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Que lire après « Claymore » de Norihiro Yagi ?

Que lire après « Claymore » de Norihiro Yagi ?

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Claymore est un shōnen manga de dark fantasy écrit et dessiné par Norihiro Yagi, prépublié entre 2001 et 2014 au Japon (d’abord dans le Monthly Shōnen Jump, puis dans le Jump Square) et compilé en 27 volumes chez Shūeisha.

Il se déroule dans un univers d’inspiration médiévale européenne où des guerrières mi-humaines mi-yōma — surnommées « Claymores » d’après leur grande épée — sont créées par une Organisation pour éliminer les yōma, des monstres métamorphes qui se nourrissent des humains. La version française est éditée par Glénat.

Si vous cherchez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici des mangas qui partagent avec Claymore un ADN commun.


1. Berserk (Kentaro Miura, 1989)

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Berserk suit Guts, un mercenaire forgé par une enfance violente parmi des soldats de fortune, puis enrôlé dans la Troupe du Faucon par Griffith — un chef de guerre à l’ambition dévorante qui le recrute après l’avoir vaincu en duel. Leur fraternité d’armes vole en éclats lors de l’Éclipse, un sacrifice rituel qui condamne Guts à errer, marqué d’un stigmate qui attire les démons. Prépublié depuis 1989 dans le Young Animal de Hakusensha, le manga dépasse les 60 millions d’exemplaires en circulation.

Après le décès de Kentaro Miura en mai 2021, la série a repris en juin 2022 sous la supervision de son ami d’enfance Kōji Mori et du Studio Gaga, à partir des notes laissées par l’auteur. Claymore lui doit beaucoup — l’univers médiéval-fantastique, les guerrier·ères transformé·es contre leur gré, la menace permanente de perdre son humanité. Lire Berserk, c’est remonter à la source.


2. Übel Blatt (Etorōji Shiono, 2004)

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Dans un empire nommé Szaaland, quatorze guerriers furent envoyés pour repousser les armées de Wischtech. Sept revinrent en héros — mais leur gloire repose sur un mensonge : ils ont trahi et assassiné quatre de leurs compagnons pour s’attribuer la victoire. Vingt ans plus tard, l’un de ces quatre « traîtres », ressuscité dans un corps juvénile sous le nom de Koinzell, entreprend de traquer les faux héros un par un.

Prépublié dans le Young Gangan puis le Monthly Big Gangan de Square Enix entre 2004 et 2019, Übel Blatt a reçu le prix seinen aux Japan Expo Awards 2008. La mécanique du récit — une institution toute-puissante bâtie sur la falsification de l’histoire, un survivant qui revient exiger des comptes — évoque immédiatement Claymore et le secret que cache la hiérarchie des guerrières d’argent. La série compte 24 volumes, et une suite, Übel Blatt II, est en cours de publication depuis 2024.


3. L’Habitant de l’Infini (Hiroaki Samura, 1993)

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Manji est un samouraï errant devenu immortel grâce au kessenchū, un ver parasite qui régénère ses chairs. Pour expier le meurtre de cent innocents, il a juré de tuer mille scélérats. Sa route croise celle de Rin, une jeune femme résolue à venger l’assassinat de ses parents par Anotsu Kagehisa, chef de l’école rivale Ittō-ryū. De cette alliance naît une épopée de trente volumes, publiée dans le Monthly Afternoon de Kōdansha entre 1993 et 2012.

Le trait de Hiroaki Samura — réalisé à l’encre de Chine, volontairement brut et esquissé — ne ressemble à rien d’autre dans le manga. L’auteur a par ailleurs croisé une dizaine de registres linguistiques dans ses dialogues, de l’ancien japonais à l’argot contemporain. Un duo vengeur, un protagoniste que la mort refuse, des combats au sabre aussi chorégraphiés que viscéraux : L’Habitant de l’Infini partage avec Claymore cette façon de raconter la violence comme le prix à payer pour la survie.


4. Devilman (Gō Nagai, 1972)

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Akira Fudō, lycéen timide et effacé, apprend par son ami Ryō Asuka que les démons, anciens maîtres de la Terre, sont sur le point de se réveiller. Pour les combattre, Akira fusionne avec le démon Amon — mais conserve son cœur humain et devient Devilman. Ce qui débute comme un récit de super-héros bascule vers une fable apocalyptique sur la nature humaine, où la peur de l’autre engendre des atrocités pires que celles des démons eux-mêmes.

Prépublié en 1972-1973 dans le Weekly Shōnen Magazine de Kōdansha et compilé en cinq volumes, Devilman a profondément influencé la fiction japonaise — Hideaki Anno a reconnu son impact sur Neon Genesis Evangelion. En cinq volumes à peine, Gō Nagai a posé les fondations du manga d’horreur-fantastique : la frontière poreuse entre l’humain et le monstre, la terreur collective qui dévore la raison, et un dénouement sans concession. Claymore s’inscrit dans cette filiation.


5. L’Attaque des Titans (Hajime Isayama, 2009)

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L’humanité survit retranchée derrière trois enceintes concentriques, assiégée par les Titans — des créatures gigantesques qui dévorent les êtres humains sans raison apparente. Lorsqu’un Titan colossal détruit le mur extérieur, le jeune Eren Jäger voit sa mère périr sous ses yeux et jure d’exterminer tous les Titans. Prépubliée de 2009 à 2021 dans le Bessatsu Shōnen Magazine de Kōdansha, la série totalise 34 volumes.

Ce qui rend L’Attaque des Titans si redoutable, c’est la rigueur de sa construction narrative : dès les premiers chapitres, Isayama a semé des indices qui ne trouvent leur sens que des milliers de pages plus tard. L’humanité acculée, les révélations sur l’origine des monstres, les retournements d’alliances — on retrouve ici le même plaisir de lecture que dans Claymore : celui de voir un univers en apparence simple se révéler d’une complexité vertigineuse.


6. Vinland Saga (Makoto Yukimura, 2005)

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Thorfinn, fils d’un guerrier islandais assassiné, grandit parmi les Vikings qui ont tué son père, rongé par le désir de vengeance. L’œuvre suit sa mutation — d’adolescent consumé par la haine en homme qui refuse de porter les armes — et sa recherche du Vinland, une terre sans guerre ni esclavage. Inspiré de l’histoire réelle de l’explorateur Thorfinn Karlsefni, le manga a été prépublié de 2005 à juillet 2025 dans le Monthly Afternoon de Kōdansha, pour un total de 29 volumes.

Lauréat du Grand Prix du Japan Media Arts Festival en 2009 et du 36e Prix du manga Kōdansha en 2012, Vinland Saga pose une question qui hante aussi Claymore : peut-on cesser d’être un instrument de violence quand on n’a connu que cela ? L’arc de Thorfinn — du guerrier qui ne vit que pour tuer au colon qui sème du blé — est l’une des réponses les plus abouties que le manga ait apportées à cette question.


7. Tokyo Ghoul (Sui Ishida, 2011)

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Ken Kaneki est un étudiant ordinaire à Tokyo — jusqu’à ce qu’une greffe d’organes le transforme en hybride mi-humain mi-goule, une créature d’apparence humaine qui ne peut se nourrir que de chair humaine. Pris entre deux mondes, il doit maîtriser ses pulsions et trouver sa voie entre le CCG (organisme d’extermination des goules) et l’Arbre Aogiri, une faction de goules radicales. La série a été prépubliée de 2011 à 2014 dans le Weekly Young Jump de Shūeisha (14 volumes), suivie de Tokyo Ghoul:re (2014-2018, 16 volumes).

Sui Ishida a cité La Métamorphose de Franz Kafka parmi ses influences, et la filiation est limpide : comme Gregor Samsa, Kaneki subit sa transformation sans l’avoir choisie. La perte d’identité, la monstruosité imposée, la frontière incertaine entre prédateur et proie — tout le récit tient dans cette tension. Et c’est précisément la même tension qui structure Claymore : des guerrières qui risquent à chaque combat de basculer du côté de ce qu’elles sont censées détruire.


8. Dororo (Osamu Tezuka, 1967)

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Le seigneur Daigo Kagemitsu, au Japon de l’ère Sengoku, sacrifie les 48 organes de son fils à naître — livrés à autant de démons — en échange de la domination militaire. L’enfant survit grâce à un médecin qui lui fabrique des prothèses dont certaines dissimulent des lames. Devenu Hyakkimaru, il parcourt le pays pour affronter les démons et récupérer son corps, pièce par pièce, rejoint par Dororo, un jeune orphelin voleur.

Publié entre 1967 et 1969 par Osamu Tezuka — père fondateur du manga moderne —, Dororo a connu une fin précipitée en raison de pressions éditoriales, mais reste une œuvre majeure. Son dispositif narratif — un héros mutilé qui récupère son humanité morceau par morceau, démon après démon — a directement inspiré Kentaro Miura pour le bras mécanique de Guts dans Berserk. Le parallèle avec Claymore tient en une phrase : un enfant sacrifié par ceux qui devraient le protéger, et qui doit se battre pour reconquérir ce qu’on lui a pris.


9. Vagabond (Takehiko Inoue, 1998)

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Adaptation libre du roman Musashi d’Eiji Yoshikawa, Vagabond retrace le parcours de Shinmen Takezō, jeune homme brutal et sauvage qui, après la bataille de Sekigahara en 1600, prend le nom de Miyamoto Musashi et entreprend de devenir le plus grand samouraï du Japon. Prépublié dans le Weekly Morning de Kōdansha depuis 1998, le manga compte 37 volumes et plus de 82 millions d’exemplaires vendus, bien qu’il soit en pause depuis 2015.

Takehiko Inoue (également auteur de Slam Dunk) a déclaré vouloir faire de Vagabond une œuvre qui tient davantage de la poésie que du récit : il ne s’agit pas seulement de montrer Musashi gagner des duels, mais de saisir ce qui se passe dans les silences entre les combats. Son travail à l’encre est d’une maîtrise exceptionnelle, et chaque planche rappelle la peinture traditionnelle japonaise. Là où Claymore montre des guerrières qui évoluent à travers les batailles, Vagabond s’arrête sur ce qui se transforme quand les lames sont encore au fourreau.


10. Dorohedoro (Q Hayashida, 2000)

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Caïman, un homme à la tête de reptile frappé d’amnésie, arpente Hole — une ville délabrée dont les habitants servent de cobayes aux sorciers d’une dimension voisine. Avec son amie Nikaido, il traque les mages pour retrouver celui qui l’a transformé. Prépubliée dans le Monthly Ikki puis le Monthly Shōnen Sunday de Shōgakukan entre 2000 et 2018, la série compte 23 volumes.

Dorohedoro occupe une place à part : Q Hayashida, diplômée en peinture de l’Université des arts de Tokyo, y a forgé un univers visuel crasseux et halluciné où la violence extrême cohabite avec un humour absurde et une tendresse inattendue pour ses personnages. Métamorphoses corporelles, frontière floue entre humains et monstres, personnage principal privé de son identité — les ingrédients de Claymore sont là, mais passés au filtre d’une sensibilité radicalement différente, plus punk et plus désinvolte.


11. Gunnm (Yukito Kishiro, 1990)

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Le monde de Gunnm se divise en deux : Zalem, une cité suspendue réservée à l’élite, et Kuzutetsu, la décharge qui lui sert de soubassement. Le docteur Ido y découvre la tête encore fonctionnelle d’une cyborg amnésique qu’il reconstruit et baptise Gally. Celle-ci se révèle porteuse du Panzer Kunst, un art martial cybernétique légendaire, et part retrouver son passé. Le manga a été prépublié de 1990 à 1995 dans le Business Jump de Shūeisha (9 volumes), suivi de deux suites : Gunnm Last Order et Gunnm Mars Chronicle.

Avec Akira et Ghost in the Shell, Gunnm forme le triptyque fondateur du manga cyberpunk. Son succès international a conduit à l’adaptation cinématographique Alita: Battle Angel (Robert Rodriguez, 2019). Gally est une sœur aînée de Clare : même amnésie, corps reconstruit pour le combat, passé enfoui qui refait surface par fragments — et même obstination à se définir autrement que par la fonction qu’on lui a assignée.


12. Elfen Lied (Lynn Okamoto, 2002)

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Lucy est une Diclonius, membre d’une sous-espèce humaine dotée de cornes crâniennes et de « vecteurs » — des bras télékinétiques invisibles d’une puissance meurtrière. Après des années d’expérimentation en laboratoire, elle s’évade dans un bain de sang, mais un traumatisme crânien fait surgir une personnalité secondaire, Nyū, douce et infantile. Recueillie par Kōta, un étudiant hanté par un drame d’enfance, elle oscille entre ces deux identités.

Prépubliée de 2002 à 2005 dans le Weekly Young Jump de Shūeisha (12 volumes), la série pose une question brutale : qui sont les vrais monstres — les Diclonius, ou la société qui les enferme, les mutile et les étudie ? Comme dans Claymore, le vrai danger ne vient pas tant des créatures elles-mêmes que du système qui les a produites — et de ceux qui les rejettent.