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Que lire après « Bâtard » de Carnby Kim et Young-Chan Hwang ?

Que lire après « Bâtard » de Carnby Kim et Youngchan Hwang ?

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Bâtard est un manhwa écrit par Carnby Kim et dessiné par Youngchan Hwang, prépublié sur la plateforme Naver entre 2014 et 2016, puis édité en France par Ki-oon en cinq volumes. Ce thriller psychologique suit Jin, un lycéen fragile et solitaire, contraint d’être le complice de son propre père, un P.-D.G. respecté de tous qui cache un tueur en série. Tension domestique, manipulation, faux-semblants : Bâtard installe un malaise durable, celui d’un foyer où le danger ne vient pas de l’extérieur mais du père lui-même.

Si vous cherchez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations dans la même veine.


1. Sweet Home (Carnby Kim et Youngchan Hwang, 2017)

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Après Bâtard, le même duo change radicalement de registre. Hyeon-Su, adolescent reclus et suicidaire, vient de perdre sa famille dans un accident de voiture. Il s’installe dans un vieil immeuble, le Green Home, résolu à mettre fin à ses jours. Mais une épidémie frappe le pays : les êtres humains se transforment en monstres, des créatures façonnées par le désir le plus profond de leur hôte, souvent le plus inavouable.

Piégés dans l’immeuble, les résidents n’ont d’autre choix que de cohabiter pour survivre. Le récit fonctionne comme un huis clos apocalyptique où chacun se révèle sous la pression : lâcheté, sacrifice, calcul, courage absurde. Aucun personnage n’est réductible à un rôle. La question centrale n’est pas de savoir qui survivra, mais ce que chacun acceptera de perdre de son humanité pour rester en vie, et si cette vie-là vaut encore d’être vécue.


2. Les Liens du sang (Shûzô Oshimi, 2017)

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Seiichi est un collégien ordinaire. Son père travaille, sa mère s’occupe du foyer, la maison est calme. Rien, en surface, ne sort de la norme. Pourtant, Seiko couve son fils de façon excessive, au point de construire autour de lui un cocon dont il ne perçoit pas encore la toxicité. L’arrivée de son cousin Shigeru lors d’une sortie en montagne va tout précipiter.

Shûzô Oshimi, déjà remarqué pour Les Fleurs du mal, signe ici un récit où l’horreur naît du quotidien le plus banal : un sourire trop long, une main posée au mauvais endroit, un silence qui dure une case de trop. La mise en scène se fonde entièrement sur le non-dit et les regards. En dix-sept volumes, la série dissèque l’emprise maternelle et ses effets dévastateurs sur un enfant qui, faute de repères, finit par confondre amour et enfermement. La conclusion, aussi déconcertante que logique, ne propose aucune issue confortable.


3. The Killer Inside (Hajime Inoryu et Shôta Itô, 2018)

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Un matin, un étudiant nommé Eiji se réveille aux côtés d’une jeune femme qui affirme être sa petite amie. Il n’en a aucun souvenir. Les trois derniers jours sont un trou noir dans sa mémoire, et pendant cette absence, un cadavre mutilé a été retrouvé. Le problème : le défunt père d’Eiji n’était autre que le tueur en série LL, connu pour avoir torturé et assassiné de jeunes femmes. Eiji tente depuis des années de vivre avec cet héritage. Ce trou de mémoire le place face à la pire hypothèse.

Le scénario de Hajime Inoryu entretient un doute permanent : Eiji a-t-il hérité de la violence de son père ? L’hypothèse d’une double personnalité, la présence d’un dangereux chef de gang nommé Sai et les fausses pistes multipliées sur onze volumes maintiennent le lecteur·ice dans l’incertitude. Shôta Itô accompagne cette ambiguïté d’un dessin réaliste où les visages d’Eiji oscillent entre douceur et cruauté, sans qu’on sache jamais lequel est le masque.


4. Monster (Naoki Urasawa, 1994)

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En 1986, à Düsseldorf, le Dr Kenzô Tenma est un neurochirurgien japonais au sommet de sa carrière. Fiancé à la fille du directeur de l’hôpital, il a tout pour réussir. Jusqu’au soir où il choisit d’opérer un garçon blessé par balle plutôt que le maire de la ville. Le garçon survit. Le maire meurt. La carrière de Tenma s’effondre. Mais le pire reste à venir : l’enfant sauvé, Johann Liebert, est un individu d’une intelligence terrifiante, capable de conduire n’importe qui au meurtre par la seule force de sa parole.

Monster déploie sur dix-huit volumes une traque à travers l’Allemagne réunifiée. Tenma, soupçonné à tort par le commissaire Runge du BKA, doit à la fois prouver l’existence de Johann et l’arrêter. Naoki Urasawa construit un labyrinthe narratif d’une cohérence rare : des dizaines de personnages secondaires, chacun porteur de sa propre histoire, finissent tous par converger vers une seule question, peut-on sauver un monstre ?


5. My Home Hero (Naoki Yamakawa et Masashi Asaki, 2017)

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Quarante-sept ans, commercial sans éclat le jour, romancier policier amateur le soir : Tetsuo Tosu mène une existence rangée. Elle bascule lorsqu’il découvre des traces de coups sur le visage de sa fille Reika. Il remonte la piste du coupable et comprend que le petit ami de Reika est un yakuza. Pour protéger sa famille, Tetsuo tue. Puis il puise dans ses connaissances de romancier pour effacer les preuves.

Le principe est simple : Tetsuo n’a rien d’un héros. C’est un père de famille ordinaire jeté dans un engrenage criminel digne d’un film noir sud-coréen. Là où Bâtard faisait du père une source de terreur, My Home Hero inverse le schéma : ici, c’est l’amour paternel qui engendre le crime. Sur vingt-cinq volumes, le tandem Yamakawa-Asaki maintient une tension constante, relevée d’un humour noir qui empêche le récit de verser dans le pathos.


6. Route End (Kaiji Nakagawa, 2017)

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Avant d’être confronté à un tueur en série, Taji côtoie déjà la mort au quotidien : il travaille pour une entreprise de nettoyage spécialisée dans les scènes de décès. Sa mère s’est suicidée sous ses yeux quand il était enfant ; ce métier sordide lui offre une forme d’équilibre précaire. Puis son quartier devient un terrain de chasse. Les victimes sont découpées en morceaux et disposées de façon à former un mot, toujours le même : « END ».

L’enquête, menée par l’inspectrice Igarashi, prend un tour personnel pour Taji lorsque son patron, l’homme qui lui a servi de repère depuis l’adolescence, semble impliqué dans ces mises en scène macabres. En huit volumes seulement, Kaiji Nakagawa boucle un thriller dense, ancré dans la réalité de la mort isolée au Japon (kodokushi). Le métier de nettoyeur n’est pas un simple décor : chaque scène de travail nourrit l’intrigue et donne au récit une matière concrète, poisseuse, qui le sépare nettement des polars classiques du genre.


7. Museum (Ryôsuke Tomoe, 2013)

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Une femme livrée à des chiens affamés. Un homme découpé en morceaux. Sur chaque scène de crime, un verdict laconique inscrit sur un papier. Le lieutenant Hisashi Sawamura, encore secoué par la séparation d’avec sa femme et son fils, enquête aux côtés du sergent Nishino. Mais les indices sont rares, et le tueur, dissimulé derrière un masque de grenouille, a toujours un coup d’avance.

La parenté avec Seven de David Fincher est évidente (meurtres rituels, enquêteur tourmenté, atmosphère pluvieuse), mais Museum s’en écarte par sa dimension intime. Sawamura n’est pas seulement un flic sur une affaire : c’est un père absent, rongé par le remords, dont la femme et le fils deviennent eux-mêmes des cibles. En trois volumes, Ryôsuke Tomoe impose un tempo sec et brutal. Le lien entre les victimes, toutes anciennes membres d’un même jury, transforme l’affaire en un règlement de comptes où la frontière entre justice et vengeance s’efface.


8. Erased (Kei Sanbe, 2012)

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Nous sommes en 2006. Satoru Fujinuma est un mangaka raté, livreur de pizzas pour joindre les deux bouts. Il possède un don involontaire qu’il nomme « rediffusion » : à chaque catastrophe imminente, il est projeté quelques minutes dans le passé pour empêcher le drame. Après l’assassinat de sa mère, ce don le renvoie non pas quelques minutes, mais dix-huit ans en arrière, dans son corps d’enfant, à l’époque où trois de ses camarades ont été enlevés et tués.

Satoru dispose alors d’une seconde chance pour identifier le meurtrier et sauver ces enfants, à commencer par Kayo Hinazuki, fillette maltraitée et isolée. Erased tient en huit volumes. Sa singularité est le contraste entre la noirceur de l’enquête (un prédateur qui cible des enfants vulnérables) et la chaleur des scènes d’enfance, où un geste simple suffit parfois à infléchir un destin. Kei Sanbe ne se contente pas d’un récit à suspense ; il pose une question plus trouble : si l’on pouvait revenir en arrière, aurait-on le courage d’affronter ce qu’on a refoulé ?