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Clarence Pitz en 4 thrillers – Notre sélection

Clarence Pitz en 4 thrillers – Notre sélection

Clarence Pitz est une écrivaine belge qui partage sa vie entre Bruxelles, la Savoie et la Touraine. Après avoir dirigé pendant sept ans le casier judiciaire de Bruxelles, elle opère un virage professionnel radical pour devenir professeure d’Anthropologie et d’Histoire de l’Art.

Mère de quatre enfants et artiste peintre à ses heures perdues, elle est également coach de running et organise des visites de Bruxelles en courant. Passionnée de littérature policière, elle se lance dans l’écriture en 2017.

Son premier roman, « La parole du chacal », un thriller se déroulant au Mali, est finaliste du concours VSD du meilleur thriller 2018. Son deuxième opus, « Ineffaçables », publié en 2019, se déroule dans le Bruxelles post-attentats et remporte plusieurs prix.

Son troisième roman, « Meurs, mon ange » (2021), est couronné du Prix de l’auteur belge 2022 dans la catégorie « Thrillers ». « Les enfants du serpent » (2023), son quatrième roman, accumule les récompenses, dont le prix du Coquelicot Noir et le prix Torra Nera.

En 2024, elle fait son entrée dans la littérature jeunesse avec un thriller fantastique publié aux éditions Auzou.

Voici notre sélection de ses romans majeurs.


1. Inspecteur Karel Jacobs – Ineffaçables (2019)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Résumé

Bruxelles, 2016. Alors que la ville se remet à peine des attentats terroristes, une gigantesque fresque obscène surgit sur la façade d’un immeuble. Le lendemain, un étudiant est retrouvé drogué et mutilé. Pour l’inspecteur Karel Jacobs et son jeune coéquipier Fred Boland, ce n’est que le début d’une série macabre : chaque nouvelle fresque pornographique annonce un crime sexuel plus pervers que le précédent.

Face à la multiplication des agressions, l’équipe s’adjoint les services de Virgile Plisson, un policier mis au placard après avoir perdu l’usage de son index droit. Spécialiste du street art, il apporte son expertise sur les fresques tandis que les victimes s’accumulent. Entre la pression politique et l’urgence d’arrêter le coupable, les trois enquêteurs s’enfoncent dans les recoins les plus sombres de la capitale belge, de Saint-Gilles à Molenbeek.

Autour du livre

L’originalité d’ « Ineffaçables » tient d’abord à son point de départ : Clarence Pitz s’empare d’un fait divers authentique qui a secoué Bruxelles en 2016, celui de mystérieuses fresques pornographiques monumentales apparues sur les façades de la ville. Cette base réelle confère au texte une profondeur particulière, renforcée par la connaissance intime que l’autrice possède des services de police pour avoir dirigé le Casier judiciaire de Bruxelles pendant sept ans.

La ville de Bruxelles elle-même devient un personnage central de l’intrigue. Les descriptions précises des quartiers, du folklore étudiant et du milieu du street art tracent le portrait d’une métropole encore meurtrie par les attentats. Un soin particulier est accordé aux expressions locales – les « belgicismes » – qui insufflent une authenticité au récit sans jamais l’alourdir. Chaque terme en brusseleir (le dialecte bruxellois) fait l’objet d’une note explicative en bas de page, permettant aux lecteurs non-belges de savourer pleinement ces touches de couleur locale.

Les trois enquêteurs principaux s’éloignent des archétypes du genre policier : Karel Jacobs lutte avec ses problèmes familiaux, Fred Boland apporte une touche d’humour par son immaturité, tandis que Virgile Plisson, privé de son index droit, incarne une figure atypique de policier handicapé. Cette humanité des personnages trouve un écho dans le traitement de Molenbeek, présentée non comme un foyer du terrorisme mais comme un lieu de reconstruction et d’entraide.

Couronné par le Prix des Mordus du thriller 2020 et le Prix Sang pour Sang Polar, « Ineffaçables » se démarque également par son mélange audacieux entre art urbain et enquête criminelle. L’expertise de Clarence Pitz en anthropologie et en histoire de l’art transparaît dans ses descriptions des techniques de graffiti et des enjeux du street art contemporain. Cette dimension culturelle s’entremêle habilement avec la noirceur du récit, sans jamais ralentir son rythme haletant.

Aux éditions PHENIX NOIR ; 594 pages.


2. Inspecteur Karel Jacobs – Meurs, mon ange (2021)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Résumé

À Amsterdam, Anja n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis les disparitions mystérieuses de son mari et de sa fille. Noyée dans l’alcool et la drogue, elle accepte un emploi de modératrice de contenus en ligne. Son travail consiste à visionner des vidéos violentes pour déterminer si elles peuvent rester ou non sur les réseaux sociaux. Un jour, elle tombe sur des images qui la replongent brutalement dans son passé.

En parallèle, l’inspecteur bruxellois Karel Jacobs est appelé comme consultant à Amsterdam pour enquêter sur un cadavre retrouvé pendu à une grue, sans sa tête. Rapidement écarté de l’affaire, il poursuit ses investigations dans l’ombre.

À des milliers de kilomètres de là, en Indonésie, trois corps décapités sont découverts sur des sites touristiques de Bali. Guntur, un policier de Jakarta sous le coup d’une enquête pour corruption, est envoyé sur place. Pendant ce temps, dans la forêt tropicale, deux hommes tentent d’échapper à des chasseurs impitoyables.

Autour du livre

Troisième opus de Clarence Pitz, « Meurs mon ange » conjugue les éléments du polar noir avec un ancrage anthropologique fort. Cette particularité s’enracine dans la formation même de la romancière – professeure d’anthropologie et d’histoire de l’art – qui imprègne chaque strate du récit. Les traditions du peuple Toraja en Indonésie, notamment l’Aluk To Dolo et ses rites funéraires où les vivants cohabitent avec leurs morts, servent de trame à l’intrigue sans jamais verser dans l’exotisme facile.

L’alternance des points de vue entre Amsterdam et l’archipel indonésien crée un contraste saisissant entre la froideur technologique occidentale – symbolisée par le dark web et la modération des contenus en ligne – et les pratiques ancestrales de Sulawesi. Cette dualité s’incarne notamment dans le personnage d’Anja, dont la descente aux enfers personnelle fait écho aux rites macabres qu’elle découvre.

La narration, structurée en trois parties autour du mot « hasard », tisse progressivement les liens entre des destins apparemment sans rapport. Les chapitres courts maintiennent une cadence effrénée tout en ménageant des respirations nécessaires face à la noirceur du propos. Le livre s’inscrit dans la continuité d’ « Ineffaçables », le précédent roman mettant en scène l’inspecteur Karel Jacobs, mais peut se lire de manière indépendante.

L’originalité de « Meurs mon ange » réside dans sa capacité à transcender les frontières du genre. En mêlant polar ethnologique et thriller psychologique, Clarence Pitz renouvelle les codes du roman noir belge. Cette singularité lui vaut d’être considérée comme une voix majeure du thriller ethnologique contemporain.

Aux éditions FOLIO ; 368 pages.


3. Inspecteur Karel Jacobs – Les enfants du serpent (2023)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Résumé

En 2012, dans le village de Bumia en République démocratique du Congo, une milice armée surnommée « les arracheurs » commet des atrocités innommables. Ils violent femmes et enfants sous les yeux des hommes, avant de les torturer et de leur arracher les yeux. Gloria et sa fille Phionah, neuf ans, parviennent miraculeusement à s’enfuir, laissant derrière elles un village en cendres.

Bruxelles, 2017. Dans le quartier africain de Matongé, un homme est retrouvé défiguré et énucléé dans un caniveau. Pour l’inspecteur Karel Jacobs, pas de doute possible – c’est la signature des « arracheurs », ces miliciens congolais dont il a vu les exactions cinq ans plus tôt. Alors qu’un procès s’annonce contre l’un d’entre eux, Karel comprend que les survivantes sont menacées. Mais son enquête prend un virage personnel quand sa propre fille est kidnappée.

Entre la Belgique et le Congo, le passé et le présent s’entremêlent dans une course contre la montre où victimes et bourreaux se confondent parfois. Karel devra faire des choix impossibles pour sauver ceux qu’il aime.

Autour du livre

Quatrième opus de Clarence Pitz, « Les enfants du serpent » s’inscrit dans la continuité des enquêtes de l’inspecteur Karel Jacobs, déjà présent dans « Ineffaçables » et « Meurs, mon ange ». L’histoire se déroule entre Bruxelles et la République démocratique du Congo, où le contrôle des mines de coltan, minerai indispensable à la fabrication des smartphones, déchaîne des violences inouïes.

Des faits authentiques sous-tendent la narration. Les exactions commises par les miliciens, loin d’être de simples inventions romanesques, reflètent la réalité brutale du Kivu. Le personnage du médecin Jonas évoque d’ailleurs le docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, qui soigne les femmes victimes de violences sexuelles utilisées comme armes de guerre. Cette proximité avec les événements réels donne au texte une puissance supplémentaire.

Les chapitres courts alternent entre deux périodes (2012 et 2017) et deux lieux (le Congo et la Belgique), créant un effet de tension permanente. La structure narrative fait écho au titre : tel un serpent, l’intrigue se love et se déroule entre passé et présent. La phrase d’ouverture – « Tout le monde est capable d’aimer. Même les pires ordures » – pose d’emblée l’ambiguïté morale qui irrigue tout le récit : la frontière entre victimes et bourreaux s’estompe progressivement, jusqu’à un dénouement qui bouleverse toutes les certitudes.

Ce thriller psychologique a décroché plusieurs récompenses, dont le Prix de l’auteur belge 2022 dans la catégorie Thrillers. Il marque aussi une évolution dans la carrière de Pitz : professeure d’histoire de l’art en anthropologie, elle s’est fait connaître en 2017 en remportant un concours en ligne avec son manuscrit, avant d’obtenir le premier prix pour sa nouvelle « Le mot de la fin ». « Les enfants du serpent » confirme sa maîtrise du genre et sa capacité à mêler fiction et réalité historique pour questionner la nature humaine.

Aux éditions PHENIX NOIR ; 478 pages.


4. La parole du chacal (2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Résumé

2027. Claire s’inscrit avec son fils Sacha, 10 ans, à une expédition au Mali pour découvrir le peuple Dogon. L’occasion est exceptionnelle : tous les soixante ans se déroule le Sigui, une cérémonie religieuse ancestrale.

Le groupe de touristes belges est hétéroclite : un couple âgé dont l’épouse est acariâtre, trois jeunes néo-hippies, un photographe solitaire et un couple d’amoureux. Sur la route de Bamako, leur minibus fait une embardée pour éviter un chacal et s’enlise dans un marigot. Ils trouvent alors refuge dans un village isolé, Bokeli, où les habitants se montrent étrangement hostiles. Chaque nuit, des objets mystérieux apparaissent près du petit Sacha.

Dans une atmosphère de plus en plus oppressante, entre chaleur accablante et tensions grandissantes, le groupe découvre qu’il est impossible de quitter ce lieu hors du temps. Entre disparitions et cérémonies obscures, le groupe s’enfonce dans un piège dont personne ne sortira indemne.

Autour du livre

Ce premier roman de Clarence Pitz mêle avec habileté thriller et anthropologie. Professeure d’histoire de l’art et d’anthropologie, la romancière belge transpose ses connaissances académiques dans la fiction pour créer ce qu’elle nomme un « ethno-thriller ». Les citations de Marcel Griaule, ethnologue et africaniste français reconnu pour ses travaux sur les Dogons, ponctuent les chapitres et ancrent le récit dans une réalité documentée.

La cosmogonie du peuple Dogon constitue la colonne vertébrale de l’intrigue. À travers le prisme des croyances séculaires, Pitz interroge le rapport entre traditions et modernité. Le village de Bokeli, figé dans le temps, s’oppose à la modernisation du reste du Mali. Cette tension entre préservation et évolution traverse l’ensemble du récit et nourrit l’atmosphère oppressante qui règne dans ce huis clos à ciel ouvert.

Les personnages, construits selon des archétypes de touristes occidentaux – la mère protectrice, la vieille dame acariâtre, les jeunes néo-hippies – se révèlent dans toute leur complexité face à l’adversité. Le carnet de Sacha, avec son regard d’enfant de dix ans, apporte une perspective différente et touchante sur les événements. Cette multiplicité des points de vue enrichit la narration et renforce l’épaisseur psychologique de l’histoire.

Finaliste du Grand Prix VSD-RTL du meilleur thriller 2018, « La parole du chacal » a connu une réédition aux éditions IFS, augmentée d’une nouvelle qui éclaire certains aspects du récit initial. Le dessin de couverture, réalisé par la fille de l’autrice alors âgée de quinze ans, représente un crâne qui synthétise l’ambiance mystique et inquiétante du livre.

La construction alterne passages narratifs et extraits de documents – carnets d’anthropologue, notes personnelles – pour créer un rythme soutenu. Cette structure fragmentée sert efficacement le suspense tout en distillant les informations nécessaires à la compréhension des rites et coutumes Dogons. Le dénouement, imprévisible, noue ensemble les fils dispersés tout au long du récit.

Aux éditions PHENIX NOIR ; 486 pages.

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