Hell’s Paradise (Jigokuraku) est un shōnen manga écrit et dessiné par Yūji Kaku, prépublié dans le Shōnen Jump+ entre janvier 2018 et janvier 2021, puis compilé en 13 volumes.
Situé durant l’ère Edo, le récit suit Gabimaru, un ninja condamné à mort réputé impossible à tuer, et Sagiri, son exécutrice attitrée. Tous deux partent en quête de l’élixir d’immortalité sur l’île mystérieuse de Shinsenkyo, un lieu où paradis et enfer se confondent.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Chainsaw Man (Tatsuki Fujimoto, 2018)

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Denji, adolescent criblé de dettes, survit en tuant des démons avec Pochita, son chien-démon tronçonneuse. Après une trahison fatale, Pochita fusionne avec lui, le transformant en Chainsaw Man. Recruté par la Section de Sécurité Publique, Denji affronte des menaces toujours plus redoutables dans un monde où les démons naissent des peurs humaines.
Comme Gabimaru, Denji est un anti-héros marginal dont l’attachement viscéral à une personne (sa cheffe Makima) devient son moteur. Tatsuki Fujimoto partage avec Yūji Kaku un goût prononcé pour le gore désinhibé, l’humour noir inattendu et les personnages moralement ambigus. Les deux séries présentent des protagonistes contraints de servir une organisation gouvernementale pour espérer survivre.
Le style narratif imprévisible de Chainsaw Man, ses ruptures de ton abruptes et son traitement cru de la violence en font un prolongement idéal pour les lecteur·ice·s séduit·e·s par Hell’s Paradise.
2. Jujutsu Kaisen (Gege Akutami, 2018)

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Yūji Itadori, lycéen doté d’une force physique hors norme, avale un doigt maudit appartenant au démon Ryōmen Sukuna pour sauver ses amis. Devenu l’hôte de cette entité maléfique, il intègre l’école d’exorcisme de Tokyo afin de collecter les autres fragments de Sukuna avant d’être exécuté.
Les parallèles avec Hell’s Paradise sont saisissants : un protagoniste condamné qui doit accomplir une mission périlleuse pour obtenir une mort « acceptable », des combats stratégiques entre humains et créatures surnaturelles, et une atmosphère où le tragique côtoie l’humour. Gege Akutami construit un système de pouvoirs complexe autour de l’énergie occulte, similaire au Tao de Jigokuraku.
Le duo Yūji-Megumi rappelle la dynamique Gabimaru-Sagiri : deux êtres aux valeurs divergentes forcés de coopérer. L’adaptation animée par le studio MAPPA, identique à celle de Hell’s Paradise, renforce cette proximité esthétique et narrative.
3. Gokurakugai (Yûto Sano, 2022)

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Dans un quartier populaire où humains et hommes-bêtes cohabitent, Tao et Alma dirigent un « bureau des résolutions » qui règle les problèmes des habitants contre rémunération. Derrière les néons et les effluves de cuisine de rue se cachent les magas, des monstres formés à partir de cadavres ressuscités. Alma, mi-humain mi-maga, possède une nature hybride qui évoque celle des personnages de Hell’s Paradise tiraillés entre deux mondes.
L’ambiance oscille entre polar urbain nocturne et fantastique horrifique, avec un duo central au charisme immédiat : Tao la tireuse impassible et Alma le jeune impétueux. Yûto Sano livre des planches somptueuses aux décors saturés, rappelant l’esthétique soignée de Kaku. Le ton mêle légèreté comique et menaces viscérales, une recette familière aux amateur·ice·s de Jigokuraku. Les thématiques du sang maudit et de l’identité monstrueuse tissent un lien thématique direct.
4. Gachiakuta (Kei Urana, 2022)

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Rudo grandit dans un bidonville où sont parqués les descendants de criminels. Accusé à tort du meurtre de son père adoptif, il est précipité dans l’abîme, une décharge géante sous la cité flottante où grouillent des monstres composés de déchets rejetés par les riches. Pour survivre et obtenir vengeance, Rudo éveille un pouvoir lié aux objets abandonnés.
Kei Urana, ancienne assistante d’Atsushi Ōkubo (Soul Eater, Fire Force), signe un shōnen à l’identité graphique nerveuse et charbonneuse. Comme Gabimaru, Rudo est un paria déterminé à remonter vers la lumière malgré un système qui l’a condamné. Le récit aborde frontalement les inégalités sociales et la surconsommation, ancrant son fantastique dans une critique contemporaine.
L’animation par le studio Bones a mis en lumière cette série en 2025. Le rythme haletant et les créatures grotesques satisferont les lecteur·ice·s en quête d’action brutale et de protagonistes rageurs.
5. Tôgen Anki – La légende du sang maudit (Yura Urushibara, 2020)

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Shiki Ichinose découvre qu’il possède du sang d’Oni le jour où un assassin du clan Momotarō attaque sa maison, provoquant la mort de son père adoptif. Intégrant l’académie Rasetsu pour maîtriser ses pouvoirs démoniaques, il s’engage dans une guerre millénaire opposant les Oni aux descendants du héros légendaire Momotarō.
Yura Urushibara revisite le folklore japonais avec une énergie graphique proche de Fire Force, mêlant action débridée et questionnements sur la nature du bien et du mal. La structure rappelle Hell’s Paradise : un personnage condamné par son héritage surnaturel, des factions antagonistes aux motivations nuancées, et des combats spectaculaires. Shiki partage avec Gabimaru une rage contenue et une détermination inébranlable.
Le trait élégant et les designs de personnages mémorables renforcent l’immersion dans cet univers où la frontière entre chasseurs et proies demeure floue.
6. Kaiju n°8 (Naoya Matsumoto, 2020)

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Kafka Hibino, trentenaire employé dans une entreprise de nettoyage de cadavres de kaijus, rêvait enfant d’intégrer les Forces de Défense japonaises. Après des années d’échecs, une créature parasite s’introduit dans son corps et le transforme en kaiju humanoïde d’une puissance inégalée, catalogué « n°8 » par les autorités. Contraint de dissimuler sa nature tout en combattant les monstres, Kafka incarne un héros atypique par son âge et son parcours cabossé.
La prémisse rappelle celle de Hell’s Paradise : un individu doté d’un pouvoir ambivalent doit prouver sa valeur à une institution qui pourrait l’exécuter. Naoya Matsumoto insuffle un humour bon enfant qui allège la tension des affrontements titanesques.
L’adaptation animée par Production I.G a confirmé le succès mondial de la série. Les lecteur·ice·s apprécieront la dynamique entre Kafka et Mina Ashiro, évoquant le duo Gabimaru-Sagiri.
7. Choujin X (Sui Ishida, 2021)

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En 1998, l’apparition massive de surhumains nommés « choujin » fragmente le monde en provinces autonomes. Cinquante ans plus tard, les lycéens Tokio et Azuma se retrouvent impliqués dans un incident qui pousse Tokio à s’injecter un sérum, le transformant en choujin au pouvoir inquiétant.
Sui Ishida, créateur de Tokyo Ghoul, poursuit sa réflexion sur la monstruosité intérieure et l’identité fracturée. Tokio, comme Kaneki avant lui et Gabimaru dans Hell’s Paradise, doit apprivoiser une nature nouvelle qui le place en marge de l’humanité. Le trait expressif d’Ishida, ses compositions audacieuses et son atmosphère oscillant entre horreur et mélancolie trouvent un écho direct chez les amateur·ice·s de Yūji Kaku. La publication à un rythme choisi par l’auteur permet des chapitres denses et soignés.
8. Dai Dark (Q Hayashida, 2019)

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Zaha Sanko, adolescent amateur de spaghettis, traverse les ténèbres de l’espace infini accompagné d’Avakian, son sac à dos squelettique sentient. Des rumeurs prétendent que ses os peuvent exaucer n’importe quel souhait, ce qui fait de lui la cible des pires malfrats de l’univers.
Q Hayashida, autrice culte de Dorohedoro, déploie ici un space-opera gore, absurde et jubilatoire. L’humour macabre, les créatures grotesques et l’univers foisonnant de chairs et d’ossements rappelleront aux lecteur·ice·s de Hell’s Paradise les séquences les plus baroques de l’île de Shinsenkyo. Hayashida excelle à rendre attachants des personnages désinvoltes face à l’horreur, une tonalité que Kaku maîtrise également.
Le dessin chargé, fourmillant de textures et de détails morbides, constitue une expérience visuelle à part. Dai Dark s’adresse à celles et ceux qui apprécient un fantastique débridé sans se prendre au sérieux.
9. L’Habitant de l’infini (Hiroaki Samura, 1993)

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Manji, rōnin errant du Japon médiéval, porte en lui un ver sacré qui guérit ses blessures les plus mortelles, le condamnant à l’immortalité. Pour expier le meurtre de cent innocents, il s’engage à tuer mille scélérats. Sa route croise celle de Rin, adolescente déterminée à venger l’assassinat de ses parents par l’école de sabre Ittō-ryū.
Hiroaki Samura signe une référence absolue du manga de sabre, mêlant reconstitution minutieuse de l’ère Edo, combats chorégraphiés avec une virtuosité rare et personnages d’une profondeur saisissante. Les thèmes de la rédemption, de l’immortalité subie et du duo vengeur tissent des liens évidents avec Hell’s Paradise. Le trait esquissé, presque nerveux, de Samura confère aux affrontements une brutalité poétique.
Les lecteur·ice·s séduit·e·s par l’ambiance historique et les questionnements moraux de Jigokuraku trouveront dans cette série monumentale (30 tomes) un approfondissement magistral.