Wind Breaker, écrit et dessiné par Satoru Nii, est un shōnen manga prépublié depuis janvier 2021 dans le Magazine Pocket de Kōdansha.
Le récit suit Haruka Sakura, un lycéen solitaire et bagarreur, qui intègre le lycée Fūrin dans le seul but d’en gravir la hiérarchie par la force. Il découvre que les élèves de l’établissement, regroupés sous le nom de « Bōfūrin », se consacrent désormais à la protection de leur quartier. Au fil des affrontements et des rencontres, Sakura remet en question sa conception de la puissance et apprend la valeur des liens humains.
La série, adaptée en anime par le studio CloverWorks en 2024, compte plus de vingt volumes au Japon et est éditée en France par Pika Édition. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Tokyo Revengers (Ken Wakui, 2017)

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Takemichi Hanagaki, jeune adulte sans perspectives, apprend la mort de son ex-petite amie Hinata, tuée lors d’un règlement de comptes entre gangs. Un saut temporel le renvoie douze ans en arrière, au collège, avec pour mission de modifier le cours des événements. Pour y parvenir, il s’infiltre au sein du Tokyo Manji Gang, une bande de délinquants dirigée par le charismatique Mikey.
Là où Wind Breaker fait de la loyauté envers un quartier le moteur de ses combats, Tokyo Revengers va plus loin grâce à sa mécanique de saut temporel. Takemichi, comme Sakura, est un protagoniste au départ fragile qui gagne en détermination face à l’adversité. Les thèmes de la camaraderie, du sacrifice et de la lutte pour protéger ceux qu’on aime traversent les deux séries avec la même intensité.
2. Nine Peaks (Tetsuhiro Hirakawa, 2022)

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Gaku, lycéen de seize ans à la réputation de dur à cuire, méprise son père, gérant discret d’un petit restaurant. Lorsque celui-ci meurt dans un accident, une foule immense se rassemble à ses funérailles et dévoile son passé de figure légendaire des gangs locaux. Après une chute accidentelle lors d’une partie de pêche, Gaku se retrouve propulsé vingt-deux ans en arrière, face à son père adolescent.
Ce récit d’Hiromasa Hirakawa — ancien dessinateur sur les séries dérivées de Crows — mêle furyo et lien filial avec une énergie brute. L’approche rappelle Wind Breaker par sa galerie de combattants au grand cœur et ses rivalités entre établissements scolaires. Mais Nine Peaks y ajoute une touche d’émotion familiale : Gaku ne se bat pas seulement pour régner, il cherche à comprendre l’homme que son père a été.
3. Crows (Hiroshi Takahashi, 1990)

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Bōya Harumichi débarque en classe de première au lycée Suzuran, surnommé « l’école des corbeaux », l’un des établissements les plus redoutés du Japon. Différentes factions de voyous se disputent le titre de chef suprême, et aucun élève n’a jamais réussi à unifier l’école sous sa coupe. Avec son allure décontractée et une force de frappe redoutable, Bōya bouscule tous les rapports de force en place.
Crows est le pilier fondateur du manga furyo. Hiroshi Takahashi y a posé les codes du genre — honneur, fraternité, duels entre bandes — que Wind Breaker reprend et modernise trois décennies plus tard. Haruka Sakura et Bōya Harumichi partagent le même archétype : un nouvel élève insaisissable qui redistribue les cartes au sein d’un lycée dominé par la loi du plus fort. Disponible en France chez Kana depuis juin 2025, ce classique mérite d’être lu par quiconque apprécie le genre.
4. Rokudenashi Blues (Masanori Morita, 1988)

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Taison Maeda, bagarreur au sang chaud, rêve de devenir champion du monde de boxe — sans même connaître les règles de ce sport. Son entrée au lycée Teiken le propulse au cœur d’un réseau de rivalités entre établissements de Tokyo, où quatre « rois célestes » se disputent le statut de plus redoutable combattant de la ville. Entre bagarres de rue, amours maladroites et humour ravageur, Maeda traverse trois années de lycée à la force de ses poings.
Prépublié dans le Weekly Shōnen Jump pendant près de neuf ans, Rokudenashi Blues a écoulé plus de soixante millions d’exemplaires. Comme Wind Breaker, le manga de Morita met en scène un protagoniste au tempérament impulsif mais profondément loyal, dont la trajectoire passe par la bagarre pour atteindre une forme de maturité. Le mélange d’action, de comédie et de tranches de vie quotidienne constitue un modèle dont Satoru Nii a visiblement hérité.
5. OUT (Tatsuya Iguchi & Makoto Mizuta, 2012)

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Tatsuya Iguchi, dix-sept ans, sort de la maison d’arrêt de Nagano avec une condition non négociable : le moindre écart le renverra derrière les barreaux. Surnommé « le chien enragé de Komae » en raison de son passé violent, il tente de se reconstruire au restaurant de sa tante. Mais le monde des gangs de Tokyo ne tarde pas à le rattraper, et la frontière entre rédemption et rechute se révèle mince.
Ce seinen, tiré des expériences réelles de son scénariste, adopte un ton plus sombre et plus cru que Wind Breaker. Là où Sakura découvre les vertus de la communauté dès son arrivée à Fūrin, Tatsuya lutte seul contre un environnement qui conspire à le faire rechuter. Les deux récits partagent cependant la même question centrale : peut-on se définir autrement que par la violence quand celle-ci constitue la seule langue que l’on maîtrise ?
6. School of Villains (Hiromasa Okujima, 2023)

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Jōichirō Kirinji, quinze ans, est le fils du Premier ministre du Japon. Élève modèle, il souhaite marcher dans les pas de son père — jusqu’au jour où il découvre que ce dernier n’est qu’un subordonné du chef du clan Biran, un puissant réseau yakuza. Humilié, Jōichirō décide de s’inscrire au lycée Biran, un établissement contrôlé par la pègre, pour en gravir lui-même les échelons.
Hiromasa Okujima, spécialiste du furyo teinté de second degré (on lui doit aussi Les Racailles de l’autre monde), détourne ici les codes du genre avec malice. Les affrontements prennent la forme de jeux d’enfants poussés à l’extrême — pierre-papier-ciseaux musclé, balle aux prisonniers sanglante. L’ambition d’un protagoniste parti de rien pour conquérir le sommet d’une école rappellera la quête de Sakura à Fūrin, mais servie avec un humour nettement plus corrosif.
7. Demons Star (Shūji Abe & Shin Mikuni, 2022)

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Yusuke Kokubo, quinze ans, est aussi brillant qu’il est malchanceux. Son rêve de devenir avocat s’effondre quand sa poisse chronique lui fait rater tous les concours d’entrée au lycée. Il échoue à l’établissement Miyato, repaire de délinquants où la hiérarchie se règle à coups de poing. Pour survivre, il adopte un look de racaille et tente de se fondre dans la masse — mais une série de quiproquos le hisse malgré lui au rang de chef de clan.
Complète en quatre tomes, cette série joue à fond la carte de la comédie furyo. Là où Wind Breaker traite ses combats avec sérieux et émotion, Demons Star mise sur l’absurde et les malentendus. Le ressort comique principal — un héros pacifique pris pour un caïd invincible — fonctionne comme un miroir déformé de Sakura, dont la réputation de brute masquait elle aussi une personnalité plus nuancée.
8. Bakuon Rettō (Tsutomu Takahashi, 2002)

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Tokyo, années 1980. Takashi Kase, lycéen timide, est repéré par des camarades passionnés de moto grâce à un simple autocollant sur son cartable. Cette rencontre le précipite dans l’univers des bōsōzoku, ces gangs de motards qui sillonnaient les rues japonaises au mépris de l’ordre public. Takashi intègre le clan des Zéros et découvre un monde régi par des codes d’honneur stricts, la vitesse et la fraternité nocturne.
Récit en grande partie autobiographique — Tsutomu Takahashi a lui-même été membre d’un gang de motards —, Bakuon Rettō se distingue par son réalisme sans concession. Là où Wind Breaker idéalise la figure du délinquant protecteur, ce seinen en montre les zones d’ombre : la dérive, la marginalisation, la proximité du milieu yakuza. Les deux titres partagent néanmoins le même noyau narratif, celui d’un adolescent en quête de sa place au sein d’un groupe soudé par des règles non écrites.
9. Les Racailles de l’autre monde (Hiromasa Okujima, 2019)

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Shinichi et sa bande de voyous règnent sur la banlieue de Tokyo après avoir soumis toutes les factions rivales. Frustré de ne plus trouver d’adversaire à sa mesure, Shinichi est soudain catapulté avec ses compagnons dans un monde de fantasy peuplé de démons et de créatures hostiles. Les villageois les prennent pour les princes d’une prophétie destinés à vaincre le Dieu du Mal — et Shinichi, ravi, accepte le défi tronçonneuse en main.
Ce croisement entre furyo et isekai repose sur un décalage permanent : des brutes de lycée appliquent leurs méthodes de voyous dans un univers médiéval-fantastique, avec un résultat aussi dévastateur que comique. Si vous avez aimé l’énergie et la camaraderie de la bande de Sakura dans Wind Breaker, Les Racailles de l’autre monde transpose cette même dynamique de groupe dans un cadre radicalement différent, où l’amitié et les coups de poing restent les seules constantes.