Le Retour de Sahin est une duologie de fantasy française écrite par Maëlle Poe et publiée chez Hachette Romans à partir de juin 2023. On y suit Shaï, une jeune femme arrachée à sa réalité le soir de ses dix-huit ans, qui se réveille dans le monde d’Oshen Saadun — un univers régi par cinq astres dont l’un, Sahin, est mourant. Liée par un pacte qu’elle ignore avoir scellé, Shaï doit s’allier au mystérieux Prince déchu, Noone, dont la voix hante ses pensées, pour tenter de sauver l’astre maudit. Complots politiques, système de magie lié aux cycles astraux et romance slow burn ont fait de ce roman un phénomène sur BookTok et Bookstagram, où les déclarations d’amour à Noone se comptent par milliers.
Si vous venez de refermer le second tome et que le manque se fait déjà sentir, voici quelques pistes pour prolonger le plaisir.
1. La Passeuse de mots (Alric & Jennifer Twice, 2021)

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Dans le royaume de Hélios, les mots ne sont pas de simples sons : prononcés sous forme de Mantras — des formules magiques orales —, ils peuvent créer, équilibrer ou détruire. Arya, jeune habitante de la capitale Hélianthe, passionnée de livres, ne se doute pas qu’elle a un rôle à jouer dans la survie de son royaume. Hélios est le seul territoire à avoir restreint l’usage de la magie par un traité de paix, mais des rebelles entendent bien le faire tomber. Quand des Soldats de Verre — des guerriers mystérieux aux armures translucides — attaquent la capitale, Arya découvre qu’elle est la Passeuse de Mots : la seule personne capable de convoquer et de maîtriser les Mantras.
Flanquée d’un voleur au caractère bien trempé nommé Killian et d’alliés rencontrés en chemin, elle traverse des contrées aux cultures, langues et systèmes politiques distincts. Le système de magie repose sur un principe simple mais redoutable : un mot prononcé ne peut être repris, ce qui charge chaque sortilège d’un poids irréversible. Cette saga française en quatre tomes (chez Hachette Romans) partage avec Le Retour de Sahin un worldbuilding généreux, des personnages secondaires auxquels on s’attache autant qu’à l’héroïne, et un rythme qui s’accélère de tome en tome.
2. La Passe-miroir – Tome 1 : Les Fiancés de l’hiver (Christelle Dabos, 2013)

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Si vous n’avez pas encore lu La Passe-miroir, c’est probablement le moment. Cette tétralogie, lauréate du Grand Prix de l’Imaginaire, fait partie des sagas que les fans de fantasy française citent systématiquement — et pour cause. Le postulat : la Terre a été fracturée lors d’un cataclysme nommé « la Déchirure », donnant naissance à des arches — des morceaux de continents flottant dans le vide, chacun gouverné par un esprit de famille immortel. Sur l’arche d’Anima vit Ophélie, jeune femme myope et maladroite, dotée de deux dons : lire le passé des objets en les touchant et traverser les miroirs pour se téléporter. Sa vie bascule lorsqu’on la fiance de force à Thorn, un héritier taciturne du puissant clan des Dragons, sur l’arche du Pôle.
Expédiée à la Citacielle, la capitale flottante du Pôle, Ophélie se retrouve seule au milieu d’une noblesse où les alliances se négocient dans l’ombre et où la moindre courtoisie peut cacher un calcul. Thorn lui-même reste une énigme : pourquoi l’a-t-il choisie, elle ? Christelle Dabos construit un univers où chaque arche possède ses propres pouvoirs (animisme, illusions, griffes mentales…) et fait le pari d’une héroïne à contre-courant : ni guerrière, ni élue flamboyante, mais une jeune femme obstinée qui compense sa gaucherie par une intelligence redoutable. Si les manigances politiques d’Oshen Saadun vous ont plu, celles de la cour du Seigneur Farouk devraient vous retenir un bon moment.
3. The Cursebreakers – Tome 1 : Un sort si noir et éternel (Brigid Kemmerer, 2021)

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Réécriture assumée de La Belle et la Bête, ce roman commence dans les rues de Washington. Harper, dix-sept ans, vit avec une mère gravement malade et un frère impliqué dans des affaires louches. Atteinte de paralysie cérébrale — un trouble neurologique qui affecte sa motricité d’un côté du corps —, elle s’interpose un soir lors d’une tentative d’enlèvement et se retrouve propulsée dans le royaume d’Emberfall, figé dans un automne éternel. Le prince Rhen est prisonnier d’une malédiction lancée par l’enchanteresse Lilith : à chaque début d’hiver, il se transforme en monstre sanguinaire. La seule façon de briser le sort est qu’une jeune femme tombe amoureuse de lui avant la fin de la saison. Depuis plus de trois cents cycles, son commandant Grey ramène des candidates du monde réel. Aucune n’a jamais réussi.
Harper n’a rien d’une candidate docile. Elle refuse la pitié, déteste qu’on la traite comme quelqu’un de fragile et n’hésite pas à remettre en question les choix d’un prince qui, à force de répéter le même automne, a cessé de se soucier de son propre peuple. Leur relation se construit sur la friction avant le respect, et le respect avant le reste. Le roman emprunte au conte classique son squelette, mais le renouvelle par son héroïne contemporaine, par la place qu’il accorde au handicap sans jamais le réduire à un ressort dramatique, et par une fin qui révèle un secret capable de changer le sens de tout ce qu’on vient de lire. Comme Le Retour de Sahin, c’est un récit où une jeune femme de notre monde débarque dans un univers de fantasy et doit y trouver sa place — un ressort narratif que les anglophones appellent portal fantasy.
4. Porcelaine sous les ruines (Ada Vivalda, 2024)

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Ada Vivalda est le pseudonyme de Chris Vuklisevic, déjà remarquée pour Du thé pour les fantômes et Derniers jours d’un monde oublié. Ce roman indépendant (pas de suite prévue) se situe dans un futur où la montée des eaux a englouti la majeure partie des continents. Sur l’archipel d’Hibernia — ce qu’il reste de l’Irlande —, Alba Whitmore veille sur les dernières terres fertiles et sur les orphelins qu’elle a recueillis. Aux yeux de tous, elle est la Dame aux yeux sombres, protectrice d’Hibernia. En réalité, Alba est un génie (au sens oriental du terme : un être surnaturel, pas un QI élevé), bannie sur Terre par les siens pour avoir accordé trop de vœux aux humains.
Cet équilibre fragile se fissure quand Lethan Alcor, conseiller de Cymru — l’archipel voisin, surpeuplé et au bord de la famine —, débarque avec la ferme intention de percer le secret de la fertilité d’Hibernia. Insupportable, calculateur… et difficile à ignorer. Leur relation démarre dans l’hostilité et les piques assassines avant d’évoluer, par étapes, vers autre chose — un schéma dit enemies-to-lovers (d’ennemis à amants), porté ici par des dialogues qui font mouche. Le décor fait le reste : falaises battues par la pluie, plantations de thé, serres embuées, le tout dans une ambiance qui rappelle l’ère victorienne alors qu’on est en pleine dystopie. Un roman à choisir si c’est la romance du Retour de Sahin et l’atmosphère d’Oshen Saadun qui vous manquent le plus.
5. L’Engrange-Temps (Nell Pfeiffer, 2023)

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En Grahenne, le temps n’est pas qu’un concept : c’est une matière que l’on peut écouter, comprendre et — pour les plus téméraires — manipuler. Sophie Delapointe est horlogère au palais royal, mais pas n’importe laquelle : elle est chronolangue, c’est-à-dire capable de parler aux Horanimas, des horloges dotées d’une âme et d’un caractère propre. Elles surveillent le palais, préviennent les complots, et certaines ont un sacré tempérament. C’est le cas de Farandole, la plus espiègle du lot, qui vole régulièrement la vedette aux personnages humains.
Le quotidien bien réglé de Sophie se détraque le jour où Dimitri, frère jumeau du roi, lui demande de réparer un Engrange-Temps — une horloge magique rarissime qui permet de voyager dans le passé. Sophie y voit une chance de revoir son père, mort dans des circonstances troubles. Mais modifier le passé a des conséquences, et la cour royale regorge de gens prêts à exploiter ce genre de pouvoir. Paradoxes temporels, trahisons et sentiments naissants s’enchevêtrent au fil des chapitres. Les lecteur·ices de La Passe-miroir retrouveront ici un même soin apporté à l’invention d’un monde cohérent avec ses propres lois, et les fans du Retour de Sahin reconnaîtront la place centrale accordée au deuil et aux liens qui se nouent quand tout menace de s’effondrer. Premier tome d’une duologie chez Hachette Romans.
6. La Tisseuse de Mélodies (Sarah Abassi, 2024)

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À Solvara, la musique n’est pas un simple art : une partition peut ensorceler, soumettre, voire tuer. Shona est l’une des quarante-neuf Tisseuses, des femmes au service du dieu Sol. Depuis l’enfance, elles vivent cloîtrées dans l’Atrium, un sanctuaire où elles composent les Mélodies du Destin : des partitions magiques qui fixent l’avenir de chaque habitant du royaume. Concrètement, les Tisseuses perçoivent des fragments du futur et les transcrivent en musique. Aucune d’entre elles n’est censée connaître son propre destin. Le jour où Shona entrevoit accidentellement le sien et se découvre responsable de la chute de Solvara, elle est accusée de complot contre le roi et contrainte de fuir.
Pour survivre, elle doit s’allier à Alistair, un Musicien aristocrate — comprendre : un homme entraîné à utiliser la musique comme arme — aussi exaspérant qu’indispensable. Leur collaboration forcée, faite de chamailleries et de méfiance réciproque, constitue le moteur du récit. L’originalité du roman tient à son système de magie : les instruments servent d’armes (oui, il faut imaginer un duel au piano contre une flûte, et ça fonctionne mieux qu’on ne le croirait), les sortilèges se jouent en notes, et les instruments possèdent un fragment d’âme qui leur permet de refuser de jouer si les intentions du musicien leur déplaisent. Premier roman de Sarah Abassi, pianiste depuis quinze ans, cette duologie (Hachette Romans) plaira à celles et ceux qui apprécient les héroïnes en quête d’émancipation et les univers où la magie a une logique interne inventive — deux points communs nets avec Le Retour de Sahin.
7. Engélion – Tome 1 : Illuminer les cieux (Justine Tiphagne, 2023)

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Jadis, l’astre sacré Engélion illuminait le ciel lors d’un phénomène appelé la Levée. Aujourd’hui, la nuit est synonyme de mort : les Damnés, créatures monstrueuses, surgissent dès le crépuscule et massacrent quiconque n’est pas protégé par l’engélion — une énergie lumineuse aux origines mal comprises. Le monde est sous la coupe de Fenhir, un tyran immortel qui a bâti un culte religieux autour de la peur des Damnés pour maintenir la population dans la soumission. Mais une prophétie circule en secret : des enfants seraient capables de manipuler l’engélion. Lilium est l’une d’entre eux.
Apprentie guérisseuse aux origines inconnues, Lilium vit avec sa tante Jana et sa sœur adoptive Kiera en respectant scrupuleusement les règles du culte. Jusqu’au jour où elle est témoin du sort réservé aux opposants et où sa propre sœur se retrouve menacée — ce qui la force à fuir et à tout remettre en question. S’ensuit un périple au cours duquel elle rassemble autour d’elle un groupe d’alliés disparates qui finissent par former une sorte de famille de substitution — des liens choisis, pas subis. Justine Tiphagne n’hésite pas à mettre ses personnages en danger réel (personne n’est à l’abri), ce qui donne du poids à chaque chapitre. L’atmosphère est sombre mais pas nihiliste : il y a de la lumière, de l’humour, de l’attachement. Projet mûri pendant dix ans et publié aux éditions Plume Blanche, Engélion est une saga (trois tomes) qui aborde frontalement l’endoctrinement religieux et la peur comme instrument de contrôle — ce qui rappellera aux lecteur·ices du Retour de Sahin les rapports de domination entre les peuples d’Oshen Saadun.
8. This Woven Kingdom – Tome 1 : Ce royaume tissé (Tahereh Mafi, 2023)

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Aux yeux des habitants d’Ardunia, Alizeh n’est rien : une servante parmi d’autres, invisible et corvéable. Personne ne soupçonne qu’elle est l’héritière d’un ancien royaume djinn — les djinns étant, dans cet univers inspiré de la mythologie perse, un peuple autrefois puissant, réduit en quasi-esclavage après un conflit fondateur appelé les Accords de Feu. Alizeh est aussi au centre d’une prophétie annonçant la libération de son peuple. Traquée depuis toujours, elle survit en se cachant — jusqu’au jour où elle commet une erreur. De son côté, le prince héritier Kamran a entendu cette même prophétie, qui prédit la mort de son grand-père. Résolu à éliminer la menace, il porte ses soupçons sur une servante aux yeux étranges qu’il a vue repousser un agresseur à mains nues.
Tahereh Mafi, autrice irano-américaine connue pour la saga Insaisissable (Shatter Me), puise dans le folklore perse — djinns, devins, pactes avec Iblees (le Diable) — pour bâtir un univers aux tonalités orientales, loin des cadres médiévaux-européens habituels. La romance entre Alizeh et Kamran — interdite par nature, puisque Kamran est censé éliminer la menace qu’Alizeh représente pour son trône — se construit sur un jeu de regards, de malentendus et de loyautés déchirées. L’entrée en scène de Cyrus, le troublant roi de Tulan, dans la seconde moitié du livre, vient brouiller les lignes entre allié et adversaire. Publiée en français chez De Saxus, cette saga (en cours, quatre tomes prévus) séduira les lecteur·ices en quête de fantasy ancrée dans une mythologie non-occidentale, avec des enjeux politiques et une romance à la fois tendue et patiente.
9. The Prison Healer – Tome 1 : La Guérisseuse de Zalindov (Lynette Noni, 2022)

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Kiva Meridan a dix-sept ans et survit depuis dix ans dans la prison de Zalindov — une structure autonome dotée de ses propres mines, fermes, abattoirs et crématorium, entourée de deux murs d’enceinte et d’une centaine de gardes. Personne ne s’en est jamais évadé. Formée par son père dès l’enfance, Kiva occupe le poste de guérisseuse : la seule fonction qui lui épargne les travaux forcés. Elle soigne, elle observe, elle ne s’attache à personne — sauf à Tipp, un gamin enfermé là lui aussi, qu’elle protège comme un petit frère. Tout se complique lorsque la Reine Rebelle, figure de proue d’une insurrection contre la couronne, est capturée et envoyée à Zalindov pour y subir le Supplice : quatre épreuves mortelles liées aux éléments (air, feu, eau, terre) auxquelles personne n’a jamais survécu. C’est alors que Kiva reçoit un message codé de sa famille : Ne la laisse pas mourir. Nous arrivons.
La reine étant trop malade pour affronter les épreuves, Kiva se porte volontaire à sa place. S’ajoutent à cette situation déjà intenable une épidémie qui décime les prisonniers et l’arrivée d’un nouveau détenu nommé Jaren — étrangement calme pour quelqu’un qui vient d’atterrir dans le pire endroit du royaume. Le huis clos carcéral impose un rythme nerveux et une atmosphère suffocante, aux antipodes des décors habituels de la fantasy pour jeunes adultes : ici, pas de forêts enchantées, mais des tunnels de minerai, une infirmerie de fortune et des gardes qui frappent d’abord et posent des questions ensuite. Le retournement de la dernière partie force à reconsidérer tout ce qu’on croyait avoir compris — et donne furieusement envie d’enchaîner avec le tome suivant. Publié chez Hachette Romans en français, ce premier tome d’une trilogie s’adresse à celles et ceux qui, dans Le Retour de Sahin, ont aimé les enjeux de survie, les alliances fragiles et les personnages dont on ne sait jamais tout.