Publié en 2018, Le tatoueur d’Auschwitz de Heather Morris retrace l’histoire vraie de Lale Sokolov, un Juif slovaque déporté à Auschwitz-Birkenau en 1942 et contraint d’y tatouer les matricules sur la peau des prisonniers. C’est le jour où il tatoue le bras de Gita Furman qu’il croise son regard — et tombe amoureux d’elle sur-le-champ. Le roman est né du témoignage de Lale Sokolov, recueilli par Heather Morris à Melbourne à partir de 2003. Traduit dans une quinzaine de langues, vendu à plus de huit millions d’exemplaires et adapté en série télévisée, il est devenu l’un des titres les plus lus sur la Shoah de ces dernières années.
Si vous venez de refermer ce livre et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations dans la même veine : témoignages romancés, récits documentaires et fictions historiques.
1. Le tatoueur d’Auschwitz – Tome 2 : Le voyage de Cilka (Heather Morris, 2021)

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Personnage secondaire du premier tome, Cilka Klein accède ici au premier plan. Déportée à Auschwitz-Birkenau à seize ans à peine, cette jeune Slovaque est repérée par le commandant du camp pour sa beauté — et contrainte de devenir sa maîtresse pour rester en vie. Puis, en 1945, les Soviétiques libèrent le camp, l’accusent de collaboration et la condamnent à quinze ans de travaux forcés au goulag de Vorkouta, en Sibérie. Elle n’a pas encore vingt ans.
Au goulag, Cilka tient bon. Elle se lie d’amitié avec une femme médecin qui lui permet de travailler à l’hôpital, et c’est là qu’elle rencontre Alexandr. Ce deuxième tome a la particularité de poser une question morale redoutable : peut-on reprocher à une victime les choix qu’elle a été forcée de faire pour survivre ? Heather Morris a construit ce récit à partir des témoignages de Lale Sokolov et de proches de Cilka, dont l’histoire — Auschwitz puis le goulag sibérien, la double peine — appelait un récit à part entière.
2. Le tatoueur d’Auschwitz – Tome 3 : Les Sœurs d’Auschwitz (Heather Morris, 2022)

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Pour conclure sa trilogie, Heather Morris a été contactée directement par Livia et Magda Meller, deux sœurs installées en Israël, qui souhaitaient que leur histoire — et celle de leur troisième sœur, Cibi — soit enfin racontée. Tout commence en Slovaquie, bien avant la guerre, par une promesse faite à leur père — alors gravement malade — à l’ombre du laurier-rose du jardin familial : ne jamais se séparer, quoi qu’il arrive. Quand Livia est arrêtée par les nazis en 1942, Cibi, dix-neuf ans, choisit de l’accompagner à Auschwitz — de son plein gré. Magda, dix-sept ans, les y rejoint quelques mois plus tard après avoir été déportée à son tour.
Le roman suit leur lutte pour tenir cette promesse au milieu de l’horreur du camp, puis leur reconstruction — de la Slovaquie communiste jusqu’à Israël. Là où les deux premiers tomes reposaient sur des histoires d’amour romantique, celui-ci place au centre la solidarité entre sœurs — et montre, chapitre après chapitre, que ce lien leur a bel et bien sauvé la vie. Le livre s’est hissé sur la liste des best-sellers du New York Times dès sa sortie.
3. La bibliothécaire d’Auschwitz (Antonio G. Iturbe, 2020)

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Quatorze ans, un ghetto quitté de force, un camp de la mort comme destination : voilà le point de départ de l’histoire de Dita, inspirée de la vie réelle de Dita Kraus. Arrachée au ghetto de Terezín avec ses parents, la jeune Tchèque se retrouve à Auschwitz où, contre toute logique, un éducateur juif du nom de Fredy Hirsch a fondé une école clandestine dans le bloc 31. Il confie à Dita une mission à haut risque : cacher et faire circuler huit livres — les seuls que les prisonniers ont réussi à soustraire à la vigilance des SS. Dans un lieu où la simple possession d’un ouvrage peut valoir la mort, la plus petite bibliothèque du monde devient un acte de résistance.
Le journaliste et romancier espagnol Antonio G. Iturbe a rencontré Dita Kraus — alors nonagénaire — à Prague et en Israël, et l’a accompagnée à Terezín pour écrire ce livre, publié en Espagne dès 2012 avant d’être traduit dans une vingtaine de langues. Le roman fait aussi surgir des figures historiques — Josef Mengele, notamment, qui rôde autour de Dita et de l’école du bloc 31. Mais ce qui reste en tête après la lecture, c’est surtout l’image de ces quelques volumes abîmés, aux pages arrachées, que des prisonniers ont risqué leur vie pour sauver — huit livres contre un système entier de destruction.
4. Les Amants d’Auschwitz (Keren Blankfeld, 2025)

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Attention, ce titre peut induire en erreur : il ne s’agit pas d’un roman, mais d’un document historique — comme en témoignent les quelque soixante-dix pages de notes qui closent l’ouvrage. La journaliste américaine Keren Blankfeld y reconstitue le parcours de Zippi Spitzer, une jeune Slovaque graphiste de formation, et de David Wisnia, un Polonais de seize ans, tous deux déportés à Auschwitz en 1942. Zippi parvient à se rendre indispensable auprès des autorités du camp grâce à ses compétences — elle rejoint même les réseaux de résistance internes. David, lui, est affecté au « Sauna », le bâtiment de désinfection.
Leur idylle, clandestine et périlleuse, n’occupe finalement qu’une fraction du récit. Le vrai sujet, c’est le quotidien des prisonniers : les mécanismes de survie, les solidarités souterraines, les ruses pour tenir un jour de plus. Avant la libération, Zippi et David se promettent de se retrouver à Varsovie — mais David ne viendra jamais : il choisit de partir aux États-Unis. Zippi deviendra gardienne de la mémoire d’Auschwitz. Ce n’est que soixante-dix ans plus tard qu’ils se retrouveront pour partager leurs derniers secrets. Soixante-dix ans : le temps que la guerre a mis à finir entre eux.
5. L’enfant d’Auschwitz (Lily Graham, 2020)

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En 1942, Eva Adami est déportée à Auschwitz avec une seule idée en tête : retrouver son mari Michal, envoyé au camp six mois plus tôt. Mais de Michal, nulle trace — seulement le froid, la faim, la violence et la solitude. Jusqu’au soir où une voix murmure dans l’obscurité : sa codétenue Sofie lui prend la main. Les deux femmes concluent alors un pacte : s’entraider pour survivre et, un jour, sortir libres.
Sofie espère revoir son fils Tomas, placé dans un orphelinat à la frontière autrichienne. Eva découvre de son côté qu’elle est enceinte — une situation qui, à Auschwitz, relève du danger absolu. C’est Sofie qui imagine un stratagème pour protéger l’enfant à naître, quitte à pactiser avec l’ennemi. Le roman de Lily Graham, ancienne journaliste britannique, est une fiction nourrie de faits réels ; son titre fait référence aux quelque sept cents enfants nés dans le camp. Ici, l’amitié entre deux femmes — et non une histoire d’amour — porte le récit, ce qui le démarque de la plupart des romans sur cette période.
6. La sage-femme d’Auschwitz (Anna Stuart, 2023)

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Ce roman s’inspire de la vie de Stanislawa Leszczyńska, sage-femme polonaise honorée dans son pays pour avoir mis au monde près de trois mille enfants dans le camp de Birkenau. Dans le roman d’Anna Stuart, cette femme prend le nom d’Ana et arrive à Auschwitz persuadée qu’elle n’y survivra pas. Mais les nazis ont besoin de ses compétences : Ana sera chargée d’accoucher les prisonnières. Et de constater, impuissante, que les nouveau-nés sont systématiquement arrachés à leurs mères pour être confiés à des familles allemandes.
Accompagnée de la jeune Ester, infirmière devenue son amie la plus proche, et de Naomi, une détenue enceinte au caractère inébranlable, Ana décide un jour de résister à sa manière. En secret, elle tatoue sur les nourrissons le matricule de leur mère — un geste minuscule, presque dérisoire, mais fondé sur un pari : qu’après la guerre, ces marques permettent de réunir les enfants et leurs mères. Le livre est le premier tome de la série Femmes de guerre, suivi par La sage-femme de Berlin.
7. L’enfant qui décida de suivre son père à Auschwitz (Jeremy Dronfield, 2021)

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En 1939, les nazis font irruption au domicile des Kleinmann, une famille juive viennoise. Gustav, le père, et Fritz, son fils adolescent, sont déportés ensemble à Buchenwald. Quand Gustav apprend qu’il va être transféré à Auschwitz — un nom que tous les déportés associent à une condamnation à mort —, Fritz prend une décision que personne ne comprend : il demande à partir avec lui.
Ce récit de non-fiction, construit à partir du journal secret tenu par Gustav tout au long de sa captivité, retrace le parcours d’une famille disloquée dont les membres traverseront à eux seuls cinq camps de concentration — de Buchenwald à Auschwitz, de Mauthausen à Bergen-Belsen. L’auteur britannique Jeremy Dronfield ne se limite pas au duo père-fils : il raconte aussi le sort de Tini, la mère, et de leurs autres enfants, entre exil forcé et extermination. Le sujet central — l’amour filial comme stratégie de survie — tient le récit de bout en bout, porté par une documentation sans faille et un refus net d’édulcorer quoi que ce soit.
8. Les couturières d’Auschwitz (Lucy Adlington, 2023)

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Un atelier de haute couture à Auschwitz ? L’idée semble absurde, voire obscène. Et pourtant, à l’été 1943, Hedwig Höss, l’épouse du commandant du camp, fait créer un salon de couture pour ses propres besoins et ceux d’autres femmes de SS — y compris dans l’élite berlinoise. Lucy Adlington, historienne de la mode britannique, a mené une longue enquête et recueilli le témoignage de Bracha Berkovic, l’une des détenues qui y ont travaillé. La plupart de ces couturières, déjà modistes de profession, avaient d’abord été affectées au tri des affaires de déportés : chaque jour, une vingtaine de trains remplis d’effets personnels repartaient d’Auschwitz.
Précision importante : on est ici dans l’essai historique, pas dans le roman. Traduit dans plus de vingt langues et classé parmi les best-sellers du New York Times, le livre d’Adlington documente la survie de ces femmes grâce à leur savoir-faire, mais aussi le pillage économique orchestré par le régime nazi — l’aryanisation des entreprises textiles, l’exploitation de marques comme Hugo Boss ou C&A. On confectionne des robes élégantes à quelques mètres des chambres à gaz : ce contraste-là, une fois posé, ne vous quitte plus.
9. Le choix d’Edith (Edith Eger, 2018)

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Dernier titre de cette sélection, et le plus atypique. Il ne s’agit ni d’un roman ni d’un document historique, mais d’un témoignage autobiographique doublé d’un livre de psychologie. En 1944, Edith Eger a seize ans quand elle est déportée à Auschwitz avec sa famille. Repérée par Josef Mengele en personne, elle est contrainte de danser pour lui. Ses parents sont gazés le jour même de leur arrivée. Avec sa sœur Magda, Edith survit à Auschwitz, aux marches de la mort, à Mauthausen et à Gunskirchen, avant d’être libérée par les soldats américains — à peine vivante, extraite d’un tas de cadavres.
Mais le cœur du livre se situe dans l’après. Edith émigre aux États-Unis en 1947, étudie la psychologie et devient spécialiste du stress post-traumatique. Elle consacre sa carrière à accompagner des patient·es abîmé·es par la vie : anciens combattants, femmes victimes de violence, enfants en souffrance. L’originalité de cet ouvrage tient à son refus de séparer le récit de la déportation de la question de la reconstruction. Edith Eger y formule une interrogation qui traverse tout le livre : peut-on choisir de ne plus être prisonnier·ère de son passé ? Sa réponse, forgée par des décennies de pratique clinique, fait de ce livre autre chose qu’un témoignage de guerre : c’est un ouvrage sur la possibilité même de guérir.