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Que lire après « Dexter » de Jeff Lindsay ?

Que lire après « Dexter » de Jeff Lindsay ?

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Ce cher Dexter (Darkly Dreaming Dexter), publié en 2004, est le premier roman de la série Dexter de Jeff Lindsay. On y suit Dexter Morgan, expert en analyse de traces de sang au département de police de Miami, qui mène en parallèle une existence bien moins légale : celle d’un tueur en série méthodique, guidé par le « code d’Harry », un ensemble de règles héritées de son père adoptif qui l’astreint à ne supprimer que des criminels qui ont échappé à la justice. Narré à la première personne, le roman a donné naissance à huit volumes et à une série télévisée devenue culte avec Michael C. Hall dans le rôle-titre.

Si vous venez de refermer le dernier tome (ou si vous avez terminé la série TV), voici d’autres lectures du même genre, peuplées de personnages qu’on n’inviterait pas à dîner.


1. Je ne suis pas un serial killer (Dan Wells, 2009)

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John Wayne Cleaver a quinze ans, vit dans la petite ville de Clayton, dans le Dakota du Nord, et travaille au funérarium familial tenu par sa mère et sa tante. Diagnostiqué sociopathe par son thérapeute, il est fasciné par les tueurs en série et persuadé d’être un meurtrier en devenir. Pour éviter de basculer, il s’est imposé une série de règles strictes : ne nourrir que des pensées positives envers ses semblables, ne pas s’approcher des animaux, fuir les scènes de crime. Un programme ambitieux pour un adolescent qui connaît par cœur les méthodes de Ted Bundy.

Tout se complique quand des cadavres atrocement mutilés font leur apparition à Clayton. John, qui comprend mieux que quiconque la psychologie d’un tueur, se lance dans une traque qui va faire voler en éclats chacune de ses règles — et révéler que le mal qui rôde dans sa ville est bien plus singulier qu’un simple psychopathe humain. Le roman opère un virage inattendu vers le surnaturel, ce qui le place dans une catégorie à part. La parenté avec Dexter est évidente — un narrateur socialement inadapté, des règles pour canaliser ses pulsions, un humour noir tenace —, mais Dan Wells y greffe une dimension fantastique et le portrait d’un gamin qui lutte autant contre le monstre du dehors que contre celui du dedans.


2. Parfaite (Caroline Kepnes, 2014)

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Joe Goldberg est libraire dans le Lower East Side à New York. Le jour où Guinevere Beck — aspirante écrivaine, étudiante, séductrice involontaire — pousse la porte de sa boutique, Joe tombe sous le charme. Immédiatement et irrémédiablement. En quelques heures, il connaît déjà son nom, son adresse, ses habitudes sur les réseaux sociaux. En quelques jours, il a accès à ses mails, la suit dans les rues de Manhattan et s’arrange pour provoquer une rencontre qui aura tout l’air d’un heureux hasard.

L’originalité de Parfaite tient à son dispositif narratif : le récit est entièrement livré par Joe, à la deuxième personne du singulier, adressé à Beck comme une longue déclaration d’amour dérangée. Ce choix crée un malaise tenace — on se surprend à comprendre la logique tordue de ce prédateur qui se considère sincèrement comme le bon dans l’histoire. Là où Dexter Morgan assumait sa monstruosité avec un détachement amusé, Joe Goldberg est persuadé d’être un romantique incompris. La différence est mince, et c’est ce qui rend le roman aussi retors. Adapté en série par Netflix sous le titre You, le livre de Caroline Kepnes a rencontré un immense succès public — mérité : on le lit avec la même compulsion que Joe met à traquer Beck.


3. Au cœur du mal (Chelsea Cain, 2007)

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Gretchen Lowell est belle. Gretchen Lowell a aussi près de deux cents meurtres à son actif. L’inspecteur Archie Sheridan, de la police de Portland, l’a traquée pendant dix ans — avant de tomber entre ses mains. Elle l’a séquestré, torturé pendant des jours et lui a gravé un cœur sur la poitrine au scalpel. Puis elle l’a ranimé, a appelé les secours et s’est laissé arrêter. Personne ne sait pourquoi.

Deux ans plus tard, Gretchen est en prison, mais Archie est loin d’être libre. Accro aux antidouleurs, hanté par sa tortionnaire, il reprend du service quand un nouveau tueur en série sévit à Portland. L’enquête lui colle aux basques Susan Ward, une jeune journaliste aussi tenace qu’exubérante — et le ramène surtout auprès de Gretchen dans sa cellule, car elle seule semble capable de déchiffrer ce que la police ne voit pas. La relation toxique entre le flic brisé et la tueuse manipulatrice constitue le vrai moteur du roman : même enfermée, Gretchen contrôle tout — l’enquête, Archie, et accessoirement le lecteur. C’est le premier volet d’une série de six titres, et autant prévenir : on ne s’en remet pas tout à fait.


4. I Hunt Killers (Barry Lyga, 2012)

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Et si le pire tueur en série du pays était votre propre père ? Jasper « Jazz » Dent, adolescent à l’allure inoffensive, est le fils de Billy Dent, un meurtrier notoire qui a assassiné des dizaines de personnes. Billy est désormais derrière les barreaux, mais son héritage empoisonne chaque recoin de la vie de Jazz : chaque fois qu’il croise un inconnu, son premier réflexe est de calculer comment l’éliminer discrètement. Non pas qu’il en ait envie — c’est simplement ce que son père lui a appris, jour après jour, comme d’autres apprennent à leurs enfants à faire du vélo.

Quand des corps commencent à apparaître dans la petite ville de Lobo’s Nod, Jazz sait d’instinct qu’un tueur organisé opère dans le secteur. Pour prouver que le meurtre n’est pas une affaire de famille, il décide de prêter main-forte au shérif local, aidé par son meilleur ami Howie (hémophile, ce qui dans ce contexte relève du comique cosmique) et sa petite amie Connie. Le livre ne fait aucune concession sur la noirceur de son sujet, malgré son étiquette « jeunes adultes » : la question de savoir si Jazz finira par ressembler à son père est le fil rouge de cette trilogie tendue et sans temps mort. Seul bémol : le roman n’a pas été traduit en français.


5. Serial killeuse (C.J. Skuse, 2017)

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Rhiannon Lewis est la femme que personne ne remarque. Assistante éditoriale effacée, pas particulièrement belle, dotée d’un petit copain quelconque et d’amies qui ne parlent que de mariage et de robes — elle fait parfaitement illusion. Sauf que Rhiannon traîne un passé que tout le monde a oublié : enfant, elle a été la seule survivante d’un massacre commis par sa nourrice, un événement qui a fait la une des journaux pendant des semaines. Et quelque chose, dans ce traumatisme fondateur, ne s’est jamais tout à fait remis en place.

Le soir venu, Rhiannon tient des listes. Des listes de gens à tuer : le caissier qui malmène ses courses, le chauffard qui a failli la renverser, le collègue hautain. Le roman de C.J. Skuse se présente sous la forme d’un journal intime, chaque chapitre précédé de la fameuse liste — souvent hilarante par son absurdité et sa mauvaise foi totale. Le parallèle avec American Psycho a été fait par la presse britannique, mais dans un registre décidément plus punk et féministe : Rhiannon est vulgaire, drôle, mesquine, et son humour acide épingle la société anglaise contemporaine avec une méchanceté jubilatoire. Premier volet de la série Sweetpea, le livre a depuis donné naissance à quatre suites.


6. Ma sœur, serial killeuse (Oyinkan Braithwaite, 2018)

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Korede est infirmière en chef dans un hôpital de Lagos. Organisée, compétente, discrète — et experte en nettoyage de scènes de crime, par la force des choses. Car sa sœur cadette Ayoola, ravissante et parfaitement inconséquente, a la fâcheuse tendance à poignarder ses petits amis. Avec Femi, le dernier en date, ça fait trois. Et à trois, comme le note Korede avec un flegme glacial, « on vous catalogue serial killer ».

Tout bascule quand Ayoola jette son dévolu sur le docteur Tade Otumu, le beau médecin dont Korede est secrètement amoureuse. Le dilemme est cruel : protéger sa sœur, comme le dicte le devoir d’aînesse, ou sauver l’homme qu’elle aime d’une mort probable à coups de couteau ? En 75 chapitres courts et nerveux, racontés du point de vue de Korede, Oyinkan Braithwaite livre une comédie noire doublée d’un portrait au vitriol de Lagos — où la corruption est banale, le machisme ordinaire, et la police d’une inefficacité tranquille. Le tout avec une économie de moyens et un sens du tempo qui rendent ce coup d’essai aussi vif qu’un coup de couteau (Ayoola approuverait la comparaison).


7. Comment j’ai tué ma famille (Bella Mackie, 2021)

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Grace Bernard a vingt-huit ans, des Louboutin aux pieds et une liste de priorités très claire : 1. Tuer sa famille. 2. Réclamer leur héritage. 3. S’en sortir. 4. Adopter un chien. Problème : elle se retrouve enfermée à la prison de Limehouse. Non pas pour les six meurtres qu’elle a effectivement commis, mais pour un septième dont elle est innocente. L’ironie de la situation ne lui échappe pas.

Pour tuer le temps (si l’on ose dire), Grace décide de coucher ses mémoires sur le papier. On remonte alors à l’origine de tout : une mère abandonnée par un milliardaire sans scrupules, un père biologique qui n’a jamais voulu reconnaître son existence, et un désir de vengeance nourri depuis l’âge de treize ans contre cette famille dorée qui l’a traitée comme un regrettable accident. Le roman de Bella Mackie oscille entre thriller et satire sociale, avec un sens du sarcasme à la froideur toute britannique. Grace est odieuse, brillante, de mauvaise foi absolue — et on ne peut s’empêcher de la trouver sympathique, ce qui en dit probablement long sur nous. Quant à la fin, mieux vaut ne rien en dire, sinon qu’elle a le bon goût de ne pas être celle qu’on attend.


8. American Psycho (Bret Easton Ellis, 1991)

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Patrick Bateman a vingt-sept ans, travaille comme conseiller en gestion de patrimoine chez Pierce & Pierce à Wall Street, porte des costumes Armani, dîne dans les restaurants les plus cotés de Manhattan et ne se déplace jamais sans sa carte de visite — dont le grammage le préoccupe davantage que la plupart des problèmes du monde. La nuit, il tue. Avec une méticulosité qui n’a d’égale que celle qu’il consacre à sa routine de soins du visage.

American Psycho est sans doute le grand-père spirituel de tous les romans cités dans cet article. Le principe est simple et implacable : Bret Easton Ellis nous enferme dans la tête d’un psychopathe qui enchaîne les descriptions interminables de marques de luxe, les critiques musicales de Genesis et de Whitney Houston, et les scènes de violence d’une brutalité insoutenable — le tout sur le même ton monocorde et clinique. Le roman a fait scandale à sa sortie et continue de diviser, entre ceux qui y lisent une satire du matérialisme reaganien et ceux qui n’y voient que de la complaisance. Ce qui ne fait pas débat : le doute que Bret Easton Ellis instille quant à la réalité des meurtres de Bateman — tout cela se passe-t-il vraiment, ou seulement dans sa tête ? — achève de rendre la lecture irrespirable. Adapté au cinéma en 2000 par Mary Harron avec Christian Bale dans le rôle-titre, American Psycho n’a rien perdu de son pouvoir de nuisance.


9. La Vorace (Chelsea G. Summers, 2020)

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Dorothy Daniels est critique gastronomique à Manhattan, tueuse en série à ses heures, et cannibale par vocation. Son premier meurtre était un accident. Le repas qui a suivi, en revanche, relevait d’un choix pleinement assumé. Depuis sa cellule de prison, Dorothy raconte sa vie avec la désinvolture d’une femme qui n’a strictement rien à perdre — son enfance à la campagne, sa carrière de critique culinaire, ses voyages en Italie, ses amants et la façon dont certains d’entre eux ont fini sur sa table de cuisine.

Le premier roman de Chelsea G. Summers a été salué par la critique américaine comme une version féministe et gastronomique d’American Psycho. La comparaison tient : même narration à la première personne par un monstre charismatique, même obsession pour les plaisirs sensoriels poussée jusqu’à l’obscène, même ambiguïté morale jamais résolue. Mais là où Patrick Bateman était le produit du vide consumériste des années 1980, Dorothy Daniels est une femme de cinquante et un ans qui a décidé que la supériorité de son palais s’étendait à tous les domaines de l’existence — y compris le droit de décider qui mérite de vivre. Le résultat est tour à tour drôle, révulsif et — contre toute logique — apte à donner faim, ce qui est probablement le compliment le plus trouble que l’on puisse faire à un livre sur le cannibalisme.