Marc Levy naît le 16 octobre 1961 à Boulogne-Billancourt dans une famille juive française. À 18 ans, il s’engage à la Croix-Rouge française où il reste six ans, tout en poursuivant des études de gestion et d’informatique à l’université Paris-Dauphine.
En 1983, il crée sa première entreprise, Logitec France, spécialisée dans les images de synthèse. Après l’échec de ce projet en 1989, il fonde à 29 ans un cabinet d’architecture de bureau, Eurythmic Cloiselec. C’est à 37 ans qu’il écrit une histoire pour son fils Louis, qui deviendra son premier roman « Et si c’était vrai… ». Publié en 2000 aux Éditions Robert Laffont, le livre connaît un succès immédiat, est traduit dans une quarantaine de langues et vendu à cinq millions d’exemplaires. DreamWorks en acquiert les droits et l’adapte au cinéma sous le titre « Just Like Heaven » en 2005.
Fort de ce succès, Marc Levy quitte son cabinet d’architecture à 38 ans pour se consacrer entièrement à l’écriture. Il devient l’auteur français le plus lu dans le monde avec 26 romans traduits en 50 langues et plus de 50 millions d’exemplaires vendus. Plusieurs de ses œuvres sont adaptées au cinéma, en séries télévisées et en bandes dessinées. En parallèle de ses romans, il écrit des chansons pour des artistes comme Johnny Hallyday, réalise un court-métrage pour Amnesty International, et crée même des histoires pour les menus enfants de McDonald’s.
Voici notre sélection de ses romans majeurs.
1. Sept jours pour une éternité… (2003)
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Résumé
Dans « Sept jours pour une éternité… », Marc Levy nous embarque dans un pari épique entre Dieu et Lucifer. Les deux rivaux éternels envoient leurs meilleurs agents, l’ange Zofia et le démon Lucas, pour faire triompher le Bien ou le Mal sur Terre en sept jours. Mais ce défi absurde prend une tournure inattendue quand les deux émissaires se rencontrent et tombent amoureux.
Zofia, belle et généreuse, incarne la bonté à l’état pur. À l’opposé, Lucas, ténébreux et arrogant, sème le chaos avec délectation. Leur attirance mutuelle chamboule leurs missions. L’ange parviendra-t-elle à toucher le cœur sombre du démon ? Ou bien le charme diabolique de Lucas fera-t-il déchoir Zofia ? Les dés semblent pipés d’avance. Pourtant, l’amour pourrait bien être plus fort que ce jeu céleste truqué.
Autour du livre
Publié en 2003, « Sept jours pour une éternité… » est le troisième roman de Marc Levy. Le romancier y revisite le thème de la lutte entre le Bien et le Mal en y insufflant une dimension romantique. Le récit est structuré en sept chapitres, chacun correspondant à une journée du défi divin, scandé par la formule biblique « Il y eut un soir, il y eut un matin ». Cette architecture narrative fait écho à la Genèse tout en créant un compte à rebours qui intensifie la tension dramatique.
La conception manichéenne des personnages s’estompe progressivement pour laisser place à une réflexion sur la nature même du Bien et du Mal. Les protagonistes transcendent leurs rôles initiaux : Lucas découvre l’empathie tandis que Zofia questionne son obéissance aveugle aux ordres divins. Cette évolution psychologique nuance le propos et évite l’écueil d’une opposition simpliste. L’humour irrigue aussi le roman, notamment dans la représentation décalée des instances supérieures : un Dieu en costume-cravate dans un building aux « bulles mauves et roses » et un Lucifer surnommé « Président ». Ces touches de légèreté contrebalancent la gravité des enjeux et modernisent le mythe de l’affrontement céleste.
« Sept jours pour une éternité… » a connu une adaptation en bande dessinée en 2010 par Éric Corbeyran et Espé, qui ont su en retranscrire graphiquement l’atmosphère.
Aux éditions POCKET ; 280 pages.
2. Mes amis Mes amours (2006)
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Résumé
« Mes amis Mes amours » de Marc Levy raconte avec humour et tendresse l’amitié entre deux trentenaires célibataires, Mathias et Antoine. Amis de longue date, pères solos, ils décident d’emménager ensemble à Londres avec leurs enfants. Mathias vient de quitter Paris en quête d’un nouveau départ après son divorce, et rejoint Antoine, déjà installé dans la capitale britannique. Dans leur « petit village français » londonien, une joyeuse communauté haute en couleurs les entoure.
Cette colocation atypique bouscule leur quotidien. Antoine, maniaque, impose des règles de vie communes impossibles. Antoine, sociable mais hypersensible, peine à tourner la page de son mariage raté. Leurs enfants espiègles sèment un joyeux bazar. Des liens se tissent aussi avec le voisinage : Sophie la fleuriste amoureuse en secret d’Antoine, Yvonne la restauratrice au grand cœur… Une guérison par l’amitié s’opère, malgré quelques faux pas. Car cette vie à deux pourrait bien être un refuge contre de nouvelles déceptions amoureuses.
Bientôt, de vrais choix s’imposent. Faut-il laisser l’amour s’inviter à nouveau ? Ou préserver à tout prix ce cocon filial hors norme ? Avec la complicité d’une bande de personnages savoureux, Antoine et Mathias apprivoisent leurs blessures intimes.
Autour du livre
Publié en 2006, « Mes amis Mes amours » se distingue dans l’œuvre de Marc Levy par son angle d’approche original : plutôt que de centrer son récit sur une histoire d’amour, l’auteur met en scène une amitié masculine. Il y transpose le concept de « bromance » dans un contexte franco-britannique, en offrant un regard sensible sur la paternité et la reconstruction après un divorce.
La transposition du récit dans le microcosme d’un quartier français de Londres confère au roman une atmosphère particulière. Cette bulle francophone au cœur de la capitale britannique devient un personnage à part entière, avec ses commerces, ses habitants et ses traditions qui créent un sentiment de village dans la ville. Ce choix géographique permet d’aborder en filigrane les thèmes de l’expatriation et du déracinement.
Le livre a connu une adaptation cinématographique en 2008, réalisée par Lorraine Levy, la sœur du romancier. Le film, porté par Vincent Lindon et Pascal Elbé, conserve l’essence du roman tout en accentuant sa dimension comique. Cette version pour le grand écran a contribué à élargir l’audience du livre, qui s’est écoulé à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.
Aux éditions POCKET ; 237 pages.
3. L’horizon à l’envers (2016)
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Résumé
À Boston, trois étudiants en neurosciences – Josh, Luke et Hope – travaillent sur un projet révolutionnaire : cartographier le cerveau humain pour sauvegarder la mémoire et la conscience d’un individu. Bientôt Josh et Hope tombent amoureux. Mais quand cette dernière apprend qu’elle est atteinte d’une tumeur cérébrale incurable, leur recherche prend une dimension tout autre : il leur faut réussir à tout prix pour la sauver. Quarante ans plus tard, Melody, une pianiste virtuose, se réveille d’un coma après un accident d’hélicoptère. Si son corps lui est familier, tout le reste de sa vie lui semble étranger. Son amnésie cache peut-être le plus grand succès scientifique de l’histoire de l’humanité.
Autour du livre
« L’horizon à l’envers », publié en 2016, s’inspire d’une histoire vraie : celle de Kim Suozzi et Josh Schisler, qui ont tenté de défier la mort grâce à la cryogénisation. Marc Levy y entremêle plusieurs genres : la romance, bien sûr, mais aussi la science-fiction spéculative et le thriller médical. Les références scientifiques, minutieusement documentées, s’appuient sur des recherches réelles comme les travaux du professeur Thomas DeMarse à l’université de Floride sur les réseaux artificiels de neurones, ou ceux d’Anthony Atala au Wake Forest Institute for Regenerative Medicine.
La narration se déploie en deux temps : la première partie suit le trio d’étudiants dans leur course contre la montre, tandis que la seconde, située quarante ans plus tard, dévoile les conséquences de leur expérience à travers le personnage énigmatique de Melody. Cette construction en diptyque permet d’interroger la nature même de l’identité et de la conscience.
Le succès du livre repose notamment sur sa capacité à transformer des concepts scientifiques complexes en enjeux profondément humains. Les questions éthiques soulevées par la possibilité de « sauvegarder » une conscience trouvent leur écho dans des situations émotionnelles concrètes, donnant chair aux dilemmes moraux qui accompagnent les avancées technologiques.
La dimension romantique transcende le simple artifice narratif pour devenir le moteur même de l’innovation scientifique. « Ce que nous croyons a peu d’importance, c’est la façon dont nous aimons qui fait de nous ce que nous sommes » – cette phrase clé illustre comment l’amour peut pousser la science à repousser ses limites, pour le meilleur ou pour le pire.
Aux éditions POCKET ; 416 pages.
4. La prochaine fois (2004)
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Résumé
Expert en peinture à Boston, Jonathan Gardner voue une passion sans bornes à l’œuvre de Vladimir Radskin, peintre russe du XIXe siècle. Alors que son mariage avec Anna approche, il part pour Londres expertiser une collection comprenant une toile inédite de l’artiste, jamais exposée. Sur place, Jonathan rencontre Clara, une galeriste qui éveille en lui d’étranges sensations de déjà-vu. Tous deux sont convaincus de s’être déjà croisés, mais où et quand ? Leur quête de réponses les mène de Londres à Florence, puis à Paris, dévoilant peu à peu une histoire d’amour qui défie le temps et la mort, marquée par des réincarnations successives et une vengeance séculaire.
Autour du livre
« La prochaine fois », quatrième roman de Marc Lévy publié en 2004, mêle art, paranormal et romance à travers les siècles. L’intrigue s’articule autour d’une quête artistique qui devient progressivement une odyssée spirituelle et sentimentale. Le choix de la peinture comme fil conducteur permet d’ancrer solidement le récit dans une réalité tangible, tout en ouvrant la porte aux questionnements métaphysiques. Vladimir Radskin, peintre fictif créé de toutes pièces, incarne cette dualité : ses œuvres servent de ponts entre les époques, de témoins silencieux d’une histoire d’amour qui transcende le temps.
Marc Lévy alterne entre présent et passé, dans un jeu de miroirs où les destins se répètent et s’entremêlent. Les personnages secondaires, notamment Peter Gwel avec son humour décapant, apportent une légèreté bienvenue face à la gravité des enjeux. Son amitié indéfectible avec Jonathan offre un contrepoint à la passion tourmentée qui unit les protagonistes.
L’originalité du roman réside dans son traitement de la réincarnation, thème récurrent chez Lévy, mais ici particulièrement bien intégré à l’intrigue. Les tableaux se muent en passages entre les vies, en preuves tangibles d’une connexion qui perdure à travers les âges. Cette dimension surnaturelle s’installe progressivement, prenant le lecteur au dépourvu alors qu’il pensait simplement suivre une enquête sur l’authenticité d’une œuvre d’art.
Le dénouement, à la fois mélancolique et porteur d’espoir, suggère que l’amour véritable ne connaît pas de fin définitive, seulement des interruptions temporaires. Cette conclusion évite les facilités du happy end conventionnel tout en laissant entrevoir la possibilité d’autres recommencements.
Aux éditions POCKET ; 272 pages.
5. Le premier jour (2009)
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Résumé
Dans la vallée de l’Omo en Éthiopie, Keira, une archéologue, reçoit d’un enfant un étrange pendentif aux propriétés surnaturelles. À des milliers de kilomètres, sur le plateau d’Atacama au Chili, Adrian, un astrophysicien, scrute les étoiles pour percer le mystère des origines de l’univers. Le destin réunit ces anciens amants lorsque le bijou de Keira révèle des propriétés extraordinaires : soumis à une forte lumière, il projette une carte céleste vieille de 400 000 ans. Commence alors une course effrénée à travers le monde pour rassembler d’autres fragments similaires, tandis qu’une mystérieuse organisation internationale les traque sans relâche. Cette quête périlleuse les mène vers une découverte qui remet en question tout ce que l’on croyait savoir sur l’origine de l’humanité.
Autour du livre
« Le premier jour » marque un tournant dans l’œuvre de Marc Levy. Publié en 2009, ce neuvième roman s’éloigne des comédies romantiques qui ont fait sa renommée pour s’aventurer sur le terrain du thriller ésotérique. L’intrigue s’articule autour d’une double recherche : celle du premier homme et celle de la première étoile, symbolisant la quête perpétuelle de l’humanité pour comprendre ses origines. La narration alterne entre les points de vue des deux protagonistes, créant un effet de miroir entre leurs disciplines respectives : l’archéologie scrutant les profondeurs terrestres et l’astrophysique contemplant l’immensité céleste.
La dimension internationale de l’intrigue, qui conduit les protagonistes de l’Éthiopie au Chili en passant par la Chine, souligne l’universalité de la quête des origines. Cette course aux fragments mystérieux évoque les grandes expéditions archéologiques du XIXe siècle, tout en y ajoutant des enjeux contemporains liés aux secrets d’État et aux luttes de pouvoir entre nations.
Premier volet d’un diptyque complété par « La première nuit », le roman s’achève sur un cliffhanger. Cette structure en deux parties permet d’approfondir les thématiques abordées tout en maintenant le suspense. Les références scientifiques, minutieusement documentées, confèrent une crédibilité au récit sans jamais l’alourdir.
Aux éditions POCKET ; 512 pages.
6. La symphonie des monstres (2023)
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Résumé
« Veronika est de ces femmes qui résistent même dans les pires moments. » En 2024, cette infirmière ukrainienne voit sa vie basculer lorsque son fils de neuf ans, Valentyn, est enlevé par les autorités russes lors d’une rafle dans son école. Le petit garçon, qui ne parle pas mais possède une intelligence remarquable, se retrouve dans un « orphelinat » en Crimée occupée, où Maria Lvova-Belova orchestre un vaste programme de « russification » des enfants ukrainiens. Sa sœur adolescente Lilya se lance à sa recherche tandis que leur mère mobilise l’aide d’un groupe de hackers internationaux pour contrer ce que les Russes appellent pudiquement « La symphonie des monstres ».
Autour du livre
Ce vingt-cinquième roman de Marc Levy est le quatrième volet de la saga du « Groupe des 9 », tout en conservant son autonomie narrative. L’intrigue s’inspire directement de la déportation massive d’enfants ukrainiens vers la Russie – un crime de guerre pour lequel Vladimir Poutine et sa commissaire aux droits de l’enfant font l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis mars 2023. Elle résonne particulièrement avec l’histoire personnelle du romancier, dont les grands-parents juifs ont péri dans les camps nazis. Marc Levy a d’ailleurs choisi de rendre la version russe de son livre gratuitement accessible en format numérique, bravant ainsi la censure du Kremlin.
L’histoire entrecroise trois fils narratifs : celui de Valentyn prisonnier qui prépare son évasion, celui de Lilya qui parcourt un pays en guerre, et celui de Veronika qui mobilise des réseaux clandestins. Cette structure permet d’éclairer différentes facettes du conflit, des bombardements quotidiens aux collaborations avec l’occupant, en passant par les réseaux de résistance. Elle met également en lumière l’existence méconnue de l’IT Army ukrainienne, une force de résistance numérique opposée aux hackers russes.
Marc Levy évite les écueils du manichéisme en donnant la parole à des Ukrainiens pro-russes et à des Russes ignorant la portée de leurs actes, tout en maintenant une tension narrative qui ne faiblit jamais. Les personnages secondaires, du vieux pêcheur Dimitri au chirurgien anonyme du dispensaire, insufflent une humanité poignante à ce tableau d’une nation meurtrie mais indomptable.
Aux éditions POCKET ; 408 pages.
7. Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites (2008)
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Résumé
Julia, jeune graphiste à la veille de son mariage, apprend soudain le décès de son père, Anthony Walsh. Homme d’affaires brillant mais distant, il avait toujours fait passer sa carrière avant sa famille. Une absence qui avait profondément blessé sa fille unique. Le jour des obsèques, une surprenante caisse en bois de 2 mètres est livrée chez Julia. À l’intérieur, une réplique robotisée ultraréaliste de son défunt père, dans laquelle il a transféré sa mémoire et sa conscience. Anthony n’a que 6 jours à « vivre » sous cette forme. 144 heures, pas une de plus, pour rattraper le temps perdu et panser les plaies du passé. Comme suspendue hors du temps, cette semaine miracle sera l’occasion de dire enfin toutes ces choses qu’ils ne s’étaient jamais dites. Entre confidences et règlements de comptes, Julia et son père androïde partent sur les traces de Tomas, l’amour de jeunesse perdu de la jeune femme. De New York à Berlin en passant par Montréal, un périple intense attend le duo père-fille.
Autour du livre
Publié en 2008, « Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites » est le huitième roman de Marc Levy. L’écrivain y aborde les thèmes de la relation père-fille, du deuil et de la seconde chance, tout en intégrant des éléments de science-fiction. Le roman s’inscrit dans une période historique significative, notamment lors des passages se déroulant à Berlin. La chute du mur y est évoquée non comme simple toile de fond, mais comme élément catalyseur des destins des personnages. Cette dimension historique confère au récit une profondeur supplémentaire, ancrant l’histoire d’amour entre Julia et Tomas dans un contexte politique majeur.
Marc Levy joue sur l’ambiguïté entre réalité et fiction, notamment à travers le dispositif de l’androïde. Cette création technologique sert de prétexte pour évoquer les non-dits familiaux et les occasions manquées, tout en questionnant la possibilité de réparer le passé. Le personnage de Stanley, meilleur ami de Julia, mérite une attention particulière. Homosexuel ayant perdu son compagnon du sida, il incarne une figure de confident moderne qui transcende les clichés habituels. Sa présence apporte une touche d’humour et de légèreté bienvenue dans ce récit où la mort et les regrets occupent une place centrale.
« Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites » a connu un succès commercial significatif et a été adapté en mini-série en 2022, sous la réalisation de Miguel Courtois. Marc Levy y a participé en tant que showrunner, garantissant ainsi une fidélité à l’esprit original du livre.
Aux éditions POCKET ; 352 pages.
8. Les enfants de la liberté (2007)
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Résumé
En 1943, Raymond Levy, dit Jeannot, s’engage à 18 ans dans la Résistance à Toulouse avec son frère Claude. Les deux adolescents juifs, dont les parents ont été déportés, rejoignent la 35e brigade FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée), un groupe composé majoritairement de très jeunes étrangers. Sous les ordres de Marcel Langer, ils multiplient les actions de sabotage contre l’occupant allemand : destructions de trains, d’usines et d’infrastructures militaires. Leur règle d’or : ne jamais tuer d’innocent. Mais la brigade finit par tomber aux mains de l’ennemi. Après la prison Saint-Michel vient l’épreuve du « train fantôme », ce convoi de déportés qui erra à travers la France pendant l’été 1944, entre les bombardements alliés et les tentatives désespérées d’évasion.
Autour du livre
Publié en 2007, « Les enfants de la liberté » s’éloigne radicalement des intrigues sentimentales qui ont fait le succès de Marc Levy. Il y livre un récit poignant sur la Résistance, inspiré de l’histoire vraie de son père Raymond et de son oncle Claude. Il honore ainsi une promesse faite par son père à un camarade mourant : faire connaître leur combat aux générations futures.
La singularité de ce témoignage tient à sa perspective : celle de très jeunes résistants, souvent d’origine étrangère, qui se battent pour un pays qui ne les reconnaît pas comme siens. Marc Levy met en lumière le rôle crucial mais longtemps négligé des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée), dans la lutte contre l’occupant. Ces combattants, principalement espagnols, italiens ou juifs, ont payé un lourd tribut : beaucoup furent exécutés ou déportés, tandis que certains responsables de la Résistance française refusèrent de les secourir, ne voulant pas que la victoire soit « le fait d’étrangers ».
L’épisode du « train fantôme », peu connu du grand public, constitue l’un des moments les plus saisissants du livre. Ce convoi parti de Toulouse en juillet 1944 erra pendant deux mois à travers la France, ses occupants survivant dans des conditions atroces alors que les Alliés progressaient vers Paris. Les tentatives d’évasion, dont celle réussie de Raymond et Claude Levy qui parvinrent à s’échapper en démontant des planches du wagon, témoignent d’un courage et d’une volonté de survie extraordinaires.
Le succès critique et public de ce livre a contribué à faire connaître cette page méconnue de l’histoire de la Résistance. Plusieurs survivants ou leurs descendants ont contacté Marc Levy après sa publication pour le remercier d’avoir préservé la mémoire de ces jeunes héros. La phrase « On est tous l’étranger de quelqu’un », qui résonne tout au long du récit, prend une résonance particulière à notre époque.
Aux éditions POCKET ; 384 pages.
9. Une autre idée du bonheur (2014)
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Résumé
Philadelphie, 2010. Milly mène une existence minutieusement réglée entre son travail à l’université, son petit ami Frank et son meilleur ami Jo, jusqu’au jour où une quinquagénaire armée monte dans sa voiture et la force à quitter la ville. Cette femme, Agatha, vient de s’évader après trente ans d’incarcération, alors qu’il ne lui restait que cinq ans à purger. Durant les cinq jours qui suivent, leur périple les conduit d’État en État à la rencontre d’anciens camarades d’Agatha, révélant progressivement son passé de militante contre les discriminations raciales dans l’Amérique des années 1970. Pendant ce temps, le marshal Tom Bradley se lance sur leurs traces.
Autour du livre
« Une autre idée du bonheur », quinzième roman de Marc Levy paru en 2014, s’inscrit dans une veine sociale et politique inédite pour l’auteur. Le récit fait écho aux mouvements contestataires étudiants des années 1970 aux États-Unis, notamment à travers la figure des Soledad Brothers et de George Jackson, membre des Black Panthers. Cette toile de fond historique sert d’ancrage à une réflexion sur l’engagement, la justice et les sacrifices consentis au nom de ses convictions.
La narration jongle entre présent et passé, chaque étape du périple d’Agatha et Milly dévoilant un nouveau pan de l’histoire américaine et des luttes pour les droits civiques. Les personnages secondaires, comme Raoul ou Quint, incarnent les survivants d’une époque révolue, porteurs d’une mémoire à la fois douloureuse et nécessaire. Marc Levy y questionne les notions de liberté et de bonheur conventionnel à travers le contraste entre Milly, enfermée dans une routine confortable, et Agatha, qui a sacrifié sa liberté physique pour ses idéaux.
Le récit s’éloigne des thématiques sentimentales habituelles de Marc Levy pour aborder des sujets plus engagés, comme la répression des mouvements étudiants, la mort d’étudiants tués par la garde nationale sur le campus de l’Université de Kent en mai 1970, ou encore la corruption des institutions. Ce changement de registre a suscité des réactions contrastées chez les lecteurs, certains saluant cette évolution, d’autres regrettant l’absence des ressorts romanesques caractéristiques de l’auteur.
Aux éditions POCKET ; 352 pages.
10. La dernière des Stanfield (2017)
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Résumé
Eleanor Rigby, journaliste londonienne, reçoit une mystérieuse lettre anonyme quelques mois après le décès de sa mère. Le message révèle que cette dernière aurait commis un crime trente-cinq ans plus tôt. Au même moment au Québec, Georges Harrison, ébéniste, découvre dans sa boîte aux lettres un courrier similaire concernant sa propre mère. Les deux inconnus sont conviés à un rendez-vous dans un bar de Baltimore où ils découvrent, stupéfaits, une photographie de leurs mères ensemble datant des années 1980. Commence alors une enquête qui les mène sur les traces d’un passé trouble, entre la France occupée de 1944, le Baltimore des années 1980 et le Londres d’aujourd’hui, où se cachent les secrets de trois générations de la famille Stanfield.
Autour du livre
« La dernière des Stanfield », dix-huitième roman de Marc Levy paru en 2017, se démarque par sa construction en triptyque entre trois périodes : la France occupée de 1944, le Baltimore effervescent des années 1980 et l’époque contemporaine entre Londres et Montréal. Les choix onomastiques témoignent d’un hommage appuyé aux Beatles, avec les protagonistes Eleanor Rigby et Georges Harrison. Cette référence musicale s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’héritage et la transmission, thèmes centraux du roman. Le personnage de Michel, frère jumeau d’Eleanor atteint du syndrome d’Asperger, apporte une dimension supplémentaire à l’histoire par sa perception singulière du monde.
L’intrigue s’articule autour de la spoliation des œuvres d’art pendant la Seconde Guerre mondiale, de l’émancipation féminine dans les années 1980 et des relations familiales contemporaines. La figure du « corbeau », l’auteur anonyme des lettres, agit comme un catalyseur qui précipite la confrontation avec un passé soigneusement enfoui. Marc Levy aborde aussi des thématiques sociétales fortes : l’homosexualité féminine à travers la relation entre Sally-Anne et May, la condition juive pendant l’Occupation avec l’histoire d’Hanna, ou encore l’autisme à travers le personnage de Michel.
Aux éditions POCKET ; 448 pages.