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Quelles BD pour parler de harcèlement scolaire ?

Quelles BD pour parler de harcèlement scolaire ?

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Le harcèlement scolaire n’est pas un passage obligé de l’enfance. Ce n’est pas « un mauvais moment à passer » ni une épreuve qui forge le caractère. C’est une violence répétée qui brise des vies — et qui pousse chaque année des adolescent·es au suicide. En France, selon les dernières données du ministère de l’Éducation nationale (novembre 2024), 5 % des collégiens et 3 % des écoliers et lycéens se déclarent en situation de harcèlement scolaire. Ce sont des centaines de milliers d’élèves qui, chaque matin, redoutent la cour de récréation, les couloirs, les vestiaires ou l’écran de leur téléphone.

Car le phénomène ne s’arrête plus à la grille de l’école. Le cyberharcèlement a étendu le terrain des agresseurs jusque dans la chambre des victimes : selon le baromètre e-Enfance de 2025, 18 % des enfants de 6 à 18 ans y ont été confrontés au moins une fois, et 45 % des jeunes participent à du harcèlement par effet de groupe — souvent sans même en avoir conscience. Depuis la loi du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit en France ; entre 2022 et fin 2024, plus de 10 000 affaires ont été enregistrées par les parquets. Signe non pas d’une explosion du phénomène, mais d’une prise de conscience collective — encore trop lente.

Parce qu’elle donne à voir autant qu’à comprendre, la BD peut ouvrir un dialogue là où un exposé ou un cours de morale resteraient lettre morte. Les bandes dessinées qui suivent abordent le harcèlement sous divers angles : de l’école primaire au lycée, des collèges français aux établissements japonais, du registre humoristique au récit sans concession. Elles sont classées par tranche d’âge de lecture conseillée.


1. Seule à la récré (Ana et Bloz, 2017)

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Emma est en primaire. Elle aime l’école, ses parents, sa vie. Mais Clarisse a décidé de lui faire vivre un enfer : moqueries, brimades, coups, mise à l’écart systématique. Elle a même retourné les autres élèves contre elle. Les maîtresses n’y voient que « des jeux d’enfants » ; les parents, eux, mettent du temps à comprendre que le changement de comportement de leur fille n’est pas un caprice — jusqu’à ce qu’Emma finisse par craquer et leur avouer ce qu’elle subit.

L’histoire est vraie. Ana, de son vrai nom Anaïs, est la fille du dessinateur Bloz : c’est elle qui, à 18 ans, a scénarisé le récit de ce qu’elle a vécu du CP au CE2 dans une petite école de village. Son père l’a mis en images. Le format de la planche-gag — une situation complète par page, comme dans les BD humoristiques classiques — permet de dédramatiser l’entrée en matière, mais le fond reste grave : on voit très bien comment l’institution scolaire, par déni ou par peur du conflit, peut laisser une enfant seule face à son bourreau. L’album est préfacé par Mélissa Theuriau, elle-même victime de harcèlement scolaire. Un cahier pédagogique clôt l’ouvrage avec des ressources.

Tranche d’âge conseillée : dès 7-8 ans. C’est le titre le plus adapté aux jeunes enfants de cette sélection.


2. Mon amie des ténèbres (Taku Kawamura, 2018)

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Taiyō Takada débarque dans une nouvelle école primaire. Il apprend que l’une de ses camarades, Akane Nishimura, est surnommée « la sorcière des ténèbres » : quiconque la touche serait maudit. La classe entière l’évite, la moque, l’ignore. Sauf que Taiyō, lui, ne voit pas le problème. Il trouve Nishimura cool. Une sorcière des ténèbres ? Génial, il veut des pouvoirs lui aussi ! Avec une naïveté totale et une bonne foi à toute épreuve, il entreprend de devenir son ami — et désamorce, sans même s’en rendre compte, les mécanismes du harcèlement un par un. Quand les autres lui disent « elle est maudite », il répond « trop bien ! ». Quand ils le préviennent qu’il sera rejeté s’il traîne avec elle, il ne comprend tout simplement pas pourquoi.

C’est le titre le plus lumineux de cette sélection. Là où les autres BD montrent la mécanique de la destruction, Mon amie des ténèbres montre celle de la réparation. Peu à peu, Nishimura sort de sa coquille, retrouve le sourire et commence à croire qu’elle a le droit d’exister parmi les autres — simplement parce qu’un seul camarade a refusé de suivre le troupeau. Le trait rond et simple de Taku Kawamura, les chapitres courts et la structure en petites saynètes du quotidien en font un manga accessible dès le primaire. Publié en France chez Nobi Nobi! (collection Shonen Kids), il compte 19 tomes au Japon et a été adapté en anime, diffusé sur Crunchyroll.

Tranche d’âge conseillée : dès 8-9 ans. Un excellent point d’entrée pour aborder le sujet avec les plus jeunes.


3. Jane, le renard et moi (Fanny Britt et Isabelle Arsenault, 2012)

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Hélène a une douzaine d’années, vit à Montréal et se trouve grosse comme une saucisse — selon ses propres mots. Son ancienne meilleure amie écrit des insultes sur les murs des toilettes de l’école. Personne ne s’assoit à côté d’elle dans l’autobus. Pour s’évader, Hélène lit Jane Eyre, le roman de Charlotte Brontë — l’histoire d’une orpheline maltraitée dans l’Angleterre victorienne qui, malgré tout, finit par trouver sa place dans le monde. Hélène s’y accroche comme à une bouée. Un voyage scolaire en forêt approche, et avec lui la terreur d’être encore plus exposée aux moqueries. Mais lors d’une soirée au camp, un renard roux s’approche d’elle, la regarde longuement — et pour la première fois, Hélène est face à un être qui ne la juge pas, qui ne se moque pas, qui n’a aucune idée de ce qu’est une « grosse saucisse ». C’est un déclic : le monde ne se réduit pas au regard de ses camarades de classe. Peu après, une nouvelle élève, Géraldine, s’assoit à côté d’elle comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.

Cet album québécois est très différent des autres titres de cette liste. Peu de dialogue, beaucoup de silences. L’essentiel du récit est dessiné au crayon dans des tons de gris — le quotidien morne d’Hélène —, et la couleur n’apparaît que lorsqu’elle se plonge dans Jane Eyre ou qu’un éclat de bonheur surgit : le pelage roux du renard, le sourire de Géraldine, une page du roman. Triple lauréate du Prix du Gouverneur général du Canada, Isabelle Arsenault a été récompensée à de nombreuses reprises pour ce travail. On est loin du manuel de prévention : c’est un récit sur la solitude, le poids du regard des autres et ce qui se passe quand quelqu’un — un animal, une inconnue — brise enfin le cercle de l’isolement.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 10-12 ans.


4. Ratures indélébiles (Aurelle Gaillard et Camille K., 2022)

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Vous remarquerez que dans plusieurs BD de cette sélection, c’est une photo diffusée sur les réseaux sociaux qui déclenche ou aggrave le harcèlement. Ce n’est pas un hasard : c’est le schéma le plus fréquent dans la réalité. Ratures indélébiles s’en empare, mais avec un angle particulier : il s’intéresse à la lenteur de l’engrenage, et surtout au silence des adultes.

Juliette et Mathilde sont amies depuis toujours. Mais à la rentrée de 4e, Mathilde veut intégrer le cercle des élèves populaires et se rapproche de Karine, une fille que Juliette n’apprécie pas. L’amitié se fissure. Studieuse et discrète, Juliette se retrouve peu à peu mise à l’écart : d’abord des conversations, puis des groupes, puis de la classe entière. Les moqueries se font plus fréquentes, plus ciblées. Le point de bascule survient quand une photo de Juliette, à demi-nue, est prise à son insu dans les vestiaires et diffusée en ligne. À partir de là, tout s’accélère : messages haineux à longueur de journée, humiliations publiques, isolement total. Juliette décroche scolairement et commence à se scarifier — mais personne autour d’elle ne fait le lien entre ses bleus, ses notes en chute libre et son repli sur elle-même. Sa mère est peu disponible ; l’infirmière scolaire est trop rarement présente ; son grand frère est absorbé par ses propres soucis.

Ancienne enseignante en collège, Aurelle Gaillard a été témoin du cyberharcèlement subi par l’une de ses élèves — dont les camarades avaient créé une page Facebook entière pour l’insulter. C’est de là qu’est né le projet. Lauréat du prix BD France Bleu / ActuaBD 2023, l’album se conclut par l’intervention d’un adulte qui finit par comprendre ce qui se passe et par la lente reconstruction de Juliette — le récit rappelle que la prise de parole, même tardive, peut encore tout changer. Un dossier sur le harcèlement complète l’ouvrage.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 11-12 ans, recommandé pour les collégien·nes et leurs parents.


5. Les Combats invisibles (Taous Merakchi, Karim Alliane et Mashi, 2023)

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Océane est une collégienne ordinaire — ce qui, aujourd’hui, signifie que son physique, ses tenues et ses publications sur les réseaux sociaux sont quotidiennement commentés, jugés et notés par une bande de garçons de son établissement. Autoproclamés « Cavaliers de l’Apocalypse », Gabriel, Yanis, Théo et Valentin ont créé un groupe WhatsApp dédié à la notation des filles. La situation bascule quand des photos intimes (les fameux « nudes ») sont diffusées sans consentement et que l’une des victimes, poussée à bout, tente de mettre fin à ses jours. Océane et ses amies — dont Lou, future chanteuse à succès — décident alors de riposter : elles dénoncent les harceleurs, alertent les adultes et refusent de laisser la honte changer de camp.

Publiée chez Dupuis en partenariat avec l’association e-Enfance/3018, cette série en format webtoon adopte le langage, les codes visuels et les références des adolescent·es d’aujourd’hui : réseaux sociaux, argot numérique, screenshots et notifications en guise de cases. Le tome 2 s’ouvre sur le suicide d’une lycéenne, Léa, et remonte le fil des événements pour comprendre comment on en est arrivé là. L’un des points forts des Combats invisibles est son refus de se limiter au point de vue de la victime : la série s’intéresse aussi au rôle du témoin et au fait qu’Océane elle-même est questionnée pour ne pas avoir aidé une camarade quand elle le pouvait. Un dossier pédagogique en fin d’ouvrage fournit des numéros d’aide et des conseils concrets.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 12-13 ans selon les libraires, bien que l’éditeur indique 9 ans. Le langage cru et les thématiques abordées (nudes, cyberharcèlement, sexualité) correspondent davantage à un public adolescent.


6. A Silent Voice (Yoshitoki Ōima, 2013-2014)

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Shoya Ishida est en CM2. Et il s’ennuie. Turbulent et populaire, il cherche des moyens de passer le temps — jusqu’à l’arrivée de Shoko Nishimiya, une nouvelle élève atteinte de surdité. Shoya la harcèle méthodiquement : moqueries, destruction de ses appareils auditifs (huit perdus ou cassés en cinq mois), violences physiques. Le reste de la classe suit ou ferme les yeux — y compris l’enseignant. Mais quand la mère de Shoko alerte la direction, tout le monde se désolidarise d’un coup : les mêmes élèves qui riaient désignent Shoya comme seul responsable. Du jour au lendemain, le harceleur devient le harcelé. Shoko change d’école ; Shoya, lui, traîne sa culpabilité jusqu’au lycée, où l’ostracisme le poursuit. Cinq ans plus tard, il apprend la langue des signes, retrouve Shoko et tente de s’excuser — mais sa démarche est-elle sincère, ou cherche-t-il seulement à soulager sa propre conscience ?

Le pari de Yoshitoki Ōima est audacieux : raconter le harcèlement du point de vue du bourreau, puis inverser les rôles pour montrer toute la complexité du phénomène. Personne n’est épargné — ni Shoya, ni les témoins passifs, ni l’enseignant qui a laissé faire. La mangaka, dont la mère est interprète en langue des signes, apporte une représentation respectueuse et documentée de la surdité. Publié en sept tomes chez Ki-oon (shōnen — manga destiné à un public adolescent), A Silent Voice a été adapté en 2016 en long-métrage d’animation par le studio Kyoto Animation, réalisé par Naoko Yamada.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 12-13 ans.


7. Mots rumeurs, mots cutter (Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini, 2014)

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Léa est en 4e au collège Marie-Curie. Elle a des amies, un petit copain — le beau Mattéo — et aucune raison de s’inquiéter. Jusqu’à une soirée entre filles où, entre alcool et jeu de « action ou vérité », Léa se retrouve à faire un strip-tease. Une photo d’elle, seins nus, est prise avec un téléphone et postée en ligne. Du jour au lendemain, elle devient la cible de tout l’établissement. Ses « copines » se détournent — par jalousie pour certaines, par lâcheté pour d’autres —, les insultes pleuvent, et le harcèlement s’installe.

Elle-même victime de harcèlement au collège, Charlotte Bousquet a puisé dans sa propre expérience pour écrire ce récit. Le roman graphique se découpe en six parties qui retracent chaque étape de la chute : la rumeur, l’isolement, la violence verbale puis physique, et l’automutilation comme exutoire désespéré. Le contraste entre les illustrations rondes et colorées de Stéphanie Rubini et la brutalité des situations est frappant : le titre contient le mot « cutter », mais le dessin, lui, a des airs de BD pour ados — ce qui rend la violence d’autant plus percutante quand elle frappe. Jugée un peu abrupte par de nombreux·ses lecteur·ices, la fin se termine sur une rencontre inattendue : une camarade rejetée elle aussi, que Léa n’avait jamais remarquée, lui tend la main.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 13 ans. Souvent recommandé en lecture de classe de 4e ou 3e.


8. Camélia : face à la meute (Nora Fraisse, Christophe Cazenove et Bloz, 2021)

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Camélia a laissé derrière elle des années de collège difficiles — on l’appelait « Miss Bouboule ». Désormais lycéenne bien dans sa peau, elle retrouve l’internat et sa meilleure amie Justine. Mais Valentine et sa clique la prennent en grippe. Les provocations s’accumulent, une photo humiliante d’elle est publiée en ligne, et Camélia devient le souffre-douleur de tout l’internat. Le plus cruel ? Justine, sa meilleure amie, rejoint le camp des harceleurs — par peur d’être elle-même prise pour cible. Camélia se retrouve seule, et choisit de se taire pour ne pas inquiéter ses parents.

Si l’on ne devait retenir qu’une chose sur cet album, c’est l’identité de sa co-scénariste. Nora Fraisse est la mère de Marion, une collégienne de 13 ans qui s’est pendue le 13 février 2013 dans sa chambre, après des mois de harcèlement à l’école. L’affaire avait suscité une vive émotion en France et contribué à faire du harcèlement scolaire un sujet de débat public. Depuis, Nora Fraisse consacre sa vie à la prévention à travers l’association « Marion, la main tendue ». On sent, dans chaque situation décrite, l’expérience d’une femme qui a recueilli pendant des années les témoignages de familles brisées — sans que le récit ne bascule dans le pathos. Habituellement associé à des séries humoristiques (Les Fonctionnaires, Les Dinosaures en BD), le dessin de Bloz adopte ici un registre plus sobre. Les « Carnets de Camélia » en fin d’album fournissent des conseils pratiques et des numéros d’aide.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 13 ans.


9. Dans les vestiaires (Timothé Le Boucher, 2014)

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Un collège. Des vestiaires neufs. Des vitres floutées, des toilettes roses et — catastrophe — des douches collectives. Chaque jeudi, une classe de 3e s’y retrouve pour se changer avant et après le sport. Les adultes n’entrent pas dans les vestiaires (il faut respecter l’intimité des élèves — ironie du sort), et c’est précisément dans cette zone sans surveillance que les hiérarchies se figent. Il y a Gauthier, le beau gosse populaire. Et il y a Corentin, en surpoids, cible idéale. Les humiliations sont quotidiennes : on se moque de son corps, on le frappe, on le pousse sous la douche pour rire. Les vestiaires se transforment en huis clos où la loi du plus fort règne sans partage — jusqu’au jour où Corentin, poussé à bout, retourne la violence contre ses bourreaux.

Timothé Le Boucher — qui s’est fait connaître avec Ces jours qui disparaissent — livre ici un récit froid, clinique, presque documentaire. Pas de sentimentalisme, pas de morale appuyée : le lecteur·ice est placé·e en position de témoin impuissant·e, coincé·e dans cet espace clos sans pouvoir intervenir. On pense à Sa Majesté des mouches de William Golding — ce roman où des enfants naufragés sur une île déserte, livrés à eux-mêmes, recréent spontanément une société brutale et hiérarchique. Ici, l’île, c’est un vestiaire de 30 m².

Tranche d’âge conseillée : à partir de 14-16 ans. Certaines scènes ne conviennent pas aux plus jeunes (nudité, violence, voyeurisme).


10. Life (Keiko Suenobu, 2002-2009)

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Au Japon, l’entrée au lycée passe par un examen : on ne va pas dans l’établissement de son quartier, on passe un concours pour intégrer celui de son choix. Ayumu Shiiba et sa meilleure amie Shii rêvent d’intégrer ensemble le prestigieux lycée Nishidate. Elles travaillent d’arrache-pied. Résultat : Ayumu est reçue. Shii, non. L’amitié vole en éclats — Shii rejette toute la faute sur Ayumu. Rongée par la culpabilité d’avoir réussi là où son amie a échoué, Ayumu commence à se taillader les bras. À son arrivée au lycée, seule et fragile, elle devient la proie de Manami, une camarade de classe manipulatrice qui orchestre contre elle un harcèlement méthodique. Le phénomène dit de l’ijime — le terme japonais qui désigne les brimades et persécutions en milieu scolaire, un fléau massif au Japon, longtemps resté tabou.

Elle-même victime d’ijime, Keiko Suenobu ne fait aucune concession. Les scènes de violence psychologique et physique sont crues, parfois difficilement soutenables : automutilation, tentative de viol, torture entre élèves. Mais la force de Life tient à ce qu’il ne s’arrête pas au calvaire de la victime. Le manga montre aussi l’inertie coupable du corps enseignant, qui refuse d’admettre le problème pour préserver la réputation du lycée ; le silence de la mère d’Ayumu, qui ne regarde que les notes de sa fille ; et la complexité du profil des harceleurs — Manami elle-même se révèle être une adolescente en souffrance. Vingt tomes publiés en France par Kurokawa (aujourd’hui épuisés en version papier, disponibles en numérique). La série a reçu le prix Kōdansha 2006 dans la catégorie shōjo (manga destiné à un public de jeunes filles) et a été adaptée en drama télévisé de onze épisodes.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 15-16 ans en raison de la violence explicite.