Les 5 meilleurs livres de Raymond Carver

Les 5 meilleurs livres de Raymond Carver

Raymond Clevie Carver, Jr., né le 25 mai 1938 à Clatskanie dans l’Oregon et mort le 2 août 1988 à Port Angeles dans l’État de Washington, est un écrivain américain. Également poète, Carver est avant tout considéré comme un nouvelliste de premier plan.


1. Les vitamines du bonheur

Les vitamines du bonheur (Raymond Carver)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

« Je suivis son regard… A côté du vase, sur le napperon, un moulage de dents, les dents les plus tordues et irrégulières que j’aie jamais vues de ma vie. Il n’y avait pas de lèvres sur ce truc affreux, pas de mâchoires, juste des dents en plâtre plantées dans quelque chose qui ressemblait à d’épaisses gencives jaunâtres…

Ca, c’est les dents d’Olla avant qu’on lui mette des appareils, dit Bud à Fran… Ma tête à couper que je ne sais pas pourquoi elle les garde. »

Des dents sur le poste de télévision, un bébé « tellement moche que je ne trouvais rien à dire », des gens très ordinaires, des vies simples et, miracle de l’écriture, le monde s’auréole d’une étrangeté presque métaphysique. Petites joies désolantes, infinie tristesse…

Douze nouvelles de Raymond Carver. Douze univers clos, douze fascinantes variations sur la condition humaine.


2. Parlez-moi d’amour

Parlez-moi d'amour (Raymond Carver)

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Couples déglingués, vitelloni trompant leur ennui, pères et fils en quête d’une impossible réconciliation…

dans l’univers déchiqueté de l’Amérique moderne, Raymond Carber prélève les échantillons d’une humanité à la dérive. Dix-sept nouvelles consacrées à la même idée fixe : celle de la poursuite d’un bonheur qui cesserait de se dérober, et, effaçant les blessures de la vie, ferait accéder à une innocence enfin retrouvée.


3. Tais-toi, je t’en prie

Tais-toi, je t'en prie (Raymond Carver)

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On est allés directement au magasin de spiritueux, et je l’ai attendu dans la voiture. Il est ressorti avec un sac en papier dans une main et une poche de plastique pleine de glaçons dans l’autre. Il ne marchait pas très droit. Ce n’est qu’après qu’on a redémarré que je me suis aperçue qu’il était vraiment très ivre. Il se tenait tout recroquevillé au-dessus du volant, il avait les yeux vitreux et roulait à une allure d’escargot.

On échangeait des propos sans queue ni tête. On a parlé d’un tas de choses, je ne sais plus très bien de quoi. De Nietzsche. De Strindberg. Il devait monter Mademoiselle Julie au second semestre. Il a été question aussi de Norman Mailer et du couteau qu’il avait planté dans le sein de sa femme. Ensuite, il a fait un bref arrêt, en plein milieu de la route, il a débouché la bouteille, et on a bu un coup.

Il m’a dit que l’idée qu’on puisse me planter un couteau dans le sein lui faisait horreur. Que mes seins, il avait envie de les embrasser. Il est allé se ranger sur le bas-côté de la route. Il a posé la tête sur mes cuisses…


4. Les trois roses jaunes

Les trois roses jaunes (Raymond Carver)

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De tous les écrivains de notre époque, Raymond Carver est sans doute celui qui a le mieux exprimé les vertiges « d’une classe sociale sans mémoire, celle des petites gens agités par les tracasseries du moment, les drames de la vie conjugale, du chômage et de l’alcoolisme ». (Jean Vautrin)

Ses nouvelles sont des fables laconiques où passe le souffle d’un destin antique. L’homme s’y mesure à ce qui le dépasse : l’incapacité d’aimer, la force de survivre, l’approche de la mort. Ses premiers textes paraissent dans des magazines au début des années 60. Très vite, il est reconnu comme un maître du genre. Le New Yorker signe avec lui un contrat exclusif. Robert Altman s’est inspiré de quelques nouvelles de Carver pour son film Short Cuts (1993).


5. Débutants

Débutants (Raymond Carver)

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Débutants est le manuscrit original, inédit à ce jour, d’un des livres les plus célèbres de Raymond Carver, Parlez-moi d’amour, qui parut aux États-Unis en 1981 après avoir été amputé de moitié par son éditeur. La publication de ce texte dans sa version intégrale constitue un événement de première grandeur. Elle permet de mesurer la force d’une écriture qualifiée à tort de minimaliste.

En découvrant ce livre dans toute sa fraîcheur, on comprend mieux l’importance de la révolution opérée par Carver dans le domaine de la nouvelle, cette « short story » née en Europe et portée par les Américains à son point de perfection par Hemingway, Flannery O’Connor et – bien plus tard – J. D. Salinger.

Carver a arraché la nouvelle à son cadre doré et l’a fait pénétrer dans des lieux où elle n’était jamais allée : le lit aux draps froissés où s’attardent les amants, la cuisine en désordre après le petit déjeuner, la salle d’attente de l’hôpital, le jardin encombré de meubles en vue d’un dérisoire vide-grenier, tout ce bric-à-brac que forment nos vies, comme un décor de théâtre en attente du moment où la vraie pièce va enfin pouvoir commencer.

Avant de devenir le « Tchekhov américain » célébré à la fin de sa vie par le Sunday Times, Raymond Carver aura été cet écrivain audacieux, inventant pour la littérature de nouveaux territoires, cherchant à imposer son style à un éditeur réticent.

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