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Que lire après « Oshi no Ko » d'Aka Akasaka et Mengo Yokoyari ?

Que lire après « Oshi no Ko » d’Aka Akasaka et Mengo Yokoyari ?

Publié dans le Weekly Young Jump de Shūeisha entre avril 2020 et novembre 2024, Oshi no Ko est un manga écrit par Aka Akasaka et dessiné par Mengo Yokoyari. La série suit Aquamarine Hoshino, réincarnation d’un médecin dans le corps du fils de son idole, la chanteuse Aï Hoshino.

À travers un récit qui conjugue drame, suspense et satire, le manga décortique les rouages de l’industrie du divertissement japonaise — idoles, télé-réalité, cinéma, théâtre, réseaux sociaux — et en expose les zones d’ombre avec une précision redoutable. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Act-Age (Tatsuya Matsuki & Shiro Usazaki, 2018)

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Kei Yonagi, lycéenne orpheline qui élève seule ses deux cadets, aspire à devenir actrice. Lors d’un casting, le réalisateur Sumiji Kuroyama décèle en elle un talent brut : Kei ne joue pas un rôle, elle le devient. Sa méthode instinctive, nourrie de ses propres traumatismes, brouille sans cesse la frontière entre fiction et réalité — une force autant qu’un danger.

Comme Oshi no Ko, Act-Age dissèque les mécanismes d’une industrie du spectacle sans pitié, où le talent seul ne suffit pas à survivre. Rivalités, ego et sacrifices personnels jalonnent le parcours de Kei dans un milieu qui broie autant qu’il élève. La série a toutefois été interrompue en août 2020, après l’arrestation de son scénariste pour agression sur mineures. Les douze volumes parus au Japon — dont deux traduits chez Ki-oon — ne connaîtront jamais de conclusion, mais témoignent d’un récit intense sur le prix de la vocation artistique.


2. Kasane – La Voleuse de visage (Daruma Matsuura, 2013)

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Kasane Fuchi, fille de la légendaire actrice Sukeyo Fuchi, a hérité du talent de sa mère — mais pas de sa beauté. Affublée d’un visage difforme, elle subit moqueries et brutalités depuis l’enfance. Un rouge à lèvres laissé par sa mère lui permet cependant de voler le visage d’autrui par un simple baiser. Armée de ce pouvoir aussi libérateur que maudit, Kasane se fraye un chemin vers les planches du théâtre, quitte à dévorer celles et ceux qui se trouvent sur sa route.

Ce seinen en quatorze volumes (Ki-oon) tient du thriller psychologique et du conte cruel. La question de l’apparence et de l’identité usurpée y est centrale, tout comme dans Oshi no Ko, où le mensonge et le masque sont les monnaies d’échange du monde du spectacle. Kasane pousse cette logique à son terme le plus noir : ici, la scène ne se partage pas, elle se dérobe.


3. Akane-banashi (Yuki Suenaga & Takamasa Moue, 2022)

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Akane Osaki a grandi bercée par le rakugo de son père, Shinta. Le jour où le maître Issho Arakawa l’expulse de son école sans explication lors de l’examen final, la carrière de Shinta s’effondre. Akane, déterminée à laver cet affront, décide de devenir elle-même rakugo-ka et de gravir les échelons de cet art ancestral du récit solo.

Publié dans le Weekly Shōnen Jump et édité en France par Ki-oon, Akane-banashi partage avec Oshi no Ko une obsession : comment un·e artiste se construit dans un milieu codifié et hiérarchisé. Là où Aquamarine évoluait entre caméras et plateaux de télévision, Akane progresse seule sur scène, armée de son éventail et de sa voix. Le manga restitue avec justesse la tension d’une performance et l’exigence d’un art où chaque mot, chaque silence, compte.


4. Boy’s Abyss (Ryô Minenami, 2020)

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Dans une petite ville rurale où rien ne se passe, Reiji Kurose mène une existence étouffée entre une mère distante, une grand-mère sénile et un frère violent. Il n’a ni projet ni horizon — jusqu’à sa rencontre avec Nagi Aoe, membre d’un groupe d’idoles, qui s’est mystérieusement installée dans la supérette locale. Elle lui propose un pacte sinistre : mourir ensemble au pont des amoureux, lieu tristement célèbre pour ses suicides.

Boy’s Abyss partage avec Oshi no Ko le motif de l’idole brisée et la noirceur tapie sous la surface lisse du divertissement. Mais là où le manga d’Akasaka et Yokoyari garde un pied dans le thriller spectaculaire, Minenami opte pour un drame psychologique étouffé, ancré dans la détresse adolescente et les relations toxiques. Prépublié dans le Weekly Young Jump — le même magazine qu’Oshi no Ko —, ce seinen en dix-huit volumes (Kana) ne laisse aucun répit.


5. Girl Crush (Midori Tayama, 2020)

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Tenka Momose excelle en tout : études, chant, danse. Pourtant, cette lycéenne au vernis impeccable n’a jamais trouvé de passion sincère. Sa rencontre avec Erian Satō, camarade ordinaire mais animée d’un rêve tenace — devenir idole de K-pop —, bouleverse ses certitudes. Par orgueil d’abord, puis par envie sincère, Tenka auditionne dans une agence coréenne et découvre que la perfection technique ne suffit pas : les jurés réclament de l’âme.

Là où Oshi no Ko montrait les idoles japonaises depuis les coulisses, Girl Crush suit le parcours d’aspirantes dans l’industrie coréenne et en dépeint les exigences implacables : classements, évaluations, compétitions de trainees. Midori Tayama s’appuie sur un travail documentaire solide pour restituer cet univers sans le romancer. Le manga, prépublié sur Line Manga et édité en France par Shiba Éditions, connaît un succès notable en Corée du Sud et au Japon.


6. Réimp’ ! (Naoko Mazda, 2012)

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Kokoro Kurosawa décroche un poste dans une maison d’édition de manga après avoir… exécuté une prise de judo sur le président lors de son entretien d’embauche. Affectée au département éditorial, cette ancienne sportive découvre les multiples métiers qui gravitent autour d’un manga : éditeur·ice, commercial·e, libraire, graphiste, assistant·e. Loin du face-à-face mangaka/éditeur de Bakuman, Réimp’ ! embrasse toute la chaîne de production.

Pour les lectrices et lecteurs d’Oshi no Ko sensibles aux mécanismes de l’industrie culturelle, cette série constitue un prolongement naturel. Là où Akasaka radiographiait le show-business, Naoko Mazda — elle-même ancienne assistante manga pendant sept ans — dévoile l’envers de l’édition avec un mélange de fougue et de réalisme. Publiée dans le Big Comic Spirits de Shōgakukan et éditée en France par Glénat, la série compte vingt volumes au Japon.


7. Kakushigoto (Kōji Kumeta, 2015)

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Kakushi Gotō est un mangaka réputé pour ses séries grivoises. Père célibataire d’une fillette de dix ans, Hime, il remue ciel et terre pour lui cacher son métier, persuadé qu’elle aurait honte de lui. Il mène ainsi une double vie : costume-cravate le matin, tongs et tablette graphique l’après-midi. Autour de lui, assistants, éditeurs et voisins connaissent la vérité — sauf Hime.

Derrière la comédie de situation, Kakushigoto développe un propos sensible sur la filiation et le secret, deux thèmes qui irriguent aussi Oshi no Ko. Kōji Kumeta, connu pour Sayonara Monsieur Désespoir, y glisse des flash-forwards où Hime, devenue adolescente, commence à percer le mystère paternel. Le ton oscille entre gags absurdes et mélancolie douce. La série, en douze volumes (Vega), a été adaptée en anime en 2020 puis en film en 2021.


8. K-Pop × Yakuza (Teki Yatsuda, 2021)

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Ken Kanashiro, premier lieutenant du clan yakuza Washio, est traîné à un concert de K-pop par Megumi, la fille du parrain. Là, il tombe en admiration devant Jun, le rappeur du groupe MNW, qu’il perçoit comme l’incarnation de son idéal masculin. Avec la solennité d’un serment mafieux, Ken se convertit au fandom : achat compulsif de goodies, fils de discussion sur les réseaux sociaux, bannière à l’effigie de son bias.

Le décalage entre le milieu brutal des yakuzas et l’univers pailleté de la K-pop produit une comédie de contrastes réjouissante, souvent comparée à Gokushufudō. Mais sous l’humour, Teki Yatsuda décrit avec acuité la mécanique du fandom — dévotion, rivalités entre fans, logique consumériste —, des ressorts qu’Oshi no Ko abordait sous un angle dramatique. Publié à l’origine en webcomic (comic POOL, Ichijinsha), le manga est édité en France par Mangetsu.

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