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Que lire après « La nuit où les étoiles se sont éteintes » de Marie Alhinho et Nine Gorman ?

Que lire après « La nuit où les étoiles se sont éteintes » de Marie Alhinho et Nine Gorman ?

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La nuit où les étoiles se sont éteintes est un roman pour jeunes adultes co-écrit par Nine Gorman et Marie Alhinho, publié en 2021 chez Albin Michel. On y suit Finn, un adolescent dont la mère est en prison, qui se laisse sombrer jusqu’à ce qu’un groupe d’amis — Nate, Kenna, Kurt et Jaeger — entre dans sa vie et forme avec lui une famille de substitution. Articulé autour d’un road trip à travers les États-Unis, de La Nouvelle-Orléans à Chicago, le récit alterne passé et présent pour questionner l’amitié, l’identité, les blessures familiales et la romance entre garçons. La saga compte à ce jour cinq tomes.

Si vous êtes à la recherche de lectures du même genre, voici des recommandations qui ont en commun des personnages abîmés qui tentent de se reconstruire, des sujets difficiles traités sans détour, et des histoires d’amour — souvent entre hommes — qui ne se contentent pas d’être jolies.


1. Tous nos reflets (Élodie Condé, 2025)

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Après une année d’échange à l’étranger, Sejun appréhende son retour à Séoul. Deux ans plus tôt, un drame s’y est produit — la perte de quelqu’un de proche, qu’il n’a toujours pas réussi à surmonter. À l’université, il fait la connaissance de Haru, étudiant en arts plastiques, apprécié de tous pour son sourire et son talent. Sejun le trouve agaçant, trop lisse. Pourtant, une attirance s’installe malgré lui. Tout bascule quand il remarque que Haru cache des indices dans ses œuvres d’art — gravures, performances, installations —, comme autant de messages codés. En cherchant à les déchiffrer, Sejun va devoir affronter ce qu’il fuit depuis deux ans : la culpabilité, le deuil, et la question de ce qu’il ressent pour Haru.

Le roman est découpé en trois parties qui changent de point de vue : on voit d’abord les événements à travers Sejun, enfermé dans sa colère ; puis à travers Haru, dont la bonne humeur apparente masque du harcèlement subi en silence et une détresse bien réelle ; enfin à travers leur relation. Élodie Condé aborde la dépression, le harcèlement et le suicide sans chercher à adoucir les angles — certaines scènes sont difficiles à lire, et c’est voulu. L’art n’est pas un simple décor : les créations de Haru (dans l’esprit des happenings des années 1960, ces performances artistiques où l’artiste interpelle directement le public) servent à la fois d’exutoire personnel et de critique sociale, notamment sur les ravages de la course aux « likes ».


2. Paper Heart – Tome 1 : Adagio (Luhan de Freitas, 2025)

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Trois ans après la mort de son petit ami, Juwon survit plus qu’il ne vit. Il enchaîne les petits boulots à Busan, ville portuaire du sud de la Corée du Sud, et n’a plus les moyens de payer le conservatoire. Alors il s’y faufile la nuit, en cachette, pour jouer du violoncelle. Mais quelque chose s’est cassé : le plaisir a disparu, la technique tourne à vide. Un soir, il tombe sur Sangwoo, nouveau professeur de violoncelle, froid et exigeant, qui accepte pourtant de lui donner des cours gratuitement. Peu à peu, Juwon retrouve le goût de jouer — et se surprend à éprouver pour Sangwoo des sentiments qu’il croyait enterrés avec son deuil. Mais Sangwoo cache quelque chose de lourd, et la révélation de ce secret redistribue entièrement les cartes de leur relation.

Premier volet d’une série en deux tomes, Adagio (en musique, indication de tempo signifiant « lentement » — et le récit adopte ce rythme) place le deuil au centre de l’intrigue, non pas comme un obstacle à surmonter en trois chapitres, mais comme un processus long et non linéaire. Le violoncelle n’est pas un simple élément d’ambiance : c’est par la musique que Juwon et Sangwoo parviennent à exprimer ce que les mots n’arrivent pas à dire — la colère, le manque, le désir. Luhan de Freitas, qui a d’abord publié cette histoire sur Wattpad, signe une romance entre hommes où chaque avancée sentimentale coûte quelque chose aux personnages.


3. Océan (Emma Emonds, 2024)

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Adam, étudiant brillant et réservé, intègre un programme universitaire prestigieux avec l’espoir d’y prendre un nouveau départ. Il a déjà subi du harcèlement au lycée ; il pensait en avoir fini. Mais deux étudiants, Mathias et Steven, le prennent pour cible : moqueries, coups, humiliations publiques, cyberharcèlement. Adam s’enfonce. C’est dans ce contexte qu’il rencontre Jian, deuxième du classement et donc son rival direct — un garçon froid, imprévisible, lui-même rongé par des problèmes qu’il refuse de partager. Entre hostilité initiale et attirance croissante, leur relation va forcer Adam à choisir : continuer à couler ou accepter la main qu’on lui tend.

Emma Emonds, révélée sur la plateforme d’écriture en ligne Wattpad sous le pseudonyme d’Akimasa, a construit tout le roman autour de la métaphore de l’océan : Adam s’y noie, tente de nager, replonge. Le harcèlement est montré sous toutes ses formes — physique, verbal, numérique — et ses conséquences sur la santé mentale (troubles alimentaires, idées suicidaires) ne sont pas esquivées. Le roman est accompagné d’avertissements sur les contenus sensibles en début de chapitres. La romance entre Adam et Jian n’est pas une parenthèse enchantée au milieu du chaos : elle est orageuse, parfois toxique, et Emonds ne fait pas semblant que l’amour suffit à réparer ce que le harcèlement a détruit.


4. Prisme (Annika Scheffel, 2026)

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Rio a dix-sept ans. Depuis un an, depuis la mort de sa sœur jumelle Mavis, il vit dans un brouillard permanent — les couleurs ont disparu, les sons arrivent étouffés, l’envie de quoi que ce soit s’est éteinte. Ses parents, tous deux musiciens, sont trop pris dans leur propre chagrin pour l’aider. Ses amis s’accrochent, organisent des sorties, tentent de le ramener parmi eux. Puis, dans la cour de son immeuble, Rio fait la connaissance de Franz, un voisin que tout le monde surnomme « Dracula » (l’explication du surnom fait partie du plaisir de lecture). Franz est calme, drôle à sa manière, et ne force rien. Ensemble, ils partent sur les traces de Mavis en explorant les lieux qu’elle avait photographiés avec un vieil appareil argentique — des endroits que Rio ne connaissait pas, et qui révèlent une facette de sa sœur qu’il n’avait jamais soupçonnée.

Traduit de l’allemand par Marie Jambel (titre original : Alle Farben von Licht, littéralement « Toutes les couleurs de la lumière »), Prisme est publié en France chez Arvis Éditions. Annika Scheffel y aborde la dépression, les crises de panique, les troubles alimentaires et l’automutilation, le tout ancré dans le quotidien concret d’un adolescent, sans dramatisation ni fausse pudeur. Le lien entre Rio et Franz se construit à un rythme très progressif — et Franz a lui aussi un secret de taille. Le roman pose une question difficile : comment continuer à vivre quand la personne qui partageait votre existence depuis la naissance n’est plus là ? Et surtout : a-t-on le droit de retrouver du bonheur malgré ça ?


5. Nos constellations (Florence Quentin, 2025)

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Aurélien n’a jamais oublié Maxence. L’été de leurs onze ans, dans un village provençal, ils étaient inséparables. Puis Maxence a disparu du jour au lendemain, sans explication. Sept ans plus tard, Aurélien tient seul le café familial — sa mère est morte, son père est parti — et a mis ses rêves de côté. Jusqu’au matin de juillet où un garçon aux traits familiers s’assoit à la terrasse. De son côté, Maxence revient chargé de tout ce qu’il a tu : cet été-là lui a fait comprendre qu’il aimait les garçons, ses parents — en particulier sa mère, violente et intransigeante — ne l’ont jamais accepté, et les années de lycée ont été un calvaire qui a failli lui coûter la vie.

Premier roman de Florence Quentin, ancienne libraire jeunesse installée à Angoulême, Nos constellations est un roman choral (plusieurs personnages se partagent la narration) : on entend tour à tour Aurélien, Maxence, mais aussi la mère de Maxence (dont on comprend, sans l’excuser, la mécanique destructrice), son père bourgeois déstabilisé par la tentative de suicide de son fils, le père d’Aurélien rongé par la perte de sa femme, ou encore la tante d’Aurélien qui joue un rôle protecteur décisif. Cette multiplication des points de vue donne à l’homophobie familiale, au harcèlement et à la reconstruction une épaisseur qu’un récit à une seule voix n’aurait pas atteinte. Le décor provençal — chaleur écrasante, café en terrasse au bord d’une rivière — crée un contraste saisissant avec la violence de ce que vivent les personnages.


6. La vie ne tient qu’à un fil (Valentine Lalande, 2021)

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Théophile a dix-sept ans, une famille aimante, quelques amis solides, de bonnes notes. Rien, vu de l’extérieur, ne laisse deviner qu’il est au bord du gouffre — et c’est justement le sujet du roman : la dépression qui ne se voit pas, celle qui n’a pas de « bonne raison » apparente. Théophile pratique l’automutilation et a décidé de mettre fin à ses jours. Mais le jour prévu, un nouvel élève débarque dans sa vie : Pamphile. Un prénom rare, un franc-parler désarmant, une vie personnelle nettement plus chaotique que celle de Théophile — et une capacité déconcertante à repérer la détresse chez les autres, peut-être parce qu’il la connaît de l’intérieur.

Valentine Lalande (enseignante en maternelle le jour, autrice la nuit — on comprend d’où vient sa patience) traite de l’automutilation, de la dépression, de l’homosexualité et de l’homophobie sans transformer son roman en leçon de morale. L’humour est un outil narratif à part entière : Pamphile a la répartie acérée, les titres de chapitres filent tous la métaphore du fil (« Fil rouge », « Coup de fil », « Sur le fil »…), et cette légèreté empêche le récit de devenir accablant. La romance entre les deux garçons prend son temps : Théophile découvre d’abord l’amitié, puis comprend progressivement la nature de ce qu’il ressent, et c’est cette construction par étapes — sans précipitation, sans raccourci — qui rend le roman convaincant.


7. Ashes Falling for the Sky (Nine Gorman et Mathieu Guibé, 2018)

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Pour sa première rentrée universitaire, Sky est bien décidée à se défaire de sa réputation de fille sage. Elle jette son dévolu sur Ash, séduisant et insupportable, dans l’idée d’une histoire sans lendemain. Le jeu de séduction échoue — Ash la repousse — mais ce premier contact suffit à Sky pour entrevoir ce que ce garçon dissimule : un passé marqué par la violence, l’addiction et le deuil. Sky décide de ne pas lâcher l’affaire. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est que son propre passé, qu’on découvre par fragments au fil du récit, est au moins aussi ravageur que celui d’Ash.

Pour celles et ceux qui ont découvert Nine Gorman avec La nuit où les étoiles se sont éteintes, Ashes Falling for the Sky est le point de départ : c’est cette saga (deux tomes, complétés par un troisième centré sur d’autres personnages, Just Wanna Be Your Brother) qui l’a fait connaître du grand public en 2018, puis massivement sur TikTok. On y retrouve la double narration — un chapitre Sky, un chapitre Ash —, les thématiques fortes (violence, addiction, agression sexuelle) et une mécanique de révélations progressives qui rend l’ensemble difficile à lâcher. Contrairement à La nuit où les étoiles se sont éteintes, il s’agit ici d’une romance homme-femme, mais le traitement des traumatismes et la façon dont les personnages apprennent (ou échouent) à se faire confiance s’adressent exactement au même lectorat.


8. Aristote et Dante – Tome 1 : Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers (Benjamin Alire Sáenz, 2015)

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El Paso, Texas, été 1987. Les États-Unis de Reagan, pas d’internet, pas de portable — les lettres manuscrites sont encore le seul moyen de rester en contact quand on est loin. Ari (Aristote de son vrai prénom, merci ses parents) a quinze ans, un frère en prison dont la famille refuse de parler, et un père, ancien combattant de la guerre du Vietnam, qui porte son passé en silence. Ari est en colère, solitaire, et incapable de mettre des mots sur ce qui le ronge. À la piscine municipale, il rencontre Dante — bavard, sensible, imprévisible —, qui lui propose de lui apprendre à nager. Tous deux sont issus de familles d’origine mexicaine dans une Amérique majoritairement blanche, et cette identité culturelle partagée fait partie du ciment de leur relation. Ce qui commence comme une amitié improbable va devenir, au fil d’une année, de l’amour — mais Ari mettra un temps considérable à l’admettre, à ses propres yeux d’abord.

Le roman de Benjamin Alire Sáenz (traduit de l’anglais par Hélène Zilberait, publié en France chez Pocket Jeunesse) a remporté le prix des Incorruptibles 2017 en catégorie 3ᵉ-Lycée et s’est imposé comme une référence de la littérature pour jeunes adultes. Sa particularité : il ne se passe presque rien au sens événementiel du terme. Pas de rebondissements spectaculaires, pas de révélation-choc toutes les trente pages. L’histoire avance au rythme de chapitres courts — des tranches de vie, des conversations, des réflexions d’Ari sur son père, sur Dante, sur ce qu’il ressent sans le comprendre. L’homosexualité n’est pas une surprise narrative réservée au dernier acte : elle émerge lentement, comme une évidence longtemps refusée, et c’est dans cette lenteur que réside toute la force du livre.


9. Black Blossom – Tome 1 : Loved You First (Aimée Lou, 2023)

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Harper Tate est en dernière année à l’institut Evergreen et n’a qu’une obsession : que son groupe, les Black Blossom, décroche un contrat avec un label grâce à un concours organisé par une maison de disques. Quand le chanteur se fait exclure à quelques mois de l’échéance, c’est la panique. L’arrivée de Riley Sutton, nouvel élève et nouveau colocataire imposé, n’arrange rien : arrogant, fumeur, allergique aux règles, il est tout ce que Harper — studieux, organisé, mesuré — ne supporte pas. Sauf que Riley sait chanter. Très bien, même. La cohabitation forcée va rapidement dépasser le cadre musical.

Derrière le pseudonyme d’Aimée Lou se cachent deux sœurs jumelles françaises, Aimée Bianca et Lou Garance. Loved You First repose sur un ressort narratif classique en romance : deux personnages qui se détestent avant de tomber amoureux. Ici, le mécanisme fonctionne grâce à la dynamique entre Harper et Riley — piques constantes, provocations, fierté mal placée des deux côtés — et au fait que la musique les oblige à une proximité qu’ils refusent partout ailleurs : impossible de jouer ensemble sur scène en se tenant à distance. Les Black Blossom ne sont pas qu’un prétexte : le roman décrit avec précision les répétitions, la pression d’un concours, les tensions internes d’un groupe. Premier tome d’une série en deux volumes qui se conclut avec Still the One, le récit s’achève sur un retournement qui rend la suite à peu près obligatoire.