Coq de combat (Shamo) est un seinen manga écrit par Izō Hashimoto et dessiné par Akio Tanaka, prépublié entre 1998 et 2015 et compilé en 34 tomes. Le récit suit Ryō Narushima, un lycéen qui assassine ses parents avant d’être envoyé en maison de correction, où il découvre le karaté auprès d’un mystérieux détenu. Violence frontale, critique sociale acerbe et combats d’arts martiaux ponctuent cette série au ton sans concession. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Holyland (Kōji Mori, 2000)

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Yū Kamishiro est un lycéen effacé, victime de harcèlement, qui ne trouve sa place ni à l’école ni chez lui. Après des mois de réclusion, il apprend seul un enchaînement de boxe — le jab-cross — et se met à arpenter les rues de Shimokitazawa la nuit, où il défait des délinquants au point d’hériter du surnom de « chasseur de gangs ».
Signé Kōji Mori, ami proche de Kentaro Miura et auteur de Suicide Island, Holyland se distingue par sa précision technique dans la représentation des combats et par la profondeur psychologique de son héros. Là où Ryō Narushima cherche la domination dans Coq de combat, Yū ne veut qu’une chose : exister aux yeux des autres. Le parallèle entre les deux séries tient à cette même urgence du combat comme seul moyen de survie sociale, dans un Japon nocturne et brutal.
2. Riku-do – La rage aux poings (Toshimitsu Matsubara, 2014)

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Dès les premières pages, le ton est donné : Riku Azami, dix ans, frappe le cadavre de son père qui vient de se pendre. Recueilli par sa mère, il découvre que celle-ci vit sous l’emprise d’un dealer violent. Poussé à bout, l’enfant tue l’homme pour se défendre. C’est la boxe qui lui donnera ensuite un cap.
Formé par un ancien champion reconverti en yakuza, puis par le coach Shinji Baba, Riku grandit avec un seul objectif : devenir assez fort pour protéger ceux qu’il aime. La parenté avec Coq de combat est évidente — enfance dévastée, violence comme terreau d’une vocation martiale — mais Riku-do se recentre sur la boxe professionnelle avec un réalisme graphique et technique remarquable. En 23 tomes, Toshimitsu Matsubara tisse un récit dense, où le noble art n’efface jamais les traumatismes.
3. The Breaker (Keuk-jin Jeon & Jin-hwan Park, 2007)

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Ce manhwa coréen suit Lee Shinwoo, un lycéen persécuté par ses camarades, qui découvre que son nouveau professeur d’anglais, Chunwoo Han, est en réalité un maître d’arts martiaux redouté dans le Murim — une société martiale clandestine. Shinwoo le supplie de l’accepter comme disciple et se retrouve happé dans un monde de clans rivaux, de techniques ancestrales et de combats à mort.
La relation maître-disciple rappelle celle qui lie Ryō Narushima à Kenji Kurokawa dans Coq de combat : un enseignement brutal qui transforme un être vulnérable en combattant redoutable. Jin-hwan Park signe des scènes d’affrontement d’une fluidité remarquable, tandis que le scénario de Keuk-jin Jeon mêle humour, action et tension dramatique avec un sens aigu du rythme.
Prolongé par deux suites — New Waves et Eternal Force —, ce titre reste une référence du genre.
4. MMA – Mixed Martial Artists (Hiroki Endo, 2008)

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Signé par l’auteur d’Eden: It’s an Endless World!, ce seinen en 19 tomes suit Meguru, un lycéen qui pratique le Shooto, discipline de combat libre qui mêle frappe, lutte au sol et soumission. Lors de son premier tournoi, il retrouve Takashi, son ami d’enfance, que sept années de séparation ont profondément changé. Leur rivalité, nourrie de ressentiment et de non-dits, constitue le fil conducteur du récit.
Ce qui rapproche MMA de Coq de combat, c’est le refus de toute complaisance héroïque : Meguru encaisse les défaites, doute et progresse avec lenteur. Hiroki Endo privilégie le réalisme technique — chaque prise, chaque transition au sol est rendue avec une justesse quasi didactique — et accorde autant d’importance au quotidien de ses personnages qu’aux affrontements sur le tatami. Un manga sobre et méthodique, taillé pour les amateurs d’arts martiaux.
5. Shigurui (Takayuki Yamaguchi & Norio Nanjō, 2003)

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En 1630, le prince Tadanaga Tokugawa, connu pour sa cruauté, ordonne un tournoi où les samouraïs s’affrontent au sabre réel — une pratique interdite par la loi. Le premier duel oppose deux anciens condisciples : Gennosuke Fujiki, amputé d’un bras, et Seigen Irako, privé de la vue. Le récit remonte ensuite sept ans en arrière pour retracer leur formation au dojo Kogan et la haine qui les a dressés l’un contre l’autre.
Adapté du roman de Norio Nanjō, ce seinen de Takayuki Yamaguchi se caractérise par une violence graphique extrême et un trait d’une précision anatomique sidérante. Les corps sont mutilés, les destins broyés par les codes impitoyables du bushido. Si Coq de combat dépeint la brutalité du Japon moderne, Shigurui en révèle la racine féodale avec la même noirceur, portée à un degré d’intensité rarement égalé dans le manga de samouraïs.
6. Kengan Ashura (Yabako Sandrovich & Daromeon, 2012)

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Depuis l’époque d’Edo, les grands groupes industriels japonais règlent leurs litiges dans l’ombre par des combats clandestins à mains nues : les matchs Kengan. Tokita Ohma, surnommé « Ashura », est un combattant hors pair recruté par le conglomérat Nogi et secondé par Kazuo Yamashita, un employé de bureau ordinaire propulsé malgré lui dans cet univers brutal.
Le manga déploie un tournoi gigantesque où s’affrontent des dizaines de gladiateurs aux styles variés — karaté, jiu-jitsu, lutte, kung-fu, boxe. Le dessin de Daromeon confère aux affrontements une nervosité et un impact physique redoutables. On retrouve ici la même logique que dans les arcs de tournoi de Coq de combat : une arène impitoyable où seule la victoire compte, doublée d’enjeux économiques et politiques souterrains. La série, forte de 27 tomes, se prolonge avec Kengan Omega.
7. Levius (Haruhisa Nakata, 2012)

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Dans un XIXe siècle alternatif et steampunk, la boxe mécanique — un sport où les combattants portent des prothèses à vapeur — est devenue la discipline reine. Le jeune Levius Cromwell y excelle malgré un passé douloureux : son père est mort à la guerre, sa mère gît dans le coma, et lui-même a perdu un bras, remplacé par une prothèse médicale qui lui fait ressentir chaque impact.
Guidé par son oncle Zack, il gravit les échelons jusqu’à se heurter à des enjeux qui dépassent le cadre du ring : l’entreprise Amethyst instrumentalise la boxe mécanique comme substitut à la guerre. Haruhisa Nakata signe un manga au graphisme somptueux, à la croisée du seinen et de la bande dessinée européenne.