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Que lire après « Bakuman » de Tsugumi Ōba et Takeshi Obata ?

Que lire après « Bakuman » de Tsugumi Ōba et Takeshi Obata ?

Bakuman est un manga scénarisé par Tsugumi Ōba et dessiné par Takeshi Obata, prépublié dans le Weekly Shōnen Jump de 2008 à 2012 et compilé en vingt tomes. La série suit Moritaka Mashiro et Akito Takagi, deux collégiens qui s’associent pour percer dans l’industrie du manga, entre rivalités éditoriales, deadlines serrées et quête de sérialisation. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations du même acabit.


1. Trait pour trait, dessine et tais-toi ! (Akiko Higashimura, 2012)

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Autobiographie en cinq tomes, ce josei retrace le parcours d’Akiko Higashimura, de lycéenne persuadée de son propre génie à mangaka professionnelle. Le récit s’ancre dans sa relation avec un professeur d’art excentrique et sévère, dont les méthodes – sabre en bambou à la main – transforment radicalement sa vision du métier.

Higashimura se dépeint sans filtre : ego démesuré, paresse scolaire, choix regrettables. L’autodérision omniprésente coexiste avec une émotion brute, et l’hommage rendu à ce mentor confère aux derniers tomes une intensité redoutable.

Les lecteur·ice·s de Bakuman retrouveront ici les coulisses du métier de mangaka, abordées cette fois du côté du shōjo et sous un prisme autobiographique. Là où Mashiro et Takagi avancent en duo stratégique, Higashimura livre un témoignage solitaire sur l’apprentissage du dessin et le coût de la persévérance. Lauréat du Grand Prix du Manga Taishō 2015.


2. Kakushigoto (Kōji Kumeta, 2015)

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Kakushi Gotō est un mangaka à succès qui dessine des séries grivoises – et il ferait n’importe quoi pour que sa fille Hime ne l’apprenne jamais. Cette comédie familiale en douze tomes repose sur un ressort simple mais redoutablement efficace : un père dévoué qui mène une double vie pour préserver l’image que sa fille a de lui.

Kōji Kumeta, connu pour Sayonara Monsieur Désespoir, déploie ici son humour absurde et ses jeux de mots habituels, mais y ajoute une tendresse inattendue dans la relation père-fille. Chaque chapitre égrène les gags liés au quotidien d’un mangaka – assistants, éditeurs, deadlines –, tandis que des interludes en couleur laissent entrevoir un drame sous-jacent.

Le lien avec Bakuman tient aux scènes de coulisses éditoriales, traitées ici sur le mode comique et décalé. Kumeta glisse aussi des réflexions autobiographiques sur ses trente ans de carrière dans l’industrie.


3. Errance (Inio Asano, 2017)

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Ce one-shot semi-autobiographique suit Kaoru Fukazawa, un mangaka qui, après le succès de sa dernière série, sombre dans le doute. Que dessiner ensuite ? Un manga commercial ou un projet personnel ? A-t-il encore quelque chose à dire ? Inio Asano – l’auteur de Bonne nuit Punpun et de Dead Dead Demon’s Dededededestruction – y transpose ses propres interrogations avec une honnêteté frontale.

Le récit dissèque le quotidien d’un auteur et de ses assistants : rendu des planches dans les temps, relations avec l’éditeur, panne d’inspiration. Le couple du protagoniste, qui se délite en silence, ajoute une dimension intime au propos.

Là où Bakuman dépeint la création manga avec l’énergie de l’ambition adolescente, Errance en montre le revers : la lassitude, la perte de sens, la routine qui étouffe la créativité. Un contrepoint sombre et nécessaire, servi par le trait sublimé d’Asano.


4. Monthly Girls’ Nozaki-kun (Izumi Tsubaki, 2011)

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Chiyo Sakura, lycéenne, déclare sa flamme à son camarade Umetarō Nozaki. Celui-ci, impassible, la prend pour une admiratrice et lui remet un autographe – car Nozaki est en réalité un mangaka de shōjo, publié sous pseudonyme féminin. Malentendu après malentendu, Chiyo finit par devenir son assistante.

Ce yonkoma (manga en quatre cases) fonctionne comme une parodie affectueuse du genre shōjo, dont il démonte les codes avec une précision comique remarquable. Nozaki puise l’inspiration chez ses camarades de classe, qui alimentent sans le savoir les intrigues sentimentales de sa série. L’humour repose sur le décalage permanent entre les conventions du manga romantique et la réalité prosaïque de ses créateurs.

Par rapport à Bakuman, la tonalité est radicalement différente – légère, absurde, sans enjeu dramatique – mais le regard porté sur les mécaniques de fabrication d’un manga s’avère tout aussi informé. L’anime de 2014 (Doga Kobo) en a considérablement élargi l’audience.


5. Look Back (Tatsuki Fujimoto, 2021)

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Ce one-shot de 143 pages, publié sur le Shōnen Jump+, retrace l’amitié de deux jeunes filles unies par le dessin de manga. Fujino, élève confiante et talentueuse, croise le chemin de Kyomoto, une recluse au talent redoutable. Leur rivalité se mue en collaboration, puis en séparation, avant qu’un drame brutal ne fasse tout basculer.

Tatsuki Fujimoto – l’auteur de Chainsaw Man – signe ici un récit intimiste sur la vocation artistique, le deuil et la question du sens de la création. Le découpage, d’une fluidité magistrale, joue avec le temps et les silences.

Le parallèle avec Bakuman est immédiat : deux personnalités complémentaires qui s’associent pour dessiner du manga, portées par l’émulation mutuelle. Mais là où Bakuman emprunte la voie du shōnen triomphal, Look Back choisit celle de l’élégie. Nommé au Manga Taishō et classé premier du « Kono Manga wo Yome! » 2022.


6. Oshi no Ko (Aka Akasaka & Mengo Yokoyari, 2020)

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Le docteur Gorō, obstétricien et fan absolu de la chanteuse Aï Hoshino, est assassiné la nuit où il l’aide à accoucher. Il se réincarne en Aquamarine, le fils de l’idole, et conserve les souvenirs de sa vie antérieure. Ce postulat fantastique sert de tremplin à une dissection de l’industrie du divertissement japonaise : idoles, télé-réalité, jeu d’acteur, adaptation manga, réseaux sociaux.

Aka Akasaka, scénariste de Kaguya-sama: Love is War, et Mengo Yokoyari, dessinatrice de Scum’s Wish, construisent un récit en seize tomes où chaque arc met à nu les mécanismes d’un secteur du showbiz.

La parenté avec Bakuman se situe dans cette volonté de décrypter une industrie créative de l’intérieur, avec ses règles implicites et ses sacrifices. Le ton est cependant plus acide, plus cynique : le mensonge y constitue une arme de survie, non un simple obstacle à surmonter.


7. Eizôken !! Pas touche à nos animés ! (Sumito Ōwara, 2016)

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Midori Asakusa rêve de réaliser un anime mais n’ose pas se lancer seule. Sa rencontre avec Tsubame Mizusaki, mannequin qui aspire à devenir animatrice, et Sayaka Kanamori, gestionnaire obsédée par la rentabilité, change la donne. Le trio fonde le club Eizouken dans leur lycée et se lance dans la production artisanale de courts métrages d’animation.

Ce seinen, adapté en anime par Masaaki Yuasa (studio Science SARU), est un hymne à la fabrication concrète de l’animation : mouvements de caméra, budget, physique des objets, compromis techniques. Le manga démonte chaque étape de la production avec un enthousiasme et un sens du concret qui rappellent la rigueur documentaire de Bakuman.

Là où Mashiro et Takagi s’affrontent aux classements du Jump, les filles d’Eizouken luttent contre les délais, le conseil des élèves et les limites de leurs propres compétences. La passion créatrice, dans les deux cas, reste le moteur central.


8. Blue Period (Tsubasa Yamaguchi, 2017)

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Yatora Yaguchi est un lycéen studieux, sociable et sans passion. Un tableau peint par une camarade le saisit au point de tout remettre en question. Il rejoint le club d’art de son lycée, découvre la peinture et décide de tenter le concours d’entrée de la Geidai, l’Université des Arts de Tokyo – la plus sélective du pays.

Tsubasa Yamaguchi, elle-même diplômée de cette institution, restitue avec justesse les exigences de la préparation : dessin académique, composition, gestion du stress. Le manga fait de l’acte de peindre un sujet aussi tendu qu’un affrontement de shōnen.

Le lien avec Bakuman tient à la structure de progression : un protagoniste part de zéro, travaille avec acharnement et gravit un à un les échelons d’un milieu ultra-compétitif. La discipline change – peinture au lieu du manga –, mais l’élan demeure le même. Lauréat du Prix Manga Taishō et du Prix Kōdansha 2020.

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