Cherub est une série de romans pour la jeunesse créée par l’auteur britannique Robert Muchamore, dont le premier tome, 100 jours en enfer, a été publié en 2004. La série compte dix-sept tomes et raconte les missions de James Adams, un orphelin recruté par CHERUB, une branche ultrasecrète des services de renseignement britanniques qui emploie exclusivement des agents mineurs, âgés de dix à dix-sept ans. Leur avantage : aucun criminel ne soupçonne un adolescent d’être un espion. La série aborde des sujets aussi variés que le terrorisme, le trafic de drogue, les sectes ou le crime organisé, et décrit avec franchise le quotidien d’adolescents — premières amours, conflits d’ego et coups de tête inclus. Publiée en France par Casterman et traduite dans une vingtaine de langues, elle est devenue l’une des séries les plus lues dans les CDI de collèges et les bibliothèques jeunesse.
Si vous avez dévoré les missions de James et de Lauren Adams et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici des recommandations dans la même veine. Tous les titres présentés ici s’adressent à une tranche d’âge comparable à celle de Cherub — globalement de 11 à 15 ans, même si certains peuvent se lire un peu plus tôt ou un peu plus tard selon la maturité du lecteur ou de la lectrice.
1. Henderson’s Boys – Tome 1 : L’Évasion (Robert Muchamore, 2009)

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Été 1940. L’armée d’Hitler déferle sur la France et des millions de civils fuient sur les routes. Au milieu de ce chaos, l’espion britannique Charles Henderson tente de retrouver deux jeunes Anglais traqués par les nazis. C’est un gamin de douze ans, Marc Kilgour, tout juste échappé de son orphelinat, qui va l’aider : il connaît les routes, parle français et passe inaperçu là où un adulte anglais se ferait repérer en dix secondes. Pour les services de renseignement britanniques, c’est une révélation : un enfant peut se faufiler là où aucun espion adulte n’a de chance. Cette idée finira par donner naissance à l’organisation CHERUB elle-même.
Henderson’s Boys est la préquelle officielle de Cherub et raconte, en sept tomes, comment le programme a vu le jour. Le cadre a changé (on troque les banlieues contemporaines pour la France occupée) mais la recette reste reconnaissable : des jeunes obligés de prendre des risques d’adultes et des missions où le moindre faux pas peut être fatal. Sauf qu’ici, les ennemis sont des soldats de la Wehrmacht (l’armée régulière allemande), les enjeux sont ceux d’un pays sous occupation, et les conséquences d’un échec ne se règlent pas par un passage chez la directrice du campus. Pour qui a aimé Cherub, c’est le prolongement le plus logique, et la meilleure façon de comprendre d’où vient toute l’histoire.
Tranche d’âge conseillée : les indications varient selon les sources — Casterman indique « de 11 à 15 ans », la Fnac mentionne « dès 13 ans ». Le ton est globalement un cran plus sombre que dans Cherub, contexte historique oblige.
2. Killer T (Robert Muchamore, 2018)

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Harry, quatorze ans, vit à Las Vegas et rêve de suivre les traces de sa mère, photographe et journaliste décédée. Lorsqu’une explosion secoue son lycée, il se jette dans la fumée pour capturer des images — un réflexe de reporter, pas de survie. C’est là qu’il croise Charlie, une adolescente accusée à tort d’avoir posé la bombe. Harry tente de la disculper, échoue, et Charlie finit en prison. Deux ans passent. Quand elle en sort, le monde a profondément changé : la modification génétique s’est banalisée, les cancers appartiennent presque au passé, et la perfection physique se programme en laboratoire. Mais des terroristes viennent de créer Killer T, un virus synthétique au taux de mortalité de 90 %, et réclament un milliard de dollars pour en livrer le vaccin. Harry, devenu entre-temps journaliste pour un site d’information local, retrouve la trace de Charlie : elle travaillerait pour un laboratoire clandestin impliqué dans la fabrication du virus.
Ce roman autonome (un one-shot, pas de suite à attendre) marque un virage pour Muchamore : on quitte l’espionnage pour un thriller de science-fiction. L’histoire couvre plusieurs années — on voit Harry et Charlie grandir, s’aimer, se trahir, se retrouver — dans un monde où n’importe qui, avec du matériel de laboratoire accessible, peut bricoler un virus mortel dans son garage. C’est plus long (plus de 500 pages), plus dense et plus adulte que Cherub. Les chapitres restent courts et les rebondissements fréquents, mais le récit pose des questions morales que les missions de James Adams n’abordaient pas : jusqu’où peut-on laisser la science avancer sans contrôle ? Que sacrifie-t-on pour rester en vie ?
Tranche d’âge conseillée : Ricochet (Institut suisse Jeunesse & Médias) recommande « à partir de 13 ans ». Le roman aborde des thèmes plus mûrs — bioterrorisme, relations amoureuses complexes, deuil — et conviendra mieux aux lecteur·ices qui ont déjà quelques tomes de Cherub derrière eux.
3. Rush – Tome 1 : Dette de sang (Phillip Gwynne, 2013)

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Gold Coast, Australie. Dom Silvagni a quinze ans, des parents fortunés, du soleil à revendre et une carrière prometteuse en athlétisme. Bref, la vie rêvée — jusqu’à ce que son père et son grand-père lui révèlent, le jour de son anniversaire, un secret familial accablant. La famille Silvagni, originaire de Calabre (dans le sud de l’Italie), a contracté une dette auprès de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise — l’une des organisations criminelles les plus puissantes au monde. Chaque descendant mâle, à ses quinze ans, doit s’acquitter de six épreuves imposées par l’organisation. En cas d’échec, la punition vient tout droit du Marchand de Venise de Shakespeare : le créancier prélèvera une livre de chair sur le corps du débiteur. Autrement dit, Dom risque une mutilation à chaque mission ratée — son grand-père, à qui il manque des doigts, en est la preuve. Premier contrat : capturer le Zolt, un adolescent hors-la-loi insaisissable que toutes les polices du monde cherchent en vain.
La série se compose de six tomes — un par contrat — et chaque volume fonctionne comme une course contre la montre, avec une date butoir, un objectif précis et une menace physique très concrète. Le décor australien (îles paradisiaques, résidences fermées de millionnaires, routes côtières) change agréablement des rues de Londres, et Dom est un héros qui n’a jamais eu à se battre pour quoi que ce soit : tout l’intérêt est de le voir s’adapter, improviser et encaisser dans un monde dont il ignorait l’existence la veille.
Tranche d’âge conseillée : Casterman situe la série « de 11 à 15 ans », tandis que la Fnac la classe « dès 13 ans ». Les chapitres courts et le rythme soutenu en font un choix naturel après Cherub, surtout si vous avez envie de changer de décor.
4. Bodyguard – Tome 1 : L’Otage (Chris Bradford, 2013)

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Oubliez l’image du gorille en costume noir et oreillette. Les meilleurs gardes du corps sont ceux que personne ne remarque, et c’est encore plus vrai quand ils ont quatorze ans. Connor Reeves est le fils d’un soldat des forces spéciales mort au combat. Champion de kickboxing, repéré pour ses réflexes et son sens du danger, il est recruté par une agence secrète qui forme des adolescents à la protection rapprochée de jeunes personnalités. Sa première mission l’envoie à Washington, où il devra veiller sur Alicia, la fille du président des États-Unis. Problème : Alicia n’a aucune envie d’être surveillée, et une cellule terroriste a d’autres projets pour elle.
Chris Bradford a suivi une véritable formation de garde du corps professionnel avant d’écrire cette série de six tomes, et cela se remarque : le roman détaille les protocoles de sécurité, les techniques d’évaluation des menaces, la conduite défensive et les stratégies d’évacuation avec un souci de vraisemblance inhabituel pour le genre. Surtout, le concept inverse la logique de Cherub. Dans Cherub, les jeunes agents vont au-devant du danger : ils s’infiltrent dans des réseaux criminels ; ici, Connor doit empêcher que le danger arrive jusqu’à sa protégée. Il ne choisit ni le terrain, ni le moment, ni l’adversaire. Il attend, il anticipe, il réagit. Le suspense change de nature : la question n’est plus « va-t-il réussir la mission ? » mais « va-t-il repérer la menace à temps ? ».
Tranche d’âge conseillée : Casterman mentionne « à partir de 12 ans », la Fnac indique « dès 13 ans ». L’action est soutenue mais le contenu reste accessible, nettement moins cru que les tomes les plus durs de Cherub sur les sujets sensibles.
5. Alex Rider – Tome 1 : Stormbreaker (Anthony Horowitz, 2000)

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Publié quatre ans avant Cherub, Stormbreaker est le livre qui a lancé la vague des romans d’espionnage pour adolescents dans les années 2000. Alex Rider, quatorze ans, mène une existence tranquille de collégien londonien jusqu’au jour où son oncle Ian — officiellement banquier — meurt dans un accident de voiture. Sauf que l’accident n’en est pas un, la banque est une couverture du MI6 (les services secrets britanniques chargés du renseignement à l’étranger), et Alex se retrouve enrôlé comme espion malgré lui. Sa première mission : découvrir ce qui se cache derrière le Stormbreaker, un ordinateur ultra-puissant que le milliardaire Herod Sayle s’apprête à distribuer gratuitement dans toutes les écoles du pays — une générosité qui inquiète le MI6.
La série compte douze tomes et a été adaptée au cinéma en 2006, puis en série télévisée. Le ton est un peu plus léger que celui de Cherub : on est davantage du côté de James Bond version adolescente, avec des gadgets ingénieux fournis par le flegmatique Smithers (un tube de crème anti-acné qui dissout le métal, une Game Boy transformée en bombe fumigène…) et des antagonistes volontiers théâtraux, qui aiment expliquer leur plan machiavélique avant de passer à l’acte. La différence majeure avec Cherub tient à la solitude du héros : là où James Adams évolue au sein d’un campus, entouré d’autres agents et encadré par une hiérarchie, Alex Rider opère le plus souvent seul, sans filet, ce qui le rend à la fois plus libre et plus exposé.
Tranche d’âge conseillée : les recommandations oscillent selon les éditions et les libraires. Hachette et la Fnac classent certaines rééditions « dès 9 ans » (collection Le Livre de Poche Jeunesse), tandis que Cultura range la série dans sa catégorie « dès 12 ans ». En pratique, Alex Rider est souvent le premier contact des jeunes lecteur·ices avec le genre espionnage et se lit un peu plus tôt que Cherub.
6. Les Effacés (Bertrand Puard, 2012)

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Ilsa, Mathilde, Émile, Zacharie et Neil ont un point commun : aux yeux de l’État français, ils sont morts. Leurs parents, qui avaient mis le nez dans des affaires sensibles, ont été assassinés sur ordre des plus hautes autorités du pays, et leurs enfants ont été « effacés » : rayés de tout registre civil et enterrés dans de fausses tombes. Leur sauveur : le mystérieux professeur Nicolas Mandragore, ancien directeur de l’Institut médico-légal de Paris, qui les a recueillis et entraînés dans la clandestinité. Ensemble, ces cinq adolescents vont rouvrir des affaires que les autorités ont classées un peu trop vite — et forcer à la surface des vérités que personne, en haut lieu, ne souhaite voir ressurgir.
La série, composée de six « opérations » principales, est 100 % française — une rareté dans un genre dominé par les auteurs anglo-saxons. L’action se déroule à Lyon, à Paris, dans des stades et des laboratoires de haute sécurité, pas à Londres ni à Washington. Le premier tome, Toxicité maximale, envoie le groupe enquêter sur un industriel du secteur pharmaceutique qui a fait répandre un virus dans Lyon pour ensuite vendre l’antidote au prix fort. Le ton est résolument politique : on y croise des ministres corrompus, des services de renseignement qui couvrent leurs bavures et des décisions prises au sommet de l’État pour protéger des intérêts privés. Là où Cherub met des adolescents au service du gouvernement britannique (un gouvernement qui, même s’il instrumentalise des mineurs, cherche en principe à arrêter les criminels), Les Effacés part d’un postulat inverse : le gouvernement est l’ennemi, et les héros sont des fantômes que personne ne peut aider puisqu’ils n’existent plus.
Tranche d’âge conseillée : la Fnac classe la série « dès 13 ans », Cultura indique « à partir de 12 ans », et Hachette Romans mentionne « à partir de 14 ans » pour certaines éditions. Le récit plaira surtout aux lecteur·ices qui apprécient les histoires où l’on ne sait pas toujours qui croire, et où ceux qui sont censés protéger les citoyens sont parfois les premiers à leur nuire.