La Mauritanie occupe l’extrémité occidentale du Sahara, entre Maghreb arabe et Afrique subsaharienne. Cette position de carrefour façonne son histoire dès l’Antiquité, lorsque s’y installent les premières populations berbères. Au Moyen Âge, les confédérations berbères du désert s’affrontent à l’empire soninké du Ghana pour le contrôle des routes caravanières qui relient la Méditerranée au « pays des Noirs » — en arabe bilâd as-Sûdân, c’est-à-dire le « Soudan » au sens médiéval, la zone sahélienne au sud du Sahara. Sur ces routes prospèrent les villes caravanières de Chinguetti, Ouadane, Tichitt et Oualata, qui sont aussi des centres réputés d’enseignement coranique. Au XIe siècle, les tribus berbères Sanhaja se mobilisent derrière le mouvement almoravide : cette dynastie, qui prêche un retour à un islam rigoriste, étend sa domination jusqu’à l’Andalousie au nord et contribue à l’effondrement de l’empire du Ghana au sud. Du XIVe au XVIIe siècle, des tribus arabes venues du Maghreb, les Banu Hassan, s’installent à leur tour. Elles imposent leur langue — le hassanya, parler arabe propre à la région — et organisent la société en émirats fortement hiérarchisés : guerriers (hassanes) et marabouts (zwaya, lettrés religieux) au sommet, tributaires (znaga), affranchis (haratin) et esclaves au-dessous.
Au sud, le long du fleuve Sénégal qui marque aujourd’hui la frontière entre Mauritanie et Sénégal, vivent depuis des siècles des populations négro-africaines islamisées de longue date — Halpulaaren (Peul, Toucouleur), Soninké, Wolof. Dès le VIIIe siècle, cette vallée est un foyer commercial et religieux : elle abrite alors le royaume du Takrur, premier État ouest-africain converti à l’islam. La France est installée sur le fleuve depuis 1659, date de la fondation du comptoir de Saint-Louis. Au début du XXe siècle, elle entreprend la conquête de la rive droite — c’est-à-dire du futur territoire mauritanien — sous la conduite de Xavier Coppolani. Plutôt que d’affronter frontalement les tribus, Coppolani conclut une alliance avec les grandes lignées maraboutiques des confréries soufies (Qadiriya, Tijaniya) : en échange de leur caution religieuse, elles obtiennent la protection française contre les tribus guerrières qui les rançonnaient. Les résistances armées — comme celle du cheikh Ma el Aïnin, qui mobilise les tribus du nord et fonde la ville de Smara — sont peu à peu écrasées. La conquête s’achève en 1934 avec la jonction des forces françaises venues du Maroc, d’Algérie et du Sénégal.
L’indépendance proclamée le 28 novembre 1960 par Moktar Ould Daddah inaugure une République islamique fragile : le Maroc, qui revendique un « Grand Maroc » précolonial englobant la Mauritanie, ne la reconnaît qu’en 1969. En 1975, l’Espagne se retire du Sahara occidental, sa colonie depuis le XIXe siècle. La Mauritanie en occupe la moitié sud aux côtés du Maroc, mais s’enlise rapidement dans la guerre menée par le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui. Le coût humain et financier du conflit ruine le pays, attise le mécontentement de l’armée et précipite le coup d’État de juillet 1978, qui ouvre une longue ère militaire : Mohamed Khouna Ould Haïdalla à partir de 1980, Maaouiya Ould Taya de 1984 à 2005, une brève transition vers le pouvoir civil entre 2005 et 2008, puis Mohamed Ould Abdelaziz de 2008 à 2019 et Mohamed Ould Ghazouani depuis. La période est traversée par des fractures profondes : l’arabisation imposée à l’école et dans l’administration, qui marginalise le français et les langues négro-africaines ; la persistance d’un esclavage que dénoncent les militants haratin (descendants d’esclaves affranchis) ; les massacres et déportations de 1989-1991, qui visent les Mauritaniens noirs au moment d’un grave conflit frontalier avec le Sénégal — épisode connu en Mauritanie sous le nom de « passif humanitaire » ; et l’essor d’un islam politique.
Voici les principaux ouvrages disponibles en français qui éclairent ce long héritage.
1. Histoire de la Mauritanie : des origines à l’indépendance (Geneviève Désiré-Vuillemin, 1997)

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Parue chez Karthala, cette synthèse de 652 pages demeure le seul panorama d’ensemble en langue française qui couvre l’histoire du pays des temps les plus reculés jusqu’à la proclamation de l’indépendance en 1960. Agrégée d’histoire, l’autrice a mené ses recherches à l’IFAN (l’Institut français d’Afrique noire de Dakar, dirigé à l’époque par Théodore Monod) ; son livre mobilise les archives coloniales, les chroniques arabes et les traditions orales recueillies au cours de séjours répétés dans le pays. Le livre suit le fil des grands moments : la présence des Berbères dans l’Antiquité, l’islamisation à partir du VIIIe siècle, l’aventure almoravide au XIe siècle, la formation et la dissolution des grandes confédérations tribales, l’arrivée des Banu Hassan, la montée en puissance des émirats du Trarza, du Brakna, du Tagant et de l’Adrar — quatre principautés qui se partagent le territoire à partir du XVIIe siècle —, puis la conquête française inaugurée par Coppolani.
Sa lecture vous donne accès à une trame complexe où s’entrecroisent migrations tribales, razzias et joutes poétiques, et où prennent leur essor les confréries soufies (Qadiriya, Tijaniya) qui structurent encore aujourd’hui la vie religieuse du pays. Le bouquin reste précieux à la fois comme entrée en matière et comme outil de référence sur la période précoloniale et coloniale, en particulier sur les grandes figures qui ont accompagné ou combattu la conquête : Cheikh Sidiya Baba et Cheikh Saad Bou, marabouts qui apportent leur caution religieuse à l’avancée des troupes françaises, ou Ma el Aïnin, qui mène contre elles la résistance armée la plus tenace.
La critique a toutefois pointé des limites. L’autrice est la fille d’un compagnon de Coppolani et a écrit sa thèse de doctorat dans les années 1950, à une époque où le récit français de la « pacification » faisait encore autorité ; sa narration porte la marque de cette historiographie d’inspiration coloniale. De plus, sa bibliographie ignore largement les recherches conduites depuis les années 1980 par les chercheur·ses mauritanien·nes ou anglophones, qui ont renouvelé la lecture des sources africaines et arabes. À compléter donc par des ouvrages plus récents.
2. Histoire et politique dans la vallée du fleuve Sénégal : Mauritanie. Hiérarchies, échanges, colonisation et violences politiques, VIIIe-XXIe siècle (dir. Mariella Villasante Cervello et Raymond Taylor, avec Christophe de Beauvais, 2017)

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Ce livre collectif de plus de 600 pages, dirigé par l’anthropologue Mariella Villasante Cervello et l’historien Raymond Taylor, réunit onze universitaires autour d’un projet précis : rendre visible la part négro-africaine d’une histoire mauritanienne trop souvent réduite à celle des Bidân — littéralement « les Blancs », nom que se donnent les Maures hassanophones du désert. L’ouvrage déplace le regard vers le sud du pays, dans la vallée du fleuve Sénégal, foyer de peuplement halpulaar, soninké et wolof, et terrain d’échanges anciens entre les rives nord (mauritanienne) et sud (sénégalaise) du fleuve.
La première partie remonte au royaume du Takrur (VIIIe-XIe siècle), premier État ouest-africain converti à l’islam, puis suit, sur un millénaire, les hiérarchies propres à ces sociétés du fleuve, les routes du commerce et les premiers contacts avec les Européens à partir du comptoir de Saint-Louis. La seconde partie se resserre sur la période contemporaine : la conquête française, les politiques d’arabisation menées après 1960, et surtout les années 1989-1991, lorsque le régime mauritanien, à la faveur d’un conflit frontalier avec le Sénégal, expulse plusieurs dizaines de milliers de Mauritanien·nes noir·es vers la rive sud du fleuve, exécute une partie de leurs cadres militaires et confisque leurs terres au profit de notables maures.
À lire pour saisir comment l’élite arabo-berbère au pouvoir depuis l’indépendance a privilégié un ancrage exclusivement arabe, qui occulte la composante négro-africaine du pays — un choix qui continue à fracturer la société mauritanienne. L’ouvrage sert également de ressource bibliographique pour qui voudrait poursuivre l’enquête sur la rive mauritanienne du fleuve.
3. Tribus, ethnies et pouvoir en Mauritanie (Philippe Marchesin, 1992)

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Issu d’une thèse de science politique soutenue à la Sorbonne en 1990, ce livre publié chez Karthala s’attaque à une question centrale : comment se forme un État dans une société où la tribu, la lignée maraboutique, l’appartenance ethnique et l’allégeance personnelle restent les monnaies du pouvoir ? L’auteur démontre, archives mauritaniennes et entretiens à l’appui, que l’État indépendant n’a pas remplacé ces logiques anciennes mais les a réagencées à son profit : les nominations, les budgets et les postes circulent moins selon des règles bureaucratiques que selon des solidarités de tribu et de clan.
L’ouvrage suit la période 1946-1986, depuis les premières élections sous la Quatrième République française jusqu’à la consolidation du régime de Maaouiya Ould Taya. Y sont passés en revue les jeux d’alliances entre tribus maraboutiques (zwaya) et guerrières (hassanes) au sein du Parti du peuple mauritanien — parti unique de 1965 à 1978 —, l’apparition de courants nationalistes négro-africains et arabes parfois hostiles entre eux, l’épisode désastreux de la guerre du Sahara, la succession des coups d’État, et l’usage de l’islam comme ressource de légitimation. La formule « nation à polarisation variable » que propose Philippe Marchesin — l’idée que l’unité nationale se reconfigure sans cesse au gré des conflits et des alliances entre groupes — reste l’une des grilles de lecture les plus fécondes pour saisir la vie politique mauritanienne contemporaine.
Réédité en 2010 dans la série des classiques de Karthala, ce livre demeure un passage obligé pour qui cherche à dépasser les explications simplistes — tout serait tribal, tout serait ethnique — et à voir dans la Mauritanie un cas privilégié pour penser les rapports entre État, société et identité au sud du Sahara.
4. La Mauritanie contre vents et marées (Moktar Ould Daddah, 2003)

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Premier président de la République islamique de Mauritanie, au pouvoir de 1961 à juillet 1978, Moktar Ould Daddah écrit ces mémoires à la fin d’un long exil français et meurt quelques jours avant leur parution chez Karthala. Le livre couvre toute son existence publique : enfance bédouine près de Boutilimit, formation française à Saint-Louis du Sénégal puis à Paris, retour au pays après le vote en 1956 de la loi-cadre Defferre — qui accorde aux territoires africains de l’empire une large autonomie interne et permet l’élection d’exécutifs locaux —, présidence de la jeune République, et chute par coup d’État après la guerre du Sahara.
On y suit, de l’intérieur, la fondation d’un État presque sans cadres. Nouakchott, qui ne compte alors que quelques centaines d’habitants, devient capitale et est bâtie en quelques années. Une administration nationale se met en place. Le pays quitte le franc CFA en 1973 pour adopter sa propre monnaie, l’ouguiya. En 1974, la MIFERMA — société à capitaux français qui exploitait le minerai de fer de Zouérate et fournissait l’essentiel des ressources du pays — est nationalisée et rebaptisée Société nationale industrielle et minière (SNIM). Sur le plan international, Ould Daddah résiste aux revendications du Maroc sur le territoire mauritanien et cherche, par sa diplomatie, à concilier la vocation arabe et l’appartenance africaine du pays. Le récit fait également une large place aux tournées présidentielles dans les campements et aux rencontres avec De Gaulle, Senghor, Modibo Keïta, Boumédiène, Nasser ou Mao.
À lire pour ce que c’est : une parole de chef d’État qui défend son bilan, parfois au prix de silences sur la mise en place du parti unique, sur les tensions liées à l’arabisation de l’enseignement (qui provoque dès 1966 des affrontements communautaires) ou sur la décision controversée d’engager le pays dans la guerre du Sahara aux côtés du Maroc. C’est un témoignage majeur sur les vingt premières années d’indépendance, irremplaçable pour qui veut comprendre comment se construit un État-nation dans le désert au lendemain de la décolonisation.
5. La Mauritanie des colonels. Chroniques de 40 ans de médiocrité au pouvoir (Boubacar N’Diaye, 2021)

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Politologue mauritanien établi aux États-Unis et professeur au College of Wooster (Ohio), Boubacar N’Diaye examine dans cet ouvrage publié chez L’Harmattan plus de quatre décennies de pouvoir militaire en Mauritanie depuis le coup d’État du 10 juillet 1978. Le titre dit l’angle choisi : ces officiers qui se succèdent au sommet de l’État au gré des putschs, contre-putschs et arrangements de palais ne sont pas, selon l’auteur, des hommes providentiels mais une caste dont la principale caractéristique est l’incurie politique.
Le livre revient sur la chute de Moktar Ould Daddah, puis sur le règne de Mohamed Khouna Ould Haïdalla (1980-1984), qui rompt avec le Maroc, reconnaît la République sahraouie et tente d’appliquer la charia. Viennent ensuite les vingt ans de Maaouiya Ould Taya (1984-2005), avec ses dérives autoritaires, son alignement sur le Maroc au détriment du Polisario, sa reconnaissance d’Israël en 1999 — qui fait alors de la Mauritanie le troisième pays arabe à entretenir des relations diplomatiques avec l’État hébreu, après l’Égypte et la Jordanie —, et surtout la « purge » de 1990-1991, qui aboutit à l’exécution sommaire de plusieurs centaines de militaires négro-mauritaniens accusés à tort de complot. Le récit traverse encore la transition militaire de 2005-2007 menée par Ely Ould Mohamed Vall, le bref intermède civil de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi (élu en 2007 et renversé l’année suivante), puis la période ouverte par Mohamed Ould Abdelaziz et son successeur Mohamed Ould Ghazouani. L’auteur insiste sur la dimension racialisée du système, dont les premières victimes ont été les communautés négro-africaines du sud du pays, et sur la responsabilité des élites civiles, partis et intellectuel·les, qui se sont accommodé·es du régime militaire au lieu de le contester.
Le ton, ouvertement polémique, est celui d’un auteur qui se réclame d’un engagement démocratique de longue date. Le livre offre le fil le plus direct à travers la séquence post-1978, à mettre en regard d’analyses plus distanciées comme celle de Philippe Marchesin ou des contributions au volume coordonné par Abdel Wedoud Ould Cheikh.
6. État et société en Mauritanie : cinquante ans après l’indépendance (dir. Abdel Wedoud Ould Cheikh, 2014)

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Ce volume issu d’un colloque tenu à Nouakchott en novembre 2010, pour le cinquantenaire du pays, paraît chez Karthala sous la direction d’Abdel Wedoud Ould Cheikh, anthropologue, ancien directeur de l’Institut mauritanien de recherche scientifique et professeur émérite. Une vingtaine de contributions de chercheur·ses mauritanien·nes et étranger·ères dressent un bilan d’ensemble de l’État postcolonial : ses fondements culturels, ses limites, et la concurrence permanente que lui livrent les loyautés tribales, ethniques et confrériques.
L’introduction du directeur du volume revient sur la difficulté de penser une histoire mauritanienne « commune » dans un pays où la mémoire collective de l’État pèse moins que les mémoires de proximité — celles de la tribu, de la lignée, de l’ethnie. Les chapitres qui suivent passent en revue plusieurs grands thèmes : la situation linguistique, marquée par les rapports parfois conflictuels entre arabe, français et langues négro-africaines (pulaar, soninké, wolof) ; la condition féminine et l’évolution du rapport au corps ; les transformations de Nouakchott, dont la population a dépassé le million d’habitants en un demi-siècle alors que la ville n’était qu’un simple poste administratif au moment de l’indépendance ; ou encore la fonction de pays de transit pour les migrant·es subsaharien·nes en route vers l’Europe.
Indispensable à qui veut comprendre la Mauritanie contemporaine, ce livre vaut autant par la finesse des enquêtes individuelles que par la diversité des disciplines représentées : anthropologie, sociologie, science politique, démographie, linguistique, économie. Il dialogue avec l’enquête de Philippe Marchesin et sert d’arrière-plan aux travaux thématiques de Zekeria Ould Ahmed Salem ou de Boubacar N’Diaye.
7. Prêcher dans le désert : Islam politique et changement social en Mauritanie (Zekeria Ould Ahmed Salem, 2013)

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Fruit de presque vingt ans d’enquête, ce livre paru chez Karthala dans la collection « Les Afriques » est la meilleure introduction à la place de l’islam dans la Mauritanie contemporaine. Politologue formé à Sciences Po Lyon, professeur à l’université de Nouakchott puis à Northwestern University, Zekeria Ould Ahmed Salem prend le contre-pied du récit officiel d’une nation musulmane homogène et restitue la pluralité des courants religieux qui se disputent depuis l’indépendance la définition du « bon islam ».
Six axes structurent l’enquête. D’abord, le paradoxe d’un islam politique dans un pays qui se déclare déjà République islamique : comment des mouvements peuvent-ils prétendre porter un islam plus authentique que celui de l’État officiel ? Ensuite, la naissance et les métamorphoses de Tawassoul, parti islamiste modéré issu de la mouvance des Frères musulmans, légalisé en 2007. Puis l’irruption de la violence religieuse, qu’il s’agisse du djihadisme d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ou des autodafés organisés en 2012 par des salafistes contre des ouvrages soufis jugés contraires à l’orthodoxie. Le livre analyse ensuite la mobilisation des imams haratin — descendants d’esclaves — qui s’appuient sur le Coran lui-même pour contester les justifications religieuses traditionnelles de l’esclavage. Les deux derniers axes portent sur la prédication devenue instrument de mobilisation politique et sur l’application contemporaine du droit malékite (l’école juridique sunnite dominante en Afrique du Nord-Ouest), notamment en matière de statut personnel — mariage, divorce, héritage.
Au moins cinq groupes se disputent dans ce livre la définition du « bon islam » : oulémas traditionnels, prédicateurs néo-salafistes, militant·es des Frères musulmans, intellectuel·les haratin et autorités étatiques. La portée de l’enquête dépasse le cas mauritanien et nourrit la réflexion plus générale sur les rapports entre religion, esclavage et citoyenneté en Afrique de l’Ouest sahélienne.