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Que lire sur la guerre de 1870 ?

Que lire sur la guerre de 1870 ?

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Le 19 juillet 1870, la France de Napoléon III déclare la guerre au royaume de Prusse. Le prétexte est d’ordre dynastique : la candidature d’un prince de la maison Hohenzollern au trône d’Espagne, que Paris perçoit comme une tentative d’encerclement. L’affaire aurait pu en rester là — le candidat s’est retiré —, mais le chancelier prussien Bismarck publie un compte rendu tronqué d’un échange entre le roi de Prusse et l’ambassadeur de France (c’est la fameuse « dépêche d’Ems »), rédigé de façon à humilier la France et à rendre la guerre inévitable. Physiquement diminué par une grave maladie de la vessie qui l’épuise depuis des années, Napoléon III cède à la pression d’une opinion publique belliqueuse et d’un entourage convaincu d’une victoire rapide. C’est le contraire qui se produit. En six semaines, mal préparée et mal commandée, l’armée française subit défaite sur défaite : Wissembourg et Frœschwiller en Alsace, Forbach en Lorraine — trois batailles perdues en deux jours, les 5 et 6 août —, puis la catastrophe de Sedan le 2 septembre, où Napoléon III capitule en personne avec plus de 80 000 hommes. L’Empire s’effondre. La République est proclamée le 4 septembre, mais la guerre continue.

Membre du nouveau gouvernement de la Défense nationale, Gambetta quitte Paris assiégé pour organiser la résistance en province. Metz capitule à son tour en octobre : le maréchal Bazaine, qui dispose encore d’une armée de 180 000 hommes, se rend sans avoir livré de véritable bataille de dégagement — un choix qui lui vaut un procès pour trahison et une condamnation à mort (commuée en détention). Encerclé par les Prussiens depuis le 19 septembre, Paris résiste 132 jours avant de céder à la famine et aux bombardements. L’armistice du 28 janvier 1871 ouvre la voie à une paix brutale : la France perd l’Alsace et une partie de la Lorraine, verse une indemnité de cinq milliards de francs-or (l’équivalent d’environ un quart du PIB français de l’époque) et doit supporter l’occupation de son territoire jusqu’au paiement intégral.

La Commune de Paris, qui éclate en mars 1871, est la conséquence directe de ce traumatisme : épuisés par le siège, furieux de la capitulation et hostiles au gouvernement d’Adolphe Thiers qu’ils jugent trop conciliant avec les Prussiens, les Parisiens refusent de rendre les canons de la Garde nationale. Nourrie par des décennies de tensions sociales entre une bourgeoisie conservatrice et une classe ouvrière radicalisée, cette insurrection est écrasée lors de la « Semaine sanglante » de mai 1871 au prix de milliers de morts. Le bilan total du conflit est lourd : environ 140 000 morts côté français. Quant aux conséquences à long terme, elles sont considérables. La perte de l’Alsace-Lorraine installe un désir de revanche qui structure la vie politique française pendant plus de quarante ans, pousse la République à rendre le service militaire obligatoire pour tous (la loi de 1872 supprime la possibilité, réservée aux plus aisés, de payer un remplaçant), et contribue au système d’alliances (France-Russie, puis Triple-Entente) qui, en 1914, transforme une crise balkanique en guerre mondiale.

Pourtant, ce conflit fondateur reste mal connu. Éclipsé par les deux guerres mondiales, il n’a longtemps suscité qu’un intérêt limité chez les historiens — et moins encore chez le grand public. Les sept ouvrages réunis ici permettent de combler cette lacune. Ils sont classés selon une logique de lecture progressive : on commence par trois synthèses complémentaires qui posent le cadre du conflit sous différents angles — militaire, politique, narratif —, avant de passer à la dimension internationale de la guerre, puis au vécu des combattants et des civils, au regard des témoins, et enfin à un gros plan sur l’épisode le plus dramatique de cette période : le siège de Paris.


1. La guerre de 1870 (François Roth, 1990)

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Publié pour la première fois chez Fayard en 1990, ce livre de près de 800 pages est la grande synthèse de référence sur le sujet. Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Nancy et spécialiste des relations franco-allemandes, François Roth couvre l’ensemble du conflit et de ses prolongements : les manœuvres diplomatiques qui précèdent la déclaration de guerre, les opérations militaires (de la mobilisation chaotique de l’été 1870 aux combats de l’hiver en province), le bilan politique et économique, et enfin la mémoire de 1870 sous la IIIe République — cette culture de la revanche qui a imprégné les manuels scolaires, les monuments aux morts et les discours politiques jusqu’en 1914.

L’un des atouts majeurs du livre tient à son double regard franco-allemand. Roth ne se contente pas de raconter la défaite française ; il reconstitue la perspective allemande, celle d’une Prusse qui utilise la guerre pour fédérer les royaumes et principautés germaniques — Bavière, Wurtemberg, Bade, Saxe — et proclamer l’Empire allemand dans la galerie des Glaces de Versailles, le 18 janvier 1871. Le livre s’appuie sur une grande variété de sources — correspondances, journaux intimes, discours, articles de presse — et passe avec aisance des tractations entre Bismarck et Moltke (le chef d’état-major prussien) aux proclamations de Gambetta ou aux témoignages de soldats ordinaires.

L’ouvrage a pu vieillir sur certains aspects historiographiques — en trente-cinq ans, de nouveaux travaux ont renouvelé les connaissances, notamment sur la dimension internationale du conflit —, mais son architecture et sa rigueur en font toujours le livre à lire en premier pour qui veut comprendre 1870 dans toute sa complexité. C’est aussi un livre que l’on ne pose pas facilement une fois entamé — ce qui, pour un pavé de cette envergure, n’est pas un mince compliment.


2. La grande défaite 1870-1871 (Alain Gouttman, 2015)

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Spécialiste du Second Empire — on lui doit des ouvrages sur la guerre de Crimée (1853-1856) et l’expédition française au Mexique (1861-1867) —, Alain Gouttman a consacré ce livre à l’ultime conflit du régime de Napoléon III. L’angle retenu est précis : il ne s’agit pas tant de raconter la guerre sous toutes ses facettes que de comprendre les causes profondes, internes à la France, de la défaite. La thèse centrale est celle-ci : la société française de 1870 est trop fracturée pour gagner une guerre. Les divisions entre républicains et bonapartistes, entre gauche révolutionnaire et bourgeoisie conservatrice, entre Paris et la province, ont sapé la cohésion nationale bien avant le premier coup de canon. Ces antagonismes paralysent ensuite la conduite de la guerre : le gouvernement de la Défense nationale, proclamé le 4 septembre, passe autant de temps à se défendre contre l’extrême gauche parisienne qu’à combattre les Prussiens.

Le livre retrace l’enchaînement des événements de la crise diplomatique de juillet 1870 jusqu’à la Commune, et relie entre eux des épisodes trop souvent étudiés séparément : la chute de l’Empire, les tentatives de résistance républicaine, la capitulation, l’insurrection parisienne. Gouttman montre qu’à chaque étape de la guerre, les partis politiques ne cessent de se combattre entre eux alors même que l’ennemi est aux portes. La défaite de 1870 apparaît ainsi non comme un simple échec militaire, mais comme la conséquence d’une crise politique et sociale bien antérieure au conflit — une grille de lecture qui éclaire aussi, de façon troublante, la débâcle de juin 1940.


3. L’année terrible, tome 1 : La guerre franco-prussienne, septembre 1870-mars 1871 (Pierre Milza, 2009)

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Professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Paris, Pierre Milza est l’auteur de biographies qui font autorité (Mussolini, Garibaldi, Napoléon III). Avec ce premier tome de L’année terrible — l’expression vient du recueil de poèmes de Victor Hugo publié en 1872 —, il structure le récit de la guerre franco-prussienne comme un drame en trois actes. Le premier se déroule durant l’été 1870 : c’est la chronique d’une défaite annoncée, de l’imbroglio diplomatique initial aux revers militaires qui s’enchaînent jusqu’à Sedan. Le deuxième est celui des résistances et des espoirs déçus : comment organiser la République et poursuivre la guerre en même temps ? Comment nourrir Paris assiégé ? Comment mobiliser des troupes improvisées en province alors que l’armée régulière a été détruite ou capturée ? Le troisième se joue dans le fracas des bombardements sur la capitale, entre sorties militaires désespérées et menace d’insurrection populaire.

Ce qui fait la valeur singulière de ce livre, c’est la clarté de l’analyse politique. Milza excelle à montrer comment le Second Empire — un régime qui paraît solide — se délite en quelques semaines sous l’effet conjugué des défaites sur le terrain, de l’incurie d’un commandement militaire où les généraux se jalousent et refusent de coopérer, et des contradictions internes du pouvoir. Le conflit est replacé dans le contexte de l’Europe des années 1860-1870, une période où plusieurs nations sont en train de se constituer ou de se recomposer : l’Italie vient d’achever son unification en 1870 (avec la prise de Rome), l’Allemagne est en train de réaliser la sienne par la guerre, et les peuples des empires austro-hongrois et ottoman revendiquent leur autonomie. La guerre de 1870 est à la fois un produit et un accélérateur de ces bouleversements : la victoire prussienne achève l’unité allemande et redistribue les cartes sur tout le continent.

Le récit fait la part belle à des épisodes peu connus : l’arrivée de Garibaldi — le héros de l’unification italienne, alors âgé de 63 ans — qui quitte sa retraite sarde avec ses anciens compagnons d’armes pour venir se battre aux côtés de la France (il remporte d’ailleurs l’une des rares victoires françaises, à Dijon), ou encore le rôle des volontaires étrangers venus de toute l’Europe. Ce tome ne couvre pas la Commune — il faut se tourner vers le second pour cela. Il constitue néanmoins l’un des récits les plus complets et les plus clairs sur la séquence qui va de la déclaration de guerre à l’armistice.


4. La guerre franco-allemande de 1870 : une histoire globale (Nicolas Bourguinat et Gilles Vogt, 2020)

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L’originalité de cet ouvrage tient tout entière dans son sous-titre. Nicolas Bourguinat, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Strasbourg, et Gilles Vogt, docteur en histoire dont la thèse portait sur les États neutres face au conflit, récusent les appellations habituelles — « guerre franco-prussienne » ou « année terrible » — pour insister sur la dimension transnationale du conflit. L’appellation « franco-allemande » rappelle d’abord que la Prusse ne combat pas seule : les royaumes de Bavière, de Wurtemberg et le grand-duché de Bade sont engagés à ses côtés, et c’est précisément cette guerre commune qui cimente l’unification allemande. Mais surtout, les auteurs montrent que le conflit ne concerne pas que les deux belligérants : il redessine les rapports de force sur tout le continent et fait réagir les opinions publiques du monde entier.

L’ouvrage s’appuie sur des fonds privés, des journaux personnels et des correspondances familiales. On y découvre des aspects rarement abordés, comme les manœuvres diplomatiques de la Suisse — qui profite des négociations de paix pour tenter d’obtenir le rattachement de la Haute-Savoie et du Pays de Gex, deux zones théoriquement neutralisées depuis 1815 — ou l’isolement diplomatique de la France, conséquence de la politique étrangère erratique du Second Empire. Napoléon III avait en effet soutenu les Confédérés durant la guerre de Sécession américaine, envoyé un corps expéditionnaire au Mexique pour y installer un empereur fantoche (Maximilien de Habsbourg, fusillé en 1867), et réclamé des « compensations territoriales » à la Prusse pour prix de sa neutralité lors de la guerre austro-prussienne de 1866. Résultat : en 1870, la France n’a pratiquement aucun allié, et les chancelleries européennes observent sa chute sans lever le petit doigt.

Le livre met aussi en lumière le rôle de 1870 dans l’histoire du droit humanitaire : c’est lors de ce conflit que la toute jeune Croix-Rouge internationale (fondée en 1863 à Genève) intervient pour la première fois à grande échelle, et que les belligérants commencent à débattre du traitement des prisonniers de guerre, du sort des populations civiles et des limites à imposer aux bombardements. Un livre indispensable pour quiconque souhaite sortir du cadre strictement hexagonal et comprendre 1870 comme un événement européen — voire mondial.


5. Les Français et la guerre de 1870 (Jean-François Lecaillon, 2004)

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Jean-François Lecaillon est docteur en histoire et spécialiste reconnu de la guerre de 1870, à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages (Été 1870 : la guerre racontée par les soldats, Le souvenir de 1870 : histoire d’une mémoire, entre autres). Dans Les Français et la guerre de 1870, il adopte un angle différent de celui des grandes synthèses : celui du vécu des combattants et des civils. Il a exhumé des milliers de témoignages écrits — lettres, journaux intimes, carnets de guerre, récits de souvenirs — pour reconstituer la manière dont les Français ont traversé le conflit, depuis l’enthousiasme des premiers jours (la foule parisienne crie « À Berlin ! » en juillet 1870) jusqu’à l’amertume de la défaite et au sentiment d’humiliation qui s’installe pour des décennies.

Le livre se présente comme un travail d’historien au sens strict : le ton est sobre, l’approche analytique, et la rigueur factuelle prime sur l’agrément du récit — autant le savoir avant de se lancer. Lecaillon atténue souvent les responsabilités individuelles des chefs français pour insister sur les erreurs collectives à tous les échelons, du pouvoir politique au commandement de terrain. Ce ne sont pas seulement les « grands acteurs » qui s’expriment ici : ce sont aussi les gens ordinaires — familles de province, soldats de base, gardes mobiles (ces civils mobilisés à la hâte, souvent sans formation militaire) — dont l’auteur a retrouvé la correspondance. On y découvre la violence inédite des batailles de 1870, où l’artillerie prussienne — ses canons Krupp en acier, à chargement par la culasse, d’une portée et d’une cadence de tir très supérieures aux pièces françaises — fauche les hommes par centaines en quelques minutes et annonce déjà les hécatombes de 1914.

L’ouvrage, paru en 2004, a été réédité en 2020 aux éditions de l’Artilleur pour le cent-cinquantième anniversaire du conflit. Si vous cherchez à comprendre comment 1870 a été vécu à hauteur d’homme — non par les diplomates ou les généraux, mais par celles et ceux qui ont subi la guerre au quotidien —, c’est l’un des livres les plus éclairants disponibles en français.


6. L’humiliante défaite : 1870, la France à l’épreuve de la guerre (Thierry Nélias, 2020)

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Paru en 2020, dans la foulée des commémorations des 150 ans de la guerre, ce livre de Thierry Nélias raconte la guerre de 1870 à travers le regard de celles et ceux qui l’ont vécue en direct — non pas des historiens, mais des témoins de l’époque. Connu pour ses travaux sur des épisodes peu fréquentés de l’histoire de France — les premiers jours d’exil de Napoléon Ier après Leipzig, les débuts de la débâcle de 1940 —, l’auteur donne largement la parole à des figures littéraires et à des observateurs de terrain : George Sand, retirée à Nohant, qui s’inquiète et souffre de la chaleur ; Gustave Flaubert, à Croisset, qui croit assister à la fin de la civilisation ; Victor Hugo, qui rentre d’exil pour chanter la gloire d’un pays en train de s’effondrer ; Paul Déroulède, jeune volontaire de 24 ans qui reçoit son baptême du feu ; ou encore le général américain Philip Sheridan — héros de la guerre de Sécession —, envoyé comme observateur militaire auprès de l’état-major prussien et qui mesure avec stupéfaction l’efficacité de la machine de guerre allemande.

Le livre se divise en quatre parties — de juillet 1870 à janvier 1871 —, découpées en courts chapitres d’une dizaine de pages. Cette structure rend la lecture fluide malgré la complexité et la rapidité des événements. Nélias ne prétend pas rivaliser avec les grandes synthèses académiques : il se place du côté de l’expérience vécue, du ressenti quotidien — la peur, la faim, le froid, l’incompréhension face à des défaites que personne n’avait anticipées. C’est aussi un livre qui pose une question vertigineuse : comment un pays qui se considère comme la première puissance militaire d’Europe peut-il s’effondrer en quatre semaines ? La même question se posera en juin 1940, et Nélias ne manque pas de le relever.

On pourra regretter la relative brièveté des pages consacrées au siège de Paris. Mais pour le reste, c’est un ouvrage qui offre une entrée accessible à quiconque souhaite comprendre 1870 sans avoir à ingurgiter 800 pages d’histoire militaire d’un coup. Et si vous avez toujours voulu savoir d’où vient l’expression « ça tombe comme à Gravelotte » — référence à la bataille du 18 août 1870, l’une des plus meurtrières du conflit, où les obus ont pilonné sans relâche les positions françaises —, la réponse est ici.


7. Le siège de Paris. Une histoire française, 1870-1871 (Frédéric Mounier, 2021)

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Journaliste et ancien correspondant du quotidien La Croix à Rome, Frédéric Mounier se concentre ici sur un épisode central — et pourtant souvent réduit à quelques lignes dans les manuels. Du 18 septembre 1870 au 28 janvier 1871, Paris est encerclé par les troupes prussiennes. 132 jours de siège durant lesquels la capitale connaît la famine (on mange du rat, du cheval, puis les animaux du Jardin des Plantes), les bombardements, les tentatives de percée militaire — ces « sorties » vers Le Bourget ou Buzenval, toutes repoussées par les Prussiens —, les émeutes politiques et les prémices de la Commune. Le livre restitue cette séquence avec une précision quasi journalistique, jour par jour, parfois heure par heure : témoignages de première main, articles de presse, affiches et correspondances d’époque constituent le matériau de base du récit.

L’originalité de l’ouvrage tient à ce qu’il raconte deux guerres simultanées. La première est celle du siège proprement dit : les Parisiens contre les Prussiens. La seconde est une guerre politique intestine entre deux camps français. D’un côté, les républicains modérés du gouvernement de la Défense nationale — Jules Favre, le général Trochu —, qui cherchent à négocier une paix acceptable sans perdre le contrôle de la rue. De l’autre, les chefs de la gauche révolutionnaire — Blanqui, Flourens, Delescluze —, qui refusent toute capitulation, réclament la « guerre à outrance » et n’hésitent pas à tenter des coups de force contre le gouvernement (comme l’occupation de l’Hôtel de Ville le 31 octobre 1870). L’auteur structure son récit en 65 tableaux successifs qui donnent au livre un rythme de feuilleton : on y croise Victor Hugo revenu d’exil, l’impératrice Eugénie en fuite rocambolesque vers l’Angleterre, des gardes mobiles épuisés, des bourgeois affamés et des ouvriers au bord de l’insurrection.

Un dernier chapitre, consacré au destin ultérieur des protagonistes — certains deviendront des figures de la IIIe République, d’autres seront fusillés ou déportés après la Commune, d’autres encore sombreront dans l’oubli —, referme le livre de façon saisissante. Si vous avez lu les ouvrages précédents et que vous souhaitez plonger au cœur de l’épisode le plus intense de cette guerre — ces 132 jours où Paris, affamé et bombardé, se déchire politiquement mais refuse de capituler —, ce livre est la conclusion idéale de votre parcours de lecture.