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Que lire après Dans son silence d'Alex Michaelides ?

Que lire après « Dans son silence » d’Alex Michaelides ?

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Publié en 2019, Dans son silence (The Silent Patient) est le premier roman de l’auteur anglo-chypriote Alex Michaelides. Ce thriller psychologique met en scène Alicia Berenson, une artiste peintre retrouvée hagarde et couverte de sang auprès du cadavre de son mari Gabriel, criblé de coups de couteau. Aussitôt arrêtée, Alicia se mure dans un silence total — au tribunal, en clinique psychiatrique, face à quiconque tente de la faire parler. Six ans plus tard, le psychothérapeute Theo Faber obtient un poste dans l’établissement où elle est internée, avec une seule obsession : lui arracher ne serait-ce qu’un mot. Mais les réponses qu’il finira par obtenir ne sont pas celles qu’il attendait. Porté par une construction en double récit — les séances de Theo au présent, le journal intime d’Alicia au passé — et par un retournement final qui oblige à relire les premières pages, le roman a décroché le Goodreads Choice Award 2019 dans la catégorie Mystère & Thriller et s’est hissé au sommet de la liste des best-sellers du New York Times.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine — des thrillers où les narrateur·ices mentent ou se trompent, où les apparences résistent mal à l’examen, où la dernière page a le pouvoir de tout renverser.


1. Les Muses (Alex Michaelides, 2021)

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Après Dans son silence, Michaelides revient en terrain familier : une psychothérapeute en guise d’héroïne, la mythologie grecque en toile de fond, et un campus anglais où chacun semble cacher quelque chose. Londonienne d’origine grecque encore dévastée par la noyade de son mari Sebastian, Mariana reçoit un appel de détresse de sa nièce Zoé, étudiante à Cambridge. Une jeune femme de sa promotion vient d’être retrouvée sauvagement assassinée sur le campus.

Mariana se rend sur place et ne tarde pas à soupçonner Edward Fosca, un charismatique professeur de grec ancien qui entretient des liens troublants avec un petit cercle d’étudiantes triées sur le volet : les Muses. Quand une deuxième Muse est retrouvée morte, Mariana s’entête à le démasquer — au risque de laisser son deuil et ses obsessions brouiller son jugement.

Le cadre de Cambridge — ses collèges médiévaux, ses rituels séculaires, ses brumes — joue un rôle central : c’est un lieu où le prestige académique et l’entre-soi étouffent volontiers la vérité. Comme dans Dans son silence, Michaelides ancre son intrigue dans la psychanalyse et sème de faux indices jusqu’à un dénouement qui retourne la situation — avec, en prime, un discret clin d’œil à son premier roman.


2. Anna O (Matthew Blake, 2024)

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Anna Ogilvy a été retrouvée endormie à côté des cadavres de ses deux amis, un couteau ensanglanté à la main. Unique suspecte d’un double meurtre, elle n’a pas ouvert les yeux depuis quatre ans. Son état porte un nom — le syndrome de résignation, un trouble rare, documenté notamment chez des enfants réfugiés en Suède, où le corps sombre dans un sommeil profond face à un traumatisme insupportable. Le Dr Benedict Prince, spécialiste du sommeil mandaté par le gouvernement pour la réveiller, y voit le défi de sa carrière. Mais le réveil d’Anna n’est pas la fin de l’histoire — c’est le début.

Le titre est un clin d’œil direct à la psychanalyse : « Anna O. » était le pseudonyme donné à Bertha Pappenheim, la première patiente hystérique traitée par Josef Breuer, le mentor de Freud, dans les années 1880. Matthew Blake prolonge cette filiation et nourrit son récit de références aux neurosciences contemporaines comme au cinéma de suspense classique. Le roman est construit comme une série de fausses résolutions : à deux reprises au moins, vous croirez tenir la solution — l’intrigue semble bouclée, tout se tient — avant qu’un nouveau rebondissement ne renvoie vos certitudes au néant. Si le silence d’Alicia dans Dans son silence vous avait tenu·e en haleine, le sommeil obstiné d’Anna vous fera le même effet.


3. Avant d’aller dormir (S.J. Watson, 2011)

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Chaque matin, Christine se réveille sans savoir où elle est, auprès d’un homme qu’elle ne reconnaît pas, dans un corps qui a vieilli de vingt ans. Un accident survenu des années plus tôt l’a laissée avec une forme rare d’amnésie : chaque nuit, sa mémoire s’efface intégralement. Son mari, Ben, lui explique patiemment la situation — tous les matins, avec les mêmes mots. Son médecin, le Dr Nash, lui a conseillé de tenir un journal intime afin de reconstituer, bribe par bribe, le fil de sa propre vie.

C’est par ce journal que le suspense s’installe. Car très vite, Christine y découvre une phrase inscrite de sa propre main : « Ne pas faire confiance à Ben. » Comment ce mari si dévoué, si patient, a-t-il pu susciter un tel avertissement — et pourquoi Christine ne s’en souvient-elle pas ? Le récit suit la boucle infernale de son héroïne : comme dans le film Un jour sans fin (où Bill Murray revit la même journée en boucle), chaque matin repart de zéro, sauf que cette fois, la répétition n’a rien de comique. On ne sait plus ce qui relève du souvenir authentique, du mensonge ou de la reconstruction. S.J. Watson tient son fil sans le lâcher, et le dénouement — qui éclaire rétrospectivement chaque détail du récit — frappe d’autant plus fort qu’on ne le voit pas venir. Le roman a été adapté au cinéma en 2014 avec Nicole Kidman et Colin Firth.


4. Mon amie Adèle (Sarah Pinborough, 2017)

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Louise est mère célibataire, secrétaire médicale, et sa vie se résume à un quotidien minuté. Un soir, dans un bar, elle embrasse un inconnu séduisant. Le lendemain, elle découvre que cet homme est David, psychiatre renommé — et surtout son nouveau patron. Il est marié. L’affaire devrait s’arrêter là, mais c’est compter sans Adèle, l’épouse de David, qui surgit dans la vie de Louise avec une insistance étrange et un objectif très précis : devenir son amie à tout prix.

Le roman se présente d’abord comme un thriller domestique — un sous-genre où les menaces ne viennent pas de tueurs en série mais du couple, de la famille, du voisinage. Les chapitres alternent entre les points de vue de Louise et d’Adèle, et chacune livre sa version des faits. David est-il un mari violent qui maintient Adèle sous son emprise, ou bien Adèle manipule-t-elle tout le monde ? L’incertitude tient bon pendant les deux tiers du livre, jusqu’à ce que Sarah Pinborough introduise un élément radicalement inattendu qui change la nature même du récit. Sans rien divulguer : cet élément sort du registre habituel du thriller, et c’est peu de le dire — il a valu au roman le hashtag #FindeDINGUE dans les librairies francophones et des réactions stupéfaites dans à peu près toutes les critiques. Le titre original, Behind Her Eyes (« Derrière ses yeux »), prend alors un sens très concret. Adapté en mini-série Netflix en 2021.


5. La Femme à la fenêtre (A.J. Finn, 2018)

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Anna Fox, jadis pédopsychiatre, vit recluse dans sa grande maison de Harlem, à New York. Séparée de son mari Ed et de leur fille Olivia, elle souffre d’agoraphobie — une peur panique des espaces extérieurs qui l’empêche de franchir le seuil de sa porte depuis près d’un an. Pour tromper l’isolement, elle noie ses angoisses dans le merlot et les vieux films noirs d’Hitchcock (Fenêtre sur cour, Soupçons), et espionne ses voisins depuis ses fenêtres. L’arrivée de la famille Russell en face — Alistair, le père autoritaire, Jane, la mère chaleureuse, et Ethan, l’adolescent réservé — lui donne un nouveau sujet d’observation. Jusqu’au soir où elle assiste, depuis sa fenêtre, à ce qui ressemble fort à un meurtre chez les Russell.

Le problème, c’est qu’Anna est alcoolique, bourrée de médicaments aux effets secondaires hallucinatoires, et que la police ne la croit pas une seconde. Le corps ? Introuvable. La voisine ? Bien vivante — du moins, une femme qui se présente sous ce nom, mais qu’Anna n’a jamais vue. L’intrigue est un hommage assumé à Fenêtre sur cour (1954) d’Hitchcock, dans lequel James Stewart, immobilisé chez lui par une jambe cassée, croit observer un meurtre chez son voisin. Mais A.J. Finn pousse le dispositif plus loin : ici, la question n’est pas seulement « que s’est-il passé ? » mais « peut-on faire confiance à celle qui raconte ? ». Ce qui porte le roman, c’est le personnage d’Anna — attachante jusque dans sa mauvaise foi, ses peignoirs froissés et ses verres de trop. Adapté en film par Netflix en 2021 avec Amy Adams.


6. Les Apparences (Gillian Flynn, 2012)

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Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy Dunne disparaît de leur maison dans une petite ville du Missouri. La pièce principale est saccagée, des traces de sang sont retrouvées, et très vite, tous les soupçons convergent vers Nick, le mari. Ancien journaliste new-yorkais reconverti en patron de bar, Nick ne présente pas le profil du veuf éploré : il sourit aux caméras, semble plus soulagé qu’anéanti, et cache un certain nombre de secrets conjugaux. Amy, elle, est la fille d’un couple de psychologues célèbres qui a tiré d’elle la matière d’une série de livres pour enfants à succès, L’épatante Amy — autant dire que l’Amérique entière se sent personnellement concernée par sa disparition.

Le coup de force de Gillian Flynn tient dans la structure en double narration. D’un côté, le récit de Nick au jour le jour ; de l’autre, le journal intime d’Amy, qui remonte aux origines de leur couple et donne d’elle l’image d’une épouse aimante piégée dans un mariage toxique. Les deux versions s’emboîtent, se contredisent — et le lecteur, coincé entre ces deux récits incompatibles, ne sait plus qui croire. Puis survient la seconde partie du roman, et tout ce que vous croyiez avoir compris s’effondre. Les Apparences fonctionne aussi bien comme thriller que comme dissection féroce du couple, des médias et de l’image publique dans l’Amérique contemporaine. Amy Dunne reste, des années après, l’un des personnages les plus retors jamais écrits dans le genre — une femme qu’on ne peut ni plaindre ni admirer, mais qu’on n’oublie pas. Le roman a été adapté au cinéma par David Fincher sous le titre Gone Girl en 2014, avec Ben Affleck et Rosamund Pike.


7. Parfois je mens (Alice Feeney, 2017)

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Le résumé tient en quelques lignes, et c’est précisément ce qui accroche : « Je m’appelle Amber Reynolds. Je suis dans le coma. Mon mari ne m’aime plus. Parfois, je mens. » Amber, 35 ans, est prisonnière de son propre corps dans une chambre d’hôpital. Elle ne peut ni bouger ni parler, mais elle entend tout — les visites de son mari Paul, les passages de sa sœur Claire, et certaines conversations franchement inquiétantes. Elle n’a aucune idée de ce qui l’a conduite là, mais elle soupçonne Paul d’y être pour quelque chose.

Le roman jongle entre trois lignes temporelles : le présent paralysé à l’hôpital, la semaine qui a précédé l’accident, et des extraits d’un journal intime écrit à l’adolescence, vingt ans plus tôt. Chaque période livre des fragments qui semblent s’assembler — jusqu’à ce qu’une révélation fasse voler le puzzle en pièces et oblige à tout recomposer. Le titre fonctionne comme un avertissement permanent : puisque la narratrice admet elle-même qu’elle ment, chaque phrase qu’elle prononce devient suspecte. Alice Feeney, ancienne journaliste et productrice à la BBC pendant quinze ans, a signé avec ce premier roman un thriller à tiroirs où la dernière page force à reconsidérer la toute première. Le genre de livre qu’on termine à trois heures du matin, légèrement hagard·e, sans être tout à fait sûr·e d’avoir tout compris.


8. Shutter Island (Dennis Lehane, 2003)

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Nous sommes en 1954. Au large de Boston, sur un îlot battu par les vents, se dresse une forteresse sinistre : l’hôpital psychiatrique Ashecliffe, réservé aux criminels les plus dangereux. Les marshals fédéraux Teddy Daniels et Chuck Aule débarquent sur l’île pour enquêter sur la disparition d’une patiente, Rachel Solando, une femme internée pour avoir noyé ses trois enfants et qui s’est volatilisée d’une cellule verrouillée de l’extérieur. Seul indice : une feuille de papier couverte de chiffres et de lettres sans signification apparente — message codé ou délire d’une malade ?

Ce qui commence comme une enquête policière classique bascule vers quelque chose de bien plus trouble. L’île, coupée du continent par une tempête d’une violence inouïe, isole les deux marshals avec les malades et le personnel médical. Les médecins — notamment le Dr Cawley, directeur d’Ashecliffe — semblent cacher quelque chose. Les patients ne sont pas fiables. Et Teddy lui-même, ancien soldat hanté par ce qu’il a vu lors de la libération du camp de concentration de Dachau en 1945 et par la mort de sa femme dans un incendie, commence à perdre ses repères. On ne sait plus où finit la paranoïa et où commence la réalité. Dennis Lehane orchestre la montée de l’angoisse avec un contrôle absolu, et le dénouement — qui éclaire rétrospectivement chaque scène du roman — compte parmi les plus saisissants du genre. Shutter Island est de ces livres que l’on referme abasourdi·e, avant de les rouvrir à la première page pour vérifier que tous les indices étaient bien là depuis le début. Ils l’étaient. Adapté au cinéma par Martin Scorsese en 2010 avec Leonardo DiCaprio.


9. Verity (Colleen Hoover, 2018)

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Lowen Ashleigh est une écrivaine fauchée, criblée de dettes, dont les romans ne se vendent pas. Quand Jeremy Crawford lui propose de terminer, sous pseudonyme, la série à succès de son épouse Verity — une auteure star réduite à un état végétatif après un accident de voiture —, Lowen accepte sans trop réfléchir. Elle s’installe dans la grande maison familiale du Vermont pour fouiller les notes et les brouillons de Verity, afin de retrouver le ton et la direction de la série. Ce qu’elle trouve dans le bureau dépasse tout ce qu’elle avait anticipé : un manuscrit autobiographique jamais publié, dans lequel Verity raconte, avec une franchise terrifiante, les pires actes qu’elle a commis — notamment envers ses propres enfants.

Colleen Hoover, connue avant tout pour ses romances (Jamais plus, Ugly Love), a pris tout le monde de court avec ce thriller psychologique. Le roman alterne entre le quotidien de Lowen — qui tombe sous le charme de Jeremy alors même que le corps immobile de Verity repose à l’étage — et les chapitres glaçants de l’autobiographie secrète. La tension repose sur une question impossible à trancher : Verity est-elle réellement le monstre décrit dans ces pages, ou bien ce manuscrit est-il une fiction, écrite par une romancière qui sait mieux que personne manipuler son lecteur ? Le dénouement, brutal et volontairement ambigu, ne tranche pas. Et c’est précisément pour cette raison que le livre reste en tête longtemps après qu’on l’a refermé.