Les 5 meilleurs livres de Michel Foucault

Les 5 meilleurs livres de Michel Foucault

Paul-Michel Foucault est un philosophe français né le 15 octobre 1926 à Poitiers et mort le 25 juin 1984 à Paris.


1. Surveiller et punir

Surveiller et punir (Michel Foucault)

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Peut-être avons-nous honte aujourd’hui de nos prisons. Le XIXe siècle, lui, était fier des forteresses qu’il construisait aux limites et parfois au cour des villes. Ces murs, ces verrous, ces cellules figuraient toute une entreprise d’orthopédie sociale.

Ceux qui volent, on les emprisonne ; ceux qui violent, on les emprisonne ; ceux qui tuent, également. D’où vient cette étrange pratique et le curieux projet d’enfermer pour redresser, que portent avec eux les Codes pénaux de l’époque moderne ? Un vieil héritage des cachots du Moyen Âge ? Plutôt une technologie nouvelle : la mise au point, du XVIe au XIXe siècle, de tout un ensemble de procédures pour quadriller, contrôler, mesurer, dresser les individus, les rendre à la fois « dociles et utiles ».

Surveillance, exercices, manœuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manière d’assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s’est développée au cours des siècles classiques, dans les hôpitaux, à l’armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers : la discipline. La prison est à replacer dans la formation de cette société de surveillance.

La pénalité moderne n’ose plus dire qu’elle punit des crimes ; elle prétend réadapter des délinquants. Peut-on faire la généalogie de la morale moderne à partir d’une histoire politique des corps ?


2. Les mots et les choses

Les mots et les choses (Michel Foucault)

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« Les Mots et les Choses » valut à Michel Foucault une réputation internationale. Ensuite, ses autres ouvrages ne feront que développer une seule et même thèse : celle de la mort de l’homme et de l’humanisme classique qui concevait le sujet pensant comme une exception dans l’ordre de la nature. Avec l’avènement des sciences humaines, l’homme est devenu un objet d’étude au même titre que les phénomènes naturels. Cette objectivation de l’homme a en même temps rendu possible sa maîtrise.

Ainsi, Michel Foucault, parce qu’il nous a délivrés de l’illusion de leur « naïveté positive », a été la mauvaise conscience des sciences de l’homme. Leur élaboration a en effet accompagné le triomphe de cette technique du pouvoir qui consiste à classifier les comportements humains pour mieux les manipuler.

D’un abord plus difficile que la plupart des autres livres de Michel Foucault, « Les Mots et les Choses » constitue de toute évidence un des grands textes de la philosophie contemporaine dont un lecteur averti ne saurait faire l’économie.


3. Histoire de la folie à l’âge classique

Histoire de la folie à l'âge classique (Michel Foucault)

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« C’est, en principe, une histoire de la folie qu’on enferme, du Moyen Âge au XIXe siècle ; c’est, plus profondément, à travers l’étude de cette structure qu’est l’internement, une tentative pour établir un dialogue entre folie et déraison ; c’est enfin une esquisse de ce que pourrait être « une histoire des limites – de ces gestes obscurs, nécessairement oubliés dès qu’accomplis, par lesquels une culture rejette quelque chose qui sera pour elle l’Extérieur. »


4. Histoire de la sexualité, tome 1 : La volonté de savoir

Histoire de la sexualité, tome 1 : La volonté de savoir (Michel Foucault)

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Nommé au Collège de France, Michel Foucault a entrepris, durant la fin des années soixante-dix, un cycle de cours consacré à la place de la sexualité dans la culture occidentale : l’Histoire de la sexualité, articulée en trois volumes (La volonté de savoir, L’usage des plaisirs et Le souci de soi).

Il y prolonge les recherches entreprises avec L’archéologie du savoir et Surveiller et punir, mais en concentrant ses analyses sur la constellation de phénomènes que nous désignons par le ‘sexe’ et la sexualité. L’axe de cette entreprise n’est pas de s’ériger contre une ‘répression’ de la sexualité afin de la ‘libérer’, mais de montrer comment la vie sexuelle a enclenché une volonté systématique de tout savoir sur le sexe qui s’est systématisée en une ‘science de la sexualité’, laquelle, à son tour, ouvre la voie à une administration de la vie sexuelle sociale, de plus en plus présente dans notre existence.

Foucault fait ainsi l’archéologie des discours sur la sexualité (littérature érotique, pratique de la confession, médecine, anthropologie, psychanalyse, théorie politique, droit, etc.) depuis le XVIIe siècle et, surtout, au XIXe, dont nous héritons jusque dans les postures récentes de libération sexuelle, l’attitude de censure et celle d’affranchissement se rencontrant finalement dans le même type de présupposé : le sexe serait cause de tous les phénomènes de notre vie comme il commanderait l’ensemble de l’existence sociale.


5. L’archéologie du savoir

L'archéologie du savoir (Michel Foucault)

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« Expliquer ce que j’avais voulu faire dans les livres précédents où tant de choses encore étaient restées obscures ? Pas seulement, pas exactement, mais en allant un peu plus loin, revenir, comme par un nouveau tour de spirale, en deçà de ce que j’avais entrepris ; montrer d’où je parlais ; repérer l’espace qui rend possibles ces recherches, et d’autres peut-être que je n’accomplirai jamais ; bref, donner signification à ce mot d’archéologie que j’avais laissé vide. Mot dangereux puisqu’il semble évoquer des traces tombées hors du temps et figées maintenant dans leur mutisme.

En fait, il s’agit de décrire des discours. Non point des livres (dans le rapport à leur auteur), non point des théories (avec leurs structures et leur cohérence), mais ces ensembles à la fois familiers et énigmatiques qui, à travers le temps, se donnent comme la médecine, ou l’économie politique, ou la biologie. Je voudrais montrer que ces unités forment autant de domaines autonomes, bien qu’ils ne soient pas indépendants, réglés, bien qu’ils soient en perpétuelle transformation, anonymes et sans sujet, bien qu’ils traversent tant d’œuvres individuelles.

Et là où l’histoire des idées cherchait à déceler, en déchiffrant les textes, les mouvements secrets de la pensée […], je voudrais faire apparaître, dans sa spécificité, le niveau des « choses dites » : leur condition d’apparition, les formes de leur cumul et de leur enchaînement, les règles de leur transformation, les discontinuités qui les scandent. »

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