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Que lire après la Bible ?

Que lire après la Bible ?

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La Bible est le livre le plus diffusé de l’histoire de l’humanité. Composée de 73 livres dans le canon catholique (66 dans le canon protestant), elle se divise en deux grands ensembles : l’Ancien Testament (ou Premier Testament), rédigé en hébreu et en araméen entre le XIIe et le IIe siècle avant notre ère, et le Nouveau Testament, écrit en grec au cours de la seconde moitié du Ier siècle. Texte fondateur du judaïsme et du christianisme, la Bible a aussi nourri la littérature (de Dante à Dostoïevski), la peinture (de Michel-Ange à Rembrandt), la musique (de Bach à Messiaen) et la philosophie (de saint Augustin à Ricœur).

Mais voilà : on a lu la Bible, et maintenant ? Il est fréquent de la refermer avec autant de questions qu’on en avait en l’ouvrant — voire davantage. Qui était vraiment Jésus de Nazareth ? Pourquoi certaines pages sidèrent par leur puissance et d’autres restent opaques malgré trois relectures ? Et surtout : que faire de tout cela dans sa vie ?

Que vous soyez croyant·e en quête d’approfondissement, agnostique sur un terrain peu familier, ou simplement curieux·se d’un texte qui ne laisse personne indifférent, les livres qui suivent répondent à ces interrogations. Certains éclairent la Bible de l’intérieur — comment elle a été écrite, par qui, dans quel contexte. D’autres interrogent la figure de Jésus avec les outils de l’historien. D’autres encore posent la question de ce que signifie, concrètement, vivre en chrétien. Tous ont en commun d’être rigoureux sans être intimidants — ce qui, en matière de théologie, n’est pas un mince exploit.


1. Pour lire le Nouveau Testament (Étienne Charpentier et Régis Burnet, 2006)

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Ce guide a d’abord été l’initiative d’Étienne Charpentier, qui l’avait conçu dans les années 1980 pour les groupes d’étude biblique nés dans le sillage du concile Vatican II — ce concile qui, entre 1962 et 1965, a profondément réformé l’Église catholique et encouragé les laïcs à lire la Bible par eux-mêmes, ce qu’on ne faisait alors guère en milieu catholique. Mais le public a changé depuis : beaucoup de lecteurs de la Bible ne sont plus chrétiens (ils veulent comprendre un texte qui a forgé la culture occidentale), et ceux qui le sont ne possèdent plus forcément la culture religieuse de base qui permettait d’entrer facilement dans le texte. Régis Burnet, spécialiste du Nouveau Testament et professeur à l’Université catholique de Louvain, a donc repris et actualisé l’ensemble pour le rendre accessible à un public bien plus large.

Le livre fonctionne par étapes successives : chaque chapitre présente un livre ou un groupe de livres du Nouveau Testament, puis propose des « itinéraires » — des parcours de lecture guidés à travers les passages essentiels, avec des commentaires qui les remettent en contexte. On y apprend, par exemple, à repérer ce que les quatre Évangiles partagent et ce qui les sépare, à situer les lettres de Paul dans l’ordre chronologique (qui ne correspond pas à l’ordre dans lequel elles apparaissent dans la Bible), ou encore à comprendre le langage symbolique de l’Apocalypse sans le prendre au pied de la lettre. Aucune érudition préalable n’est requise : le livre est conçu pour être lu seul·e ou en groupe, Bible ouverte à côté.


2. Pour lire l’Ancien Testament (Gérard Billon et Philippe Gruson, 2007)

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L’Ancien Testament intimide, et il a de bonnes raisons pour cela : la multiplicité des livres (46 dans le canon catholique), la diversité des genres littéraires (récits historiques, poésie, lois, prophéties, sagesse), et un éloignement culturel considérable — on y parle de sacrifices d’animaux, de royaumes disparus et de coutumes vieilles de trois millénaires. Par où commencer ? Gérard Billon, prêtre, enseignant à l’Institut catholique de Paris et ancien président de l’Alliance biblique française, et Philippe Gruson ont conçu ce guide en seize chapitres, chacun consacré à un livre ou à un ensemble de livres.

La structure est limpide et constante d’un chapitre à l’autre : d’abord une présentation littéraire et historique (quand le texte a-t-il été écrit ? dans quel contexte ? pour quel public ?), puis un grand texte commenté, une invitation à lire d’autres passages, et enfin des mises au point sur des notions clés — par exemple ce que le mot « alliance » signifie réellement dans la Bible, ou pourquoi les prophètes ne sont pas des devins mais des porte-parole de Dieu. En annexe, on trouve une anthologie de textes du Proche-Orient ancien (qui permettent de comparer la Genèse avec les récits de création mésopotamiens), des cartes, un lexique et une bibliographie. On peut le parcourir d’un trait ou y revenir livre par livre, au fil de sa propre lecture de l’Ancien Testament — c’est un livre qui se garde aussi bien sur une table de chevet que sur un bureau de travail.


3. Connaître Dieu à travers Jésus : une initiation au christianisme (Michel Quesnel, 2024)

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Michel Quesnel est prêtre de l’Oratoire (une communauté religieuse fondée au XVIe siècle, historiquement tournée vers l’éducation et la prédication), spécialiste du Nouveau Testament et ancien recteur de l’Université catholique de Lyon. Il part d’un constat simple : beaucoup de personnes se posent la question de Dieu, du sens de la vie, de ce qui attend après la mort, mais ne savent pas par quel bout prendre ces interrogations. Son livre rappelle que la foi chrétienne n’est pas d’abord affaire de vérités à croire, mais de relation — une relation personnelle avec Dieu, rendue possible à travers la figure de Jésus-Christ.

Pour soutenir cette idée, Quesnel ne s’appuie ni sur un exposé doctrinal abstrait ni sur un cours magistral. Il propose de se plonger dans les récits de rencontres concrètes de Jésus telles que les Évangiles les racontent : celle avec Matthieu, collecteur d’impôts méprisé par la société juive de l’époque et pourtant appelé à devenir disciple ; celle avec Bartimée, un aveugle mendiant au bord de la route de Jéricho qui interpelle Jésus malgré la foule qui lui dit de se taire ; celle avec le « bon larron », crucifié à côté de Jésus et à qui celui-ci promet le paradis dans ses dernières heures. Chaque chapitre commente deux de ces textes, et l’ensemble fait apparaître, progressivement, ce que les chrétiens entendent par « Dieu est amour » — non pas un slogan, mais quelque chose qui prend chair dans des gestes et des paroles précises. Un livre récent qui prend soin de ne rien supposer chez son lecteur·ice : ni familiarité avec la Bible, ni culture théologique préalable.


4. Les grandes figures de la Bible (Marie-Noëlle Thabut et Jean-Marie Guénois, dir., 2018)

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La Bible est peuplée de personnages dont on croit connaître l’histoire — jusqu’à ce qu’on la relise de près. Ce livre collectif, dirigé par Marie-Noëlle Thabut (bibliste, autrice de la série L’intelligence des Écritures) et Jean-Marie Guénois (rédacteur en chef au Figaro, chargé des religions), propose vingt portraits de figures bibliques majeures : d’Adam et Ève à Jésus, d’Abraham à Marie, de Moïse à saint Pierre, du roi David à Marie-Madeleine.

La force du livre tient à la diversité de ses contributeurs : historiens, prêtres, rabbins, pasteurs, biblistes et enseignants se relaient, chacun selon sa sensibilité et parfois sa tradition religieuse. Fabrice Hadjadj (philosophe catholique) signe le chapitre sur Moïse, Marc-Alain Ouaknin (rabbin et philosophe) celui sur Noé, Jean-Christian Petitfils (historien, biographe de Jésus) celui sur le Christ, Régis Burnet (que l’on retrouve ici) celui sur l’apôtre Pierre. Chaque portrait va bien au-delà du résumé biblique : on y découvre, par exemple, pourquoi Ruth, une étrangère moabite, occupe une place si importante dans la généalogie de Jésus, ou pourquoi le roi Salomon, malgré sa sagesse proverbiale, finit sa vie dans l’idolâtrie. Vingt chapitres, vingt auteurs, vingt manières de lire les mêmes textes — et la preuve qu’un regard juif sur Abraham et un regard chrétien sur le même Abraham n’éclairent pas les mêmes facettes du personnage.


5. Jésus expliqué à tous (Joseph Doré, 2015)

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Monseigneur Joseph Doré, théologien, archevêque émérite de Strasbourg et directeur pendant près de quarante-cinq ans de la collection « Jésus et Jésus-Christ » chez Desclée de Brouwer, condense ici le travail d’une vie en environ 150 pages de poche. Le pari : résumer ce que l’on peut savoir de Jésus — le personnage historique, son message, son identité, sa postérité — en un livre accessible à tous, sans chercher ni à convertir ni à provoquer.

Doré reprend les questions que tout le monde se pose, y compris celles qui fâchent : que sait-on avec certitude de l’existence de Jésus ? Quelles sont les sources — et que valent-elles ? Qui était-il : maître de sagesse, prophète, Dieu, demi-dieu ? Que recouvre l’idée de miracles ? Pourquoi cette croyance tenace en sa résurrection ? Quel lien entre son message et l’Église telle qu’elle existe aujourd’hui, avec ses institutions, ses sacrements et ses deux milliards de fidèles ? Sa méthode : partir de ce que l’historien peut établir (les faits, les sources, le contexte), puis montrer comment la théologie chrétienne a interprété ces faits — sans jamais imposer cette interprétation comme la seule possible.

Doré ne se dérobe devant rien, mais il ne force rien non plus. C’est cette position d’équilibre — ni apologétique (il ne cherche pas à prouver que Jésus est Dieu), ni réductrice (il ne prétend pas que Jésus n’est qu’un homme parmi d’autres) — qui fait la valeur du livre. À ne pas confondre avec le Marguerat qui suit : là où Doré propose une synthèse accessible et équilibrée, Marguerat mène une investigation historique bien plus poussée et n’hésite pas à bousculer les idées reçues.


6. Vie et destin de Jésus de Nazareth (Daniel Marguerat, 2019)

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Daniel Marguerat, historien et théologien protestant, est professeur honoraire de l’Université de Lausanne. Ses travaux sur les origines du christianisme lui ont valu une reconnaissance internationale, et il est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes actuels de la recherche sur le Jésus historique — c’est-à-dire sur ce que l’on peut reconstituer de la vie de Jésus en tant qu’homme, indépendamment de la foi chrétienne. Ce livre est la synthèse de toute une carrière — plus de 400 pages denses mais limpides, qui se lisent avec la tension d’un récit tant chaque chapitre relance une question que le précédent laissait ouverte.

Marguerat n’esquive rien. Il examine les soupçons qui pesaient sur la naissance de Jésus dès l’Antiquité (notamment l’hypothèse d’une naissance illégitime, étayée par plusieurs indices dans les Évangiles eux-mêmes), présente Jean le Baptiseur comme le mentor spirituel de Jésus — ce qui bouscule l’image traditionnelle — et décrit les multiples facettes de ce juif singulier : guérisseur charismatique, maître des paraboles qui annonce ce qu’il appelle le « Royaume de Dieu » (non pas un territoire politique, mais l’irruption de la justice et de la miséricorde divines dans le monde), réformateur religieux qui réinterprète la Loi juive. Les raisons de sa montée à Jérusalem et de sa condamnation à mort sont analysées étape par étape. Quatre chapitres retracent enfin ce que Jésus est devenu après Jésus : les premiers chrétiens, le judaïsme rabbinique et l’islam en ont chacun construit une image différente.

L’auteur se déclare croyant et théologien, mais se positionne, en tant qu’historien, comme indépendant du dogme — une position qu’il assume avec franchise dès la préface. Là où Doré restait sur une ligne médiane entre histoire et théologie, Marguerat choisit clairement le camp de l’historien, quitte à heurter certaines sensibilités confessionnelles.


7. Les fondements du christianisme (C.S. Lewis, 1952)

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Ce classique est né à la radio : entre 1942 et 1944, la BBC demande à C.S. Lewis, alors professeur de littérature médiévale et Renaissance à Oxford, de tenir une série de causeries sur la foi chrétienne à destination d’un pays en guerre. Lewis n’est ni prêtre ni théologien de formation — c’est un universitaire, ami proche de J.R.R. Tolkien et futur auteur des Chroniques de Narnia, converti au christianisme sur le tard après un long passage par l’athéisme. Son objectif : présenter le « simple christianisme » (Mere Christianity dans le titre original), c’est-à-dire le socle de convictions commun à toutes les confessions chrétiennes — catholiques, protestantes et orthodoxes — sans entrer dans ce qui les divise. L’apologétique (la défense raisonnée de la foi) est ici portée par un laïc, et c’est précisément ce qui fait la force du livre : Lewis parle en homme ordinaire à des hommes et des femmes ordinaires.

Lewis part de la loi morale naturelle — cette intuition, partagée par toutes les civilisations, qu’il existe un « bien » et un « mal » indépendants de nos préférences — pour en tirer l’existence d’un Dieu créateur. Puis il progresse, étape par étape, vers la révélation chrétienne et la personne du Christ. Son raisonnement est construit avec une rigueur implacable : il prend ses lecteurs par le bon sens, les amène à acquiescer point par point, et c’est au moment où ils saisissent les implications de leur propre accord qu’il devient difficile de faire marche arrière — du moins sans se contredire. Lewis compare le « simple christianisme » à un couloir sur lequel donnent plusieurs pièces : on ne vit pas dans un couloir, mais c’est par lui qu’on accède à une confession particulière (catholicisme, protestantisme, orthodoxie). Un livre qui a permis à des millions de lecteurs — croyants hésitants, athées curieux, chrétiens en quête de mots pour exprimer leur foi — de comprendre ce que le christianisme affirme et pourquoi il l’affirme.


8. Connaître Dieu (James Innell Packer, 1973)

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Publié pour la première fois en anglais sous le titre Knowing God, ce livre s’est vendu à plus d’un million et demi d’exemplaires et a été traduit dans des dizaines de langues. James Innell Packer, théologien anglican, docteur en théologie d’Oxford, longtemps professeur au Regent College de Vancouver (un séminaire interconfessionnel réputé), y aborde une question d’apparence simple mais aux conséquences considérables : quelle différence y a-t-il entre savoir des choses sur Dieu et connaître Dieu ? Autrement dit : entre accumuler des informations théologiques et entretenir une relation vivante avec celui que l’on étudie.

Le livre est structuré en trois temps. Le premier examine comment et pourquoi il est possible de connaître Dieu — et ce que cela signifie d’être, en retour, « connu de Dieu ». Le deuxième passe en revue les attributs de Dieu tels que la Bible les présente : sa sainteté, sa bonté, sa jalousie (au sens biblique d’un amour exclusif, non d’un vice mesquin), sa colère, son amour, son immuabilité. Le troisième s’intéresse aux conséquences concrètes de cette relation dans la vie quotidienne du croyant : la prière, l’épreuve, la confiance, la persévérance. Packer ne sépare jamais la rigueur doctrinale de la chaleur spirituelle, ce qui donne au livre une double nature assez rare : c’est à la fois un exposé théologique méthodique et un guide pour la vie intérieure. Comme Packer aimait à le rappeler, son ambition initiale était comparable à celle d’un clown rêvant de jouer Hamlet. Le résultat est un peu plus convaincant que cela.


9. Vivre en disciple : le prix de la grâce (Dietrich Bonhoeffer, 1937)

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Dietrich Bonhoeffer rédige ce livre — Nachfolge dans le titre original allemand, qu’on pourrait traduire par « la suite du Christ » — alors qu’il dirige le séminaire clandestin de Finkenwalde, en Poméranie. Nous sommes entre 1935 et 1937, sous le Troisième Reich. Le séminaire forme les pasteurs de l’Église confessante — un mouvement de résistance théologique au sein du protestantisme allemand, qui refuse la mainmise du régime hitlérien sur les institutions ecclésiastiques. Bonhoeffer a 31 ans. Docteur en théologie à 21 ans, il sera arrêté par la Gestapo en 1943 et exécuté au camp de Flossenbürg le 9 avril 1945, trois semaines avant la capitulation allemande. Ce que Bonhoeffer écrit ici sur l’obéissance, le sacrifice et la fidélité, il le mettra en pratique jusqu’à la mort — et c’est ce qui donne au livre une gravité que peu de textes théologiques possèdent.

La thèse centrale est devenue célèbre. Bonhoeffer oppose la « grâce à bon marché » — celle qui pardonne le péché sans rien exiger en retour, qui rassure à peu de frais et qui dispense de tout engagement concret — à la « grâce qui coûte », indissociable de l’obéissance et de la mise en route réelle. La première partie du livre est une méditation sur le Sermon sur la montagne (Matthieu, chapitres 5 à 7 — le passage où Jésus enseigne les Béatitudes, l’amour des ennemis et le Notre Père) et sur l’appel de Jésus à ses disciples : « Suis-moi. » La seconde traite de la vie de l’Église à partir des lettres de l’apôtre Paul. L’ensemble constitue un appel à suivre le Christ non pas hors du monde, mais en son cœur, y compris lorsque cet appel a un coût. Vivre en disciple fait partie du patrimoine théologique mondial au même titre que les écrits de Luther et de Calvin. C’est un livre exigeant, parfois abrupt, mais dont les premières pages — celles sur la grâce qui coûte — comptent parmi les plus saisissantes de la théologie du XXe siècle.