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Que lire après « La Maison aux sortilèges » d'Emilia Hart ?

Que lire après « La Maison aux sortilèges » d’Emilia Hart ?

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Publié en 2023 aux éditions Les Escales (traduit par Alice Delarbre), La Maison aux sortilèges (Weyward en version originale) est le premier roman de l’autrice britannico-australienne Emilia Hart. Le récit entrelace les destins de trois femmes d’une même lignée à travers quatre siècles : Altha, accusée de sorcellerie dans le Lancashire de 1619 ; Violet, étouffée par les conventions sociales en pleine Seconde Guerre mondiale ; et Kate, qui fuit un compagnon violent en 2019 pour se réfugier dans un cottage délabré dont elle a hérité. Toutes trois partagent un lien singulier avec la nature — plantes, insectes, animaux — et une même quête de liberté dans un monde qui ne leur en accorde aucune. Best-seller classé au New York Times et lauréat de deux Goodreads Choice Awards (fiction historique et meilleur premier roman), le livre a été traduit dans une vingtaine de langues et s’est imposé en France avec plus de 50 000 exemplaires vendus.

Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé ce roman, voici quelques suggestions dans la même veine : des histoires de femmes tenaces, de secrets transmis à travers les générations, de nature omniprésente et de magie — discrète ou flamboyante.


1. Les Sirènes (Emilia Hart, 2025)

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Deuxième roman d’Emilia Hart, Les Sirènes reprend la structure à triple temporalité qui avait fait le succès de La Maison aux sortilèges, mais troque la campagne anglaise pour les côtes australiennes et les cales d’un navire de forçats. En 2019, Lucy, hantée par des cauchemars et des crises de somnambulisme, part rejoindre sa sœur Jess dans une maison perchée au sommet d’une falaise battue par les vents. Mais Jess a disparu. Lucy se retrouve seule dans une ville côtière où les rumeurs parlent d’hommes volatilisés et d’un bébé trouvé dans une grotte. Deux siècles plus tôt, en 1800, Mary et Eliza, deux sœurs irlandaises, sont arrachées à leur famille et embarquées de force vers la Nouvelle-Galles du Sud. À bord, elles remarquent dans leur corps des transformations qu’elles ne s’expliquent pas.

Le roman emprunte au mythe des sirènes — et plus précisément aux merrows du folklore irlandais — pour raconter ce qui arrive au corps des femmes quand la brutalité masculine ne leur laisse d’autre issue que la métamorphose. L’océan occupe ici la place que la forêt tenait dans La Maison aux sortilèges : il est à la fois refuge, mémoire et langage. Sororité, traumatismes hérités de mère en fille, silence imposé aux femmes : le territoire thématique est familier, mais le réalisme magique prend ici une ampleur nouvelle. Si vous avez aimé la relation entre Altha, Violet et Kate par-delà les siècles, celle qui unit Lucy, Jess, Mary et Eliza devrait vous parler tout autant.


2. Les Sorcières de Pendle (Stacey Halls, 2020)

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Stacey Halls, journaliste anglaise née dans le Lancashire, a grandi à l’ombre du plus célèbre procès pour sorcellerie de l’histoire britannique — celui de Pendle, en 1612, qui s’est soldé par la pendaison de onze personnes. Pour son premier roman, elle s’est emparée de cet événement et l’a abordé par un angle inattendu : le point de vue de Fleetwood Shuttleworth, une châtelaine de dix-sept ans, enceinte pour la quatrième fois après trois fausses couches dévastatrices. Quand Fleetwood croise le chemin d’Alice Gray, une jeune sage-femme aux connaissances précieuses en plantes médicinales, elle voit en elle son dernier espoir de mener sa grossesse à terme.

Mais l’époque est impitoyable. Sous le règne de Jacques Ier, obsédé par la sorcellerie au point d’en avoir écrit un traité, toute femme un peu savante, solitaire ou gênante peut se retrouver au bout d’une corde. Quand les accusations tombent sur Alice, Fleetwood n’a plus qu’une obsession : l’arracher à la potence avant d’accoucher elle-même. Le roman s’appuie sur des personnages ayant réellement existé, dont le couple Shuttleworth et Alice Gray, seule accusée de Pendle à avoir été libérée. Il dresse un portrait sans fard de la condition féminine au XVIIe siècle — et fait de l’amitié improbable entre une aristocrate et une sage-femme la seule forme de rébellion encore à portée de main.


3. Les Graciées (Kiran Millwood Hargrave, 2020)

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Norvège, 1617. La veille de Noël, une tempête d’une violence inouïe s’abat sur le village de Vardø, aux confins du cercle polaire. Quarante pêcheurs — pères, frères, fiancés — périssent noyés en une seule nuit. Les femmes se retrouvent seules pour assurer leur survie : pêcher, entretenir les fermes, tenir debout. Maren Magnusdatter, vingt ans, a perdu son père et son frère dans la catastrophe. Trois ans plus tard, Absalom Cornet débarque d’Écosse, envoyé par le gouverneur. Cet homme sinistre, qui a déjà fait brûler des femmes de l’autre côté de la mer du Nord, est convaincu que ce village de femmes autonomes est un repaire du Diable. À ses côtés, sa jeune épouse Ursa, arrachée à sa vie bourgeoise de Bergen, découvre un monde où les femmes savent se débrouiller sans les hommes — et s’en trouve profondément troublée.

Finaliste du prix Femina étranger en 2020, Les Graciées plonge ses racines dans l’histoire : le procès des sorcières de Vardø a bel et bien eu lieu et a coûté la vie à une centaine de personnes, dont de nombreuses femmes samies. Kiran Millwood Hargrave — poétesse, dramaturge et romancière née en 1990 — ancre son récit dans un paysage de glace, de sel et de nuit polaire où la relation entre Maren et Ursa donne au roman sa tension et sa tendresse. Un livre sobre et dur, qui ne cherche pas à consoler mais à faire ressentir l’injustice dans les os.


4. Le Temps des sorcières (Alix E. Harrow, 2022)

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En 1893, à New Salem — ville dont le nom seul est un programme —, la magie a presque disparu. Les hommes ont dressé des bûchers, et les femmes ont appris à dissimuler ce qui leur restait de pouvoir dans des comptines, des formules à deux sous et des contes de bonne femme. C’est dans cette Amérique de la fin du XIXe siècle, en pleine lutte pour le droit de vote, que les trois sœurs Eastwood se retrouvent après sept années de séparation : Bella, l’aînée, bibliothécaire rangée ; Agnès, ouvrière sous la coupe d’un contremaître tyrannique ; et Genièvre, la benjamine, sauvage et furieuse, recherchée pour le meurtre de leur père.

Lauréat du British Fantasy Award en 2021, Le Temps des sorcières est un roman-fleuve qui fait de la sorcellerie une métaphore politique. Ici, les sorts sont cachés dans les contes populaires et les berceuses ; pour les réactiver, il faut trois choses : la volonté, les vers (au sens poétique), et les voies pour laisser la magie pénétrer le monde. Alix E. Harrow, historienne de formation, fait converger le combat des suffragettes et la résurgence de la sorcellerie en une même insurrection — le tout sans jamais perdre son souffle romanesque sur plus de 600 pages. Le roman s’adresse à celles et ceux qui ont aimé, dans La Maison aux sortilèges, l’idée que la magie est indissociable du refus de se soumettre.


5. Parmi les fleurs bruissent les secrets (Adrienne Young, 2024)

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Dans la petite ville de Jasper, en Caroline du Nord, les femmes de la famille Farrow sont connues pour deux choses : leur ferme florale et la mystérieuse malédiction qui les frappe l’une après l’autre. Chaque génération finit par perdre pied avec la réalité, assaillie par des voix, des visions et des souvenirs qui ne semblent pas lui appartenir. June Farrow sait que son tour est venu. Depuis un an, elle entend des carillons, une voix qui l’appelle par son prénom, et voit apparaître une porte rouge là où il n’y en a pas.

Quand sa grand-mère Margaret meurt, June décide de franchir cette porte — et se retrouve propulsée dans le passé, à l’époque de sa propre mère disparue. Adrienne Young, jusque-là connue pour le diptyque jeunesse Fable, signe ici son premier roman pour adultes — bien loin des mers et des pirates. Entre voyage dans le temps, secrets de famille et histoire d’amour contrariée, le livre partage avec La Maison aux sortilèges cette conviction que le passé ne reste jamais tranquille et que les liens entre les femmes d’une même lignée sont plus solides que les lois du temps. Le cadre — fleurs, montagnes, terre rouge de Caroline — installera les lecteur·ices d’Emilia Hart en terrain connu : ici comme chez elle, on sent la terre sous les ongles et la rosée sur les pétales avant même de tourner la page.


6. Practical Magic (Alice Hoffman, 1995)

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Le classique. Publié en 1995, adapté au cinéma en 1998 sous le titre Les Ensorceleuses (avec Sandra Bullock et Nicole Kidman), Practical Magic est le roman fondateur d’une saga qui compte aujourd’hui quatre tomes. Dans une petite ville du Massachusetts, Sally et Gillian Owens, orphelines, grandissent chez leurs deux vieilles tantes excentriques — celles que tout le voisinage soupçonne (à raison) de sorcellerie. La maison de Magnolia Street, avec son porche envahi par le lierre et ses chats noirs, est un univers à part, où l’on boit du soda au petit-déjeuner et où l’amour fait l’objet d’une malédiction familiale vieille de deux cents ans.

En grandissant, les deux sœurs tentent chacune à leur manière d’échapper à leur héritage : Sally par le mariage et la respectabilité, Gillian par la fuite. Mais le sang des Owens finit toujours par les rattraper. Alice Hoffman, grande figure du réalisme magique américain, a le don de faire cohabiter le merveilleux et le quotidien sans que l’un dévore l’autre : les sorts côtoient les dîners de famille, les présages se lisent dans les jardins, et la véritable magie réside souvent dans les liens entre sœurs, entre tantes et nièces, entre mères et filles. Si La Maison aux sortilèges vous a donné envie d’un roman où la sorcellerie est affaire de famille (au sens le plus tendre du terme), vous êtes au bon endroit.


7. La Petite Boutique aux poisons (Sarah Penner, 2021)

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Londres, 1791. Dans une ruelle sombre, au fond d’une boutique d’apothicaire, Nella prépare des poisons. Pas n’importe lesquels : des poisons indétectables, dissimulés dans des fioles ornées d’un petit ours, destinés exclusivement à des femmes qui veulent se débarrasser d’hommes violents. Deux règles régissent son commerce : ne jamais empoisonner une autre femme, et consigner chaque transaction dans un registre. Tout fonctionne — jusqu’au jour où sa nouvelle cliente s’avère être Eliza Fanning, une gamine de douze ans.

Deux siècles plus tard, Caroline, une Américaine en pleine déroute sentimentale, découvre une mystérieuse fiole dans la boue de la Tamise. Ses recherches la conduisent sur les traces de Nella et de son registre oublié. Le récit fonctionne sur une double temporalité — un procédé désormais familier pour les lecteur·ices de La Maison aux sortilèges — et relie le passé au présent par un objet aussi petit qu’une fiole de verre bleu. Derrière l’intrigue à double fond, c’est le Londres géorgien qui se déploie — ses ruelles, ses apothicaires, ses bas-fonds — et avec lui une question qui n’a rien de rhétorique : où finit le remède, et où commence l’arme ?


8. La Danse des damnées (Kiran Millwood Hargrave, 2023)

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Strasbourg, 1518. En pleine canicule, alors que la famine et les superstitions écrasent la population, une femme se met à danser au pied de la cathédrale. Elle danse des jours et des nuits sans s’arrêter, comme possédée. Puis d’autres femmes la rejoignent — par dizaines, puis par centaines. Ce phénomène, connu sous le nom d’épidémie de danse (ou « danse de Saint-Guy »), a réellement eu lieu et reste à ce jour l’un des grands mystères historiques européens.

Non loin de là, Lisbet récolte le miel de ses ruches, seul refuge contre l’angoisse de perdre encore l’enfant qu’elle porte — la treizième grossesse après douze fausses couches. Sa vie bascule avec le retour d’Agnethe, sa belle-sœur, exilée pendant sept ans pour un crime que toute la famille tait obstinément. Kiran Millwood Hargrave, dont Les Graciées figurait déjà dans cette liste, signe ici un second roman pour adultes qui est aussi une histoire d’amour interdite dans un monde régi par le fanatisme religieux et le Conseil des XXI. Les abeilles, la chaleur suffocante, la danse frénétique sur la place publique : tout ici converge vers un même vertige, celui de corps féminins qui refusent l’immobilité qu’on leur impose. Un roman qui ne danse pas autour du sujet — si l’on ose dire.