Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda ?

Que lire après « Ensemble, c’est tout » d’Anna Gavalda ?

Cette page contient des liens affiliés vers Amazon et la Fnac. Si vous achetez un livre en passant par l’un de ces liens, nous touchons une petite commission — sans aucun surcoût pour vous. Une façon simple de nous soutenir. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Ensemble, c’est tout est un roman d’Anna Gavalda publié en 2004 aux éditions Le Dilettante. Il raconte la rencontre, dans un grand appartement parisien au pied de la tour Eiffel, de quatre personnages cabossés par la vie : Camille, jeune femme anorexique qui a renoncé au dessin pour faire des ménages de nuit ; Philibert, aristocrate bègue et passionné d’histoire ; Franck, cuisinier au tempérament volcanique ; et Paulette, la grand-mère de ce dernier, 83 ans, qui se laisse mourir dans une maison de retraite. Ces quatre-là n’avaient aucune raison de se croiser. Ils vont pourtant former une famille de substitution — choisie, voulue, et d’autant plus précieuse. Adapté au cinéma par Claude Berri en 2007 avec Audrey Tautou et Guillaume Canet, le roman a connu un succès considérable et reste l’un des titres les plus emblématiques de la littérature française contemporaine dite « feel-good ».

Si vous êtes à la recherche de lectures similaires, voici quelques recommandations : des histoires de solitaires qui se trouvent, de familles recomposées par le hasard, et de personnages qui se relèvent — ensemble, évidemment.


1. La Consolante (Anna Gavalda, 2008)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Architecte parisien de 47 ans, Charles Balanda apprend par une lettre la mort d’Anouk, la mère d’un ami d’enfance perdu de vue depuis des années. En apparence, rien de grave. Mais Anouk avait été pour lui, gamin, la figure d’un monde libre et passionné, aux antipodes du milieu petit-bourgeois dans lequel il avait grandi. Sa disparition rouvre tout ce qu’il avait soigneusement refermé. Charles perd l’appétit, le sommeil, et finit par lâcher ses chantiers pour comprendre pourquoi cette mort le dévaste — et pourquoi sa propre vie, pourtant confortable, lui semble désormais si vide.

C’est au bout de cette errance qu’il rencontre Kate, une Anglaise drôle et débordée, qui élève une ribambelle d’enfants dans un vieux château de campagne. Autour d’elle, tout est bruyant, chaotique, plein de boue et de rires. Le titre fait référence à la pétanque : la consolante est cette dernière partie qu’on joue pour le plaisir, sans enjeu, quand le tournoi est terminé. C’est exactement ce que ce roman propose à Charles — et à ses lecteur·ices : la possibilité de recommencer à vivre, non plus par devoir, mais par envie.


2. Il nous restera ça (Virginie Grimaldi, 2022)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Iris a 33 ans. Ancienne kinésithérapeute, elle a tout plaqué pour fuir un conjoint violent, et vit désormais d’expédients, sa vie entière tenant dans une valise. Théo a 18 ans, apprenti pâtissier, sans domicile stable et sans famille sur qui compter. Jeanne, 74 ans, vient de perdre Pierre, son mari, et tourne en rond dans une maison devenue trop grande et trop silencieuse. Pour rompre la solitude du veuvage, Jeanne décide d’ouvrir sa maison à la colocation. C’est ainsi que trois générations et trois solitudes se retrouvent sous le même toit.

Le roman donne la parole à chacun·e de ses trois protagonistes, tour à tour. Les sujets sont rudes — violences conjugales, précarité, deuil —, mais le ton ne se laisse jamais plomber, ponctué de traits d’humour et de scènes de vie quotidienne où la tendresse finit toujours par l’emporter. De simples colocataires au départ, ces trois-là deviennent, au fil des pages, une famille à part entière — pas celle du sang, mais celle qu’on se construit quand personne ne vous a rien laissé d’autre.


3. Et puis, Paulette… (Barbara Constantine, 2012)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Ferdinand, 70 ans, vit seul dans sa grande ferme depuis que son fils et sa belle-fille ont déménagé au village. L’ennui et le silence lui pèsent. Un jour, après un violent orage, il découvre que le toit de Marceline, sa voisine, menace de s’effondrer. Ses petits-fils, les Lulus — 6 et 8 ans —, ont la solution, limpide comme seuls les enfants savent l’être : il n’a qu’à l’inviter à la ferme. Ferdinand hésite. Puis cède. Et c’est le début d’une réaction en chaîne de solidarité qui va remplir la maison de voisins esseulés, d’amies quasi centenaires menacées d’expulsion, d’étudiants fauchés, d’animaux errants — et puis, Paulette…

Le clin d’œil à Ensemble, c’est tout ne relève pas du hasard : on retrouve le même principe de personnages que rien ne prédestinait à cohabiter et qui, pourtant, forment peu à peu une communauté imprévue. Barbara Constantine situe son conte en milieu rural, avec des chapitres courts, un ton délibérément léger et des personnages tous plus attachants les uns que les autres. C’est un peu utopique, parfois cousu de fil blanc — mais c’est précisément ce qui fait du bien.


4. Simple (Marie-Aude Murail, 2004)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Barnabé a 22 ans mais l’âge mental d’un enfant de trois ans. Tout le monde l’appelle Simple. Il joue aux Playmobil, parle à Monsieur Pinpin — son lapin en peluche, qui a des opinions bien tranchées — et sait compter à toute vitesse : « 7, 9, 12, B, mille, cent. » Leur mère est morte, leur père s’est remarié, et sa nouvelle femme ne veut pas de Simple sous son toit. Résultat : Barnabé a été placé à Malicroix, une institution spécialisée où il dépérit. En terminale à 17 ans, son frère Kléber refuse cette situation. Il décide de sortir Simple de là, de s’en occuper lui-même et de trouver un appartement en colocation. Le problème : les colocataires n’avaient pas exactement prévu de partager leur quotidien avec un adulte qui converse avec une peluche.

Publié à L’École des loisirs, Simple est un roman dit « jeunesse » qui n’a rien à envier à la littérature pour adultes. Marie-Aude Murail aborde le handicap mental sans misérabilisme, avec un humour constant et une justesse rare. Simple bouscule tout sur son passage — les convenances, les non-dits, les choses qu’on pense très fort sans jamais les formuler — et finit par révéler le meilleur de chaque personnage. De Kléber le protecteur à Enzo l’apprenti écrivain, en passant par Monsieur Villededieu, le voisin bougon au cœur tendre, c’est toute une micro-société qui découvre, grâce à un garçon que l’on disait « idiot », ce que veulent dire l’honnêteté et l’attention aux autres.


5. Juste avant le bonheur (Agnès Ledig, 2013)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Julie a 20 ans, un fils de trois ans prénommé Lulu, un poste de caissière dans un supermarché, un patron odieux et des fins de mois qui commencent le 5. Ses parents l’ont mise à la porte à l’annonce de sa grossesse, et elle n’a plus les moyens de croire aux contes de fées. Un jour, touché par sa détresse, Paul, un client d’une soixantaine d’années, lui propose de les accompagner — elle et Lulu — en vacances en Bretagne, dans sa maison au bord de la mer. Jeune médecin ravagé par le suicide récent de sa femme, son fils Jérôme sera du voyage.

Ce séjour va changer la donne pour chacun d’entre eux. Julie découvre la mer, Lulu les châteaux de sable, Jérôme un début d’apaisement. Mais Agnès Ledig — ancienne sage-femme qui a elle-même perdu un fils, emporté par un cancer — ne se contente pas de peindre un tableau idyllique. Le roman bascule à mi-parcours : un drame frappe de plein fouet, et l’on comprend que le titre ne décrivait pas un état, mais un compte à rebours. Prix Maison de la Presse 2013, Juste avant le bonheur est un livre sur l’entraide entre êtres abîmés, mais aussi — et surtout — sur ce que signifie continuer à vivre quand on a perdu ce qui comptait le plus.


6. Changer l’eau des fleurs (Valérie Perrin, 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Dans sa loge, elle offre le café aux visiteurs de passage, écoute leurs confidences, recueille les histoires des vivants venus saluer leurs morts. Son quotidien, entre tombes fleuries et collègues fossoyeurs au verbe haut, pourrait sembler paisible. Mais Violette a un passé qui l’est beaucoup moins : enfant de l’assistance placée en famille d’accueil, elle a cru trouver le bonheur auprès de Philippe Toussaint, un mari séduisant mais incapable de se fixer, avec qui elle a eu une fille, Léonine. Ce qui est arrivé à Léonine, on ne l’apprend que par fragments, au fil de chapitres qui naviguent entre le présent de Violette et les souvenirs qui remontent par vagues. Un jour, un homme débarque au cimetière avec une requête inhabituelle : sa mère et un inconnu ont demandé à reposer dans la même tombe. Cette demande va faire remonter des vérités que plusieurs personnages avaient tout intérêt à garder sous terre.

Le roman entrelace plusieurs histoires d’amour, de deuil et de mensonge avec une maîtrise redoutable. Prix Maison de la Presse 2018, c’est un livre sur la vie qui s’obstine à pousser, même au milieu des morts. Comme les fleurs dont il faut bien, chaque semaine, changer l’eau.


7. Chroniques de San Francisco (Armistead Maupin, 1978)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Nous sommes à la fin des années 1970. San Francisco est alors l’épicentre de la contre-culture américaine : libération sexuelle, revendications des droits homosexuels, vie communautaire, drogues récréatives — la ville attire tous ceux et celles qui ne rentrent pas dans le moule. Mary Ann Singleton, 25 ans, débarque de Cleveland, Ohio — l’Amérique profonde et conservatrice —, et s’installe au 28 Barbary Lane, une pension de famille tenue par l’excentrique et mystérieuse Mme Madrigal, du genre à offrir un joint de bienvenue plutôt qu’un verre de limonade. Autour d’elle gravite une galerie de locataires inoubliables : Mona, rédactrice publicitaire qui ne sait plus très bien ce qu’elle fait de sa vie ; Michael « Mouse » Tolliver, jeune homme gay à la recherche de l’amour ; Brian Hawkins, ex-avocat reconverti en serveur et en séducteur professionnel.

D’abord publié sous forme de feuilleton quotidien dans le San Francisco Chronicle, le roman se lit comme une comédie chorale addictive. Les chapitres sont brefs, les dialogues vifs, les rebondissements permanents. Mais sous la légèreté de surface, Armistead Maupin — lui-même figure de la communauté gay de San Francisco — fait le portrait d’une famille choisie : celle que l’on se construit, loin de ses proches biologiques, à partir de liens d’amitié et de solidarité. Cette notion, centrale dans la culture queer, donne à la saga toute sa force. Elle compte neuf tomes au total et traverse trois décennies — de la libération sexuelle à l’épidémie du sida, puis à l’ère des applications de rencontre. Le premier volume suffit à tomber sous le charme. Après, bonne chance pour ne pas enchaîner les suivants.


8. Et que quelqu’un vous tende la main (Carène Ponte, 2022)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Le Jardin des Cybèles est une maison de repos pour les personnes que la vie a mises à terre. C’est là que se retrouvent Valérie, dont la mère ne lui a jamais témoigné la moindre affection — un manque qui l’a rendue incapable, à son tour, de dire à ses propres filles qu’elle les aime, jusqu’au jour où, à bout de forces, elle a tenté de mettre fin à ses jours ; et Anna, effondrée depuis la mort subite de son nourrisson, incapable de reprendre pied. Deux femmes brisées, méfiantes, et pas franchement disposées à la conversation. Mais quelques jours après leur arrivée, elles poussent la porte de la pâtisserie voisine et font la connaissance de Charline, propriétaire chaleureuse et apparemment épargnée par les malheurs du monde. Apparemment seulement.

Roman choral à trois voix, le livre aborde le deuil, la dépression, les violences et la maternité avec une sensibilité qui ne verse jamais dans le tire-larmes. Carène Ponte alterne scènes poignantes et moments de légèreté avec un sens du dosage efficace — mention spéciale à la « théorie des petites cuillères », invoquée par la psychologue du Jardin : chaque effort quotidien coûte une cuillère, et quand on est épuisé·e, le stock est vite à sec. Lorsque Charline est frappée à son tour par un diagnostic de leucémie, les trois femmes décident de s’offrir une virée au bord de la mer. Le temps d’un séjour improvisé, elles vont s’épauler, se secouer, et réapprendre — à trois — que la vie mérite encore qu’on s’y accroche.


9. Vieux, râleur et suicidaire – La Vie selon Ove (Fredrik Backman, 2012)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Ove a 59 ans et il a décidé d’en finir. Veuf, licencié après trente ans de service, il n’a plus aucune raison de rester. En attendant, il inspecte chaque matin le lotissement suédois où il vit depuis quarante ans, vérifie la fermeture des garages, peste contre les automobilistes qui enfreignent l’interdiction de circuler, et entretient une guerre froide avec son voisin — un traître qui roule en Volvo alors qu’Ove, lui, ne jure que par les Saab. Le problème, c’est que chacune de ses tentatives de suicide est systématiquement interrompue : une corde qui cède, un chat de gouttière sans queue qui s’incruste chez lui, une nouvelle voisine enceinte et iranienne — Parvaneh — qui fracasse sa boîte aux lettres en garant la remorque et qui, comble de l’outrage, lui demande de l’aide.

Derrière la façade du vieil ours mal léché, Fredrik Backman dévoile peu à peu un homme d’une loyauté féroce, d’une générosité discrète et d’un amour infini pour sa femme disparue, Sonja — celle qui voyait le monde en couleurs quand lui ne le percevait qu’en noir et blanc. Le récit fait des allers-retours entre passé et présent, et l’on reconstitue peu à peu l’histoire d’Ove — celle d’un homme droit, buté, fidèle, que la vie a cogné sans relâche et qui refuse de se plaindre. Autour de lui, tout un quartier s’organise, malgré les apparences, pour ne pas le laisser partir. C’est drôle, c’est cruel, c’est d’une tendresse inattendue — et la dernière page vous laissera probablement avec un chat d’émotion coincé dans la gorge. Adapté deux fois au cinéma (en 2015 avec Rolf Lassgård, puis en 2022 avec Tom Hanks sous le titre A Man Called Otto), ce premier roman a fait de Backman l’un des auteurs suédois les plus lus au monde.