Initial D est un seinen manga de Shūichi Shigeno, prépublié de 1995 à 2013 dans le Weekly Young Magazine et compilé en quarante-huit tomes. On y suit Takumi Fujiwara, livreur de tofu devenu pilote redoutable sur les routes de montagne japonaises, au volant de sa Toyota AE86. Avec plus de 50 millions d’exemplaires vendus, le manga a contribué à populariser la culture du drift dans le monde entier.
Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici quelques suggestions dans la même veine.
1. Capeta (Masahito Soda, 2003)

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Kappeita Taira, dit Capeta, a huit ans, une mère disparue et un père accaparé par le travail. Il vit dans une solitude qu’il s’efforce de cacher, avec pour seul horizon les voitures de course. Sa vie change le jour où son père lui fabrique un kart de bric et de broc, sans même disposer d’un vrai moteur — celui d’un générateur fera l’affaire. Sur la piste, le gamin se révèle d’emblée redoutablement rapide, au point de surprendre des pilotes bien plus aguerris.
Sérialisé dans le Monthly Shōnen Magazine de Kodansha entre 2003 et 2013, Capeta suit son héros du karting amateur jusqu’aux formules de promotion. Le manga a reçu le prix Kodansha du meilleur shōnen en 2005 et a été adapté en anime de 52 épisodes. Là où Initial D se jouait sur des routes de montagne la nuit, Capeta situe ses enjeux sur des circuits officiels, avec un souci permanent de vraisemblance technique : réglages des châssis, choix de pneumatiques, lecture des trajectoires.
2. Michel Vaillant (Jean Graton, 1957)

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Créée en 1957 dans les pages du Journal de Tintin, la série Michel Vaillant est la plus longue saga de bande dessinée consacrée au sport automobile. Son héros, pilote de l’écurie familiale Vaillante, court sur les circuits du monde entier — Le Mans, Monaco, Indianapolis — dans un univers où personnages fictifs côtoient de véritables figures de la course, comme Jacky Ickx ou Alain Prost (ce dernier a d’ailleurs confié devoir sa vocation à la lecture de ces albums).
Ce qui rend Michel Vaillant singulier, c’est l’obsession documentaire de Jean Graton : le dessinateur se rendait en personne sur les circuits pour y croquer les bolides, les stands, les tracés. En soixante-dix albums, il a suivi l’évolution réelle du sport automobile, des barquettes des années 1950 jusqu’aux monoplaces à effet de sol. Depuis 2012, son fils Philippe a repris le scénario pour une nouvelle saison chez Dupuis, confiée aux dessinateurs Benjamin Benéteau et Marc Bourgne.
3. Mauro Caldi (Denis Lapière & Michel Constant, 1987)

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Dans l’Italie des années 1950, Mauro Caldi est un jeune mécanicien qui ne vit que pour une chose : s’installer au volant d’une voiture de course. Protégé par son ami Gigi, il parvient à s’aligner sur le circuit des Mille Miglia. Mais ceux qui financent sa machine n’ont rien de philanthrope : Mauro se retrouve pris entre deux familles mafieuses en guerre ouverte, et la course n’est bientôt plus qu’un prétexte à des règlements de comptes autrement plus brutaux.
Créée en 1987 par le dessinateur Michel Constant et le scénariste Denis Lapière, la série est dessinée en ligne claire, dans la tradition graphique belge. Ce trait net et épuré convient parfaitement au cadre du récit : la lumière crue de la Sicile, l’élégance des Ferrari et des Lancia d’époque. Rééditée dans la collection Calandre des éditions Paquet, Mauro Caldi fait tenir ensemble intrigue policière, aventure automobile et chronique d’une Italie d’après-guerre où la mafia régente encore des pans entiers de la société.
4. Grand Prix (Marvano, 2010)

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Trilogie publiée chez Dargaud entre 2010 et 2012, Grand Prix se situe dans l’Europe des années 1930, à une époque où les pilotes de course risquent leur vie à chaque départ — pas de ceinture de sécurité, des réservoirs d’essence à peine protégés, et des bolides lancés à plus de 300 km/h sur certains tracés. Les héros, Rudi et Bernd — librement inspirés de Caracciola et Rosemeyer — savent qu’un tête-à-queue à cette vitesse ne pardonne pas.
Mais le vrai sujet est politique : dès 1933, le régime nazi s’empare de la course automobile pour en faire un outil de propagande. Mercedes et Auto Union reçoivent des fonds massifs à condition de gagner pour la gloire du Reich. Marvano, déjà connu pour son adaptation de La Guerre éternelle de Joe Haldeman, s’est appuyé sur une documentation très fournie — les anecdotes et résultats de course semblent systématiquement vérifiés. Le récit en sort parfois très dense, mais c’est aussi ce qui lui donne sa valeur : on referme ces trois albums avec le sentiment d’avoir appris quelque chose.
5. En selle, Sakamichi ! (Wataru Watanabe, 2008)

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Avant de devenir cycliste, Sakamichi Onoda n’avait qu’une ambition : rejoindre le club d’anime de son lycée. Problème : le club a fermé faute de membres. Ce que Sakamichi ignore, c’est que ses allers-retours hebdomadaires de 90 kilomètres à vélo jusqu’à Akihabara — sur un simple vélo de ville, y compris sur des côtes à plus de 20 % — lui ont forgé une endurance et des jambes de grimpeur hors pair. Repéré par deux cyclistes de son lycée, il intègre le club de cyclisme presque par accident.
Prépublié depuis 2008 dans le Weekly Shōnen Champion, ce manga (aussi connu sous le titre Yowamushi Pedal) dépasse les 90 tomes au Japon. Il a été adapté en cinq saisons d’anime et a remporté le prix Kodansha du meilleur shōnen en 2015. Le sport est différent, mais la mécanique narrative reste proche d’Initial D : un protagoniste dont personne ne soupçonne le potentiel, des rivalités construites course après course, et la même fébrilité avant chaque coup de pédale.