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Que lire après « Parasite » de Hitoshi Iwaaki ?

Que lire après « Parasite » de Hitoshi Iwaaki ?

Parasite (寄生獣, Kiseijū) est un seinen manga écrit et dessiné par Hitoshi Iwaaki, prépublié entre 1988 et 1995 dans les magazines Morning Open Zōkan puis Afternoon de l’éditeur Kōdansha. La série, compilée en dix volumes, suit Shinichi Izumi, un lycéen dont la main droite est colonisée par un parasite extraterrestre du nom de Migi. Contrairement à ses congénères qui dévorent le cerveau de leurs hôtes pour les contrôler entièrement, Migi échoue à atteindre le cerveau de Shinichi, ce qui contraint les deux entités à cohabiter.

Cette symbiose forcée amène le jeune homme à questionner la frontière entre humanité et monstruosité, tandis que la série aborde des thématiques écologiques et philosophiques sur la place de l’espèce humaine dans l’écosystème. Récompensé par le prix Kōdansha en 1993 et le prix Seiun en 1996, Parasite a été adapté en anime par le studio Madhouse en 2014 et en deux films live-action en 2014-2015.

Si vous vous demandez quoi lire après cette série devenue culte, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Awaken (Hitori Renda, 2014)

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Un mal mystérieux frappe le Japon : un parasite transforme les personnes infectées en créatures hybrides mi-humaines, mi-animales, assoiffées de sang. Homme à tête de girafe, femme-serpent… les mutations défient toute logique biologique. Kanata, lycéen désabusé, se retrouve malgré lui au cœur de ces événements tragiques. Il possède une aptitude hors du commun : percevoir ce que nul autre ne voit, ce qui fait de lui un « Éveillé ».

Recruté par une brigade secrète mêlant scientifiques et combattants, il devient un maillon essentiel dans la lutte contre ces menaces invisibles. Comme dans Parasite, le récit interroge la frontière poreuse entre l’humain et le monstre, tout en tissant un thriller où l’horreur corporelle côtoie l’enquête policière.

Hitori Renda, connu pour King’s Game, livre ici un seinen nerveux en 9 volumes, où la tension ne faiblit jamais et où chaque transformation révèle la part d’ombre tapie en chacun.


2. Jagaaan (Muneyuki Kaneshiro & Kensuke Nishida, 2017)

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Shintarô Jagasaki est un policier de quartier dont la vie se résume à l’ennui et à l’humiliation. Derrière son sourire de façade bouillonnent des pulsions meurtrières qu’il refoule au quotidien. Après une pluie de grenouilles inexplicable, certains humains deviennent des « détraqués » : des êtres dont les désirs les plus enfouis se matérialisent en mutations monstrueuses.

Jagasaki découvre alors que sa main droite peut se transformer en arme à feu, incarnation littérale de sa violence intérieure. Cette prémisse rappelle la relation entre Shinichi et Migi, mais pousse le curseur vers une noirceur plus viscérale.

Le manga dissèque les pulsions humaines — jalousie, frustration, soif de reconnaissance — avec un trait graphique brutal signé Kensuke Nishida. En 14 volumes, Muneyuki Kaneshiro (scénariste de Blue Lock) construit un récit où la monstruosité extérieure n’est que le reflet des abîmes intérieurs, dans une surenchère cathartique assumée.


3. Ajin (Tsuina Miura & Gamon Sakurai, 2012)

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Kei Nagai, lycéen studieux, découvre sa nature d’Ajin — un être immortel — après avoir été renversé par un camion. Son corps se régénère intégralement, mais cette résurrection le condamne à une existence de paria. Les Ajin, traqués par les gouvernements du monde entier, sont soumis à des expérimentations inhumaines qui mettent à profit leur incapacité à mourir.

L’immortalité devient ici une malédiction plutôt qu’un don, un fardeau qui déshumanise ceux qui la possèdent comme ceux qui cherchent à l’exploiter. Comme Parasite, Ajin questionne ce qui définit véritablement l’humanité : est-ce la chair, la conscience, ou la capacité à éprouver de l’empathie ?

Gamon Sakurai, qui reprend seul le scénario après le départ de Tsuina Miura, déploie sur 17 volumes une tension permanente, portée par un antagoniste redoutable nommé Satō. Le dessin incisif et les scènes d’action millimétrées renforcent l’atmosphère paranoïaque du récit.


4. Tokyo Ghoul (Sui Ishida, 2011)

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Ken Kaneki, étudiant discret et amateur de littérature, voit sa vie basculer après une agression par une goule — une créature à apparence humaine qui se nourrit de chair humaine. Sauvé in extremis grâce à une greffe d’organes provenant de son assaillante, il devient un être hybride, mi-homme, mi-goule.

Cette transformation involontaire le place au carrefour de deux mondes irréconciliables : celui des humains qu’il ne peut plus nourrir, et celui des goules qu’il refuse d’imiter. Sui Ishida sonde les tourments identitaires de son protagoniste avec une intensité psychologique qui rappelle les dilemmes de Shinichi dans Parasite.

La question centrale demeure : qui est le monstre ? L’être qui tue pour survivre, ou la société qui rejette toute altérité ? En 14 volumes, Tokyo Ghoul déploie un récit sombre où la violence graphique sert un propos sur l’intolérance et la quête de soi. Les ventes dépassent les 47 millions d’exemplaires dans le monde.


5. Gleipnir (Sun Takeda, 2015)

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Shûichi Kagaya cache un secret embarrassant : il peut se métamorphoser en une créature ressemblant à une mascotte de chien, équipée d’un revolver surdimensionné et d’une fermeture éclair dorsale. Claire Aoki, une lycéenne en quête de vengeance contre sa sœur parricide, découvre ce pouvoir et réalise qu’elle peut pénétrer à l’intérieur du corps de Shûichi pour le « piloter ».

Cette symbiose physique entre deux êtres aux motivations divergentes évoque la cohabitation forcée de Shinichi et Migi, mais y ajoute une dimension trouble et sensuelle. Le titre fait référence à Gleipnir, le lien mythologique nordique qui entrave le loup Fenrir : ici, les deux protagonistes sont enchaînés l’un à l’autre par nécessité.

Sun Takeda construit en 14 volumes un thriller horrifique où la fusion des corps brouille les frontières de l’identité. La quête de mystérieuses médailles octroyant des pouvoirs ajoute une dimension de survival game au récit.


6. The Summer Hikaru Died (Mokumokuren, 2021)

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Yoshiki et Hikaru sont deux amis d’enfance inséparables dans un hameau reculé du Japon rural. Un jour d’hiver, Hikaru disparaît dans la montagne. Quand il revient, Yoshiki perçoit immédiatement que quelque chose a changé : son ami est désormais habité par « autre chose ». Cette entité possède les souvenirs et les émotions d’Hikaru, mais n’est pas lui.

Malgré l’effroi, Yoshiki choisit de poursuivre son quotidien aux côtés de cet être qui imite parfaitement son ami disparu. Ce postulat rappelle la cohabitation de Shinichi avec un parasite doté de sa propre conscience, mais Mokumokuren privilégie l’horreur psychologique à l’action spectaculaire.

Le récit sonde la nature du lien affectif : peut-on aimer quelqu’un qui n’existe plus vraiment ? Couronnée par le prix Kono Manga ga Sugoi en 2023, la série mêle folk horror et drame intimiste avec un trait graphique d’une expressivité saisissante. L’anime, produit par CygamesPictures, est sorti en 2025.


7. Starving Anonymous (Yû Kuraishi & Kazu Inabe, 2014)

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Iye et Kazu, deux lycéens ordinaires, sont kidnappés dans un bus et se réveillent dans un cauchemar éveillé : un immense entrepôt où des corps humains sont congelés, dépecés ou gavés d’un liquide addictif. Ils comprennent vite qu’ils sont prisonniers d’une ferme industrielle où les humains sont traités en bétail.

Le manga inverse brutalement la chaîne alimentaire : ce que l’humanité inflige aux animaux d’élevage lui est désormais rendu. Cette prémisse rejoint la réflexion écologique de Parasite sur la place de l’espèce humaine, mais la pousse jusqu’à ses conséquences les plus atroces.

Yû Kuraishi et Kazu Inabe (duo de Fortress of Apocalypse) ne font aucune concession : le gore est omniprésent, les scènes de dépeçage explicites. En 7 volumes, le récit questionne notre rapport à la consommation de masse et à l’exploitation du vivant. Le manga est déconseillé aux moins de 16 ans.


8. Terra Formars (Yû Sasuga & Ken-ichi Tachibana, 2011)

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Au XXVIe siècle, l’humanité surpeuplée n’a d’autre choix que de coloniser Mars. Pour terraformer la planète rouge, des scientifiques y ont envoyé des lichens et des cafards cinq siècles plus tôt. En 2599, une mission d’éradication est lancée : les rampants doivent disparaître avant l’arrivée des colons.

Mais les cafards ont muté en humanoïdes d’une force terrifiante, et la première expédition est massacrée. Pour lutter contre ces créatures, les humains de la mission suivante subissent des modifications génétiques leur conférant les attributs d’insectes terrestres.

Comme dans Parasite, la frontière entre l’homme et l’animal s’effondre, mais ici par la science plutôt que par l’invasion. Yû Sasuga et Ken-ichi Tachibana livrent un survival spatial brutal, riche en références entomologiques. Le manga, adapté en anime et en film live par Takashi Miike, compte plus de 22 volumes et interroge la légitimité de l’espèce humaine à dominer d’autres formes de vie.


9. Last Hero Inuyashiki (Hiroya Oku, 2014)

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Ichirō Inuyashiki, 58 ans, mène une existence misérable : méprisé par sa famille, ignoré par ses collègues, il apprend qu’un cancer va l’emporter. Une nuit, dans un parc, il est frappé par une navette extraterrestre et meurt sur le coup. Les aliens reconstruisent son corps avec une technologie avancée, le transformant en cyborg aux pouvoirs immenses.

Ichirō choisit d’utiliser ces capacités pour sauver des vies et préserver son humanité. Mais un adolescent présent cette nuit-là, Hiro Shishigami, a subi la même transformation — et opte pour le chemin inverse, tuant par simple ennui.

Ce duel moral entre deux êtres dotés des mêmes pouvoirs mais aux valeurs opposées rappelle la dualité entre Shinichi, qui cherche à rester humain, et les parasites qui embrassent leur nature prédatrice. Hiroya Oku (Gantz) livre en 10 volumes une réflexion sur ce qui constitue véritablement l’humanité : le corps ou les actes ?

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