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Que lire après « Hirayasumi » de Keigo Shinzō ?

Que lire après « Hirayasumi » de Keigo Shinzō ?

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Hirayasumi est un seinen manga de Keigo Shinzō, prépublié depuis 2021 dans le magazine Weekly Big Comic Spirits de l’éditeur Shōgakukan. On y suit le quotidien de Hiroto Ikuta, un jeune homme de 29 ans sans emploi stable ni plan de carrière, qui hérite de la maison de plain-pied d’une vieille voisine décédée. Lorsque sa cousine Natsumi, étudiante en arts de 18 ans, emménage chez lui, leur cohabitation donne lieu à une chronique contemplative où la préparation d’un repas ou la réparation d’un toit suffisent à nourrir un chapitre entier.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques mangas qui partagent cet attachement aux vies ordinaires.


1. Mauvaise herbe (Keigo Shinzō, 2018)

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Face sombre et complémentaire d’Hirayasumi, Mauvaise herbe plonge dans les angles morts de la société japonaise. Lors d’une descente dans une maison close clandestine, le lieutenant Yamada croise Shiori, une lycéenne en fuite qui lui rappelle sa propre fille disparue. De retour chez sa mère violente, l’adolescente fugue à nouveau et se retrouve livrée à des inconnus aux intentions douteuses.

Shinzō aborde de front la maltraitance, la prostitution des mineures et l’impuissance des services sociaux. Le sujet est dur, mais l’histoire ne verse jamais dans le pathos : c’est la tendresse prudente entre un flic endeuillé et une adolescente en perdition qui tient le tout. La fin, ouverte et ambiguë, refuse toute résolution facile — chaque lecteur·ice en tirera sa propre conclusion. Quatre tomes, pas un de trop.


2. Tokyo Alien Bros. (Keigo Shinzō, 2015)

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Deux frères extraterrestres, Fuyunosuke et Natsutarō, sont envoyés sur Terre pour évaluer si leur espèce pourrait s’y établir. Sous l’apparence d’étudiants tokyoïtes, ils tentent de se fondre parmi les humains — l’un avec un naturel déconcertant, l’autre avec une maladresse spectaculaire.

Le postulat est de science-fiction, mais le vrai sujet est ailleurs : le sentiment d’étrangeté, la difficulté à trouver sa place, le désir d’appartenir. Natsutarō, en particulier, découvre peu à peu ce que signifie tenir à quelqu’un, au point d’en oublier sa mission initiale.

En trois volumes, Shinzō construit quelque chose de cocasse et de mélancolique à la fois. On y retrouve ce qui fait la force de ses autres titres : une attention aux gestes du quotidien, un humour discret, et des personnages qui vous manquent une fois le livre refermé. Adaptée en drama en 2018 sur NTV, la série reste la porte d’entrée idéale dans l’univers de Shinzō.


3. Sing « Yesterday » for Me (Kei Toume, 1998)

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Rikuo Uozumi, jeune diplômé sans ambition, végète derrière la caisse d’un konbini. Il nourrit un amour silencieux pour Shinako, ancienne camarade de fac, quand surgit Haru Nonaka, une jeune fille insaisissable toujours accompagnée de son corbeau apprivoisé. Ce quadrilatère amoureux, lent et sinueux, se déploie sur onze volumes.

Le manga regarde en face ce moment de la vie où le diplôme est en poche mais où rien ne démarre — pas de vocation claire, pas de relation stable, juste l’inertie des jours qui passent. Les personnages hésitent, reculent, se trompent, et c’est précisément cette indécision qui rend l’ensemble si crédible.

Prépublié de 1998 à 2015 (avec une longue interruption), Sing « Yesterday » for Me a pris le temps de vieillir avec ses lecteur·ice·s. La série a été rééditée chez Delcourt/Tonkam en janvier 2025 dans une traduction révisée, et adaptée en anime par le studio Doga Kobo en 2020.


4. Solanin (Inio Asano, 2005)

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À Tokyo, Meiko et Taneda forment un couple ordinaire. Elle est employée de bureau, lasse de son travail ; lui est illustrateur occasionnel et guitariste amateur dans un groupe sans avenir. Autour d’eux gravitent leurs amis, pas plus avancés qu’eux.

Inio Asano saisit le vertige de la vingtaine en deux tomes d’une honnêteté brutale : ce moment où les rêves sont encore là, mais où la vie concrète — le loyer, la fatigue, le doute — commence à les étouffer. Puis un événement vient tout casser, et l’histoire bascule vers le deuil, la colère, et la question très concrète de ce qu’on fait de soi quand tout s’effondre.

On referme Solanin en deux heures, et on y repense pendant des semaines. Adapté en film live-action en 2010 par Takahiro Miki, avec Aoi Miyazaki dans le rôle de Meiko.


5. Honey and Clover (Chica Umino, 2000)

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Dans une école d’art de Tokyo, cinq étudiant·e·s traversent leurs années de formation entre cours, petits boulots et chassés-croisés amoureux. Il y a notamment Takemoto, garçon indécis en quête de direction ; Morita, génie excentrique et imprévisible ; et Hagumi, prodige à l’allure enfantine dont le talent sidère tout le monde.

Chica Umino réussit un équilibre rare entre comédie débridée et émotion franche. Les scènes burlesques — souvent irrésistibles — côtoient des moments de solitude et de doute traités sans le moindre cynisme. Et toujours, la même question revient : que faire quand on a du talent, mais pas assez — ou trop — pour savoir où le diriger ?

Récompensée par le prix Manga Kōdansha en 2003 et adaptée en anime, en film et en drama, la série a marqué toute une génération de lecteur·ice·s. Chica Umino a ensuite signé March Comes in Like a Lion, consacrée au shōgi et à la perte, qui lui a valu le prix culturel Osamu Tezuka en 2014.


6. Kamakura Diary (Akimi Yoshida, 2006)

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Trois sœurs — Sachi, Yoshino et Chika — vivent ensemble dans la vieille maison familiale de Kamakura. À l’enterrement de leur père, absent depuis quinze ans, elles font la connaissance de Suzu, leur demi-sœur de 14 ans, désormais orpheline. Sachi lui propose de venir habiter avec elles.

De cette prémisse simple, Akimi Yoshida — l’autrice de Banana Fish — déploie en neuf tomes une chronique familiale où l’on parle peu mais où l’on se comprend beaucoup. Les saisons rythment l’ensemble, la cuisine et les fêtes locales ponctuent les journées, et les personnages secondaires — voisin·e·s, collègues, ex-amoureux — gagnent en présence au point qu’on finit par s’y attacher autant qu’aux quatre sœurs. L’absence du père, la sororité, le pardon et les non-dits familiaux sont abordés sans jamais forcer l’émotion : Yoshida laisse les choses venir à leur rythme.

Lauréat du prix Manga Taishō en 2013, Kamakura Diary a été adapté au cinéma par Hirokazu Kore-eda sous le titre Notre petite sœur (2015).


7. Chiisakobé (Minetarō Mochizuki, 2012)

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Shigeji, jeune charpentier, perd ses parents et l’entreprise familiale dans un incendie. Fidèle aux valeurs que lui a transmises son père, il fait le serment de tout rebâtir. Son retour dans la maison natale coïncide avec l’arrivée de Ritsu, une amie d’enfance, et de cinq orphelins au tempérament bien trempé.

Adapté d’un roman de Shūgorō Yamamoto situé à l’époque d’Edo, l’action est transposée dans le Tokyo contemporain par Mochizuki — connu pour l’inquiétant Dragon Head. Ici, il change radicalement de registre : le ton est calme, ponctué d’humour et de longs regards entre les personnages. La romance entre Shigeji et Ritsu progresse par touches infimes — un geste, un mot retenu, un silence un peu trop long.

Le dessin, sobre et précis, s’attarde sur les mains, les outils, les assemblages de bois — on sent que Mochizuki a étudié le métier de charpentier avant de le dessiner. Sélectionnée en compétition officielle au Festival d’Angoulême 2016, la série compte quatre tomes et se lit d’une traite.


8. Après la pluie (Jun Mayuzuki, 2014)

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Akira Tachibana, lycéenne de 17 ans, travaille dans un restaurant familial après les cours. Sprinteuse prometteuse, elle a dû abandonner la compétition à cause d’une blessure à la cheville. Elle développe un attachement profond pour Kondō, le gérant du restaurant — un homme de 45 ans, divorcé, un peu effacé, qui a lui-même renoncé à ses ambitions littéraires.

La situation de départ peut surprendre, mais Jun Mayuzuki ne tombe jamais dans la provocation ni le malaise. Sur dix tomes, elle construit une histoire sur les rêves abandonnés et la possibilité de s’en relever. Ce qui lie Akira et Kondō, ce n’est pas tant l’attirance que la reconnaissance mutuelle d’un renoncement : chacun·e, au contact de l’autre, retrouve la force de revenir vers ce qui comptait vraiment.

Mayuzuki raconte beaucoup par la mise en page — un parapluie retourné, une fenêtre embuée, un regard qui dure une case de trop. L’anime de 2018 (Wit Studio), fidèle à cet art du non-dit, vaut aussi le détour.


9. Sunny (Taiyō Matsumoto, 2011)

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Dans un foyer d’accueil de la banlieue japonaise, des enfants séparés de leurs parents pour des raisons diverses — alcoolisme, abandon, violences — grandissent ensemble. Au fond du jardin traîne une vieille Nissan Sunny hors d’usage ; les enfants s’y réfugient pour rêver, bouder ou pleurer à l’abri des regards.

Taiyō Matsumoto, l’auteur d’Amer Béton et de Ping-pong, puise ici dans ses propres souvenirs d’enfance en foyer pour livrer ce qu’il a de plus intime. Chaque chapitre s’attache à un·e pensionnaire différent·e : un garçon qui attend une mère qui ne viendra pas, une fille qui joue les dures pour ne pas craquer. Matsumoto ne dramatise rien — il montre, et c’est suffisant.

Son trait, rugueux et nerveux, peut se faire d’une douceur inattendue quand il dessine un visage d’enfant endormi ou un ciel d’été. Six tomes, un prix Shōgakukan en 2016, et un film d’animation en stop-motion (Michael Arias) annoncé pour 2029.


10. BL Métamorphose (Kaori Tsurutani, 2017)

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Yuki Ichinoi, 75 ans, professeure de calligraphie veuve, entre un jour dans une librairie pour échapper à la chaleur. Elle repart avec un manga choisi au hasard — qui se trouve être un boys’ love, une romance entre garçons. Surprise elle-même de s’y intéresser, elle y retourne, puis y retourne encore. À la librairie, elle croise régulièrement Urara, lycéenne timide et fan secrète de BL, qui devient sa conseillère de lecture — puis son amie.

Ce qui fait la force de ces cinq tomes, c’est la justesse avec laquelle Tsurutani dessine cette amitié improbable : une septuagénaire et une adolescente que rien ne destinait à se croiser, réunies par leur goût commun pour des mangas qu’elles n’osent pas assumer en public. La série parle aussi, sans en faire un sujet lourd, de la solitude du grand âge et du courage qu’il faut pour aimer ce qu’on aime. Urara, encouragée par Yuki, finit par se lancer dans la création de son propre manga — et cette évolution doit tout à leur lien.

Numéro un du Kono Manga ga sugoi! 2019 (catégorie féminine) et adaptée en film live-action en 2022.