant plusieurs jours, se fait percer la peau de la poitrine par des broches en os, et danse attaché à un poteau jusqu’à ce que la chair cède, afin d’obtenir une vision du monde des esprits. C’est précisément lors d’une telle cérémonie, quelques jours avant Little Big Horn, que Sitting Bull aurait eu la vision de soldats tombés du ciel la tête en bas — une prophétie que les Lakotas interprètent comme l’annonce de leur victoire. Ni biographie universitaire ni essai historique, ce bouquin est la transmission écrite d’un récit oral familial, celui que ses aînés lui ont confié depuis l’enfance, génération après génération.

LaPointe retrace la vie de Tatanka Iyotake à travers de courts chapitres chronologiques. Il restitue l’univers de la culture lakota — le rôle central du bison dans la vie matérielle et spirituelle, la parenté sacrée qui lie les humains à l’ensemble du vivant (résumée par la formule lakota Mitakuye Oyasin, « nous sommes tous apparentés »), les exigences de solidarité et d’honneur — et rappelle que Sitting Bull n’a pas été uniquement un chef de guerre : sa vie spirituelle, sa capacité à entrer en contact avec le monde des esprits, sa sagesse politique constituent, aux yeux de sa propre descendance, le cœur de son héritage, bien davantage que ses faits d’armes.

Tout l’intérêt tient au renversement de perspective. Là où les historiens occidentaux ont longtemps écrit sur les Lakotas, LaPointe écrit depuis la tradition lakota. Il le revendique sans détour : il est temps, affirme-t-il, que ce soient les Natifs eux-mêmes qui racontent leur propre histoire. Le récit ne contient pas de révélation inédite sur les faits — les événements rapportés étaient déjà connus par d’autres sources —, mais il les éclaire d’un point de vue radicalement différent, celui d’une famille qui porte cette mémoire dans sa chair et dans ses cérémonies depuis plus d’un siècle. C’est à cette voix-là que revient, ici, le dernier mot.