Né en 1883 dans la Romagne rurale, fils d’un forgeron socialiste et d’une institutrice catholique, Benito Mussolini commence sa carrière à gauche toute : militant révolutionnaire, rédacteur en chef à partir de 1912 de l’Avanti ! (le journal du Parti socialiste italien), il s’y fait un nom comme polémiste virulent, partisan de la grève générale et adversaire de tout compromis parlementaire.
La Première Guerre mondiale marque chez lui un basculement : exclu du PSI dès 1914 pour son soutien à l’entrée en guerre, il part au front l’année suivante, en revient converti à un nationalisme radical, et fonde en mars 1919 à Milan les Faisceaux italiens de combat, un groupuscule d’anciens combattants qui rallie les déçus de la « victoire mutilée » — l’idée, popularisée par le poète Gabriele D’Annunzio, selon laquelle l’Italie aurait été flouée au traité de Versailles, privée des territoires promis par les Alliés en échange de son engagement militaire. En trois ans, les squadre fascistes — des milices paramilitaires en chemise noire qui s’en prennent physiquement aux socialistes, aux syndicats et aux coopératives — passent de quelques centaines d’hommes à une force politique capable de s’imposer par la violence dans les campagnes puis dans les villes.
Le 28 octobre 1922, la Marche sur Rome — opération largement bluffée, puisque Mussolini reste prudemment à Milan au cas où l’affaire tournerait mal — débouche sur sa nomination à la présidence du Conseil par le roi Victor-Emmanuel III. Suivent vingt années de dictature (le ventennio) : l’invention d’un régime qui servira de matrice à d’autres fascismes européens (de la Phalange espagnole aux Gardes de fer roumaines), les accords du Latran avec la papauté en 1929 (par lesquels l’Italie reconnaît l’État du Vatican et, en retour, obtient la bénédiction implicite de l’Église), la conquête de l’Éthiopie en 1935-1936, l’alliance avec Hitler, l’entrée en guerre, la défaite militaire, puis la République de Salò (l’État fantoche fasciste du nord de l’Italie, sous tutelle allemande, entre 1943 et 1945), et cette fin à Mezzegra le 28 avril 1945 où son cadavre sera pendu par les pieds place Loreto à Milan.
Comprendre ce destin, et surtout le régime qui lui est attaché, demande de changer de focale plusieurs fois. Les neuf livres qui suivent sont classés selon un ordre de lecture progressif : on commence par un essai court qui fait le ménage dans les idées reçues, on poursuit avec une grille d’analyse conceptuelle brève, puis avec une synthèse générale accessible, avant d’aborder les grandes études comparatives et théoriques du fascisme. Viennent ensuite les deux biographies majeures du Duce, puis un livre consacré à son entourage immédiat, et pour finir un essai contemporain qui prolonge la réflexion jusqu’à notre présent.
1. Y a-t-il de bons dictateurs ? Mussolini, une amnésie historique (Francesco Filippi, 2020)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Le titre italien original, Mussolini ha fatto anche cose buone, est plus direct : « Mussolini a aussi fait de bonnes choses ». Historien des mentalités, Francesco Filippi entreprend de démonter cette rengaine avec la patience d’un démineur. Mussolini aurait inventé les retraites, assaini les marais Pontins, fait rouler les trains à l’heure, donné un toit aux Italiens, vaincu la mafia, protégé les Juifs, modernisé le pays — chacune de ces légendes est reprise, datée, confrontée aux sources, puis réduite en miettes. Le système des retraites ? Instauré en 1895, étendu en 1919, avant le fascisme. Les HLM ? 1903. La lutte contre la mafia ? Spectaculaire en apparence, mais qui se termine par un compromis avec les notables siciliens. Quant aux trains ponctuels, disons qu’on a vu mieux.
Le livre ne se limite pas à ce grand nettoyage salutaire : il pose aussi une question plus inquiétante. Pourquoi ces fables continuent-elles de circuler, près de quatre-vingts ans après la chute du régime ? Filippi y voit le symptôme d’une amnésie collective italienne, d’une « défascisation » jamais opérée — à la différence de la dénazification imposée à l’Allemagne après 1945, l’Italie n’a pas subi d’épuration systématique, ce qui a permis à beaucoup de cadres fascistes de se recycler dans l’administration et la politique d’après-guerre. Court, pédagogique, accessible sans prérequis, le livre offre un excellent point d’entrée. On y apprend autant sur le fascisme historique que sur la mécanique contemporaine des fake news qui le réhabilitent.
2. Reconnaître le fascisme (Umberto Eco, 1997)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Une soixantaine de pages, issues d’une conférence prononcée à l’université Columbia en 1995 pour le cinquantenaire de la Libération. Sémiologue et romancier mondialement connu pour Le Nom de la rose, Umberto Eco a grandi sous Mussolini et se souvient très bien de ce qu’était le quotidien d’un gamin dans un régime fasciste. Il y propose une grille d’analyse devenue célèbre : les quatorze traits de ce qu’il nomme l’Ur-fascisme, ou fascisme primitif (le préfixe Ur-, en allemand, désigne l’origine, la matrice). Culte de la tradition, refus du modernisme, culte de l’action pour l’action, rejet de la pensée critique, peur de la différence, appel aux classes moyennes frustrées, obsession du complot, machisme, populisme qualitatif (l’idée que le peuple a une « volonté unique » que le chef seul saurait interpréter), novlangue empruntée au 1984 d’Orwell… La liste est devenue un classique que la presse contemporaine recycle régulièrement, souvent de travers.
L’intérêt du texte tient à sa modestie assumée : Eco ne prétend pas livrer une définition unique et systématique, il reconnaît que ces traits se contredisent parfois entre eux, qu’ils existent hors du fascisme, et qu’on peut en retirer plusieurs sans qu’un régime cesse pour autant d’être fasciste. C’est précisément cette souplesse qui rend son analyse opérante pour penser les résurgences possibles : pas un diagnostic à checklist, mais une batterie de signaux d’alerte. Ce n’est pas un traité d’histoire, c’est un outil à garder sous la main, à lire tôt dans le parcours pour se donner un vocabulaire avant d’entrer dans les ouvrages plus techniques.
3. Le fascisme italien 1919-1945 (Serge Berstein et Pierre Milza, 1970, rééd. 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Publié initialement en 1970 sous le titre L’Italie fasciste, révisé et augmenté depuis, ce volume de la collection Points Histoire fait figure de manuel de référence dans les bibliothèques universitaires françaises. Deux historiens de Sciences Po, l’un spécialiste de la France républicaine, l’autre de l’Italie contemporaine, y proposent une synthèse chronologique et thématique qui couvre toute la période, de la fondation des Faisceaux de combat à la mort de Mussolini. Politique, économie, diplomatie, culture, rapports à la monarchie et à l’Église, antifascisme et exil : chaque dimension du régime est traitée dans un chapitre dédié, avec un souci constant de restituer les débats historiographiques plutôt que de trancher à la hache.
Le livre a vieilli sur certains points — il s’arrête un peu rapidement sur la Shoah et sur la législation antisémite italienne de 1938, telles qu’elles ont été retravaillées par la recherche récente — mais il reste probablement la meilleure entrée en matière en français. Sa force tient à ce qu’il refuse les explications monocausales : ni simple parenthèse parasitaire dans l’histoire italienne, ni pur instrument du grand capital comme le voulait l’historiographie marxiste, ni dérive individuelle d’un tribun halluciné, le fascisme y apparaît comme le produit d’une conjonction — une crise du système libéral d’après-guerre, des classes moyennes paniquées par la poussée socialiste de 1919-1920 (les deux années rouges), des élites traditionnelles qui croient pouvoir utiliser Mussolini et se font piéger, et un projet politique assez flou pour agréger des clientèles contradictoires.
4. Le fascisme en action (Robert O. Paxton, 2004)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Le titre français est trompeur : l’original anglais, The Anatomy of Fascism, dit mieux le projet. Grand historien américain de la France de Vichy, Robert Paxton propose ici une comparaison généralisée des mouvements fascistes — italien, allemand, mais aussi roumain, hongrois, croate, jusqu’à l’Irak baasiste. Sa démarche est pragmatique : plutôt que de chercher une essence doctrinale du fascisme (entreprise vaine, à ses yeux, vu la pauvreté théorique du mouvement italien, qui n’a pas eu son Marx ni sa Mein Kampf avant de parvenir au pouvoir), il part des faits et identifie cinq étapes : la création du mouvement, son enracinement dans le système politique, l’accession au pouvoir par alliance avec les élites traditionnelles conservatrices, l’exercice du pouvoir, et enfin la radicalisation ou l’entropie.
Cette approche dynamique présente un double avantage. Elle permet de différencier le fascisme des autres autoritarismes (dictatures militaires à la Pinochet, régimes conservateurs à la Franco, systèmes communistes) : sa spécificité tient à la mobilisation active des masses autour d’un projet de renaissance nationale par la violence, là où une dictature militaire classique se contente d’exiger le calme. Elle permet aussi de comprendre pourquoi certains pays qui disposaient pourtant d’un parti fasciste structuré (la France des années 1930, par exemple) n’ont pas basculé, tandis que d’autres s’y sont enfoncés : tout dépend des crises conjoncturelles, du degré de désagrégation des institutions parlementaires, et de la disponibilité des élites conservatrices à pactiser avec les extrémistes. Le livre est devenu une référence internationale, aussi bien dans la recherche universitaire que dans les usages publics du concept de fascisme.
5. Qu’est-ce que le fascisme ? Histoire et interprétation (Emilio Gentile, 2004)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Élève de Renzo De Felice (le grand historien italien du fascisme, décédé en 1996), Emilio Gentile a poursuivi et infléchi les travaux de son maître. Professeur à l’université La Sapienza de Rome, traduit dans une quinzaine de langues, il compte parmi les historiens du fascisme les plus lus hors d’Italie. Son livre est plus exigeant que les précédents et suppose que le lecteur possède déjà une certaine familiarité avec la chronologie du régime. Gentile y défend une thèse précise et discutée : contrairement à ce qu’affirmait la philosophe Hannah Arendt (pour qui l’Italie fasciste était trop désordonnée et trop composite pour mériter le qualificatif de totalitarisme, qu’elle réservait au nazisme et au stalinisme), le fascisme italien fut bien un totalitarisme — « la voie italienne du totalitarisme » —, certes moins abouti que ses équivalents allemand et soviétique, mais totalitaire par son projet et par ses méthodes.
La thèse s’appuie sur une notion centrale, celle de religion politique : le fascisme n’est pas qu’un appareil répressif ou qu’une rhétorique de façade, c’est un système de croyances qui sacralise la nation, l’État et le chef, qui vise à produire un « homme nouveau » selon un triptyque — croire, obéir, combattre —, et qui se dote de ses propres liturgies, de ses martyrs, de ses rituels de masse. Gentile refuse en conséquence de réduire le régime au seul mussolinisme : pour lui, le Parti national fasciste a joué un rôle majeur de machine d’encadrement idéologique, impossible à ramener à un simple accessoire du pouvoir personnel du Duce. Un livre dense, parfois ardu, qui récompense le lecteur patient et qui offre le meilleur contrepoint théorique à l’approche plus factuelle de Paxton.
6. Mussolini (Pierre Milza, 1999)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Près de mille pages, un prix Guizot-Calvados et un grand prix du Collège de France à l’appui : c’est la biographie de référence en langue française. Elle a comblé un vide éditorial assez remarquable, puisque jusqu’à sa parution, le public francophone devait se rabattre sur des traductions anglaises ou sur l’immense (et inachevée) biographie en six volumes de Renzo De Felice, jamais entièrement traduite. Pierre Milza, qui a consacré sa vie à l’histoire de l’Italie contemporaine, y retrace toute la trajectoire : l’enfance romagnole, la formation socialiste, la rupture de 1914, les Faisceaux, la Marche sur Rome, la conquête du pouvoir, puis la crise provoquée par l’assassinat en juin 1924 du député socialiste Giacomo Matteotti (qui venait de dénoncer à la tribune les fraudes électorales fascistes). Cette crise aurait pu abattre le régime ; elle finit par le consolider, l’opposition parlementaire ayant choisi de se retirer de la Chambre en signe de protestation — la « sécession de l’Aventin » — ce qui laisse à Mussolini les mains libres pour proclamer la dictature en janvier 1925. Suivent les accords du Latran, la guerre d’Éthiopie, l’alliance allemande, Salò, la fin.
Le livre tient à la fois de la biographie intime — avec la vie sentimentale agitée du Duce, ses maîtresses célèbres (Margherita Sarfatti, Clara Petacci), ses accès dépressifs, sa brutalité de voyou romagnol — et de l’histoire du régime, qu’il restitue avec une érudition considérable. Certains lecteurs ont reproché à Milza une forme de connivence avec son sujet : une façon de qualifier parfois Mussolini de « vieux lion », une indulgence relative sur certains épisodes (la violence squadriste des années 1920-1921 notamment) qui peut mettre mal à l’aise. Cette réserve n’entame jamais la rigueur de la démonstration sur les responsabilités du dictateur, mais elle mérite d’être signalée. Un ouvrage dont la lecture demande du souffle et qu’aucun lecteur sérieux du fascisme italien ne peut contourner.
7. Le mystère Mussolini (Maurizio Serra, 2021)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Grand Prix de la biographie politique 2021. L’auteur est un diplomate italien de carrière, ancien ambassadeur auprès de l’Unesco, élu à l’Académie française en 2020, et déjà biographe de Malaparte (Goncourt de la biographie 2011), de D’Annunzio et d’Italo Svevo. Maurizio Serra revendique d’emblée une approche différente de celle de Milza : il ne s’agit ni d’une biographie stricte ni d’une histoire du fascisme, mais d’une tentative pour percer l’énigme d’un personnage qu’il juge le plus déroutant de tous les dictateurs du XXᵉ siècle, capable d’emprunter tour à tour à Napoléon, à César, à Lénine, à Hitler, sans jamais se fixer sur une doctrine stable.
Là où Milza déroule la chronologie, Serra structure son livre en trois volets — l’homme, ses défis, sa faillite — et apporte surtout un regard original sur la diplomatie, en diplomate qu’il est. On y voit comment les atermoiements des politiques française et britannique, en particulier après la conquête de l’Éthiopie en 1935-1936 (sanctionnée mollement par la Société des Nations : quelques sanctions économiques, aucun embargo sur le pétrole), ont humilié Mussolini sans l’arrêter, et l’ont poussé vers Berlin, alors que Rome avait été dans les années 1920 l’un des meilleurs alliés de Paris et de Londres. Le livre est émaillé d’anecdotes tirées des archives italiennes, certaines savoureuses (dont celle, fameuse, où Mussolini harcèle en pleine nuit le ministère de la Marine parce qu’une cinquième frégate britannique croise au large, alors qu’il n’en avait autorisé que quatre), d’autres glaçantes. C’est moins une alternative à Milza qu’un complément : l’un déroule une vie, l’autre traque un mystère.
8. Les hommes de Mussolini (Frédéric Le Moal, 2022)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Un régime n’est jamais un homme seul. Spécialiste du fascisme et professeur au lycée militaire de Saint-Cyr, Frédéric Le Moal dresse ici les portraits de quinze hiérarques qui ont servi, entouré puis, pour beaucoup, trahi le Duce : Dino Grandi, Roberto Farinacci, Italo Balbo, Giuseppe Bottai, Emilio De Bono, Cesare Maria De Vecchi, Michele Bianchi, Costanzo Ciano, Galeazzo Ciano (le gendre), Augusto Turati, Achille Starace, Giovanni Gentile (le philosophe officiel du régime, à ne pas confondre avec l’historien Emilio), Luigi Federzoni, Pietro Badoglio et Alessandro Pavolini. Galerie bigarrée où l’on croise l’aviateur fanfaron (Balbo), le crétin obéissant que Mussolini place au sommet du parti parce qu’il obéit sans discuter (Starace), le philosophe du régime (Giovanni Gentile), le gendre-dauphin devenu félon (Galeazzo Ciano), ou encore le maréchal opportuniste qui se ralliera au roi en 1943 (Badoglio).
L’intérêt de cette biographie collective tient à ce qu’elle révèle les logiques internes du pouvoir fasciste : un Mussolini manipulateur hors pair, adepte du diviser pour régner, qui entretient les rivalités et le mépris réciproque entre ses lieutenants ; des hiérarques dévoués jusqu’à la ferveur religieuse, qui pour la plupart se retournent pourtant contre leur maître lors du Grand Conseil fasciste du 24 juillet 1943 — la réunion au cours de laquelle une majorité des cadres du régime vote une motion (l’ordre du jour Grandi) qui restitue au roi ses pouvoirs militaires, ce qui permet dès le lendemain à Victor-Emmanuel III de démettre et faire arrêter le Duce —, avec un aplomb collectif que ni les proches de Hitler ni ceux de Staline n’ont jamais eu. À lire après une biographie de Mussolini : on y gagne en relief ce qu’on perd en intimité avec le personnage principal.
9. La politique de la peur (Antonio Scurati, 2024)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Antonio Scurati n’est pas historien mais romancier : sa saga M (quatre tomes à ce jour) raconte la montée et le règne de Mussolini par une alternance régulière entre chapitres romanesques et reproductions d’archives, et a été traduite dans une quarantaine de pays. La politique de la peur est un essai court, sous-titré Manifeste contre le populisme et pour la démocratie, écrit pour partie en réaction au climat politique italien sous le gouvernement de Giorgia Meloni — on se souviendra que Scurati a été publiquement censuré par la RAI le 25 avril 2024, jour anniversaire de la Libération, pour un texte qui devait être lu à l’antenne et déplaisait au pouvoir en place.
Le propos est limpide : le fascisme italien a été, entre autres choses, l’invention d’une méthode de communication politique fondée sur la peur, la simplification, la personnalisation autoritaire du pouvoir, le mépris du Parlement, la désignation d’un ennemi intérieur comme ciment de l’unité nationale. Cette méthode, Scurati soutient qu’elle est directement réactivée par les populismes contemporains, en Italie mais aussi ailleurs, qu’il s’agisse de figures qui se revendiquent ouvertement de l’héritage mussolinien ou d’autres qui en reprennent les mécanismes sans l’étiquette. Le parallèle est contesté — on lui a reproché d’aplatir les différences entre le fascisme historique et les droites autoritaires du XXIᵉ siècle — mais il a le mérite, en fin de parcours de lecture, de reposer la question que posait déjà Eco à sa manière en 1995 : les démocraties sont-elles vraiment à l’abri ? Rien, à la lecture de ces neuf livres, n’autorise à répondre oui sans réserve.