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Que lire après « Tokyo Ghoul » de Sui Ishida ?

Que lire après « Tokyo Ghoul » de Sui Ishida ?

Tokyo Ghoul est un seinen manga écrit et dessiné par Sui Ishida, prépublié dans le Weekly Young Jump de 2011 à 2014, puis prolongé par Tokyo Ghoul:re de 2014 à 2018. Le récit suit Ken Kaneki, un étudiant transformé en hybride mi-humain mi-goule après une greffe d’organes, et contraint de survivre entre deux mondes irréconciliables.

Portée par des thématiques fortes – identité fracturée, monstruosité intérieure, violence institutionnelle –, la série s’est écoulée à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires et a durablement imprégné le paysage du manga dark fantasy. Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici quelques pistes du même acabit.


1. Choujin X (Sui Ishida, 2021)

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Trois ans après la fin de Tokyo Ghoul:re, Sui Ishida revient avec Choujin X, publié à son propre rythme sur la plateforme Tonari no Young Jump. On y suit Tokio Kurohara, lycéen effacé qui s’injecte un sérum pour protéger son meilleur ami Azuma lors d’une attaque de « choujin » – des êtres dotés de pouvoirs surhumains. Tokio se mue alors en une créature à l’allure de vautour, symbole de sa vie passée à se nourrir des accomplissements d’autrui.

La parenté avec Tokyo Ghoul saute aux yeux : un protagoniste passif, une transformation subie, une société qui craint la différence. Mais Ishida s’en démarque par un ton plus léger et absurde, où l’humour côtoie le body horror sans prévenir. Le trait, plus brut et expressionniste que dans sa série précédente, traduit un mangaka libéré de la cadence hebdomadaire et visiblement plus épanoui dans sa création.


2. Jagaaan (Muneyuki Kaneshiro & Kensuke Nishida, 2017)

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Prépublié dans le Big Comic Spirits de 2017 à 2021, Jagaaan met en scène Shintarô Jagasaki, policier de quartier à la vie morne qui dissimule de violentes pulsions meurtrières derrière un sourire de façade. Après une pluie de grenouilles, certains humains se muent en « détraqués » – des monstres engendrés par leurs désirs refoulés. Jagasaki hérite d’un pouvoir étrange : sa main droite se transforme en arme à feu organique.

Là où Tokyo Ghoul questionnait la frontière entre l’humain et le monstre par le prisme de la goule, Jagaaan aborde cette même dualité sous l’angle des pulsions et de l’addiction. Le dessin hyperréaliste de Nishida accentue la dimension viscérale de chaque mutation, et le scénario de Kaneshiro – également auteur de Blue Lock – dissèque l’égoïsme, la quête de reconnaissance et la toxicité des apparences sociales avec une brutalité sans concession.


3. Ajin (Gamon Sakurai, 2012)

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Publié dans le magazine Good! Afternoon de 2012 à 2021, Ajin raconte l’histoire de Kei Nagai, lycéen qui découvre son immortalité après un accident mortel. Dans cet univers, les « Ajin » – des humains incapables de mourir – sont traqués par les gouvernements et soumis à des expérimentations cruelles.

La parenté avec Tokyo Ghoul est immédiate : un jeune homme ordinaire devient membre d’une minorité persécutée et se retrouve pris dans un conflit politique sanglant. Mais Kei diffère radicalement de Kaneki : là où ce dernier lutte pour préserver son humanité, Kei se distingue par un pragmatisme froid, voire un égoïsme calculé.

L’antagoniste Satô, ancien combattant devenu terroriste ajin, figure parmi les méchants les plus redoutables du manga seinen contemporain. Les affrontements, fondés sur l’exploitation tactique de l’immortalité, confèrent au récit une tension stratégique constante.


4. Chainsaw Man (Tatsuki Fujimoto, 2018)

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Lancé dans le Weekly Shônen Jump en décembre 2018, Chainsaw Man suit Denji, un adolescent misérable qui fusionne avec un démon-tronçonneuse pour devenir un chasseur de démons au service du gouvernement japonais. Le ton de Tatsuki Fujimoto oscille entre une violence graphique extrême et un humour cru, presque tendre, né de la naïveté désarmante de son protagoniste.

Comme Ken Kaneki, Denji est un personnage instrumentalisé par des forces qui le dépassent, ballotté entre des factions aux motivations opaques. Mais là où Tokyo Ghoul misait sur l’introspection et la souffrance psychologique, Chainsaw Man privilégie le chaos narratif et l’imprévisibilité.

Fujimoto dynamite les conventions shônen avec une désinvolture rare, et la seconde partie, publiée dans le Shônen Jump+, accentue encore cette tendance à la déconstruction. Le résultat : un manga punk et mélancolique, aussi imprévisible que dévastateur sur le plan émotionnel.


5. Jujutsu Kaisen (Gege Akutami, 2018)

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Prépublié dans le Weekly Shônen Jump depuis mars 2018, Jujutsu Kaisen met en scène Yûji Itadori, un lycéen qui ingère un doigt maudit du roi des fléaux, Sukuna, et devient le réceptacle d’une entité démoniaque. L’écho avec Tokyo Ghoul est limpide : un corps partagé entre deux consciences, l’une humaine, l’autre monstrueuse, et une condamnation à mort prononcée par les institutions censées protéger l’ordre.

Gege Akutami a d’ailleurs cité l’influence de Sui Ishida sur son travail. Le système de combat, fondé sur l’énergie occulte, permet des affrontements d’une inventivité remarquable, tandis que la narration refuse tout manichéisme.

Les antagonistes possèdent leurs propres philosophies, souvent cohérentes, et le récit n’hésite pas à sacrifier des personnages majeurs sans ménagement. La série s’est achevée en 2024 après 271 chapitres et a consolidé son statut de pilier du shônen moderne.


6. Hell’s Paradise (Yûji Kaku, 2018)

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Publié sur la plateforme Shônen Jump+ de janvier 2018 à janvier 2021, Hell’s Paradise – ou Jigokuraku – se déroule durant l’ère Edo. Le shinobi Gabimaru, dit « le Vide », est un assassin condamné à mort qui se voit accorder une chance de survie : rapporter l’élixir d’immortalité depuis une île mystérieuse nommée Shinsenkyo. Il y est envoyé avec d’autres condamnés, chacun escorté par un bourreau.

L’île regorge de créatures monstrueuses et de paysages empruntés à la mythologie taoïste. Le lien avec Tokyo Ghoul tient à la dualité du protagoniste : Gabimaru, froid tueur d’élite, redécouvre ses émotions au contact de sa partenaire Sagiri et de l’île elle-même. Le manga entrelace habilement survival horror, arts martiaux et cosmologie asiatique, le tout porté par un dessin nerveux et précis. En 127 chapitres, Yûji Kaku livre un récit complet, dense et maîtrisé de bout en bout.


7. Gleipnir (Sun Takeda, 2015)

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Lancé en octobre 2015 dans le Young Magazine the 3rd de Kôdansha, Gleipnir suit Shûichi Kagaya, lycéen qui se transforme en une mascotte animale géante dotée d’un revolver – avec une fermeture éclair dans le dos. Lorsqu’une camarade de classe, Aoki, le surprend sous cette forme, elle le contraint de l’aider à retrouver sa sœur parricide.

L’intrigue tourne autour de pièces extraterrestres qui confèrent des pouvoirs à leurs détenteurs. Le parallèle avec Tokyo Ghoul repose sur la honte du corps transformé et la relation toxique entre les deux protagonistes : Aoki entre littéralement à l’intérieur de Shûichi pour le piloter, dans une symbiose à la fois intime et dérangeante.

Sun Takeda tire de ce postulat un body horror psychologique où le désir, la manipulation et la monstruosité s’entrelacent jusqu’au malaise. Le titre, emprunté à la mythologie nordique, désigne le lien qui retient le loup Fenrir.


8. Gannibal (Masaaki Ninomiya, 2018)

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Prépublié dans le Manga Goraku à partir de 2018 et achevé en 13 tomes, Gannibal plante son récit dans un village de montagne isolé du Japon rural. Le policier Daigo Agawa y est muté avec sa famille, et découvre rapidement que quelque chose ne tourne pas rond : son prédécesseur a disparu, un cadavre porte des traces de morsures humaines, et le clan Gotô règne sur la communauté d’une main de fer.

La question, posée dès les premières pages, hante tout le récit : les habitants de ce village sont-ils cannibales ? Si Tokyo Ghoul traitait de l’anthropophagie par le biais du fantastique, Gannibal l’aborde sous un angle réaliste et ethnographique, ancré dans les traditions du Japon profond.

L’atmosphère oppressante évoque le cinéma de genre rural – pensez au film Délivrance transposé dans les montagnes japonaises. Masaaki Ninomiya installe une tension suffocante portée par un dessin nerveux aux expressions saisissantes.


9. Dai Dark (Q Hayashida, 2019)

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Après 18 ans de travail sur Dorohedoro, Q Hayashida lance Dai Dark en mars 2019 dans le Monthly Shônen Sunday. Le récit se déroule dans un espace intersidéral crasseux, peuplé de créatures grotesques. Zaha Sanko, adolescent de quatorze ans, est pourchassé par l’univers entier : une rumeur prétend que ses os peuvent exaucer n’importe quel souhait. Accompagné d’Avakian, sac à dos squelettique et sensible, il cherche à éliminer la source de cette malédiction.

Le lien avec Tokyo Ghoul tient au protagoniste maudit, traqué pour ce que son corps contient malgré lui. Mais le ton se situe aux antipodes : Hayashida manie un humour macabre et burlesque qui désamorce la noirceur ambiante.

Son style graphique, dense et organique, fait cohabiter nécromancie, SF et gags absurdes. Un choix idéal pour qui a aimé la dimension horrifique de Tokyo Ghoul et souhaite la retrouver dans un emballage plus décalé.


10. The Summer Hikaru Died (Mokumokuren, 2021)

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Prépublié dans le magazine en ligne Young Ace Up depuis août 2021, The Summer Hikaru Died est la première série de Mokumokuren, mangaka qui a grandi avec Tokyo Ghoul dans les pages du Weekly Young Jump. Le récit se situe dans un village rural du Japon. Yoshiki, adolescent renfermé, sait que son meilleur ami Hikaru est mort dans les montagnes – et que la créature qui a pris son apparence, sa voix et ses souvenirs n’est pas humaine.

Pourtant, il choisit de maintenir cette amitié impossible, tiraillé entre la terreur et des sentiments inavoués. Le manga mêle horreur lovecraftienne et récit d’apprentissage queer avec une sensibilité rare.

La tension ne repose pas sur des combats, mais sur l’ambiguïté permanente de la relation entre les deux garçons. Comme Tokyo Ghoul, la série interroge ce qui subsiste de l’humain sous l’enveloppe du monstre – par le prisme du deuil et de l’attachement.

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