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Que lire après « Ghost in the Shell » de Masamune Shirow ?

Que lire après « The Ghost in the Shell » de Masamune Shirow ?

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The Ghost in the Shell est un manga de science-fiction de Masamune Shirow, prépublié dans le Young Magazine entre 1989 et 1990 puis compilé en un volume unique. On y suit le Major Motoko Kusanagi et la Section 9, une unité anti-cyberterroriste, dans un Japon du milieu du XXIe siècle où la frontière entre l’humain et la machine s’est presque entièrement effacée.

Conscience, identité, conséquences de l’interconnexion numérique : ces questions traversent le manga avec une acuité qui n’a pas vieilli. Il a engendré une franchise considérable — films d’animation de Mamoru Oshii, séries Stand Alone Complex, adaptation hollywoodienne — et les Wachowski le citent parmi les influences majeures de Matrix.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions qui devraient vous occuper un moment.


1. Appleseed (Masamune Shirow, 1985)

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Au XXIIe siècle, après une Troisième Guerre mondiale non nucléaire, Dunan Knut et le cyborg Briareos Hecatonchires sont recueillis par Olympus, une cité-État bâtie au milieu de l’Atlantique. Cette métropole utopique, peuplée à 80 % de Bioroïdes — des êtres humains génétiquement modifiés — ambitionne de fédérer les nations survivantes et de restaurer un semblant d’ordre sur une Terre dévastée. Intégrés à l’ES.W.A.T., la branche d’élite de la police d’Olympus, les deux anciens commandos du SWAT de Los Angeles s’équipent de Landmates, des exosquelettes de combat, pour affronter terroristes et factions rivales.

Appleseed est la première série longue de Masamune Shirow, récompensée par le prix Seiun 1986 du meilleur manga. On y retrouve les obsessions de l’auteur — cybernétique, philosophie politique, annotation frénétique en marge des planches — mais dans un registre plus ouvertement politique que The Ghost in the Shell. La question centrale n’est plus « qu’est-ce que la conscience ? » mais « l’humanité est-elle capable de vivre en paix, et à quel prix ? ». Quatre volumes denses, jamais complétés d’un cinquième pourtant promis, qui contiennent déjà en germe tout l’univers intellectuel de Shirow.


2. Gunnm (Yukito Kishiro, 1990)

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Sous la cité suspendue de Zalem, la Décharge s’étend à perte de vue : un bidonville brutal, sans loi, où la survie seule tient lieu de règle. C’est là qu’Ido, cybernéticien de génie, déterre les restes d’une cyborg amnésique à laquelle il donne le nom de Gally. Dotée d’un nouveau corps, Gally découvre qu’une redoutable technique de combat martienne anti-cyborg, le Panzer Kunst, est inscrite en elle. De chasseuse de primes à championne de Motorball, elle se heurte à des adversaires d’un tout autre calibre — le terrifiant Makaku, le savant fou Desty Nova — sans jamais cesser de chercher qui elle était avant de perdre la mémoire.

Ce qui rend Gunnm si singulier, c’est la façon dont Kishiro ancre la question de l’identité non pas dans des dialogues philosophiques, mais dans le corps même de son héroïne : un cerveau humain logé dans une enveloppe mécanique, fracassé et reconstruit à chaque arc narratif. La série a laissé une empreinte durable sur la pop culture mondiale — George Miller cite Gunnm comme une influence directe sur Mad Max: Fury Road — et a été portée au cinéma par Robert Rodriguez sous le titre Alita: Battle Angel en 2019. Neuf volumes, prolongés par Gunnm Last Order puis Gunnm Mars Chronicle.


3. Akira (Katsuhiro Ōtomo, 1982)

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Le 6 décembre 1982, une explosion d’un genre inconnu rase Tokyo et déclenche la Troisième Guerre mondiale. Trente-huit ans plus tard, Néo-Tokyo a été rebâtie à l’emplacement de l’ancienne capitale, mais la ville est rongée par la corruption, les émeutes et la paranoïa militaire. Kaneda et sa bande de jeunes motards désœuvrés croisent la route du Numéro 26, un enfant au visage de vieillard doté de pouvoirs psychiques. Leur camarade Tetsuo, blessé lors de cette rencontre, est récupéré par l’armée et soumis à des expérimentations secrètes. Ses facultés télékinétiques se réveillent alors sans qu’il puisse les contrôler, et un nom revient en boucle : Akira.

Prépublié dans le Young Magazine de 1982 à 1990, Akira est une fresque de plus de 2 200 planches qui a redéfini ce que la bande dessinée pouvait accomplir. Ōtomo y a consacré huit ans, et cela se lit dans la densité visuelle de chaque page : architectures titanesques, foules en mouvement, destructions d’une ampleur que très peu d’auteurs ont osé tenter depuis. Le manga a été le premier à rencontrer un véritable succès commercial en France, avant même Dragon Ball, et Katsuhiro Ōtomo est devenu en 2015 le premier mangaka à recevoir le Grand Prix de la ville d’Angoulême. Six volumes dont pas une page n’a pris une ride.


4. Blame! (Tsutomu Nihei, 1997)

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Killy, un cyborg taciturne, arpente la Mégastructure — une cité labyrinthique de plusieurs milliers d’étages, en expansion perpétuelle, construite par des Bâtisseurs devenus autonomes. Armé d’un émetteur de gravitons d’une puissance dévastatrice, il cherche un porteur de gènes sains et un terminal génétique qui permettraient de rétablir l’accès à la Résosphère, le réseau numérique autrefois contrôlé par le Bureau gouvernemental. Sur sa route, il rencontre Shibo, une scientifique qui l’accompagne, ainsi que des poches de survivants humains traqués par les Sauvegardes et les Silicates.

Ancien architecte de formation, Tsutomu Nihei insuffle à Blame! un sens de l’espace et de la verticalité qui n’a pas d’équivalent connu dans le manga. Les dialogues sont rares, parfois absents sur des dizaines de pages consécutives ; la narration repose presque entièrement sur l’immensité écrasante des décors et sur un silence de cathédrale. L’esthétique biomécanique, qui évoque le travail de H.R. Giger, et les influences revendiquées — Iain M. Banks, Greg Egan, Larry Niven — ancrent la série dans la tradition de la hard SF. Dix volumes (ou six en édition Deluxe), adaptés en film d’animation par Netflix en 2017.


5. Pluto (Naoki Urasawa et Osamu Tezuka, 2003)

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Le robot Mont-Blanc, héros de la 39e guerre d’Asie centrale, est retrouvé détruit dans les Alpes suisses. Peu après, un chercheur en robotique est assassiné dans des circonstances similaires. Chaque victime porte d’étranges cornes sur la tête. L’inspecteur Gesicht, agent d’Europol et lui-même l’un des sept robots les plus puissants de la planète, prend en charge l’enquête. Il réalise rapidement que ces sept robots — dont il fait partie, aux côtés d’Atom — sont les cibles d’un même tueur.

Pluto est la réinterprétation par Naoki Urasawa de l’arc « Le Robot le plus fort du monde » d’Astro, le petit robot d’Osamu Tezuka, réalisée avec l’accord et la supervision de Makoto Tezuka, fils d’Osamu. Urasawa transforme le matériau d’origine en un thriller politique et philosophique où la question « un robot peut-il tuer ? » devient le pivot d’un récit policier à l’architecture complexe. Le contexte politique — la série débute en 2003, au moment de l’invasion de l’Irak, et la transposition est à peine voilée — ancre la fiction dans une réalité que le lecteur·ice reconnaît immédiatement. Huit volumes récompensés par le Grand Prix Osamu Tezuka 2005 et le Prix intergénérations du Festival d’Angoulême 2011. Adapté en série animée par Netflix en 2023.


6. Eden: It’s an Endless World! (Hiroki Endo, 1997)

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Dans la seconde moitié du XXIe siècle, le closure virus — un mal d’origine inconnue qui durcit l’épiderme et liquéfie les organes internes — décime 15 % de la population mondiale. Le Propater, une organisation aux méthodes radicales, renverse l’ONU et tente d’instaurer un gouvernement fédéral mondial. Le récit suit d’abord Enoa Ballard et Hannah Mayal, deux enfants immunisés contre le virus, avant de sauter vingt ans en avant pour se recentrer sur Elijah, le fils d’Enoa, adolescent livré à lui-même dans une Amérique du Sud ravagée par la guérilla, accompagné de Chérubin, une intelligence artificielle.

Eden est un récit choral et non linéaire qui refuse de se cantonner à un seul genre : SF, polar, drame familial, roman d’apprentissage, réflexion sur le gnosticisme et le nihilisme. Hiroki Endo — qui revendique l’influence de Katsuhiro Ōtomo — y adopte un ton d’une brutalité sèche : aucun personnage n’est protégé par son statut, et la distinction entre « bons » et « méchants » n’a tout simplement pas cours. Le magazine Wizard l’a élu meilleur manga de l’année 2007, et Publishers Weekly le classe parmi les meilleures bandes dessinées cyberpunk aux côtés de The Ghost in the Shell. Dix-huit volumes disponibles en Perfect Edition chez Panini.


7. No Guns Life (Tasuku Karasuma, 2014)

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Dans un monde d’après-guerre, la mégacorporation Berühren a saturé la société d’Extends — des individus dotés d’extensions cybernétiques conçues à l’origine pour le champ de bataille. Jûzô Inui est un Over-Extended de type Gun Slave Unit : on lui a implanté un revolver fonctionnel à la place de la tête. Il est pourtant incapable de presser sa propre détente et doit confier ce geste à une personne de confiance. Reconverti en détective privé spécialisé dans les affaires liées aux Extends, Jûzô se retrouve embarqué malgré lui lorsqu’un fugitif lui confie un enfant recherché par Berühren.

Le ton de No Guns Life emprunte autant au polar hard-boiled qu’au cyberpunk — un détective désabusé, fumeur de cigarettes spéciales qui atténuent la douleur des implants, dans une ville nocturne et corrompue. Karasuma s’intéresse de près à la condition des anciens soldats augmentés, rejetés par la société en temps de paix et contraints de se faire installer de nouvelles extensions pour simplement trouver du travail. Le design extravagant des Extends (homme à tête de moto, corps entièrement constitué de bras) nourrit des affrontements inventifs, portés par un trait nerveux et un travail sur les ombres qui doit beaucoup au polar américain. Treize volumes publiés chez Kana.


8. Biomega (Tsutomu Nihei, 2004)

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En l’an 3005, une mission de recherche sur Mars ramène sur Terre le virus N5S, qui transforme les humains en drones — des créatures difformes et agressives. L’agent Zoichi Kanoe, un être de synthèse fabriqué par la Toa Heavy Industries, est envoyé sur l’île artificielle de 9JO avec une quinzaine d’heures devant lui pour retrouver les rares immunisés. Accompagné de Fuyu, une intelligence artificielle intégrée à sa moto, il affronte les forces de la Data Recovery Foundation et du Service de Santé Publique, deux factions qui entendent chacune remodeler l’humanité à leur image.

Là où Blame! reposait sur la marche solitaire et le silence, Biomega opte pour une frénésie d’action ininterrompue : courses-poursuites à plus de 600 km/h dans des boyaux urbains, fusillades, combats de sabres futuristes. Nihei y conserve son architecture démesurée et son esthétique biomécanique, mais accélère le rythme jusqu’à un retournement radical à mi-parcours qui fait basculer le récit sur un tout autre terrain. La série partage son univers avec Blame! — on y retrouve la Toa Heavy Industries — et permet de voir Nihei en transition entre l’opacité narrative de ses débuts et la clarté de Knights of Sidonia. Six volumes (ou trois en édition Deluxe) chez Glénat.


9. Origin (Boichi, 2016)

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Tokyo, 2048. Le Japon est relié à l’Eurasie par une ligne ferroviaire transcontinentale, et la capitale croule sous la criminalité et le terrorisme. Des meurtres inexpliqués se multiplient — l’opinion publique ignore encore qu’ils sont commis par des androïdes. L’un de ces robots, Origin, a choisi de s’y opposer. Créé à Hokkaido par un scientifique qui lui a laissé pour unique directive de « mener une vie convenable », Origin traque ses huit « frères ». En parallèle, il tente de se fondre dans la société humaine — payer ses factures, gérer sa consommation d’énergie, comprendre les émotions qu’il n’est pas censé ressentir.

Boichi — mangaka sud-coréen connu pour Sun-Ken Rock et le dessin de Dr. Stone — signe avec Origin sa première série de science-fiction en solo. Le récit rend hommage aux lois de la robotique d’Isaac Asimov, mais les confronte à l’imprécision d’un commandement humain : que signifie « convenable » pour une machine face à la violence et à l’injustice ? Les scènes de combat, d’une virtuosité graphique peu commune, alternent avec des moments d’introspection où Origin analyse, raisonne et doute. Dix volumes chez Pika, dans lesquels l’auteur aborde l’aspect technique, mécanique et énergétique de ses robots avec une rigueur inhabituelle pour le genre.