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Que lire après « Hirayasumi » de Keigo Shinzō ?

Que lire après « Hirayasumi » de Keigo Shinzō ?

Hirayasumi est un seinen manga écrit et dessiné par Keigo Shinzō, prépublié depuis avril 2021 dans le Weekly Big Comic Spirits de Shōgakukan.

La série suit le quotidien de Hiroto Ikuta, un jeune homme de 29 ans sans emploi fixe ni projet d’avenir, qui hérite de la maison d’une voisine âgée récemment décédée. Sa cousine Natsumi, étudiante en beaux-arts de 18 ans, emménage chez lui, et le récit se déploie autour de leurs journées ordinaires, entre deuil, amitié, doutes et petits bonheurs.

Si vous venez de refermer le dernier tome et que vous cherchez des lectures du même acabit, voici quelques idées.


1. Tokyo, ces jours-ci (Taiyô Matsumoto, 2019)

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Après trente ans passés dans l’édition de mangas, Shiozawa démissionne. Seul dans un appartement modeste, il confie ses pensées à un moineau de Java et déambule dans Tokyo.

Pourtant, il ne parvient pas à tourner la page : il reprend contact avec d’anciens mangakas pour créer le magazine dont il a toujours rêvé. Taiyô Matsumoto — connu pour Ping Pong, Amer Béton et Sunny — signe ici un récit introspectif en trois tomes sur le sens d’une carrière et la difficulté de renoncer à sa passion.

Son trait, nourri par la bande dessinée franco-belge, mêle sobriété et poésie graphique. Comme dans Hirayasumi, la mélancolie ne verse jamais dans le désespoir : elle se teinte d’une bienveillance discrète envers des personnages qui cherchent leur place dans un monde qui a changé sans eux.


2. Kowloon Generic Romance (Jun Mayuzuki, 2019)

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Dans une version fictive et rétro-futuriste de la Cité fortifiée de Kowloon, l’agente immobilière Reiko Kujirai mène une existence en apparence banale aux côtés de son collègue Hajime Kudō. Sous la routine de leurs journées de travail, Jun Mayuzuki — déjà remarquée pour After the Rain — tisse un récit à tiroirs où la nostalgie, l’identité et les souvenirs se confondent.

Le manga entrelace tranche de vie et science-fiction avec une élégance graphique remarquable : chaque case accorde autant de soin aux émotions des personnages qu’à l’architecture labyrinthique de la cité. La parenté avec Hirayasumi tient à cette attention portée aux gestes du quotidien — un café bu ensemble, un regard furtif — ici rehaussée d’un mystère latent qui transforme chaque scène ordinaire en indice d’un récit bien plus vaste.


3. Insomniaques (Makoto Ojiro, 2019)

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Ganta Nakami, lycéen irascible, et Isaki Magari, jeune fille solaire, partagent un même trouble : l’insomnie. Leur rencontre a lieu dans l’observatoire abandonné de leur lycée, qu’ils transforment en refuge secret.

Pour conserver l’accès au lieu, ils relancent le club d’astronomie. Makoto Ojiro, déjà connue pour La Fille du Temple aux chats, construit une romance lente et délicate où la nuit devient un espace de complicité et de confidences.

Le trait, rond et mélancolique, donne aux paysages nocturnes et aux ciels étoilés de la préfecture d’Ishikawa une douceur contemplative qui rappelle l’atmosphère d’Hirayasumi. Les deux séries se rejoignent dans leur manière de sublimer les moments ténus — un battement de cœur, un silence partagé, une lumière d’aube — pour en faire le cœur même du récit.


4. Skip & Loafer (Misaki Takamatsu, 2018)

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Mitsumi Iwakura quitte sa campagne d’Ishikawa pour intégrer un lycée prestigieux de Tokyo. Studieuse jusqu’à l’excès, elle prévoit déjà toute sa trajectoire : université d’élite, fonction publique, retour au pays.

Dès le premier jour, elle se perd dans les transports et croise Sōsuke Shima, un camarade aussi décontracté qu’elle est rigide. Misaki Takamatsu traite l’adolescence avec une empathie sans condescendance : chaque personnage secondaire — la « fille populaire » rongée par le doute, la tante transgenre, l’ami discret — reçoit une épaisseur psychologique qui dépasse les archétypes.

Le ton, léger en surface, aborde avec finesse les questions de genre, d’apparence et de pression sociale. Ce regard tendre et lucide sur la jeunesse fait écho à celui que Keigo Shinzō porte sur ses personnages dans Hirayasumi.


5. Comme une famille (Kai Asou, 2018)

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Kinaho, écrivaine trentenaire, vit seule et s’en accommode très bien. Sa routine bascule le jour où Akito, son compagnon, ramène chez elle ses deux neveux orphelins : Tōma, collégien taciturne de 14 ans, et Haruhi, petit garçon de 5 ans.

Ce josei publié chez Hōbunsha aborde la parentalité subie avec une justesse rare. Kai Asou, jusqu’alors connue pour ses boys’ love, refuse tout idéalisme : le couple n’est pas marié, ne vit pas ensemble, et aucun des deux adultes ne correspond au modèle familial japonais traditionnel.

L’écriture, pudique et concrète, saisit les ajustements quotidiens — repas, conversations maladroites, silences lourds — qui font naître un foyer là où il n’y avait qu’un accident. Le lecteur·ice d’Hirayasumi, sensible au thème du lien qui se tisse hors des cadres, retrouvera ici une tonalité très proche.


6. Tokyo Alien Bros (Keigo Shinzō, 2015)

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Deux extraterrestres, Fuyunosuke et Natsutarō, prennent forme humaine pour évaluer si la Terre peut accueillir leur espèce. Le premier, installé à Tokyo depuis un an, s’est presque fondu dans la société japonaise.

Le second, fraîchement débarqué, peine à saisir les codes les plus élémentaires. En trois tomes, Keigo Shinzō — le même auteur qu’Hirayasumi — utilise ce prétexte de science-fiction pour décortiquer avec humour et tendresse ce qui fait l’humanité : les repas partagés, la gêne amoureuse, le plaisir d’une conversation anodine.

Le trait fin et presque aérien, déjà caractéristique de son style, renforce la sensation d’étrangeté douce qui traverse le récit. Lire Tokyo Alien Bros après Hirayasumi, c’est retrouver le regard de Shinzō sur les liens humains, ici filtré par un décalage extraterrestre aussi drôle qu’émouvant.


7. Colori Colore Creare (Kozue Amano, 2022)

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Sur l’île céleste d’Onobori, protégée par de longues bannières flottantes, la petite Aka, quatre ans, vit avec son grand-père dans un moulin à vent transformé en café. Accompagnée de Nodoka, une jeune femme venue du monde extérieur, elle arpente les ruelles escarpées du village et se lie d’amitié avec un immense chat noir.

Kozue Amano — créatrice d’Aria et d’Amanchu! — retrouve ici ce qui a fait sa renommée : des paysages somptueux, un rythme contemplatif et un émerveillement face aux choses simples. Le récit, dépourvu de conflit narratif au sens classique, repose entièrement sur la beauté des lieux et la candeur de sa protagoniste.

Pour qui a aimé la sérénité d’Hirayasumi, Colori Colore Creare prolonge cette sensation d’apaisement et la transpose dans un cadre de fantasy onirique.


8. Escale à Yokohama (Hitoshi Ashinano, 1994)

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Dans un Japon futuriste où la population a décliné et les eaux ont monté, Alpha Hatsuseno — un robot à l’apparence d’une jeune femme — tient un petit café à l’écart de Yokohama. Elle attend le retour de son propriétaire parti sans date de retour, observe le ciel, sert ses rares clients et photographie la campagne environnante.

En quatorze tomes publiés entre 1994 et 2006 dans le magazine Afternoon, Hitoshi Ashinano a posé les bases de l’iyashikei — le manga « qui guérit ». Son découpage aéré, ses grandes cases et sa quasi-absence de noirs profonds créent une luminosité singulière.

Le temps y coule sans urgence, et la beauté naît de sa seule contemplation. Escale à Yokohama est la matrice de tout ce que Hirayasumi perpétue : l’art de raconter une histoire où il ne se passe presque rien, et où pourtant chaque instant compte.

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