Gardiens des Cités Perdues (Keeper of the Lost Cities) est une série de romans de fantasy jeunesse écrite par l’autrice américaine Shannon Messenger, dont le premier tome a été publié en 2012 aux États-Unis, puis en 2014 en France chez Lumen. La série, toujours en cours, compte à ce jour une douzaine de volumes (quatorze sont prévus au total). On y suit les aventures de Sophie Foster, une jeune télépathe qui découvre qu’elle n’est pas humaine et qu’elle appartient au monde des elfes. Arrachée à son existence parmi les humains, elle intègre l’école Foxfire dans les Cités Perdues, où elle doit apprivoiser ses multiples pouvoirs et faire face aux menaces d’une organisation secrète. Avec plus de sept millions d’exemplaires vendus dans le monde, la saga fait partie des séries jeunesse les plus lues de la dernière décennie.
Si vous êtes à la recherche de lectures du même genre, voici quelques suggestions. Tous les titres présentés ci-dessous s’adressent à une tranche d’âge comparable à celle de Gardiens des Cités Perdues — globalement de 9 à 13 ans selon les éditeurs et les libraires.
1. Nevermoor – Tome 1 : Les Défis de Morrigane Crow (Jessica Townsend, 2017)

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Morrigane Crow est née le jour du Merveillon — une date maudite dans son pays, les Grandes Plaines du Loup — ce qui fait d’elle une enfant condamnée à mourir à minuit le jour de ses onze ans. Son cercueil est déjà prêt. Mais quelques instants avant l’échéance fatale, un homme aussi excentrique que mystérieux — un certain Jupiter Nord — la sauve in extremis et l’entraîne dans le royaume magique de Nevermoor. Là-bas, les parapluies servent de moyen de transport, l’hôtel Deucalion change de décor selon l’humeur de ses occupants, et le fumoir dispense des volutes au chocolat. Le programme est alléchant, mais il y a un hic : pour obtenir le droit de rester à Nevermoor, Morrigane doit réussir quatre épreuves redoutables afin d’intégrer la prestigieuse Société Wundrous, une organisation d’élite qui recrute chaque année les enfants les plus talentueux de la ville. Or, tous ses concurrents possèdent un don extraordinaire. Morrigane, elle, n’a apparemment rien de spécial — si ce n’est une malédiction tenace.
Jessica Townsend a bâti un monde truffé de trouvailles — à mi-chemin entre Le Magicien d’Oz et Harry Potter, mais avec un goût prononcé pour l’absurde et le spectaculaire. L’amitié entre Morrigane et Hawthorne, son acolyte intrépide et passionné de dragons, est l’un des grands plaisirs du roman. Et la menace du Wundereur — un personnage légendaire qui a ravagé Nevermoor un siècle plus tôt — plane en arrière-plan, ce qui confère à l’ensemble une tension qui dépasse largement le cadre d’un simple concours scolaire.
Âge conseillé : à partir de 9 ans selon Pocket Jeunesse et la Fnac. Les adultes y trouveront aussi leur compte.
2. Magic Charly – Tome 1 : L’Apprenti (Audrey Alwett, 2019)

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Charly Vernier a quatorze ans et mène une vie ordinaire à Aix-en-Provence — jusqu’au jour où sa grand-mère, Dame Mélisse, réapparaît après cinq années de silence. Problème : elle a perdu la mémoire, et un mystérieux ennemi appelé le Cavalier semble en être responsable. Charly réalise alors que sa grand-mère est une magicière de premier plan et que lui-même porte en lui un don insoupçonné. Pour la sauver, il n’a d’autre choix que de devenir Patouilleur — autrement dit, apprenti magicier — et de plonger tête la première dans un monde où les beignets prédisent l’avenir, où les théières choisissent votre infusion selon votre humeur et où la magie est une ressource limitée que chaque magicier doit économiser avec soin.
L’une des grandes forces de cette trilogie française est son système de magie original : ici, chaque sortilège consomme une part de votre jauge magique personnelle, ce qui oblige les personnages à réfléchir avant d’agir (un concept qui devrait inspirer quelques impulsifs de notre connaissance). Le ton oscille entre tendresse et noirceur, car derrière les apocachips et les grimoires volants se cache une intrigue plus sombre qu’il n’y paraît. Les quiétons — comprenez les non-magiciens — ignorent tout de ce monde parallèle, et l’institution de Saint-Fouettard rappelle que la magie a aussi ses prisons. Charly, épaulé par son amie Sapotille et le sage Maître Lin, doit jongler entre cours de magie, secrets de famille et le Cavalier, jamais très loin — le tout sur fond d’Aix-en-Provence, ce qui change agréablement des décors anglo-saxons habituels du genre.
Âge conseillé : à partir de 11 ans selon Gallimard Jeunesse (Folio Junior) ; 13 ans selon la Fnac. Certains libraires et enseignants le proposent dès 9-10 ans.
3. Skandar – Tome 1 : Skandar et le vol de la licorne (A.F. Steadman, 2022)

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Oubliez les licornes roses à paillettes. Dans l’univers de Skandar Smith, treize ans, les licornes sont des créatures féroces, sanguinaires et liées aux quatre éléments — eau, feu, terre et air. Chaque année, les adolescents du Continent passent un examen pour tenter de rejoindre l’Île, un territoire à part où ils pourront faire éclore leur propre licorne et s’unir à elle pour la vie. Skandar rêve de ce moment depuis toujours. Mais le jour de l’examen, on lui refuse l’accès à la salle. Son rêve semble brisé… jusqu’à ce qu’une inconnue l’emmène clandestinement sur l’Île.
Là-bas, il s’avère que sa licorne, Atout de Vaurien, est liée à un cinquième élément interdit : l’esprit. Un élément banni depuis qu’un cavalier terrifiant, l’Arachnée, en a fait un usage dévastateur. Désormais, tous les manieurs d’esprit sont soit emprisonnés, soit neutralisés. Skandar doit cacher sa véritable nature, mener l’enquête sur le vol d’une licorne surpuissante et se préparer pour la Coupe du Chaos, une course aérienne particulièrement brutale. A.F. Steadman réinvente l’image de la licorne sans détour : ses créatures crachent du feu, saignent et mordent. Les scènes de batailles aériennes entre cavaliers donnent le vertige, et le récit aborde de front la question de la différence — Skandar est rejeté pour ce qu’il est, pas pour ce qu’il a fait.
Âge conseillé : à partir de 10 ans selon la Fnac et la librairie Mollat ; 12 ans selon Cultura. Quelques scènes d’affrontement un peu rudes, mais rien d’insurmontable.
4. Amari – Tome 1 : Amari et le Bureau des affaires surnaturelles (B.B. Alston, 2021)

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Amari Peters, douze ans, vit dans un quartier modeste et fait face au quotidien au harcèlement de ses camarades dans l’école privée où elle est boursière. Pour couronner le tout, son grand frère Quinton — la personne qu’elle admire le plus au monde — a disparu depuis des mois, et la police semble avoir classé l’affaire. Jusqu’au jour où Amari trouve dans le placard de Quinton une invitation à rejoindre le Bureau des affaires surnaturelles, une organisation secrète dont la mission est de réguler tout ce qui échappe à la compréhension des humains ordinaires. Ascenseurs parleurs, dragons-garous capables de lire les auras, yétis en costume-cravate : le Bureau est un lieu où le terme « ressources humaines » prend un sens très littéral.
Ce qui rend Amari si rafraîchissant, c’est que B.B. Alston ne cantonne pas son héroïne au rôle de « l’élue qui sauve le monde ». Amari doit affronter les préjugés dans le monde ordinaire (son quartier, son école, sa couleur de peau), puis de nouveau dans le monde surnaturel, où son pouvoir — rare et mal vu — la place immédiatement sous la suspicion. Ce n’est pas un hasard si le Bureau, malgré ses airs de club d’aventuriers, fonctionne aussi comme une bureaucratie rigide : les discriminations y changent simplement de forme. L’amitié entre Amari et Elsie, une dragon-garou incapable de se transformer mais inventrice de génie, apporte la chaleur nécessaire à un récit qui n’hésite pas à aborder des sujets durs. Quant à l’intrigue autour de la disparition de Quinton, elle réserve dans le dernier acte des retournements qui vous feront attraper le tome suivant dans la foulée.
Âge conseillé : à partir de 10 ans environ. Bayard Jeunesse le classe en roman jeunesse ; Cultura indique dès 12 ans ; certains lecteur·ices le recommandent dès 8-9 ans.
5. L’École du Bien et du Mal (Soman Chainani, 2013)

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Et si les personnages des contes de fées devaient d’abord passer par une école pour apprendre leur rôle ? C’est le point de départ de la saga de Soman Chainani. Par une nuit d’orage, deux amies du village de Gavaldon sont enlevées et conduites à l’École du Bien et du Mal. Sophie, blonde, coquette et persuadée d’être née pour porter une couronne, est certaine d’atterrir du côté du Bien. Agatha, solitaire, cynique et toute de noir vêtue, se voit déjà affublée d’un chapeau pointu. Sauf que rien ne se passe comme prévu : Sophie est envoyée à l’école du Mal, et Agatha à celle du Bien. Erreur administrative ou révélation de leur vraie nature ?
L’idée la plus fertile de ce premier tome, c’est que personne n’est assigné au rôle qu’il croyait tenir. Les cours dispensés — « Comment sourire comme une princesse », « Techniques de ricanement sinistre » — sont aussi drôles que révélateurs. Derrière l’humour, Chainani pose une vraie question : qu’est-ce qui fait de vous un héros ou un méchant ? Le sang ? Le choix ? L’apparence ? L’amitié entre Sophie et Agatha — faite de tendresse, de jalousie et de loyauté mise à rude épreuve — est le véritable moteur du récit, bien plus que les intrigues de cour ou les sorts jetés en classe. La série compte sept tomes au total, et une adaptation cinématographique a été diffusée sur Netflix en 2022. Seul bémol : le livre est plus épais que la moyenne du genre (plus de 500 pages), ce qui mérite d’être signalé si vous hésitez pour un·e jeune lecteur·ice.
Âge conseillé : à partir de 9 ans selon Pocket Jeunesse et la Fnac ; 12 ans selon Cultura.
6. Fablehaven – Tome 1 : Le Sanctuaire secret (Brandon Mull, 2006)

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Kendra, treize ans, et son frère Seth, onze ans, sont envoyés chez leurs grands-parents Sorenson le temps d’une croisière parentale en Scandinavie. L’endroit est immense, la maison est étrange, et Grand-Père a une règle d’or : ne jamais, jamais, jamais pénétrer dans la forêt. Seth, évidemment, n’a aucune intention de respecter cette consigne. Très vite, les deux enfants découvrent que la propriété familiale abrite en réalité Fablehaven, un sanctuaire secret où cohabitent fées, satyres, naïades, ogres, sorcières et quantité d’autres créatures fabuleuses. Grand-Père en est le gardien, et l’équilibre du lieu repose sur un pacte fragile entre humains et créatures magiques. Un pacte que la Société de l’Étoile du Soir, une organisation hostile qui cherche à libérer les démons enfermés sous le sanctuaire, entend bien faire voler en éclats.
Brandon Mull soigne particulièrement son bestiaire : ses fées ne sont pas de gentilles Clochette — elles peuvent se montrer cruelles si on les offense —, ses satyres Newel et Doren sont des amateurs de télévision aussi comiques que peu fiables, et sa sorcière Muriel est retenue prisonnière par des cordes aux nœuds magiques qu’elle mâche en permanence pour tenter de se libérer. Le duo frère-sœur tient en grande partie grâce au contraste entre la prudente Kendra, qui suit les règles à la lettre, et l’impulsif Seth, qui les enfreint toutes — souvent pour le pire, parfois pour le meilleur. La saga compte cinq tomes, et ses lecteur·ices les plus fidèles poursuivent ensuite avec Dragonwatch, la série qui prend la relève.
Âge conseillé : à partir de 10 ans environ. La Fnac le classe « dès 12-13 ans » selon les éditions, mais de nombreux retours attestent une lecture fluide dès 10 ans.
7. Percy Jackson – Tome 1 : Le Voleur de foudre (Rick Riordan, 2005)

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Percy Jackson, douze ans, accumule les renvois scolaires, souffre de dyslexie et de TDAH, et voit sa prof de maths se transformer en Furie sous ses yeux. La journée s’annonce longue. Elle va d’ailleurs considérablement s’allonger quand Percy apprend qu’il est un demi-dieu — dans la mythologie grecque, le terme désigne un enfant né de l’union d’un dieu et d’un mortel — et que son père n’est autre que Poséidon, dieu de la mer. Les dieux de l’Olympe, oui, ceux-là mêmes, sont on ne peut plus vivants et installés au sommet de l’Empire State Building. Pire : on accuse Percy d’avoir volé l’éclair de Zeus, et il dispose de quelques jours pour retrouver l’arme divine et éviter une guerre entre divinités. Accompagné de Grover, un satyre déguisé en adolescent, et d’Annabeth, la fille d’Athéna, Percy s’engage dans une quête qui le mènera des rues de New York jusqu’aux Enfers. Le tout est raconté à la première personne par Percy lui-même, avec un sens de l’autodérision qui donne au récit un rythme et une légèreté rares.
La grande trouvaille de Riordan est d’avoir transposé la mythologie grecque dans le monde contemporain : les monstres antiques rôdent dans les stations-service, les dieux se querellent comme des adolescents susceptibles, et la Colonie des Sang-Mêlé — le camp de vacances réservé aux enfants de dieux — est protégée par un dragon et une barrière magique. La série, forte de cinq tomes, s’est écoulée à des dizaines de millions d’exemplaires et a donné naissance à un vaste univers étendu (Les Héros de l’Olympe, Les Chroniques de Kane…), ainsi qu’à une série télévisée sur Disney+. C’est, avec Harry Potter, l’une des sagas jeunesse les plus lues au monde, et probablement la meilleure entrée en matière vers la mythologie grecque pour un·e adolescent·e.
Âge conseillé : à partir de 9-10 ans selon la plupart des libraires ; la Fnac le classe « dès 9 ans » (poche) à « dès 11 ans » selon les éditions.
8. Magisterium – Tome 1 : L’Épreuve de fer (Holly Black et Cassandra Clare, 2014)

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Dans une grotte glacée, un nouveau-né abandonné. À ses pieds, une inscription gravée par sa propre mère : « TUEZ CET ENFANT. » Douze ans plus tard, ce bébé est devenu Callum Hunt, dit Cal — un garçon solitaire, ombrageux, qui boite depuis la naissance et que son père a élevé dans la méfiance absolue de la magie. Pourtant, Cal est admis malgré lui au Magisterium, une école souterraine où de jeunes mages s’initient à la maîtrise des éléments. Là-bas, sous la tutelle du mystérieux maître Rufus, il se lie d’amitié avec Aaron et Tamara et apprend que l’un d’entre eux pourrait être le Makar, l’élu capable de repousser le chaos. Et qu’un autre pourrait déjà être mort sans le savoir.
La particularité du Magisterium tient à son héros : là où la plupart des protagonistes de fantasy jeunesse accueillent la magie avec émerveillement, Cal fait tout pour échouer aux épreuves d’admission. Son père lui a répété toute sa vie que la magie était dangereuse, et Cal le croit. Cette méfiance donne au personnage un regard à contre-courant, souvent drôle, sur les situations que d’autres vivraient comme un rêve éveillé. Holly Black et Cassandra Clare — respectivement connues pour Les Chroniques de Spiderwick et The Mortal Instruments — ont construit une saga en cinq tomes où chaque volume se termine sur un retournement de situation qui oblige à reconsidérer tout ce qu’on croyait savoir. Le loup Carnage, compagnon de Cal et porteur de chaos (une force destructrice que les mages apprennent à combattre), est aussi adorable qu’imprévisible — et résume assez bien le ton général du Magisterium : plus sombre qu’il n’en a l’air.
Âge conseillé : à partir de 9 ans selon Scholastic (Canada) ; 10-12 ans selon plusieurs libraires ; « dès 13 ans » selon la Fnac (édition poche).
9. La Quête d’Ewilan – Tome 1 : D’un monde à l’autre (Pierre Bottero, 2003)

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Camille, treize ans, est une adolescente surdouée qui vit en France. Un jour, pour éviter un camion, elle effectue un « pas sur le côté » — et bascule dans Gwendalavir, un univers parallèle où des créatures insectoïdes appelées Ts’liches la reconnaissent aussitôt sous le nom d’Ewilan et tentent de l’éliminer. Accompagnée de son meilleur ami Salim, elle découvre qu’elle est originaire de ce monde et qu’elle possède un don fabuleux : le Dessin, une forme de magie liée à l’Imagination qui permet de matérialiser à peu près n’importe quoi. Épaulée par Edwin Til’ Illan, maître d’armes de l’empereur, et par le vieil érudit Duom Nil’ Erg, Camille-Ewilan entame un voyage vers la capitale Al-Jeit pour apprendre à maîtriser ses pouvoirs et libérer les Sentinelles — un groupe de dessinateurs d’élite, garants de la sécurité de l’Empire, qui ont été figés par un verrou magique imposé par les Ts’liches.
Pierre Bottero (1964-2009) a créé avec cette trilogie l’un des piliers de la fantasy française, vendu à plus de deux millions d’exemplaires et recommandé par l’Éducation nationale. Sa plume se démarque nettement de la plupart des romans jeunesse du genre : Bottero prend le temps de décrire les paysages de Gwendalavir — ses forêts, ses plaines, la lumière sur les murailles d’Al-Jeit — avec un soin qui donne envie de s’y promener, et ses dialogues — en particulier ceux de Salim — regorgent de répliques vives qui allègent les passages les plus dramatiques. Le duo Camille-Salim — elle, déterminée et parfois têtue ; lui, fidèle et doté d’un sens de la répartie infaillible — a marqué toute une génération de lecteur·ices francophones. La trilogie se prolonge avec Les Mondes d’Ewilan et Le Pacte des Marchombres (centré sur le personnage d’Ellana, une marchombre — une sorte de guerrière-acrobate libre et insaisissable), et une série d’animation adaptée de la trilogie est disponible depuis février 2026 sur France TV.
Âge conseillé : à partir de 9-10 ans selon Rageot et la Fnac ; 12 ans selon Cultura.