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Que lire après « Fire Punch » de Tatsuki Fujimoto ?

Que lire après « Fire Punch » de Tatsuki Fujimoto ?

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Fire Punch est un manga de Tatsuki Fujimoto, prépublié dans le Shōnen Jump+ entre avril 2016 et janvier 2018, puis compilé en huit tomes chez Shūeisha. Dans un monde ravagé par une ère glaciaire surnaturelle, Agni, un jeune homme doté d’un pouvoir de régénération, se retrouve condamné à brûler éternellement après qu’un soldat a réduit son village en cendres. Son périple, nourri de vengeance, de folie et de cinéma, oscille entre la dystopie la plus noire et la tragédie absurde — un alliage qui a imposé Fujimoto comme une voix à part dans le manga contemporain.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Chainsaw Man (Tatsuki Fujimoto, 2018)

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Denji, adolescent misérable criblé de dettes, survit en tuant des démons pour le compte de yakuzas, épaulé par Pochita, son chien-démon-tronçonneuse. Trahi et laissé pour mort, il fusionne avec Pochita et renaît sous la forme de Chainsaw Man, un hybride recruté de force par la Section de Sécurité publique, une division gouvernementale de chasseurs de démons. La première partie, publiée dans le Weekly Shōnen Jump, compte onze tomes ; la seconde, toujours en cours dans le Shōnen Jump+, en totalise douze.

Fujimoto reprend et accentue ce qui faisait déjà la marque de Fire Punch : les ruptures de ton, les virages narratifs sans filet, le refus de protéger ses personnages. Le contraste est ici plus radical — les désirs de Denji (manger à sa faim, vivre sous un toit) sont d’une banalité dérisoire face à la violence du monde qu’il affronte. D’une page à l’autre, on passe de l’humour cru à l’horreur viscérale, puis à une émotion sèche, sans préavis.


2. Look Back (Tatsuki Fujimoto, 2021)

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Ce one-shot de 143 pages, publié sur le Shōnen Jump+ en juillet 2021 et adapté en film d’animation par le Studio Durian en 2024, retrace le parcours de deux collégiennes — Fujino et Kyomoto — liées par leur passion pour le dessin de manga. L’une est extravertie et sûre de son talent, l’autre recluse et acharnée au travail. Leur rivalité se mue en amitié, puis en collaboration professionnelle, jusqu’à ce qu’une tragédie fracture ce lien.

Loin de la violence de Fire Punch ou de Chainsaw Man, Fujimoto livre ici un récit semi-autobiographique où presque tout passe par l’image : les planches silencieuses portent l’essentiel de l’émotion. Le one-shot tient en une question — à quoi bon créer quand le monde peut tout détruire ? — et refuse d’y apporter une réponse nette. C’est probablement le texte le plus personnel de Fujimoto, et le plus dépouillé.


3. Devilman (Gō Nagai, 1972)

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Akira Fudō, lycéen craintif, apprend par son ami Ryō Asuka que des démons ancestraux s’apprêtent à reconquérir la Terre. Pour les combattre, il fusionne avec le démon Amon et devient Devilman — la puissance d’un démon au service d’une conscience humaine. Publié dans le Weekly Shōnen Magazine entre 1972 et 1973, ce manga en cinq tomes a posé les fondations de la dark fantasy japonaise et nourri des générations de créateurs, de Hideaki Anno (Neon Genesis Evangelion) à Fujimoto lui-même.

Sous ses dehors de récit d’action surnaturelle, Devilman est un réquisitoire féroce contre l’intolérance et les mécanismes de la peur collective. La dernière partie du manga, où l’humanité sombre dans la paranoïa et les chasses aux sorcières, n’a rien perdu de sa puissance : cinquante ans après, l’effondrement moral qui s’y joue reste sidérant.


4. Berserk (Kentaro Miura, 1989)

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Dans un univers de dark fantasy calqué sur l’Europe médiévale, Guts, mercenaire solitaire, porte une épée colossale et un bras mécanique. Son parcours, d’abord lié à la Troupe du Faucon dirigée par le charismatique Griffith, vole en éclats après une trahison qui le condamne à errer dans un monde infesté de créatures démoniaques. La série, prépubliée dans le Young Animal depuis 1989, compte plus de quarante tomes et se poursuit sous la supervision de Kōji Mori et du Studio Gaga après la mort de Miura en mai 2021.

Miura a consacré plus de trente ans à perfectionner un dessin d’une minutie obsessionnelle — chaque planche des derniers tomes est un travail de gravure autant que de bande dessinée. La fatalité, l’ambition et le libre arbitre structurent un récit où la violence n’est jamais un ornement : elle est le prix de chaque choix, et aucun personnage n’en sort indemne.


5. L’Habitant de l’infini (Hiroaki Samura, 1993)

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Manji, samouraï rendu immortel par un ver mystérieux logé dans son corps, a fait vœu de tuer mille scélérats pour expier ses crimes passés. Sa route croise celle de Rin, une jeune femme résolue à venger le meurtre de ses parents par les membres de l’Ittō-ryū, une école de sabre qui entend annexer toutes les autres. Publié dans le magazine Afternoon de Kōdansha entre 1993 et 2012, le manga s’étend sur trente tomes.

Samura a développé un trait à l’encre de Chine immédiatement reconnaissable : nerveux, esquissé, d’une précision saisissante dans le rendu des corps en mouvement et des lames qui s’entrechoquent. La série s’intéresse autant à la rédemption de Manji qu’au fardeau d’une immortalité subie, et ne cesse d’interroger ce que signifie « survivre » dans un monde où la violence est la seule langue commune. Fujimoto a cité Samura comme l’une de ses influences majeures pour Fire Punch.


6. Dorohedoro (Q Hayashida, 2000)

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Caïman, un homme amnésique affublé d’une tête de reptile, traque les mages du « Monde des sorciers » avec l’aide de son amie Nikaido, restauratrice de gyozas et redoutable combattante. Son but : retrouver le mage responsable de sa transformation et, à travers lui, son identité perdue. Prépublié dans le magazine Monthly Ikki à partir de 2000, puis dans Hibana et enfin dans le Monthly Shōnen Sunday, le manga s’achève en 2018 après vingt-trois tomes.

Q Hayashida, qui a réalisé l’intégralité de la série sans assistant·e, y déploie un univers crasseux et halluciné où la violence extrême cohabite avec un humour noir décomplexé. Aucun personnage n’est véritablement bon ou mauvais ; tous se débattent dans une amoralité joyeuse qui interdit tout pronostic d’un chapitre à l’autre. Par son esthétique underground, son mépris des conventions de genre et son goût du chaos, Dorohedoro partage avec Fire Punch un même ADN de série inclassable.


7. Blame! (Tsutomu Nihei, 1998)

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Killy, figure taciturne armée d’un puissant émetteur gravitationnel, arpente la Mégastructure — une cité tentaculaire et potentiellement infinie, fruit d’une expansion architecturale devenue incontrôlable. Il cherche un porteur du « gène terminal Net », seule clé pour rétablir le lien entre l’humanité et le réseau qui gouverne cette construction titanesque. La série, publiée dans Afternoon entre 1998 et 2003, totalise dix tomes.

Nihei, formé à l’architecture avant de se tourner vers le manga, a conçu des décors dont l’échelle écrase le lecteur·ice : des espaces de béton et d’acier aux proportions vertigineuses, où les dialogues se font délibérément rares. Des chapitres entiers se lisent sans un mot — le dessin seul porte la narration. Ce quasi-silence, couplé à l’immensité vide des décors, produit une sensation d’isolement que peu de mangas ont su atteindre. Une lecture aride, exigeante, mais qui laisse une empreinte durable.


8. Tokyo Ghoul (Sui Ishida, 2011)

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Ken Kaneki, étudiant ordinaire de Tokyo, est arraché à sa vie normale lorsqu’un rendez-vous galant tourne au cauchemar : la jeune femme qu’il fréquente se révèle être une goule, créature qui se nourrit de chair humaine. Grièvement blessé, il reçoit une greffe d’organes issus de cette goule et devient un hybride, piégé entre deux mondes. Le manga, prépublié dans le Weekly Young Jump de 2011 à 2014, compte quatorze tomes, prolongés par une suite en seize tomes (Tokyo Ghoul:re).

Ishida s’est inspiré de La Métamorphose de Kafka pour concevoir la trajectoire de Kaneki — un être transformé contre son gré qui doit composer avec une faim monstrueuse sans renoncer à son humanité. Ici, les goules ne sont pas de simples prédateurs, et les humains qui les traquent se montrent souvent aussi cruels qu’elles. La ligne entre le monstre et la victime ne cesse de se déplacer — un trouble moral que les lecteur·ices de Fire Punch reconnaîtront aussitôt.


9. Hell’s Paradise (Yuji Kaku, 2018)

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Gabimaru, shinobi légendaire surnommé « le Vide », croupit en prison dans le Japon de l’époque Edo. Aucun bourreau ne parvient à l’exécuter. Sagiri, une jeune femme issue d’une lignée de bourreaux, lui propose un marché : se rendre sur l’île surnaturelle de Shinsenkyo pour y trouver l’élixir d’immortalité, en échange de sa grâce. Prépubliée sur le Shōnen Jump+ de 2018 à 2021, la série compte treize tomes.

L’île, paradis empoisonné gorgé de créatures végétales monstrueuses, enferme criminels condamnés et bourreaux dans une coopération forcée où chacun peut mourir à tout instant. Kaku, qui a travaillé comme assistant de Tatsuki Fujimoto, partage avec lui le goût des virages narratifs secs et des dilemmes moraux verrouillés. Toute la série tourne autour d’un paradoxe : un homme qui prétend vouloir mourir mais dont le corps refuse d’obéir — parce qu’au fond, quelque chose en lui s’accroche encore.