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Que lire après « Bonne nuit Punpun » d'Inio Asano ?

Que lire après « Bonne nuit Punpun » d’Inio Asano ?

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Bonne nuit Punpun est un seinen manga écrit et dessiné par Inio Asano, prépublié entre 2007 et 2013 au Japon et édité en France par Kana en 13 volumes. On y suit Punpun, un garçon représenté sous les traits d’un oiseau stylisé, de l’enfance à l’âge adulte — violence domestique, premier amour obsessionnel, décrochage progressif de la réalité.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations susceptibles de vous intéresser.


1. Solanin (Inio Asano, 2005)

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À Tokyo, Meiko et Taneda forment un couple de jeunes diplômés confrontés à la dureté du monde du travail. Elle occupe un poste de bureau qu’elle exècre ; lui survit comme illustrateur freelance et joue de la guitare dans un groupe amateur avec ses amis. Deux ans après la fac, l’avenir qu’ils s’étaient imaginé ne ressemble à rien de ce qu’ils vivent.

En deux tomes, Asano saisit avec justesse le désarroi d’une génération coincée entre des emplois alimentaires et des ambitions qui reculent chaque jour. La musique y tient un rôle central : c’est par elle que les personnages tentent de se réapproprier une vie qui leur échappe. Un deuil soudain vient fracasser ce statu quo et oblige chacun·e à décider ce qu’il ou elle est prêt·e à risquer.

Solanin offre un format plus ramassé et une tonalité moins noire que Bonne nuit Punpun, mais la même lucidité sur les compromis de l’âge adulte.


2. Dead Dead Demon’s Dededededestruction (Inio Asano, 2014)

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Depuis trois ans, un gigantesque vaisseau extraterrestre flotte au-dessus de Tokyo. Les forces armées abattent régulièrement les petits engins qui s’en échappent, mais la population a fini par s’y habituer. C’est dans ce monde en sursis que Kadode et Ôran, deux lycéennes inséparables, vivent leur dernière année d’études — cours, jeux vidéo, discussions futiles — comme si le vaisseau au-dessus de leurs têtes n’existait pas.

Derrière cette prémisse de science-fiction, Asano livre une allégorie du Japon post-Fukushima, où la menace permanente finit par se fondre dans la banalité des jours. Le manga oscille entre les préoccupations légères des deux amies et la mécanique géopolitique qui s’emballe en arrière-plan — politiciens opportunistes, industrie de l’armement, opinion publique fracturée entre va-t-en-guerre et pacifistes.

Avec ses 12 volumes, cette série représente le projet le plus ambitieux d’Asano : une fresque chorale sur la façon dont une société s’habitue à vivre sous la menace, jusqu’à ne plus la voir.


3. Les Fleurs du mal (Shūzō Oshimi, 2009)

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Takao Kasuga est un collégien introverti qui voue un culte à Baudelaire et à son recueil Les Fleurs du mal. Un soir, saisi par une pulsion inexplicable, il dérobe les vêtements de sport de Nanako Saeki, la fille qu’il idéalise en silence. Sawa Nakamura, une camarade asociale et imprévisible, l’a vu : elle le fait chanter et l’entraîne dans une escalade de provocations.

Ce chantage fait voler en éclats la façade d’une petite ville de province où chacun·e est tenu·e de rester dans le rang. L’histoire s’inspire directement de la jeunesse d’Oshimi : sa lecture de Baudelaire adolescent, son sentiment d’enfermement, jusqu’au personnage de Sawa, qu’il a modelé d’après sa propre femme.

Tout au long de ses 11 volumes, Les Fleurs du mal dissèque le malaise adolescent — la honte, le désir de transgression et cette conviction intime, tenace, de n’avoir rien en commun avec ceux qui vous entourent.


4. Les Liens du sang (Shūzō Oshimi, 2017)

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Vue de l’extérieur, la famille de Seiichi n’a rien de particulier : un père salarié souvent absent, une mère au foyer attentionnée, un pavillon banal en périphérie. Mais Seiko, sa mère, le couve avec une intensité anormale. Elle le traite encore comme un petit enfant et bâtit tout son univers autour de lui. Le récit pivote autour de cette emprise maternelle, dont Seiichi ne perçoit pas les contours avant qu’il ne soit trop tard.

Sur 17 volumes, Oshimi construit un thriller psychologique à l’atmosphère irrespirable, où chaque sourire maternel recèle une menace sourde. Sa mise en scène — gros plans sur les visages, silences prolongés, pages quasi muettes — rend le trouble physique, presque sensoriel.

Les Liens du sang poursuit les obsessions d’Oshimi après Les Fleurs du mal : la cruauté qui ne laisse pas de traces visibles, le décalage entre ce que l’on montre et ce que l’on subit, et ces liens familiaux qui broient ceux qu’ils prétendent protéger.


5. Boy’s Abyss (Ryō Minenami, 2020)

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Reiji Kurose végète dans un bourg isolé où rien ne se passe. Il s’occupe de sa grand-mère atteinte de démence, supporte un frère violent et une mère résignée. Son seul horizon semble être de rester là, indéfiniment. Un soir, il rencontre Nagi Aoe, une idole du groupe Acrylic échouée dans la supérette locale. Elle lui propose de mourir avec elle.

Cette scène inaugurale donne le ton d’une série où chaque personnage est à la fois victime et bourreau de quelqu’un d’autre. L’amie d’enfance Chako, la professeure Shiba, l’écrivain Esemori — tous sont enfermés dans leurs propres impasses et s’agrippent à Reiji comme à une bouée de sauvetage qui coule. La ville elle-même, avec son « abysse des amoureux » rendu célèbre par un double suicide littéraire, fonctionne comme un cul-de-sac dont personne ne parvient à s’extraire.

Étiré sur 18 volumes, Boy’s Abyss déroule un engrenage implacable qui rappellera aux lecteur·ices de Bonne nuit Punpun l’impression de voir les murs se resserrer, chapitre après chapitre, sans qu’aucune issue ne se dessine.


6. Le péché originel de Takopi (Taizan5, 2021)

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Takopi est un petit extraterrestre venu de la planète Happy avec pour mission de répandre la joie sur Terre. La première humaine à l’accueillir est Shizuka, une écolière au visage éteint, victime de harcèlement scolaire et de négligence parentale. Avec ses « happy gadgets », Takopi tente de lui rendre le sourire — mais chacune de ses interventions ne fait qu’aggraver la situation, jusqu’à un point de non-retour.

Sous une apparence enfantine qui évoque Doraemon, ce manga de deux tomes seulement frappe par la noirceur de son propos. Le contraste entre la naïveté de Takopi et la brutalité du quotidien de Shizuka — maltraitance, misère sociale, suicide — rend chaque tentative d’aide plus dévastatrice que la précédente.

Ce diptyque pose sans détour la question : que peut la bonne volonté face à une détresse que personne, autour de Shizuka, ne veut regarder en face ?


7. My Broken Mariko (Waka Hirako, 2019)

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Tomoyo apprend par le journal télévisé que Mariko, sa meilleure amie, est morte. Tout indique un suicide. Mariko a subi pendant des années la violence de son père — et Tomoyo, malgré ses efforts, n’a jamais réussi à la sortir de cet enfer. Hors de question de laisser le père garder les cendres : elle se rend chez lui, vole l’urne funéraire et prend la fuite.

Ce qui suit est une fuite en avant avec l’urne sous le bras : Tomoyo cherche un lieu digne pour disperser les restes de son amie, lestée de sa propre culpabilité de survivante. Colère, tendresse, souvenirs douloureux : tout se téléscope en quelques jours. Si l’ensemble ne sombre jamais dans le mélodrame, c’est en grande partie grâce au tempérament volcanique de Tomoyo, qui refuse de s’effondrer.

Premier manga de Waka Hirako, ce one-shot en un seul volume tient sa force du lien entre les deux femmes : une amitié féroce, imparfaite, qui ne s’éteint pas avec la mort de Mariko mais se transforme en moteur de révolte.