Terra Formars est un seinen manga écrit par Yū Sasuga et dessiné par Kenichi Tachibana, prépublié à partir de 2011 dans les magazines Miracle Jump puis Weekly Young Jump (Shūeisha) et compilé en 22 tomes.
Le récit se déroule au XXVIe siècle : l’humanité, en quête de nouveaux territoires, envoie des équipes sur Mars pour l’éradiquer de cafards mutants devenus des colosses humanoïdes d’une force phénoménale. Pour survivre, les membres d’équipage subissent la « Bugs Procedure », une chirurgie expérimentale qui leur confère des capacités inspirées du règne animal.
Entre science-fiction militaire, body horror et affrontements brutaux, la série s’est imposée comme une référence du genre survivaliste au Japon. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Gantz (Hiroya Oku, 2000)

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Kei Kurono et Masaru Kato, deux lycéens fauchés par une rame de métro, reprennent conscience dans un appartement clos où une mystérieuse sphère noire — Gantz — les enrôle de force dans des missions de chasse aux extraterrestres. Équipés de combinaisons et d’armes high-tech, ils affrontent des créatures de plus en plus redoutables, et chaque mission peut être la dernière. Le manga, prépublié dans le Weekly Young Jump pendant treize ans et compilé en 37 tomes, repousse les limites de la violence graphique grâce à un recours pionnier à la modélisation 3D.
Comme dans Terra Formars, les protagonistes de Gantz sont des individus ordinaires projetés dans un jeu de massacre où la mort frappe sans prévenir. L’escalade de puissance, la brutalité des affrontements et les interrogations sur la nature de l’héroïsme tissent un parallèle évident entre les deux séries.
2. Ajin (Gamon Sakurai, 2012)

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Kei Nagai, lycéen sans histoires, découvre qu’il est un Ajin — un semi-humain immortel — après avoir été tué dans un accident de la route. Traqué par les autorités, qui utilisent les Ajin comme cobayes dans des expériences inhumaines, il se retrouve pris entre les forces gouvernementales et Satô, un Ajin terroriste résolu à déclarer la guerre à l’humanité. Chaque Ajin peut aussi invoquer un « fantôme noir », entité de combat quasi invulnérable.
La série, bouclée en 17 tomes chez Kōdansha, partage avec Terra Formars le thème de l’humain augmenté devenu paria. L’immortalité des Ajin rappelle les transformations de la « Bugs Procedure » : dans les deux cas, le corps modifié suscite autant la convoitise que la terreur, et la frontière entre l’humain et le monstre s’efface un peu plus à chaque chapitre.
3. Knights of Sidonia (Tsutomu Nihei, 2009)

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Mille ans après la destruction du système solaire par les Gaunas, des extraterrestres métamorphes quasi indestructibles, les derniers humains survivent à bord du vaisseau-cité Sidonia. Nagate Tanikaze, clone génétiquement modifié d’un ancien héros, sort des entrailles du navire et rejoint le corps d’élite des pilotes de Sentinelles pour affronter la menace. La société de Sidonia a subi de profondes mutations : photosynthèse humaine, clonage, troisième genre biologique.
Tsutomu Nihei, déjà connu pour Blame! et Biomega, livre en 15 tomes un space opera où l’humanité, comme dans Terra Formars, se bat pour sa survie contre des créatures qui la surpassent en tout point. L’ingénierie corporelle des Sidoniens fait écho aux modifications génétiques des combattants martiens, et la tension permanente entre sacrifice individuel et salut collectif imprègne les deux récits. Le trait architectural de Nihei, ses silences narratifs et ses combats spatiaux titanesques en font une lecture incontournable pour quiconque a apprécié la dimension militaire de Terra Formars.
4. Starving Anonymous (Yū Kuraishi, Kengo Mizutani & Kazu Inabe, 2014)

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Deux lycéens, Iye et Kazu, sont gazés dans leur bus scolaire, puis se réveillent au milieu de cadavres humains découpés dans un hangar. Ils réalisent avec horreur que des êtres monstrueux élèvent et abattent des humains comme du bétail. Parmi les prisonniers se trouve Natsune, un « Régénérateur » né en laboratoire pour servir de source de nourriture inépuisable.
Condensé en 7 tomes chez Kōdansha, ce seinen horrifique renverse la chaîne alimentaire avec la même brutalité que Terra Formars inverse le rapport de force entre l’homme et l’insecte. L’enfermement, les expérimentations sur le corps humain et l’urgence de la fuite relient étroitement les deux séries. Le scénario de Yū Kuraishi (déjà auteur de Fort of Apocalypse) pousse la logique survivaliste dans ses retranchements les plus sordides. Les amateurs de survival-horror cru y trouveront une lecture qui ne ménage ni les nerfs ni l’estomac.
5. Jagaaan (Muneyuki Kaneshiro & Kensuke Nishida, 2017)

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Shintarô Jagasaki est un policier de quartier dont la vie monotone dissimule de violentes pulsions meurtrières. Après une pluie de grenouilles surnaturelle, certains humains se métamorphosent en « détraqués » — des créatures monstrueuses nées de leurs désirs les plus enfouis. Shintarô, lui, voit sa main droite se transformer en arme à feu organique, et une chouette mystérieuse lui confie la mission d’éliminer ces mutants.
En 14 tomes, le duo Kaneshiro-Nishida signe un seinen souvent comparé à Gantz pour sa noirceur et son body horror. Le dessin de Nishida, d’une précision féroce dans la représentation des mutations, donne corps à des créatures grotesques et viscérales. Le lien avec Terra Formars tient à la logique de transformation corporelle irréversible : ici comme là-bas, le pouvoir acquis déforme autant le corps que la psyché, et la frontière entre le sauveur et le monstre se révèle dangereusement poreuse.
6. Gleipnir (Sun Takeda, 2015)

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Shūichi Kagaya, lycéen discret, cache un secret : il peut se transformer en un monstre massif à l’apparence de mascotte, doté d’une fermeture éclair dorsale. Lorsqu’il sauve Claire Aoki d’un incendie, celle-ci découvre qu’elle peut se glisser à l’intérieur de son corps pour le piloter. Ensemble, ils traquent la sœur parricide de Claire et partent en quête de mystérieuses pièces extraterrestres qui confèrent des pouvoirs de mutation.
Publié en 14 tomes chez Kōdansha, Gleipnir mêle science-fiction, horreur corporelle et tension psychologique dans un registre proche de celui de Terra Formars. La symbiose physique entre Shūichi et Claire évoque les greffes animales des combattants martiens : dans les deux cas, le corps devient un champ de bataille où cohabitent l’humain et l’inhumain. Sun Takeda instille un malaise constant grâce à un trait soigné et des cadrages déstabilisants, et son récit interroge ce que la quête de puissance coûte à celles et ceux qui s’y engagent.
7. Humanimals (Takahiro Kato, 2016)

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De retour dans sa ville natale, Masato retrouve Hitomi, son amie d’enfance, au parc zoologique local. Mais les animaux ont muté : dotés de visages humains et d’une intelligence nouvelle, ils massacrent les visiteurs avec une cruauté méthodique. Derrière ces abominations se cachent des expériences menées en secret sur les pensionnaires du zoo.
Premier manga de Takahiro Kato, spécialiste du survival-horror, Humanimals (13 tomes, Shōgakukan) fonctionne comme un miroir inversé de Terra Formars : là où les cafards martiens gagnent des attributs humains, ce sont ici les animaux terrestres qui empruntent nos traits. L’effet de malaise est redoutable — les dessins, d’un réalisme glacial, suscitent une répulsion immédiate — et la structure narrative rappelle directement les premières missions martiennes de la série de Sasuga et Tachibana : un groupe de survivants piégé face à des créatures hybrides d’une intelligence croissante.
8. Kaiju n°8 (Naoya Matsumoto, 2020)

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Kafka Hibino, trentenaire résigné, travaille comme nettoyeur de cadavres de kaiju pour une entreprise de déblaiement. Il rêvait enfant d’intégrer les Forces de Défense aux côtés de Mina Ashiro, devenue depuis commandante de la 3e division. Sa vie bascule le jour où un kaiju parasite s’infiltre dans son organisme et le métamorphose en Kaiju n°8, l’entité la plus puissante jamais répertoriée.
Publié sur le Shōnen Jump+ et bouclé en 16 tomes, ce shōnen de Naoya Matsumoto partage avec Terra Formars le motif central du héros devenu hybride malgré lui. Comme Akari Hizamaru sur Mars, Kafka doit dissimuler sa nature, qu’il retourne néanmoins contre les monstres qu’il combat. L’humour et le ton plus léger de Kaiju n°8 n’empêchent pas des affrontements spectaculaires qui raviront celles et ceux en quête d’action démesurée.