Naruto est un manga écrit et dessiné par Masashi Kishimoto, prépublié entre 1999 et 2014 dans le Weekly Shōnen Jump de Shūeisha. En 72 volumes, la série retrace le parcours de Naruto Uzumaki, un jeune ninja du village de Konoha, rejeté par les siens parce qu’il porte en lui le démon-renard Kyūbi, et qui rêve de devenir Hokage. Le manga s’est écoulé à plus de 250 millions d’exemplaires dans le monde.
Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici quelques pistes — suites directes, cousins thématiques ou héritiers spirituels.
1. Boruto : Naruto Next Generations (Ukyō Kodachi, Mikio Ikemoto et Masashi Kishimoto, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Boruto : Naruto Next Generations est la suite officielle de Naruto, supervisée puis scénarisée par Masashi Kishimoto à partir du chapitre 52. L’histoire se déroule dans un Konoha en paix et suit Boruto Uzumaki, fils du septième Hokage, aux côtés de Sarada Uchiwa et du mystérieux Mitsuki. Le récit pose d’emblée son propre enjeu : le rapport conflictuel d’un fils à un père devenu légende, dont l’héritage pèse autant qu’il protège.
L’univers a changé de visage : la technologie cohabite avec le ninjutsu, et de nouvelles menaces — l’organisation Kara, le clan Ōtsutsuki — déplacent les enjeux loin des simples rivalités entre villages. Les anciens personnages de Naruto interviennent sans éclipser la nouvelle génération, qui doit se définir autrement que par filiation. Une seconde partie, Boruto: Two Blue Vortex, a pris le relais en 2023.
2. Samurai 8 : La Légende de Hachimaru (Masashi Kishimoto et Akira Ōkubo, 2019)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Premier projet original de Kishimoto après Naruto, Samurai 8 fusionne le code des samouraïs avec un cadre de science-fiction interplanétaire. Hachimaru est un garçon d’une grande fragilité physique, maintenu en vie par un appareillage médical, qui rêve de devenir un guerrier bushi. L’arrivée de Daruma, un samouraï à l’apparence féline, bouleverse son quotidien et l’entraîne dans une quête aux enjeux cosmiques : retrouver la boîte de Pandore et ses sept clés pour sauver la galaxie.
La série a été publiée dans le Weekly Shōnen Jump entre mai 2019 et mars 2020, soit 43 chapitres compilés en 5 volumes. L’accueil mitigé au Japon a précipité sa fin, mais l’œuvre mérite le détour pour qui souhaite voir Kishimoto tenter autre chose que le registre ninja. Le dessin d’Akira Ōkubo, ancien assistant de Kishimoto, tranche avec celui de Naruto par son trait plus géométrique et ses décors chargés de mécanique spatiale.
3. Hunter × Hunter (Yoshihiro Togashi, 1998)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Hunter × Hunter suit le jeune Gon Freecss dans sa quête pour retrouver son père, Ging, un Hunter d’élite. Pour y parvenir, il doit d’abord réussir l’examen des Hunters — une épreuve où les candidats s’éliminent les uns les autres, parfois au sens propre. Très vite, le manga dépasse le cadre de l’aventure pour aborder des sujets rares dans le shōnen : la morale ambiguë du pouvoir, la frontière ténue entre humanité et monstruosité, la violence politique.
Le système de combat repose sur le Nen, un dispositif d’énergie vitale dont les catégories et les restrictions engendrent des affrontements où la ruse compte autant que la puissance brute. Togashi construit ses arcs comme des récits quasi autonomes, chacun doté de sa propre tonalité : le polar urbain de York New City n’a rien à voir avec la montée en horreur de l’arc Chimera Ant, souvent cité parmi les sommets du genre. La publication reste irrégulière en raison des problèmes de santé de l’auteur.
4. Hell’s Paradise (Yūji Kaku, 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Publiée sur la plateforme Shōnen Jump+ entre 2018 et 2021, cette série en 13 volumes plonge dans un Japon de l’ère Edo aussi brutal qu’envoûtant. Gabimaru, surnommé « le Vide », est un assassin ninja condamné à mort qui ne parvient pas à mourir. On lui offre une chance de grâce : se rendre sur l’île surnaturelle de Shinsenkyo pour rapporter l’élixir d’immortalité au shōgun. L’exécutrice Yamada Asaemon Sagiri l’accompagne pour le surveiller.
Shinsenkyo vole la vedette aux humains : un jardin d’Éden vénéneux où la flore fusionne avec la chair, où les créatures divines taoïstes tuent avec une grâce indifférente. Yūji Kaku, passé par l’atelier de Tatsuki Fujimoto (Chainsaw Man), signe des planches à mi-chemin entre l’horreur organique et l’estampe japonaise. Le huis clos forcé entre condamnés et exécuteurs — ennemis par fonction, alliés par nécessité — charge chaque interaction d’une méfiance électrique.
5. Basilisk (Masaki Segawa, 2003)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Adapté du roman Kōga Ninpōchō de Fūtarō Yamada (1958), Basilisk transpose en manga une guerre à mort entre dix ninjas du clan Iga et dix ninjas du clan Kōga, chargés de départager les deux héritiers du shōgun Tokugawa Ieyasu. L’action se situe en 1614, dans un Japon féodal où chaque combattant possède une capacité surnaturelle unique, souvent grotesque et toujours redoutable.
La série ne compte que 5 volumes (prépubliés entre 2003 et 2004 dans le Young Magazine Uppers), mais pas un chapitre ne relâche la pression. L’intrigue emprunte la structure d’un compte à rebours : à chaque chapitre ou presque, un combattant tombe, et le titre indique le nombre de survivants de chaque camp. La romance impossible entre Oboro (Iga) et Gennosuke (Kōga) sert d’axe tragique à ce récit sans concession, récompensé par le prix Kōdansha 2004 dans la catégorie manga général.
6. Kenshin le Vagabond (Nobuhiro Watsuki, 1994)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Japon, 1878, début de l’ère Meiji. Kenshin Himura, ancien assassin redouté sous le nom de Battōsai, parcourt le pays avec un sabre à lame inversée et s’interdit de tuer à nouveau. Sa rencontre avec Kaoru Kamiya, jeune maîtresse d’un dōjō en difficulté, marque le début d’une nouvelle vie — que ses anciennes victimes et leurs proches ne tardent pas à rattraper. Prépublié dans le Weekly Shōnen Jump entre 1994 et 1999, Kenshin le Vagabond tient en 28 volumes.
L’action est spectaculaire, mais c’est l’ancrage historique qui donne au manga son épaisseur. Les antagonistes ne se ressemblent pas : Shishio Makoto veut renverser le pouvoir par la force, convaincu que seuls les plus forts méritent de gouverner ; Enishi Yukishiro poursuit une vengeance intime, née des dommages collatéraux de la vie d’assassin de Kenshin. Watsuki restitue les tensions de la Restauration de Meiji sans sacrifier les codes du shōnen : les combats sont lisibles, les enjeux clairs, la progression du héros constante. La série a été adaptée en anime, en OAV et en films live-action, et une nouvelle adaptation par le studio Liden Films est en cours depuis 2023.
7. One Piece (Eiichiro Oda, 1997)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Lancé en 1997 dans le Weekly Shōnen Jump et toujours en cours, One Piece est le manga le plus vendu de l’histoire avec plus de 500 millions d’exemplaires écoulés dans le monde. Le récit suit Monkey D. Luffy, un garçon au corps élastique grâce au Fruit du Démon, qui parcourt les mers pour devenir le Roi des Pirates et trouver le légendaire trésor One Piece laissé par Gol D. Roger.
Oda bâtit un monde d’une ampleur sans équivalent dans le shōnen, peuplé de centaines de personnages, d’îles aux écosystèmes uniques et de factions politiques imbriquées. Chaque arc narratif fonctionne comme un récit à part entière et nourrit une intrigue globale construite sur plus de vingt-cinq ans de publication. L’humour omniprésent cohabite avec des séquences d’une intensité émotionnelle brute — l’arc de Marineford ou celui d’Enies Lobby en témoignent.
8. Bleach (Tite Kubo, 2001)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Ichigo Kurosaki est un lycéen capable de voir les esprits. Sa rencontre avec Rukia Kuchiki, une Shinigami blessée au combat, le propulse dans une guerre invisible entre le monde des vivants et celui des âmes. L’arc le plus célèbre — la Soul Society — voit Ichigo et ses alliés envahir le monde des Shinigami pour sauver Rukia d’une exécution. Bleach a été prépublié dans le Weekly Shōnen Jump entre 2001 et 2016.
Ce qui saute aux yeux en premier, c’est la patte graphique de Tite Kubo : des compositions épurées, un sens du style vestimentaire unique dans le shōnen, des silhouettes immédiatement reconnaissables. Le système de combat repose sur les Zanpakutō, des sabres dotés de formes libérées propres à chaque personnage. En 74 volumes, Bleach alterne sommets et passages où le récit perd en cohérence, notamment dans sa seconde moitié — mais son empreinte sur le shōnen des années 2000, aux côtés de Naruto et One Piece, n’a pas pâli. L’adaptation Bleach: Thousand-Year Blood War a relancé l’intérêt pour la série depuis 2022.
9. Jujutsu Kaisen (Gege Akutami, 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Publié depuis 2018 dans le Weekly Shōnen Jump, Jujutsu Kaisen a rapidement trouvé un public massif. Yūji Itadori, un lycéen à la force physique hors norme, avale un doigt maudit de Ryōmen Sukuna, le roi des fléaux, et devient son réceptacle. Recruté par les exorcistes de l’école de Tokyo, il doit collecter les autres fragments de Sukuna et apprendre à maîtriser l’énergie occulte.
Akutami construit un univers où la mort n’épargne personne, y compris les personnages en apparence centraux — un parti pris qui maintient le doute à chaque arc. Le système de combat, fondé sur les extensions du territoire et les techniques inversées, donne aux affrontements une dimension tactique où chaque pouvoir a son coût et ses failles. L’arc de Shibuya, en particulier, a marqué le lectorat par sa brutalité et ses conséquences irréversibles. L’adaptation animée par le studio MAPPA a beaucoup fait pour la notoriété de la série hors du Japon.
10. My Hero Academia (Kōhei Horikoshi, 2014)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Dans un monde où 80 % de la population possède un Alter (super-pouvoir), Izuku Midoriya est né sans aucune capacité. Son rêve de devenir le plus grand des héros semble impossible — jusqu’à ce qu’il attire l’attention d’All Might, le symbole de la paix, qui lui transmet son propre Alter, le One For All. Izuku intègre alors le lycée Yūei, l’académie d’élite pour futurs héros professionnels.
My Hero Academia emprunte autant au shōnen japonais qu’aux comics américains — Horikoshi ne s’en est jamais caché. Le parallèle avec Naruto est frontal : un garçon sous-estimé qui reçoit un pouvoir colossal et doit prouver sa valeur face à des rivaux talentueux. Mais l’enjeu se déplace ici vers la responsabilité publique du héros et la fragilité des symboles : que se passe-t-il quand le pilier de la société vacille ? Le manga, prépublié dans le Weekly Shōnen Jump depuis 2014, s’est achevé en 2024 après 42 volumes.
11. Black Clover (Yūki Tabata, 2015)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Asta est un orphelin né sans le moindre pouvoir magique — une anomalie dans un royaume où la magie régit tous les aspects de la vie. Son rival et ami d’enfance, Yuno, possède au contraire un talent exceptionnel. Tous deux visent le titre de Roi-Mage, et Asta compense son handicap grâce à un grimoire à trèfle noir qui lui confère des épées capables d’annuler la magie.
Publié dans le Weekly Shōnen Jump depuis 2015, Black Clover assume sa filiation avec les classiques du genre. La structure rappelle Naruto : un héros rejeté, une organisation d’élite (les Chevaliers-Mages), des examens, des arcs de tournoi et des menaces d’envergure croissante. Ce que Tabata apporte en propre, c’est un rythme de narration très serré — peu de chapitres de transition, beaucoup de relances — et un soin particulier pour les personnages secondaires, qui gagnent en épaisseur au fil des arcs. La série a aussi fait l’objet d’une adaptation animée de 170 épisodes, inégale mais fidèle.
12. Demon Slayer (Koyoharu Gotouge, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
En 23 volumes prépubliés dans le Weekly Shōnen Jump entre 2016 et 2020, Koyoharu Gotouge raconte l’histoire de Tanjirō Kamado, un jeune charbonnier dont la famille est décimée par un démon. Sa sœur Nezuko, seule survivante, a été transformée en démon. Tanjirō rejoint le Corps des Pourfendeurs de Démons pour trouver un remède et éliminer Kibutsuji Muzan, le géniteur de tous les démons.
La série frappe par sa concision : là où d’autres shōnen s’étirent sur des dizaines de volumes, Gotouge va droit au but. Les souffles, techniques de combat inspirées des éléments naturels, offrent des affrontements visuellement inventifs, et l’adaptation animée par le studio Ufotable — dont la qualité d’animation a fait date — a propulsé les ventes hors du Japon. Le volume 23 s’est écoulé à plus de 3 millions d’exemplaires lors de sa première semaine de mise en vente.
13. Blue Exorcist (Kazue Katō, 2009)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Publié dans le Jump Square depuis 2009, Blue Exorcist suit Rin Okumura, un adolescent turbulent qui découvre qu’il est le fils de Satan. Après la mort de son père adoptif, le père Fujimoto, Rin choisit de devenir exorciste pour vaincre son géniteur démoniaque. Il intègre l’académie de la Croix-Vraie, dirigée par le fantasque Méphisto Phélès, aux côtés de son frère jumeau Yukio, déjà exorciste accompli.
Le manga tient sur une question limpide — comment se battre contre un ennemi dont on porte le sang — et ne cesse de la relancer à travers des personnages dont aucun n’est réductible à sa fonction. L’univers entrelace démonologie chrétienne, folklore japonais et intrigues de factions au sein de l’ordre des exorcistes. La série, qui compte 33 volumes en décembre 2025, doit se conclure à l’été 2026. Elle a été adaptée en anime par A-1 Pictures puis par le studio VOLN.
14. Soul Eater (Atsushi Ōkubo, 2004)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
À Death City, une ville baroque perchée sur le dos d’un être géant, l’institut Shibusen forme des binômes composés d’un Meister (manieur) et d’une Arme Démoniaque — un partenaire humain capable de se transformer en arme. L’objectif : collecter 99 âmes corrompues et une âme de sorcière pour forger une Death Scythe digne du Shinigami fondateur. Publié dans le Monthly Shōnen Gangan de Square Enix entre 2004 et 2013, Soul Eater tient en 25 volumes.
L’identité visuelle d’Ōkubo se reconnaît en un coup d’œil : un trait anguleux, des décors inspirés de l’esthétique d’Halloween, un goût prononcé pour les contrastes noir et blanc. Le thème central de la folie — incarné par le Grand Dévoreur, entité capable de corrompre les esprits — traverse tout le récit et contamine jusqu’au dessin lui-même. La série construit un univers singulier, à la fois comique et troublant, qui a ouvert la voie à Fire Force, l’œuvre suivante d’Ōkubo.